TEBAWALITO

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5 août, 2013

BANGUI LETTRE DE PROTESTATION FACE AUX HORREURS ET AUX SOUFFRANCES IMPOSEES AU PEUPLE CENTRAFRICAIN

Archidiocèse de Bangui BP 798 BANGUI République Centrafricaine Tél. +236 75042029

Son Excellence Serge MUCETTI Ambassadeur et Haut Représentant de la France auprès de la Centrafrique Ambassade de France

BANGUI LETTRE DE PROTESTATION FACE AUX HORREURS ET AUX SOUFFRANCES IMPOSEES AU PEUPLE CENTRAFRICAIN

Excellence, Nous, Evêques, Pasteurs et la voix des sans-voix, après avoir pris le temps d’écouter le peuple en souffrance, trouvons judicieux de vous adresser cette lettre. La date du 10 décembre 2012 marque le commencement d’un long calvaire dans lequel le peuple centrafricain a été plongé. En effet la coalition des rebelles de Seleka s’est levée ce matin-là avec des crépitements des engins de mort pour envahir en peu de temps Ndélé, Bamingui, Mbrés, Kaga-Bandoro, Sam Oundja, Bria, Ippy, Bambari, Grimari, Sibut, Damara, Kabo, Batangafo. Ils ont justifié ce mouvement par le non-respect par BOZIZE des accords de Libreville de 2008 en exigeant son départ. Leurs prouesses militaires étaient amplifiées et commentées minute après minute sur les ondes internationales, notamment Radio France Internationale (RFI). Leur avancée a été rendue facile par la déliquescence de l’armée nationale. La Conférence des Evêques de Centrafrique (CECA) constate toutefois que le terrain a été laissé libre aux hommes forts du moment qui ont imposé leurs lois à la population des villes conquises. C’est dans cette ambiance d’intenses angoisses que s’était organisé le dialogue de Libreville qui a officiellement abouti à l’arrêt des hostilités et à la conclusion d’un accord de paix censé ramener la quiétude à une population traumatisée. Ce dernier a posé les bases d’un gouvernement d’union nationale dirigé parMe Nicolas TIANGAYE. Le pire aurait pu ainsi être évité. Les signataires des accords ont eu gain de cause. Cependant les rebelles et les mercenaires restés sur le terrain continuaient impunément les exactions, les pillages, les destructions, les viols… Le commerce et les ressources minières étaient sous leur contrôle. Les zones conquises se sont élargies davantage avec la prise de Kouango,Alindao, Kembe, Mobaye, Bangassou, Bouca, Batangafo, Bossasngoa, Bossembele, Boali. Qu’en est-il exactement de l’application des accords de Libreville ? Nous en constatons le non-respect de part et d’autre : la mise en place du gouvernement d’union nationale avec la nomination des ministres délégués, la non-libération des détenus politiques, le non-cantonnement des éléments de SELEKA, la conquête de nouvelles villes. Les acteurs se sont bien moqués du peuple centrafricain pris en otage. Le peuple centrafricain l’a constaté avec amertume et consternation lorsque les ministres de la coalition SELEKA au sein du gouvernement d’union nationale ont organisé leur abduction. Quels engagements la communauté internationale a-t-elle pris en vue de garantir le respect des accords de Libreville ? La logique guerrière a prévalu sur le dialogue, d’où le coup d’Etat du 24 mars 2013. Admettons que la coalition SELEKA soit portée par le souci de libérer le peuple centrafricain des souffrances et de l’injustice. Ce but n’a-t-il pas été atteint le dimanche 24 mars lorsque les forces de SELEKA ont conquis le pouvoir par la force des armes ? Comment alors expliquer l’extension des rebelles vers M’Baïki, Boda, Berbérati, Nola, Carnot, Baoro, Bouar, etc. ? Aucune ville de Centrafrique n’a été épargnée par cette razzia. Le peuple est pris en otage et vit dans la peur. La libération a vite tourné en désenchantement. Les déclarations des nouvelles autorités sont aussitôt démenties par les actes et les décisions qu’elles posent : 1. Menaces, terreur et tortures psychologiques ; 2. Viols de jeunes filles et femmes, dont certaines se sont suicidées ; 3. Enrôlement d’enfants soldats ; 4. Humiliation publique de quelques militaires des FACA, gendarmes et policiers ; 5. Déplacement de personnes pour se réfugier en brousse ou en forêt ; 6. Rupture d’approvisionnement de beaucoup de villes en médicaments et produits médicaux de première nécessité ; surtout pour des personnes vivant avec le VIH/SIDA ; 7. Evacuation du personnel des Médecins Sans Frontière de Bantagafo et de Kaboà causedes exactions commises par les éléments de SELEKA ; 8. Pénurie et inflation ; 9. Rupture de réseaux de communication avec certaines villes en dehors de Bangui ; 10. Pillage et saccage des édifices publics, des hôpitaux, des écoles ; 11. Vols et confiscation de véhicules Du 13 au 16 avril 2013, sous prétexte de désarmement, des quartiers du 7ième et du 4ième arrondissement de la ville de Bangui ont été bouclés par les éléments de SELEKA. Au lieu du ramassage d’armes, la population banguissoise a assisté à un spectacle révoltant. Les habitants de ces arrondissements pris en otage étaient partis en débandade dans tous les sens. Non seulement les éléments de SELEKA les traquaient comme des bêtes de somme, mais ils se sont livrés à des braquages et des pillages de leurs propriétés. Subitement les armes se sont transformées en mobilier, réfrigérateurs, téléviseurs, lecteurs CD, ordinateurs et autres biens de valeur dont raffolent ces mercenaires qui se servent aux dépens de la population centrafricaine. Ce sont des voitures remplies de ces butins, disons plutôt de ces trophées de guerre, qui dévalèrent du quartier de Boy Rabe au vu et au su de tout le monde dans une indifférence déconcertante vers les quartiers de MISKINE, KM5, COMBATTANT et autres destinations. Cette scène fait désormais partie du décor. Pendant qu’on distrait le peuple en évoquant les méfaits de BOZIZE, les éléments de SELEKA refusent de se désarmer puisqu’ils ont besoin de ces engins de mort pour commettre leurs forfaits. Les braquages se font de jour et de nuit. Aucune condamnation n’est venue des nouvelles autorités qui justifient l’indéfendable en dépit du bon sens. Par ailleurs la Conférence des Evêques de Centrafrique proteste vigoureusement contre les exactions que les éléments de SELEKA ont commises contre les Eglises, en particulier l’Eglise catholique qui a été prise pour cible. Ces exactions révèlent une ferme volonté de nuire à la pratique de la foi chrétienne et d’empêcher l’œuvre d’évangélisation. Le constat est sans équivoque. Dans la plupart des villes occupées, les musulmans vaquent librement à leurs occupations et s’occupent allègrement de leurs commerces. Ils ne sont pas inquiétés dans leur intégrité physique pendant que nous déplorons : 1. Le vol systématique de nos moyens roulants : plus d’une centaine de véhicules et de motos volés ; 2. La profanation des édifices et des objets religieux. On peut citer l’exemple de la paroisse Saint Joseph de Mobaye, Notre Dame de l’Immaculée Conception de Batangafo, l’oratoire des Sœurs de Markounda ; 3. Le pillage et le saccage des Radios catholiques à Bambari et à Bossangoa ; 4. La perturbation des célébrations liturgiques ; 5. Des coups de feu tirés dans la Cathédrale Notre Dame de l’Immaculée Conception de Bangui à la fin de la célébration du dimanche des Rameaux; 6. L’agression physique des prêtres, religieux et religieuses. Citons en exemple les cas des sœurs de Mbrés, des prêtres d’Alindao, de Bangui, Bossangoa et même de l’évêque de Bambari ; 7. L’entrave aux déplacements des agents pastoraux (3 évêques, des prêtres et des religieuses) bloqués à Bangui depuis la Semaine Sainte. Excellence, les temps sont graves et les souffrances du peuple centrafricain sont inadmissibles. Comment comprendre votre silence qui pourrait être interprété comme complicité ? Nous attendons que vous jouiez de votre autorité pour une résolution pacifique de cette crise et rappeler aux nouvelles autorités de Bangui et la Communauté Internationale leurs engagements en faveur du bien-être et du développement du peuple centrafricain : 1. Garantir la sécurisation du pays ; 2. Promouvoir le respect des droits de l’homme ; 3. Assurer le bon fonctionnement des organes de transition ; 4. Veiller au respect des accords de Libreville (la non-représentativité du Président et des membres du gouvernement de transition aux prochaines élections) ; 5. Obtenir le déploiement des forces onusiennes ; 6. Engager rapidement le désarmement et le cantonnement des combattants ; 7. Procéder sans délai au rapatriement des mercenaires tchadiens et soudanais et autres ; 8. Obtenir des autorités tchadienne et soudanaise le rapatriement sans délai de tous les biens volés et convoyés sur leur territoire national respectif. Dans le respect des valeurs démocratiques que vous incarnez, la Conférence des Evêques de Centrafrique compte sur votre diligence pour faire entendre le cri du peuple centrafricain opprimé et en souffrance.

Veuillez agréer, Excellence, l’expression de nos salutations distinguées.

Fait à Bangui, le 23 avril 2013 S. E. Mgr Dieudonné NZAPALAINGA, Archevêque de Bangui S. E.

Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA, Evêque de Bossangoa

S. E. Mgr Cyr Nestor YAPAUPA, Evêque coadjuteur d’Alindao Ampliation:

1. Nonce Apostolique en Centrafrique et au Tchad 2. ACERAC 3. Conférence Episcopale de France 4. Conférence Episcopale du Tchad 5. Conférence Episcopale du Soudan 6. Délégué Permanent de Vatican auprès de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe 7. Représentante des Nations Unies à Bangui 8. Représentante de la Commission de l’Union Africaine 9. CEEAC

UNIS DANS LA DIVERSITE (CENTRAFRIQUE)

UNIS DANS LA DIVERSITE

12ième dimanche ordinaire (C) Textes : Zacharie 12, 10-11 ; 13, 1 ; Galate 3, 26-29 ; Luc 9,18-24 23 juin 2013 Par S. E. Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA SMA Evêque de Bossangoa En observateur attentif, saint Paul rend compte des dysfonctionnements qui affectent la bonne marche de la communauté ecclésiale de Galatie et par conséquent sa cohésion interne. Il dénonce les clivages qu’il présente en trois catégories : religieuse, sociétale et juridico-humaine : « Il n’y a plus ni Juif ni païen, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme » (Ga 3, 28a). L’aspect religieux de la division met en opposition les Juifs, fiers de leur élection par Dieu, aux Grecs, perçus comme des païens, dont ils se sentent supérieurs. La dimension sociétale exacerbe l’opposition entre les hommes libres qui s’arrogent tous les droits et les esclaves qu’ils soumettent à leur autorité et à leurs caprices. Le troisième niveau de la division met en exergue la domination que l’homme entend imposer à la femme. Quelle que soit la division, il s’agit essentiellement de la manifestation d’un sentiment de supériorité des uns à l’égard des autres. Les réalités que déplore Paul constituent encore aujourd’hui les maux qui minent la société centrafricaine, mettent à mal notre cohésion nationale, consacrent la violation des droits humains, favorisent l’impunité et entravent le développement harmonieux et intégral de notre pays. De quelle autorité, quelqu’un ou un groupe d’individus, s’arrogeraient-ils le droit de disposer du destin de tout un peuple ? Les Centrafricains pâtissent de ce mal qui caractérise la gestion clanique et tribaliste de l’Etat. Hier, diraient certains, c’était le tour des Ngbaka, des Yakoma, des Kaba, des Souma et des Gbaya. Aujourd’hui le témoin a été transmis aux Goula et aux Rounga. Certains musulmans n’hésitent pas à le clamer haut et fort, le vent a changé de direction en leur faveur. A qui le tour demain ? Face à ce mal qui crée des mécontentements et fait le lit des rébellions de toute sorte, la voie royale de sortie de crise, comme le suggère saint Paul, est l’unité fondée sur les liens de fraternité qui nous lient les uns aux autres : « Vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, c’est vous qui êtes la descendance d’Abraham ; et l’héritage que Dieu lui a promis, c’est à vous qu’il revient » (Ga 3, 28b-29). Tel est désormais, frères et sœurs, le devoir qui nous incombe : promouvoir l’unité dans le respect des convictions individuelles et le droit inhérent à chaque personne, en vue de la reconstruction de notre Pays et de notre Eglise. Cet idéal est d’ailleurs inscrit en lettre d’or dans notre devise nationale : UNITE, DIGNITE, TRAVAIL. L’unité n’est pas seulement une vue d’esprit. En effet, unis dans la diversité de nos compétences, de nos talents et de nos ressources, nous pouvons mieux œuvrer pour le plein développement de tous. L’unité, dans la fraternité au service du développement et de l’épanouissement, requiert une abnégation de la part de tout un chacun d’entre nous. Telle est l’exigence que le Christ impose à ses disciples. Le sacrifice dont il parle commence par lui-même. Malheureusement dans l’égoïsme qui nous caractérise, nous choisissons plutôt de le faire supporter par les autres. C’est ainsi que le peuple centrafricain a été soumis, dans la crise qui secoue encore notre pays, à l’indicible : viols, meurtres, assassinats, violation flagrante des droits de l’homme, pillages, saccages, destruction des biens, actes de vandalisme de tout genre… En dépit de ces exactions, de ces malheurs et de notre méchanceté, la faveur de Dieu ne nous a jamais désertés. Dieu continue à nous manifester sa bonté et son visage d’amour. Toutefois il nous exhorte à un repenti sincère, au pardon et à la supplication comme le rappelle à juste titre le prophète Zacharie : « En ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure » (Za 13, 1). Chers frères et sœurs, dans la sollicitude de Dieu à l’égard de ses enfants, confions-lui notre pays. Par l’intercession de l’Immaculée conception, Reine de la Paix et Patronne de la République centrafricaine, que le Seigneur répande en nos cœurs l’esprit d’unité et de fraternité. Amen !

MESSAGE DES EVEQUES DE CENTRAFRIQUE AUX CHRETIENS ET AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE (CENTRAFRIQUE)

MESSAGE DES EVEQUES DE CENTRAFRIQUE AUX CHRETIENS ET AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE

Rendons compte de notre foi et de notre espérance (1 P 3, 15)

INTRODUCTION

Chers frères et sœurs dans le Christ et vous tous femmes et hommes de bonne volonté. Du 12 au 23 de ce mois qui s’achève, Nous, Pasteurs de l’Eglise, sommes réunis en session ordinaire au Siège de la Conférence Episcopale Centrafricaine (CECA) à Bimbo. Nous avons saisi l’occasion pour partager au sujet des questions relatives à la vie de l’Eglise, portion du peuple de Dieu en Centrafrique. Nous avons, par ailleurs, échangé sur le cours des événements qui font l’actualité politique, économique et social au niveau de la Nation. Par notre diverse provenance, nous constituons autant de fenêtres sur les horizons de notre cher pays. Ainsi, tour à tour, il nous avait été donné d’entendre le témoignage des Pères Evêques sur la grande souffrance imposée à nos compatriotes par cette énième escalade de violence politico-militaire. Dans les affres de cette rébellion, nous manifestons notre compassion à toutes les familles et aux personnes qui sont affectées dans leur âme et dans leur chair. Nous les assurons de notre solidarité dans la prière, la proximité et les différentes initiatives que nous avons prises depuis le commencement de cette crise. .

REALITES PRESENTES, LES EFFETS ET LEURS IMPACTS

« Du jamais vu ! » Voilà les mots qui disent le sentiment général du peuple face au déferlement des éléments de la SELEKA.Jamais l’on n’a connu sur notre terre un conflit aussi grave dans son ampleur et dans sa durée. Jamais aucun trouble militaro-politique ne s’était disséminé avec autant de violences et d’impacts sur l’ensemble de notre territoire. Jamais une rébellion ne nous a drainé une aussi forte présence de combattants étrangers. Jamais une crise ne nous a fait courir un aussi grave risque de conflit religieux et d’implosion du tissu social. Un spectacle « du jamais vu » sur tous les plans. 1. Sur le plan social Sur le plan social, on n’a pas fini de dresser le bilan en terme de perte de vies humaines, de viols, de pillages, de villages incendiés, de destruction de champs, de violation et spoliation de domiciles privés, des familles illégalement expropriées de leurs maisons qui sont occupées de manière indue par un homme fort ou une bande armée. Le tissu social a été complètement déchiré. Les valeurs et repères sociaux ont été travestis. Le peuple a été soumis à un énorme traumatisme dont les conséquences sont manifestes dans les cas de suicides et de dépressions. 2. Sur le plan économique Sur le plan économique, jamais une crise n’avait engendré une destruction aussi systématique et programmée de ce qui restait du faible tissu industriel et économique du pays. Quel héritage allons-nous légué à la génération montante ? L’envie d’assouvir des intérêts égoïstes et mesquins ne saurait justifier l’irresponsabilité dont nous faisons aujourd’hui montre dans la gestion irrationnelle de nos ressources. 3. Sur le plan politico-administratif Sur le plan politico-administratif, jamais le peuple n’a compris l’obstination avec laquelle les combattants de la coalition SELEKAont détruit les archives de l’administration publique et des collectivités locales. Que se cache-t-il derrière cette volonté de destruction et d’annihilation de la mémoire nationale ? Jamais le peuple n’a compris leur acharnement sur les représentants du gouvernement ainsi que sur les agents de l’Etat en mission dans les écoles, leshôpitaux et les divers services administratifs sur toute l’étendue du territoire. Ces actes ont porté atteinte à l’existence même de notre Nation. L’autorité de l’Etat est mise en questionpar des groupes armés qui ont établi une administration parallèle dans différentes localités de l’arrière-pays. 4. Sur le plan éducatif et scolaire Sur le plan éducatif et scolaire, le risque d’une année blanche est réel. En dépit des montages faits par les techniciens du Ministère de l’Enseignement et des appels répétés, lancés par les autorités compétentes, la reprise des activités scolaires s’est faite très timidement dans certains établissements de l’Enseignement Catholique Associé de Centrafrique (ECAC) à Bangui, Bangassou, Kaga-Bandoro, Bouar, Berbérati et dans quelques autres établissements publics. Un programme d’examens (concours d’entrée en sixième, BC, BAC) vient d’être communiqué par les services d’Examens et Concours. Que fait-on de la majorité des écoles saccagées et de celles qui restent encore fermées ? 5. Sur le plan sécuritaire et militaire Sur le plan sécuritaire et militaire, l’armée nationale et républicaine a cédé le pas à un agrégat de factions en mal de cohésion, manquant d’éthique et de déontologie professionnelles. Ces éléments continuent à se comporter en rebelles. Ils défient toute hiérarchie et donnent uniquement allégeance à « leur chef militaire ». Ils prennent avantage des armes en leur possession pour imposer leurs lois. En dépit des pillages et des nombreuses exactions qu’ils ont commises sur la population, ils refusent de se faire désarmer. Par ailleurs les mercenaires exigent encore d’être payés. Tel est le cas des Soudanais qui occupent à ce jour la caserne des sapeurs pompiers. Même si un début de sécurisation est perceptible à Bangui, il n’en est pas le cas dans l’arrière-pays où le cantonnement des éléments de SELEKA devient un souffre-douleur pour la population livrée à leur merci. Ces hommes supposés assurer la sécurité des personnes se transforment en leurs bourreaux. Ils s’arrogent le droit de commettre toutes les exactions. La vie du Centrafricain n’a désormais aucun prix. Ces éléments de SELEKA, pour la plupart des Tchadiens et des Soudanais, peuvent impunément tuer, violer, piller, saccager, incendier des maisons, des greniers, des villages entiers, en représailles à la légitime défense opposée par les populations. Nous déplorons la dissémination, à travers le pays, des armes de tout calibre, qui augmente le sentiment et le fait d’insécurité. Alors que nous venons de célébrer le dimanche 19 juin 2013 la Journée de ‘l’Enfant Africain’, nous condamnons la pratique des enfants soldats qui ne crée aucun climat propice à l’épanouissement de l’enfant et de la jeunesse en Centrafrique. 6. Sur le plan religieux et cultuel Sur le plan religieux et cultuel, l’ardeur et la déterminationavec lesquelles les éléments de SELEKAont profané des lieux de culte chrétien et se sont pris de manière ciblée aux biens des chrétiens, ont ébranlé les fondements de notre cohésion sociale. L’unité du peuple centrafricain est ainsi mise à rude épreuve surtout à la vue des comportements de complicité que nous déplorons chez certains de nos frères musulmans. Ces attitudes répondent-elles à un agenda caché comme certains éléments le laissent présager ? Toutefois nous exhortons les autorités politiques à tout mettre en œuvre pour ne pas exacerber ces tensions dont l’implosion causera beaucoup de mal à notre pays. Nous réitérons notre attachement au principe de laïcité qui a façonné notre pays. Par ailleurs nous compatissons avec certaines communautés musulmanes qui ont été prises en otage et doivent la sécurisation de leurs biens, grâce à un système d’omerta qui consiste à verser, par anticipation, une rançon aux éléments de SELEKA avant que ces derniers n’entrent dans une ville. . NOUS SOMMES TERRASSES, MAIS PAS ANEANTIS (2 Co 4, 9) 1. Dépositaires de la Bonne Nouvelle du Salut Chers frères et sœurs dans le Christ et vous tous, femmes et hommes de bonne volonté, face à cette situation nouvelle qui génère tant de souffrances, nous sommes plus que jamais invités à rendre compte de la foi et de l’espérance qui nous habitent. Dépositaires de la BONNE NOUVELLE DU SALUT, continuons à annoncer l’Evangile et à en vivre à la manière de la première communauté chrétienne. Le livre des Actes des Apôtres raconte, en effet, le récit de la persévérance des Apôtres, nos Pères et Modèles à la suite du Christ, dans les épreuves. Alors que les autorités juives tentaient d’éliminer le CHRIST RESSUSCITE et d’empêcher la pratique de la foi, les Apôtres n’ont jamais reculé. Bien au contraire, ils ont exhorté à la conversion et à la connaissance du Christ. Avec patience et courage, ils ont proclamé Jésus-Christ, Vainqueur de la Peur et du Mal (cf.Ac 5, 40-42). 2. Témoins de l’Evangile Chers frères et sœurs dans le Christ, vous ne pouvez plus vivre votre foi aujourd’hui comme vous l’aviez fait par le passé dans la tiédeur et sans ferveur. Les problèmes nouveaux auxquels nous sommes confrontés constituent autant de défis qui vous appellent à un plus grand attachement au Christ et à une plus forte affirmation des valeurs chrétiennes qui nous caractérisent. Nous vous exhortons, vous, en tant que témoins authentiques de l’EVANGILE, à investir, conformément à votre engagement chrétien, les champs politique, économique et social. Telle est la vocation qui vous est propre selon les termes du Décret pour l’Apostolat des Laïcs au n° 7: Les laïcs doivent assumer comme leur tâche propre le renouvellement de l’ordre temporel. Eclairés par la lumière de l’Evangile, conduits par l’esprit de l’Eglise, entraînés par la charité chrétienne, ils doivent en ce domaine agir par eux-mêmes d’une manière bien déterminée. Membres de la cité, ils ont à coopérer avec les autres citoyens suivant leur compétence particulière en assumant leur propre responsabilité, et à chercher partout et en tout la justice du Royaume de Dieu. L’ordre temporel est à renouveler de telle manière que, dans le respect de ses lois et en conformité avec elles, il devienne plus conforme aux principes supérieurs de la vie chrétienne et soit adapté aux conditions diverses des lieux, des temps et des peuples. Il vous revient donc la gestion du temporel, l’animation de la vie politique et la conduite des affaires publiques. Ainsi votre lumière est appelée à rayonner au cœur des pratiques douteuses qui constituent un frein au développement de notre pays et affectent, par ailleurs, notre cohésion sociale. Il s’agit notamment du népotisme, du régionalisme, du clientélisme, de la corruption, de l’impunité, de l’accaparement ou la destruction des biens publics, de la violation des droits de l’homme, des détournements … que nous ne cessons de déplorer. Pris dans les structures de péché, nous semblons avoir cédé à la haine, à l’envie de vengeance personnelle en privilégiant plutôt des intérêts égoïstes et mesquins. Nous manquons d’ambition et de vision claire pour la Nation toute entière. Chers frères et sœurs et vous, femmes et hommes de bonne volonté, qui animez la vie politique nationale, nous tenons à vous rappeler que la foi comporte une dimension socio-politique. Quelles sont nos responsabilités individuelles et collectives dans les crises qui affectent notre pays ? Combien de temps encore allons-nous nous laisser manipuler par des puissances étrangères qui nous utilisent, nous infantilisent et font de nous des prédateurs contre notre peuple ? Par patriotisme, nous vous exhortons à la vigilance. 3. Vers un chemin de réconciliation et de reconstruction sociale Par ailleurs, nous saluons et encourageons la mise en place de la plateforme des leaders religieux, catholiques, protestants et musulmans, et tout le travail qui s’y fait en vue de la décrispation de la tension religieuse qu’on a voulu nous imposer. Solidaires de cette initiative, nous vous appelons, chers frères et sœurs dans le Christ, à ne pas céder à la tentation d’une confrontation avec nos frères musulmans. Ne brisons donc pas la bonne harmonie qui a caractérisé nos différentes communautés religieuses. En effet, catholiques, protestants et musulmans ont toujours cohabité de manière conviviale en Centrafrique. Telle est l’exhortation que le Pape Benoit XVI a lancé aux fidèles à l’endroit « des musulmans qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes » (AM n° 94). En cette année de la foi, chers frères et sœurs, l’occasion nous est accordée de nous affermir dans le témoignage de la charité. En effet, « la foi sans la charité ne porte pas de fruit et la charité sans la foi serait un sentiment à la merci constante du doute. Foi et charité se réclament réciproquement, si bien que l’une permet à l’autre de réaliser son chemin » (Lettre apostolique Porta Fidei, n° 14). Ce témoignage est rendu possible par l’attachement personnel de chaque fidèle au Christ. Confions notre pays à la grâce et à la miséricorde de Notre Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit, par l’intercession de l’Immaculée Conception, Reine de la Paix et Mère de Centrafrique.

Donné en l’année du Seigneur, le 23 juin 2013 au Siège de la CECA S. E. Mgr Dieudonné NZAPALAINGA, Président de la CECA et Archevêque de Bangui S. E. Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA, Vice-Président et Evêque de Bossangoa S. E. Mgr Edouard MATHOS, Evêque de Bambari S. E. Mgr Albert VANBUEL, Evêque de Kaga-Bandoro S. E. Mgr Juan José AGUIRRE MUNOZ, Evêque de Bangassou S. E. Mgr Peter MARZINKOWSKI, Evêque d’Alindao S. E. Mgr Guerrino PERIN, Evêque de M’Baïki S. E. Mgr Dennis Kofi AGBENYADZI, Evêque de Berbérati S. E. Mgr Armando GIANNI, Evêque de Bouar S. E. Mgr Cyr Nestor YAPAUPA, Evêque coadjuteur d’Alindao

MESSAGE DES EVEQUES DE CENTRAFRIQUE AU CHEF DE L’ETAT

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MESSAGE DES EVEQUES DE CENTRAFRIQUE AU CHEF DE L’ETAT

 

Excellence Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat

 

En janvier et juin de chaque année, la Conférence des Evêques de Centrafrique (CECA) se réunit en session ordinaire. Cette instance est un espace d’échange autour des questions relatives à la vie de l’Eglise, portion du peuple de Dieu en Centrafrique. Elle fournit, par ailleurs, aux Evêques l’occasion de partager sur le cours des événements qui font l’actualité politique, économique et socio-culturelle au niveau de la Nation. A la plénière de janvier, une coutume consacrée par plusieurs années d’usage, a toujours voulu que nous venions à la rencontre du Chef de l’Etat lui présenter nos vœux à l’occasion du nouvel an. La énième escalade de violence qui avait alors remis en question la sécurité et la paix sur une importante partie du territoire nous a empêchés d’honorer cette tradition. Excellence Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat, la Conférence des Evêques de Centrafrique est une famille de neuf diocèses étendus sur l’ensemble du territoire national. Ainsi l’archidiocèse de Bangui couvre la capitale et la préfecture de l’Ombella Mpoko. Le diocèse de Mbaïki correspond à toute la Lobaye. Le diocèse de Berbérati comprend la Mambéré_Kadei et la Sangha-Mbaéré. Le diocèse de Bouar englobe toute la Nana Mambéré et une bonne partie de l’Ouham Pendé. L’autre partie de l’Ouham Pendé, notamment la sous-préfecture de Paoua, constitue la juridiction du diocèse de Bossangoa qui s’étend par ailleurs à toute l’Ouham. Le diocèse de Kaga-Bandoro équivaut à la Kémo, la Nana-Gribizi et le Bamingu- Bangoran. Le diocèse de Bambari regroupe les préfectures de la Ouaka, la Haute Kotto et la Vakaga. Le diocèse d’Alindao ceinture la Basse Kotto et enfin celui de Bangassou comprend les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou. Par notre diverse provenance, nous constituons autant de fenêtres sur les horizons de notre cher pays. Témoins privilégiés de la vie de nos populations à travers les villes et les villages, nous sommes porteurs des souffrances, des attentes et de l’espoir qui les animent. Tels sont notre devoir et notre vocation : non seulement annoncer le Christ, mais aussi faire écho à la voix des sans voix, remonter en toute fidélité les sentiments et les légitimes aspirations à la paix et au bien-être de ce peuple qui est le nôtre. Le Pape Benoît XVI, dans l’Encyclique Deus Caritas est n° 28 §4 explique en effet : L’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s’insérer en elle par la voie de l’argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles, sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s’affirmer ni se développer. La société juste ne peut être l’œuvre de l’Église, mais elle doit être réalisée par le politique. Toutefois, l’engagement pour la justice, travaillant à l’ouverture de l’intelligence et de la volonté aux exigences du bien, intéresse profondément l’Église. Nous ne venons donc pas en présomptueux donneurs de leçons. Nous ne faisons que relayer les interrogations de nos frères et sœurs en butte à des problèmes humanitaires de toute sorte ainsi qu’à des inquiétudes, quant à notre avenir en tant que nation. Telle est la mission pastorale qui nous incombe. Fidèle à sa vocation de « sel de la terre et de lumière du monde » (Mt 5, 13a.14a), l’Eglise de Dieu en Centrafrique, par la voix de ses Pasteurs que nous sommes, n’a cessé d’attirer l’attention des dirigeants politiques, notamment à travers les différentes lettres pastorales, sur la dégradation des conditions de vie de nos concitoyennes et concitoyens. Nous avions stigmatisé les maux qui freinent notre développement, affectent notre vivre-ensemble et font le lit des rebellions, à savoir le népotisme, le régionalisme, la corruption, le clientélisme, l’affairisme au niveau des hommes d’Etat, l’impunité, le détournement, l’accaparement ou la destruction des biens publics… Il s’agit donc de l’institutionnalisation de la mauvaise gouvernance. Ces maux d’hier demeurent encore aujourd’hui d’actualité d’autant plus que les effets sont amplifiés par les hostilités initiées par la coalition SELEKA. « Du jamais vu ! » Voilà les mots qui disent le sentiment général du peuple face au déferlement des éléments de la SELEKA. Jamais l’on n’a connu sur notre terre un conflit aussi grave dans son ampleur et dans sa durée. Jamais aucun trouble militaro-politique ne s’était disséminé avec autant de violences et d’impacts sur l’ensemble de notre territoire. Jamais une rébellion ne nous a drainé une aussi forte présence de combattants étrangers. Jamais une crise ne nous a fait courir un aussi grave risque de conflit religieux et d’implosion du tissu social. Un spectacle « du jamais vu » sur tous les plans. Sur le plan social, on n’a pas fini de dresser le bilan en terme de perte de vies humaines, de viols, de pillages, de villages incendiés, de destruction de champs, de violation et spoliation de domiciles privés, des familles illégalement expropriées de leurs maisons qui sont occupées de manière indue par un homme fort ou une bande armée. Le tissu social a été complètement déchiré. Les valeurs et repères sociaux ont été travestis. Le peuple a été soumis à un énorme traumatisme dont les conséquences sont manifestes dans les cas de suicides et de dépressions. Sur le plan économique, jamais une crise n’avait engendré une destruction aussi systématique et programmée de ce qui restait du faible tissu industriel et économique du pays : 1. destruction de la Sucaf de Ngakobo, 2. Actes de vandalisme des agences bancaires, 3. saccage des stations à essence, 4. mise en sac et pillage des usines d’égrainage de coton de Bambari et de Gifa, 5. liquidation et bradage de nos ressources minières aux chefs de guerre et mercenaires, tel est le cas du chantier aurifère de Ndassima et tous les autres sites d’exploitation de diamant. 6. exploitation désordonnée et abattage anarchique du bois 7. mise en faillite des sociétés forestières (SEFCA, TANRY BAMBA, VICA, SCAD, IFB…) 8. réseau organisé et autorisé de braconnage : les éléphants et les espèces protégés sont purement et simplement sacrifiés aux bandits de grand chemin. 9. destruction des sites touristiques (NZANGA SANGHA, BUFFLE ROUGE…) 10. appauvrissement systématique de la population centrafricaine par des pillages organisés de toutes leurs ressources : activités artisanales, petit élevage, bœufs… et incendie criminelle et volontaires de leurs greniers et réserves (grains et semences…). 11. mise en place par les éléments de SELEKA d’une régie parallèle qui échappe complètement au contrôle de l’Etat. Les recettes profitent uniquement à ceux qui l’ont établie. On comprend dès lors que les caisses de l’Etat soient vides. En effet les recettes ne profitent qu’aux initiateurs d’un tel système. Quel héritage allons-nous légué à la génération montante ? L’envie d’assouvir des intérêts égoïstes et mesquins ne saurait justifier l’irresponsabilité dont nous faisons aujourd’hui montre dans la gestion irrationnelle de nos ressources. Sur le plan politico-administratif, jamais le peuple n’a compris l’obstination avec laquelle les combattants de la coalition SELEKA ont détruit les archives de l’administration publique et des collectivités locales. Que se cache-t-il derrière cette volonté de destruction et d’annihilation de la mémoire nationale ? Jamais le peuple n’a compris leur acharnement sur les représentants du gouvernement ainsi que sur les agents de l’Etat en mission dans les écoles, les hôpitaux et les divers services administratifs sur toute l’étendue du territoire. Ces actes ont porté atteinte à l’existence même de notre Nation. L’autorité de l’Etat est mise en question par des groupes armés qui ont établi une administration parallèle dans différentes localités de l’arrière-pays. Sur le plan éducatif et scolaire, le risque d’une année blanche est réel. En dépit des montages faits par les techniciens du Ministère de l’Enseignement et des appels répétés, lancés par les autorités compétentes, la reprise des activités scolaires s’est faite très timidement dans certains établissements de l’Enseignement Catholique Associé de Centrafrique (ECAC) à Bangui, Bangassou, Kaga-Bandoro, Bouar, Berbérati et dans quelques autres établissements publics. Un programme d’examens (concours d’entrée en sixième, BC, BAC) vient d’être communiqué par les services d’Examens et Concours. Que fait-on de la majorité des écoles saccagées, et celles qui demeurent encore fermées ? Sur le plan sécuritaire et militaire, l’armée nationale et républicaine a cédé le pas à un agrégat de factions en mal de cohésion, manquant d’éthique et de déontologie professionnelles. Ces éléments continuent à se comporter en rebelles. Ils défient toute hiérarchie et donnent uniquement allégeance à « leur chef militaire ». Ils prennent avantage des armes en leur possession pour imposer leurs lois. En dépit des pillages et des nombreuses exactions qu’ils ont commises sur la population, ils refusent de se faire désarmer. Par ailleurs les mercenaires exigent encore d’être payés. Tel est le cas des Soudanais qui occupent à ce jour la Caserne des Sapeurs Pompiers. Même si un début de sécurisation est perceptible à Bangui, il n’en est pas le cas dans l’arrière-pays où le cantonnement des éléments de SELEKA devient un souffre-douleur pour la population livrée à leur merci. Ces hommes supposés assurer la sécurité des personnes, se transforment en leurs bourreaux. Ils s’arrogent le droit de commettre toutes les exactions. La vie du Centrafricain n’a désormais aucun prix. Ces éléments de SELEKA, pour la plupart des étrangers, peuvent impunément tuer, violer, piller, saccager, incendier des maisons, des greniers, des villages entiers, en représailles à la légitime défense opposée par les populations locales. Nous déplorons la dissémination, à travers le pays, des armes de tout calibre, qui augmente le sentiment et le fait d’insécurité. Alors que nous venons de célébrer, le dimanche 19 juin 2013, la Journée de ‘l’Enfant Africain’, nous condamnons la pratique des enfants soldats qui ne crée aucun climat propice à l’épanouissement de l’enfant et de la jeunesse en Centrafrique. Sur le plan religieux et cultuel, l’ardeur et la détermination avec lesquelles les éléments de SELEKA ont profané des lieux de culte chrétien et se sont pris de manière ciblée aux biens des chrétiens, ont ébranlé les fondements de notre cohésion sociale. L’unité du peuple centrafricain est ainsi mise à rude épreuve surtout à la vue des comportements de complicité que nous déplorons chez certains de nos frères musulmans. Ces attitudes répondent-elles à un agenda caché comme certains éléments le laissent présager ? Toutefois nous exhortons les autorités politiques à tout mettre en œuvre pour ne pas exacerber ces tensions dont l’implosion causera beaucoup de mal à notre pays. Nous réitérons notre attachement au principe de laïcité qui a façonné notre pays. Par ailleurs nous compatissons avec certaines communautés musulmanes qui ont été prises en otage et doivent la sécurisation de leurs biens grâce à un système d’omerta qui consiste à verser, par anticipation, une rançon aux éléments de SELEKA avant l’entrée de ces derniers dans une ville. Au regard de tant de drames, d’humiliations et de mépris, le peuple a besoin d’être rassuré. A cet effet, nous devons nous mettre au service de la vérité. Nous constatons malheureusement que les leaders politiques s’illustrent par le mensonge, la fuite en avant, le déni de la vérité. Tout est mis en œuvre pour préserver les intérêts égoïstes des intéressés. Nous sommes en droit de nous demander : à qui profite cette crise ? La violence est-elle un moyen nécessaire de résolutions de crises qui affectent notre pays ? Nous exhortons les femmes et les hommes qui animent la vie politique de notre Nation à prendre désormais leurs responsabilités. Combien de temps allons-nous nous laisser manipuler par des puissances étrangères qui nous utilisent, nous infantilisent et font de nous des prédateurs pour notre peuple ? Que faisons-nous de notre indépendance ? Se mettre au service de la vérité exige aussi que toute la lumière soit faite sur les responsabilités des uns et des autres dans les pillages, les viols, les tueries, les exactions que le peuple a subis. A cet effet, nous saluons et encourageons la mise en place de la Commission Mixte d’Enquête, chargée d’investiguer sur les crimes commis depuis 2004 à nos jours. Nous osons espérer que ce n’est pas uniquement une stratégie de blanchiment d’un régime en abois, accablé par les exactions qui sont décriées par toute la société civile et la communauté internationale. Puissent les conclusions auxquelles aboutiront les travaux de cette Commission créer les conditions adéquates de la RECONCILIATION et du PARDON dans la VERITE et la JUSTICE. Il faut donc rompre avec la logique de l’impunité et envisager la réparation des torts. La reconstruction d’une paix durable est à ce prix. La rébellion menée par la coalition SELEKA a ébranlé les fondements de l’unité nationale. Les Centrafricaines et Centrafricains sont sclérosés par le doute. Ils vivent désormais dans la peur et la méfiance, qui affectent les bonnes relations, naguère entretenues au-delà des clivages politiques, ethniques et religieux. Nous avons le devoir et la responsabilité de faciliter la cohésion nationale et le vivre-ensemble par le respect de la dignité humaine et des principes inhérents à la laïcité. En ce qui nous concerne, le respect des convictions religieuses n’est pas seulement une vue d’esprit. Nous l’avons manifesté de manière concrète par la mise en place de la ‘Plate-forme religieuse’. Cette initiative a permis, au niveau religieux, d’atténuer les effets de la crise et de désamorcer les tensions dont les conséquences sont préjudiciables pour tout le pays. C’est à ce prix que nous pouvons garantir l’unité et le développement de notre pays. Excellence Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat, dans l’intérêt suprême de la République centrafricaine, pour un retour à l’état de droit, pour la reconstruction et le développement de notre pays, nous attirons votre attention sur les questions relatives :

1. à la sécurisation du territoire national

2. au désarmement des combattants

3. au rapatriement des mercenaires : Tchadiens et Soudanais

4. à la protection des droits de l’homme et de la dignité de la personne humaine

5. à la lutte contre l’impunité

6. à l’application de la justice à l’égard des victimes des exactions de toute sorte

7. à la réparation des préjudices causés à l’Eglise et à la population

8. à la sécurisation de nos ressources minières, forestières et agricoles

9. à la relance de l’économie nationale

10. à la bonne gouvernance

11. à la reconstruction du tissu social

12. au respect des convictions individuelles, politiques et religieuses

13. au vivre-ensemble et à la cohésion sociale à travers la réconciliation et le pardon dans la vérité et la justice.

Nous voulons vous assurer de notre disponibilité, en tant qu’Eglise, à poursuivre notre collaboration dans la promotion de l’éducation, de la santé, du développement, de la recherche de l’unité, de la paix, de la réconciliation. Comme le rappelle le Pape Benoît XVI, dans son Exhortation post-synodale Africae Munus au n° 81, « l’Eglise en Afrique doit contribuer à édifier la société en collaboration avec les autorités gouvernementales et les institutions publiques et privées engagées dans l’édification du bien commun ». Que Dieu bénisse la République centrafricaine ! Fait à la CECA, le 20 juin 2013.

S. E. Mgr Edouard MATHOS, Président de la CECA S. E. Mgr Albert VANBUEL, Vice-Président de la CECA S. E. Mgr Dieudonné NZAPALAINGA, Archevêque de Bangui S. E. Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA, Evêque de BOSSANGOA S. E. Mgr Juan José AGUIRRE MUNOZ, Evêque de Bangassou S. E. Mgr Peter MARZINKOWSKI, Evêque d’Alindao S. E. Mgr Guerrino PERIN, Evêque de M’Baïki S. E. Mgr Dennis Kofi AGBENYADZI, Evêque de Berbérati S. E. Mgr Armando GIANNI, Evêque de Bouar S. E. Mgr Cyr Nestor YAPAUPA, Evêque coadjuteur d’Alindao

DECLARATION DE L’OBSERVATOIRE CENTRAFRICAIN DES DROITS DE L’HOMME (OCDH) SUR LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DE SON XIIIEME ANNIVERSAIRE

DECLARATION DE L’OBSERVATOIRE CENTRAFRICAIN DES DROITS DE L’HOMME (OCDH) SUR LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DE SON XIIIEME ANNIVERSAIRE

Le 29 juillet 2013, L’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (OCDH) commémore son 18ème anniversaire. La joie des cadres et militants de notre organisation en ce moment historique est ternie par les graves atteintes aux droits humains actuellement déplorés dans le pays. Le conseil exécutif de l’OCDH réuni en séance extraordinaire a décidé de rendre publique à cette occasion la présente déclaration. En effet, depuis l’offensive des éléments de la coalition Séléka le 10 décembre 2012 et la prise du pouvoir du 24 mars 2013, la situation des droits de l’homme en République Centrafricaine n’a eu de cesse de dégrader. Tout au long de l’itinéraire suivi par les éléments de la coalition Séléka depuis Ndélé jusqu’à Bangui, en passant par Damara, Mbrés, Kaga-Bandoro, Ippy, Bambari, Alindao, Mobaye, Bangassou, Ouango, Sibut, Bossembélé, Bossangoa, Bouar , Berberati, Bozoum, Nola, Carnot, M’Baïki, Paoua, etc.la quasi-totalité des infrastructures administratives, sociales et de justice, les résidences des autorités administratives et judiciaires ont été pillées et détruites. Les maisons de commerce et des particuliers ont également vu leurs biens emportés. La capitale a pratiquement subi le même sort. Malgré ses souffrances, la population a fait les plus grandes concessions en prenant acte du fait accompli et en acceptant qu’une période de transition de 18 mois soit ouverte en vue d’un retour à la légalité constitutionnelle, avec le dirigeant de la coalition Séléka au poste de Chef de l’Etat de la Transition, avec un Premier ministre issu de l’ex opposition démocratique et un Conseil National de Transition. Tous les Centrafricains, de cette façon espéraient un retour rapide de la paix et le rétablissement de la légalité constitutionnelle en Centrafrique. Malheureusement, force est de constater que la sécurité tarde dramatiquement à revenir. Tous les jours ce sont des tueries, des enlèvements, des exécutions extra judiciaires, des viols, des vols et pillages de tous ordres qui continuent à être déplorés à Bangui comme sur toute l’entendue du territoire. L’OCDH exprime sa sympathie et ses condoléances les plus émues aux victimes et à leurs parents.

La justice en dehors de Bangui et Bimbo, la Police, la Gendarmerie et l’Armée nationale n’ont pas effectivement repris leurs activités. L’OCDH exprime, à cet égard, les plus vives inquiétudes devant les propos tenus par le Chef de l’Etat de la Transition lors de la conférence de presse du 27 juillet 2013 au Ledger Plazza affirmant que les FACA n’existeraient plus. L’Armée a pour mission principale la protection de la population, des biens ainsi que la défense du territoire. On ne saurait comprendre que des hommes en armes puissent terroriser la population en toute impunité à Bangui comme sur l’ensemble du territoire national. Par ailleurs, les Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont été créées par une loi comprennent des fils et des filles du Pays recrutés et formés conformément aux textes. Il n’est pas admissible qu’elles soient supprimées par un texte règlementaire non diffusé et leurs éléments remplacés par ceux de la rébellion dont la plupart non formés, ne manifestant aucunement l’esprit de service public, de respect pour la personne humaine, ni le sens du bien commun. L’Armée Centrafricaine est UNE et INDIVISIBLE.3 Normalement, on ne devrait plus continuer de parler de la Séléka, mais uniquement de l’ARMEE CENTRAFRICAINE. L’OCDH demande que le Conseil National de Transition se saisisse de cette question essentielle pour la suite de la Transition. Devant l’existence d’une Armée digne de ce nom, l’OCDH souhaite la mise en œuvre rapide de la résolution du Conseil de paix et de Sécurité de l’Union Africaine relative à la mise en place de la Mission Internationale de Soutien à la République Centrafricaine (MISCA), forte de 3500 hommes au moins. Le déploiement de cette force est le bienvenu pour sécuriser tout le territoire national, commune par commune, village par village. L’OCDH rappelle que le peuple centrafricain réclame que le contingent du Tchad, pays voisin, membre de la CEEAC, impliqué dans la crise, ne fasse pas partie des forces qui seront déployées en RCA dans le cadre de la MISCA. A l’heure actuelle, le pouvoir de l’Etat apparait territorialement morcelé et contrôlé par des « seigneurs » de guerre qui se sont réparti les zones du pays et celles de la capitale et ont fait main basse sur les points de rentrée des recettes de l’Etat.

Les autorités politiques reconnues formellement n’ont apparemment aucune autorité sur ces « seigneurs de guerre » dont les éléments continuent de violer, voler, piller, rançonner, enlever et tuer les paisibles centrafricains, à Bangui et sur l’ensemble du territoire, dans la plus grande impunité. Une grande partie de véhicules, du bétail, de grandes quantités de biens appartenant aux citoyens centrafricains et aux expatriés vivant sur notre sol ont pris le chemin de nos frontières. Il en est de même du matériel militaire et des armes de tous calibres de nos forces de défense et de sécurité. Les Eglises Chrétiennes, Catholiques et Protestantes ont subi des actes de pillages et de destructions indicibles. Des Prêtres et des Pasteurs ont été violentés, même tués, des religieuses violées. Les nouvelles autorités se sont défendu d’amener l’islamisme. Soit. Mais depuis quelques temps, il a été signalé que des éléments de la coalition Séléka notamment à Kaga-Bandoro, Bozoum, Yaloké, Bouar, Gallo s’attachaient à abattre tous les porcs les localités où ils sont installé et à interdire formellement la consommation et la commercialisation de la viande boucanée. Cela semble dénoter d’une volonté insidieuse d’islamisation forcée du pays.

Beaucoup de centrafricains sont arrivés à la conviction que la cohabitation aujourd’hui risque d’être impossible alors que depuis toujours les centrafricains de toutes les composantes ont vécu en parfaite harmonie. L’OCDH rappelle qu’un très grand nombre d’élément de la Séléka sont des étrangers, ne parlant ni Sango, ni Français. Ce sont ceux-là qui sont signalés comme commettant les pires crimes sur les centrafricains. L’OCDH souligne que la nationalité centrafricaine s’obtient non par le droit du sol ou suite à une longue présence sur le territoire centrafricain mais par le droit du sang (jus sanguinis). Il faut être de père et de mère centrafricains ou de l’un des deux parents centrafricain pour avoir la nationalité centrafricaine. Sauf à être régulièrement naturalisé par décret, après avoir satisfait aux conditions légales. La population est aujourd’hui exaspérée de tout ce qu’elle est en train de subir de la part des éléments en armes se réclamant de la Séléka. C’est pourquoi l’OCDH demande l’application de la loi et des résolutions de la CEMAC pour permettre le retour effectif de la paix et de la sécurité, à savoir : Le cantonnement des éléments de la Séléka ; Le rapatriement des éléments étranger L’ODCH se félicite de l’adoption et de la promulgation de la Carte Constitutionnelle de Transition. Toutefois, il demande l’application effective de ses dispositions ainsi que de celles des lois et règlements relatifs aux nominations aux grades, aux postes de responsabilité dans l’armée et l’administration. La Charte Constitutionnelle de Transition prévoit l’incompatibilité de la fonction du Chef de l’Etat de la Transition avec celle de membre de gouvernement. Or, le Chef de l’Etat continue toujours d’exercer cette fonction cumulativement avec celles de ministre de la défense au sein du gouvernement de transition, en violation flagrante des dispositions de la Charte. L’ODCH estime également que c’est un grave recul pour l’Etat de droit en RCA, que des éléments de la Séléka soient nommés aux postes d’officiers généraux de l’armée ou aux grades d’officiers supérieurs en violation manifeste des textes relatifs aux statuts des officiers d’active ou à l’organisation de l’armée.

L’OCDH rappelle que le pays est menacé d’une grave crise humanitaire. Il ne comprend pas que des éléments de la Séléka, comme il a été déjà souligné, dans plusieurs localités, s’évertuent à abattre les porcs d’autrui et à interdire la vente et la consommation de la viande boucanée, privant les compatriotes d’apports en protéines indispensables. Il se félicité du concours que la communauté internationale vient d’apporter au pays afin de faire face à cette menace. Il se réjouit également de la mise en place d’une commission mixte d’enquête et espère que le rapport qui sera établi à l’issue de ses travaux sera effectivement suivi de procédures judiciaires à l’encontre des auteurs des crimes et délits dénoncés. De même, l’OCDH suit avec attention la procédure en cours devant le doyen des juges d’instruction pour les faits remontant à 2004 ayant fait l’objet de dénonciations du ministre de la Justice. L’OCDH invite toutes les personnes victimes à se manifester notamment à saisir la justice en vue de faire valoir leurs droits. De son côté, l’OCDH s’engage à documenter tous les faits délictueux dont il viendrait à être informé et à s’associer à toutes les organisations de la société civile afin que la voix du peuple centrafricain soit largement entendue en dehors de notre pays et que soit fait échec à l’impunité. L’OCDH s’engage à organiser, avec le concours de toutes les organisations de la société civile, un forum sur la paix et la consolidation de la paix en Centrafrique afin de réfléchir ensemble aux conditions d’un retour de paix durable dans notre pays. L’OCDH remercie la communauté internationale pour les énormes efforts déjà consentis en faveur du peuple centrafricain et lui demande de continuer à aider ce peuple afin que la sécurité soit rétablie sur l’ensemble du territoire, pour permettre le rétablissement de la légalité constitutionnelle par la tenue d’élections libres, justes, crédibles dans un climat apaisé et dans les meilleurs délais.

Fait à Bangui, le 29 juillet 2013

Le Président du Conseil Exécutif

Me Mathias Barthélemy Morouba

Réseau des journalistes pour les Droits de l’homme

DECLARATION DE L’OBSERVATOIRE CENTRAFRICAIN DES DROITS DE L’HOMME (OCDH) SUR LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DE SON XIIIEME ANNIVERSAIRE

LA LAICITE EN DANGER EN CENTRAFRIQUE

LA LAICITE EN DANGER EN CENTRAFRIQUE

 

Comme le dirait Maka Gbossokoto, je ne comprends pas que la coalition rebelle Seleka ne comprenne pas que la Républicaine Centrafricaine est un Etat résolument laïc.

Durant sa marche conquérante du pouvoir, la coalition Seleka s’était illustrée par des attaques ciblées contre les Eglises Chrétiennes notamment catholiques à Bangassou, Kembé, Bambari, Sibut, Kaga-Bandoro et Bossangoa. Des biens ont été pillés. Des Eglises ont été saccagées et détruites. Des femmes Centrafricaines non musulmanes dont des religieuses ont été violées. Cependant, les mosquées et les biens appartenant à la communauté musulmane ont été préservés.

Malgré la prise du pouvoir le 24 mars 2013, on enregistre jusqu’à ce jour des actes attentatoires au principe de laïcité, et les exemples sont nombreux. Lors d’un office religieux à la Cathédrale de Bangui, des éléments Seleka armés, ont fait irruption dans l’Eglise à la recherche d’un Centrafricain débiteur à leur égard. Ce fait a provoqué l’indignation chez les fidèles présents. Pendant ce temps, d’autres éléments s’affairaient dehors et devant la dite Cathédrale à leurs activités favorites, vol de véhicules, intimidations et braquages à main armée. A Kaga-Bandoro et à Galo (60 km de Bouar), prétendument au nom de la Charia, certains éléments Seleka, ont interdit la consommation de la viande du porc et de la viande boucanée. De même, l’élevage porcin a été interdit. Pour joindre l’acte à la parole, ces éléments Seleka ont abattu tout le cheptel porcin. Au quartier KM5, les musulmans Centrafricains et étrangers, sont devenus arrogants et très agressifs vis-à-vis de leurs compatriotes non musulmans qu’ils traitent de « Congo ». Au marché à bétail de Bégoua, des Centrafricains non musulmans sont marginalisés sous plusieurs formes par des musulmans qu’on considérait comme nos frères. Dans l’arrière-pays, les éléments musulmans Seleka profitant de l’inexistence de l’Etat, se font passer pour des véritables maîtres des lieux, demander des rançons à la population Centrafricaine et racketter les églises, en dépouillant les curés de leurs dîmes. Certains établissements scolaires et hospitaliers ont été pillés et transformés en mosquées. Partout dans le pays, des femmes Chrétiennes sont contraintes à des mariages forcés et au port du voile intégral.

L’on voit bien qu’à travers ce faisceau d’éléments factuels, se dessinent, en République Centrafricaine, une islamisation rampante et l’instauration de la Charia, en lieu et place d’une Constitution Républicaine. D’ailleurs, sur ce registre, le Chef de l’Etat de Transition, Michel Djotodia, pour justifier les pillages des églises chrétiennes en question, avait même clairement déclaré que ces églises disposaient de tout tandis que dans les mosquées, il n’y avait rien d’autre que le Coran. Durant les travaux préparatoires de l’adoption de la Charte Constitutionnelle de Transition, l’idée déguisée de changer le mot laïcité par le mot « Dieu », sous-entendu « Allah » a été même émise, ce qui a d’ailleurs provoqué la réaction des membres non musulmans du Conseil National de Transition (CNT), sans oublier les protestations des Centrafricains sur les réseaux sociaux.

On a noté que Michel Djotodia, lors de ses sorties médiatiques, s’est exprimé en faveur du principe de laïcité, tentant ainsi de rassurer le peuple Centrafricain. Cependant, les faits sont bien têtus, comme on le constate dans les éléments factuels précités. La laïcité est aujourd’hui un vain mot en Centrafrique. L’opinion nationale et internationale est en droit de s’interroger sur les intentions réelles de Michel Djotodia et de la coalition Seleka désormais au pouvoir. Et pourtant, les Centrafricains toutes confessions confondues ont toujours cohabité de façon harmonieuse et pacifique depuis l’indépendance. La marginalisation historique dont ont été victimes les ressortissants du nord Centrafricain, ne saurait justifier de tels actes.

Le principe de laïcité est un grand principe républicain et une valeur de la nation Centrafricaine. La République Centrafricaine n’a jamais été et ne sera jamais un nid pour les islamistes, comme ce fut récemment le cas au Mali avec Al-Qaïda Maghreb Islamique (AQMI) ou au Nigéria en proie à une longue guerre de religions, devenue aigue avec Boko-Haram.

La communauté musulmane de Centrafrique étant très minoritaire, ne pourrait tenir face à éventuelle mais potentielle révolte du peuple, excédé par des comportements islamistes. Oui, la colère des Centrafricains gronde et s’enfle au fur et à mesure, et il temps pour Michel Djotodia et ses acolytes de prendre enfin leurs responsabilités, pour siffler la fin de la récréation avant qu’il ne soit trop tard. Les canons et les sabres de la coalition Seleka, soutenue par les pétrodollars du Quatar, ne suffiraient pas à contenir la furie du peuple Centrafricain qui se battra mains nues pour sauvegarder sa dignité, son identité, son honneur, bref le principe de laïcité.

PEOU Emmanuel

Dimanche 4 Août 2013 – 21:42
bêafrika Sango
http://www.beafrika.net/LA-LAICITE-EN-DANGER-EN-CENTRAFRIQUE_a968.html

FED FEMMES EN DANGER UNE NOUVELLE ONG EST NEE

 

 

www.facebook.com/FedOrganisationNonGouvernementale    

 

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F.E.D (Femmes En Danger) est une ONG (association loi 1901) qui s’assigne comme objectif, de lutter contre l’impunité des auteurs de violences faites en temps de paix comme en temps de guerre, aux femmes d’Afrique en général, et d’Afrique Centrale…

 

POUR SIGNALER DES VIOLS ET VIOLENCES FAITES AUX FEMMES EN AFRIQUE ET AU CONGO RDC ET CENTRAFRIQUE QUI VIVENT ACTUELLEMENT CES EXACTIONS UN MAIL femmesendanger.fed@gmx.fr EN AJOUTANT VOTRE NOM PRENOM PAYS VILLE ADRESSE  ET MAIL OU AUTRES MOYENS DE VOUS JOINDRE;

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Centrafrique au bord du « chaos » selon 5 ONG françaises

 

Cinq ONG françaises ont dénoncé mardi l’ »abandon » de la Centrafrique – où « l’État n’existe plus » et où la pénurie alimentaire menace – par une communauté internationale qui conditionne son aide à un improbable retour de la sécurité.

Dans un communiqué commun, Médecins sans frontières (MSF), Action contre la faim (ACF), Médecins du monde (MDM), Première urgence-Aide médicale internationale (PU-AMI) et Solidarités International (SI), ont fustigé « l’insuffisance de la présence des Nations unies sur le terrain et le manque de financement par la grande majorité des bailleurs de fonds », dont certains « conditionnent leurs financements à venir à une ré-instauration de la sécurité », un statu quo « aussi incompréhensible qu’inacceptable ».

Et la pénurie alimentaire menace, préviennent les ONG. « En 2012, les récoltes n’ont pas été bonnes » et « les réserves sont peu importantes », a expliqué Bérengère Tripon, de SI, lors d’une conférence de presse commune.

Ces réserves ont ensuite souvent été pillées, soit par des nomades, soit par la rébellion Séléka qui a pris le pouvoir en mars et multiplie les exactions (pillages, rackets, viols, meurtres). « On estime que la récolte 2013 couvrira un mois de besoins alimentaires alors qu’elle devrait en couvrir au moins six », selon Mme Tripon.

Toute la population est menacée par la faim. Thierry Mauricet, directeur général de PU-AMI, estime que « 147.000 personnes sont déjà en restriction alimentaire sévère », sur 4,5 millions d’habitants.

Et depuis début 2013, indique Alain Coutand d’ACF, « le nombre d’enfants admis dans nos centres nutritionnels a doublé » par rapport à 2012. La malnutrition sévère des enfants entraîne souvent des séquelles neurologiques irréversibles.

« Dans n’importe quel pays, on parlerait de catastrophe humanitaire. En Centrafrique, ça tombe dans l’oubli », s’est-il désolé.

Quant au système de santé, il agonise, l’approvisionnement en médicaments et fournitures médicales étant interrompu, l’accès aux soins impossible par endroits.

Une flambée de paludisme a occasionné 60.000 consultations au premier trimestre dans les structures soutenues par MSF, soit +38% par rapport à 2012, tandis que rougeole et pneumonie sont en augmentation.

Depuis des années, la Centrafrique, qui a la deuxième espérance de vie la plus basse au monde (48 ans), connaissait un taux de mortalité trois fois plus élevé que le seuil d’urgence définissant une crise humanitaire (un mort pour 10.000 habitants par jour). Et ce taux « est pire aujourd’hui », estime Mego Terzian, président de MSF, sans pouvoir le chiffrer.

La prise de pouvoir par la Séléka n’est que le dernier épisode d’une longue série de coups d’Etat et de rébellions depuis l’indépendance en 1960. Les rebelles Séléka sont eux-mêmes divisés et d’autres groupes armés sévissent.

Résultat, les agences onusiennes et beaucoup d’ONG ont fui. « Les ONG présentes ont toutes été pillées au moins une fois et l’État n’existe plus », a expliqué Thierry Mauricet (PU-AMI).

« Nous pouvons opérer actuellement », a ajouté Alain Coutand (ACF), « mais c’est très cher et très compliqué ».

« La communauté internationale doit considérer la Centrafrique comme une de ses priorités. (…) La situation est pire qu’elle n’a jamais été », a résumé André Munger, de MSF.

MICHEL DJOTODJA CRÉE DE TOUTES PIÈCES UN MÉLANGE DE GENRE, UNE ARMÉE CENTRAFRICAINE GONFLÉE DE 20000 ÉLÉMENTS SELEKAS (TCHADO-SOUDANNAIS) POUR MIEUX ASSURER SES ARRIERES EN 2014.

MICHEL DJOTODJA CRÉE DE TOUTES PIÈCES UN MÉLANGE DE GENRE, UNE ARMÉE CENTRAFRICAINE GONFLÉE DE 20000 ÉLÉMENTS SELEKAS (TCHADO-SOUDANNAIS) POUR MIEUX ASSURER SES ARRIERES EN 2014. DISONS NOUS LE, CE MONSIEUR NE QUITTERA JAMAIS LE POUVOIR SANS METTRE LE PAYS A FEU ET A SANG. AU MALI, ON A JAMAIS INTEGRE LES REBELS ISLAMISTES A L’ARMEE MALIENNE POUR ARRETER LA GUERRE, ET ORGANISER LES ELECTIONS. CHEZ NOUS, AVEC DES CORPS SELEKA ETRANGERS DANS NOTRE ARMEE, NOUS ALLONS DROIT AU MUR, AVEC A LA CLE UN GRAND TERRITOIRE TCHADIEN. CAR DE FAIT, PAR CETTE INTEGRATION DES ELEMENTS SELEKA LA RCA PASSE SOUS CONTRÔLE TCHADO-SOUDANNAIS. NOUS SERONT ASSUJETTIS A DEBY. NOUS AVONS DESORMAIS LES MAINS LIEES. QUE FERONS NOUS CIVILS CONTRE UNE ARMEE SELEKATISEE. DJOTODJA A TOUT SIMPLEMENT VENDU NOTRE PAYS A SON CHEF I.DEBY. MA QUESTION: COMMENT POURRONT NOUS PARLER D’INDEPENDANCE ALORS QUE NOUS SOMMES DEVENUS A NOTRE INSU TCHADIENS. POUR MOI LA SOLUTION SERA D’EN APPELER A LA MEDIATION INTERNATIONALE POUR DEGAGER CES SELEKAS DE NOTRE PAYS. QUANT A I. DEBY ET DJOTODJIA, ILS DOIVENT DISPARAITRE DANS LES GEOLES DE LA CPI point barre

Des FACA à la création unilatérale d’une nouvelle Armée Républicaine
La République Centrafricaine a été fortement ébranlée depuis le 10 décembre 2012 avec la naissance d’une rébellion dénommée SELEKA. Cette rébellion se diverge des précédents non seulement par son mode opératoire dans les tactiques de combats, mais qu’en sus, les parrains et caciques de cette rébellion ont inscrit dans leur agenda, un projet déstabilisateur de mettre tout en cendre. C’est ainsi que dès les premières heures du déclenchement des hostilités, l’administration n’a été épargnée, toutes les institutions incarnant l’État, les symboles de la République, immortalisant l’histoire de la nation ont été littéralement soit pillé pour ne pas laisser de trace, soit emportés pour d’autres destinations. Cette folie meurtrière et de destruction a atteint son point culminant à partir du 24 mars 2013 avec la prise de la capitale Bangui. En tout cas, tous les ingrédients étaient déjà réunis pour prolonger la souffrance d’une population déjà au seuil de l’extrême pauvreté du malthusianisme économique. Comment expliquer d’une part une telle avancée aussi fulgurante soit elle et en une vitesse éclair des éléments Séléka sur le théâtre des opérations ? Notre armée nationale n’a-t-elle pas du tout déméritée pour qu’à chaque fois, sous prétexte d’un repli tactique, elle a pu et à chaque fois capitulée devant l’ennemi ? Mais pourquoi ce désastre ? Certes parce qu’il y’a eu trahison de la patrie au rang desquels figure en bonne place un bon nombre d’officiers.

Par principe, l’armée est apolitique. Elle est investie de la mission cardinale de veiller au grain sur la défense de la patrie assortie du serment de défendre l’intégrité territoriale. L’armée a toujours joué un rôle prédominant dans l’histoire de la république centrafricaine. Telle n’est pas la réalité aujourd’hui. L’armée centrafricaine s’est démarquée de sa mission régalienne. Le clientélisme, l’amateurisme, le manque de cohésion et d’harmonie (esprit de corps), la mauvaise manière de servir ont été le nœud gordien qui nous conduit à l’échafaud. Par ce comportement, l’armée à signé son acte de décès pour devenir l’otage et l’esclave d’une bande d’aventurier sans cœur ni conscience et c’est le peuple centrafricain qui paie le lourd tribut. Que dirait t’on aujourd’hui d’un officier ayant reçu son galon au prix d’un dur labeur, en comparaison d’un énergumène soldat de 2è classe ou d’un civil qui arbore avec emphase et de manière outrecuidante le grade de colonel, général et qu’un officier gradé digne de ce nom puisse aller lui rendre honneur ? C’est pour dire que nous sommes tous assis sur un volcan. Le tissu social aura du mal à se colmater. Les plaies sont trop béantes pour se refermer au bout d’une décennie. Ce qui promet de lendemain difficile même sans Djotodia. En négligeant délibérément de combattre la force ennemie, l’armée centrafricaine a perdu tous ses repères pour redevenir un supplétif de l’armée tchadienne aux ordres de N’Djamena et des paranoïas de Deby qui décide de tout. La nomination de nombreux tchadiens musulmans au perchoir en sont l’une des illustrations.

Ceux qui ont ternie l’image de notre armée, sont d’abord ces vieux généraux inactifs sur le terrain, mais budgétivores, laxistes et corrompus. Jetant en pâtures les secrets de la défense qui engagent la vie de toute une nation. Que y’a-t-il de d’anormal ou de coupable lorsque les gouvernants s’en procurent de matériels et autres arsenaux militaires pour insuffler une dynamique à une armée ? En Centrafrique, poser un tel acte, est considéré comme un crime. Tel est le cas du nébuleux Prosper NDOUBA du quotidien en ligne (Centrafrique Presse Info), qui par des affabulations grotesques a jeté l’opprobre sur le pays. C’est ainsi qu’il est aujourd’hui récompensé du poste de Ministre, conseiller spécial de DOTODJIA.

Même la plupart des jeunes officiers sortis des grandes écoles de formation, des académies militaires brillent par une inertie, une incompétence notoire et un manque du devoir de servir. L’armée qui est la grande muette sert maintenant d’appât aux appétits voraces des politiciens, des secrets dévoilés aux organes de presse, des plans de tactiques de combats éventés au grand jour. Bref !la définition de l’armée se disant apolitique n’est qu’une leurre, une réalité de façade. Puisque ce sont nos officiers qui ont trahit la nation centrafricaine puis de sacrifier le peuple aux mains des bourreaux et autres mercenaires sanguinaires. La plupart sont des hommes malléables, imbu d’esprit mercantile et obnubilés par les affaires, le grand luxe que de défendre la patrie au nom de laquelle ils ont prêté serment. Comment expliquer aussi le fait que des officiers ayant des salaires et autres traitements considérables par rapport à un fonctionnaire de la fonction publique puissent s’apitoyer et de détourner les maigres indemnités (PGA) et salaires des soldats qui sont actifs sur le terrain sous de fallacieux prétexte de sanctions ? Sur le théâtre des opérations lorsque les FACA était en bute avec les seleka, qu’est ce qu’on n’a pas constaté sur différents fronts ? Depuis Ndélé en passant par Bria, le commandement des opérations ne faisait que demander aux troupes de décrocher sans combattre. Pire encore, à Bambari, dans le feu des combats, les hauts gradés se sont battu en retraite, abandonnant les éléments qui au moment de se rabattre pour s’approvisionner en minutions avaient la désagréable surprise de constater que leurs supérieurs ont prit la poudre d’escampette. Complicité ou capitulation ? En tout cas, la réponse n’est pas à rechercher dans les profondeurs des pensées. A chaque front, Djotodia et ses complices ont corrompu nos officiers par des pourboires. Une moto précède la ligne de front pour remettre de somme d’argent à celui qui conduisait la troupe. Les arsenaux et matériels remis pour le combat sont parfois sciemment abandonnés pour ravitailler séléka.

Lorsque Séléka a enclenchée les hostilités, l’opposition dite démocratique servait de courroie de transmission entre et le milieu opérationnel des FACA et séléka. Par ce biais, les officiers FACA subrogés ont reçu chacun un pactole en espèce sonnante et trébuchante. Même le général DOLE WAYA qui a fait preuve d’une prouesse héroïque lors de l’attaque des éléments de BABA LADE, est également tombé plus bas. Non seulement du fait qu’il ait accepté le poste de Chef d’Etat Major alors que ses frères d’armes sont constamment traqués, tués par des dizaines pour ne se faire entourer que par une cohorte de mercenaires tchado soudanais arborant avec emphase des grades de Colonel, Généraux etc,qu’ils ont reçu dans quel centre de formation ou académie militaire d’où on ne sait. Mais que de tel comportement d’un officier de si haut rang, qui a un cursus militaire bien rempli, mérite probablement des questionnements.

Depuis toujours, le général DOLE WAYA entretien une relation étroite avec feu Charles MASSI président fondateur du FODEM (Forum Démocratique pour la Modernité) avec des ramifications sous-jacentes. A fortiori, avec son fils adoptif Nerris, porte parole de la Séléka avec qui il filtrait les informations concernant les dispositifs des FACA. La preuve pourrait se vérifier à travers les différents commentaires et précisions de ce dernier sur les médias à l’époque des faits.

C’est au regard de tous les services rendus que Djotodia l’a nommé chef d’état major, mais sans base consistante, d’autant plus que les éléments qu’il est appelé à commander sont à 90% des non centrafricains, des gens d’une autre culture, d’une autre civilisation sans notion de base sur le métier des armes mais ne sachant qu’appuyer sur la gâchette avec le style de combat par choc inhérent au pays de notre voisin le déstabilisateur. Fera t’il long feu avec cette trahison qu’il porte en lui jusqu’à la moelle osseuse et de s’exonérer des charges qui pèsent sur sa conscience ?

Aussitôt dit, aussitôt fait. Djotodia sur instruction expresse de son mentor et colonisateur de Centrafrique Idriss Deby a décidé contre toute attente, de changer l’appellation Forces armées Centrafricaines (FACA), avec une nouvelle Armée Républicaine Centrafricaine (ARC), battant en brèche la fierté nationale que représente cet attribu, les symboles de la nation inaugurés au début de l’indépendance de notre pays. Feu Jean Bédel BOKASSA, sur appel du feu président David DACKO ont à travers l’histoire, imprimés une marque de conscience nationale en créant l’armée centrafricaine et il sera injuste pour des personnes ayant martyrisé le peuple de s’arroger ce rôle. A moins que derrière cette façade de changement de terminologie se cachent des velléités islamophobes.

Depuis toujours, Djotodia et sa clique manifestaient la ferme volonté de saper les bases qui constituent le socle de notre nation. Est-ce que la reforme du secteur de la sécurité nécessite un changement de dénomination des institutions surtout pour un pouvoir illégal, illégitime qui n’a pas reçu l’onction morale du peuple par le suffrage universel ? Cette question mérite un examen minutieux au cas par cas. Mais par delà tout, cette soit distante Armée Républicaine de Centrafricaine (ARC), ne sera qu’un groupe supplétif aux ordres de N’Djamena et de « l’empereur de centrafrique Idriss Deby », puis un danger, facteur d’embrasement pour l’Afrique en générale et la sous région d’Afrique Centrale en particulier.

Homme lige de Deby, Djotodia a emboité le pas à son mentor qui déclarait fin mars début avril sur rfi (radio France internationale), dans l’émission « Internationale », que la RCA ne dispose d’aucune armée nationale, d’aucune force de police ni de gendarmerie et qu’il fallait tout reprendre à zéro, ignorant au passage qu’il existait des hommes et des femmes qui ont fait le renom de cette armée avec une conscience nationale de défendre la patrie. Cette déclaration n’est pas passée inaperçu aux yeux des observateurs politiques avisés. Pas plus tard, qu’hier encore, Djotodia nous ait fait l’une de ses rodomontades biscornues en martelant et régurgitant les même propos de son maitre, ignorant les FACA. « Réellement, ces gens-là n’existent plus, a reconnu le président par intérim. Il faut qu’ensemble nous reconstituions l’armée centrafricaine, une nouvelle armée. Une armée que nous dénommons déjà l’Armée républicaine de Centrafrique Ensemble Maintenant
afrique. Ce ne sera plus les Faca. Il faut une armée forte. Nous allons faire le brassage. Les ex-Séléka et les ex-Faca vont former une nouvelle armée. » sans calcul des conséquences qui en découleront. Encore une fois de plus Djotodia a craché au visage des centrafricains. Quel sera l’équilibre des forces qui vont intégrer d’une part cette fameuse ARC du moment où le président de la transition ignore en même temps l’existence des éléments FACA et de parler de brassage d’autre part si ce n’est pas une force constituer exclusivement des islamistes séléka au vu de l’effectif infime des FACA ?

En créant la fameuse ARC, le président de la transition veut asseoir une armée aux ordres de Deby et sur lequel ce dernier pourrait s’appuyer pour préserver son pouvoir en cas d’attaque, mais aussi, d’étendre l’éventail de son hégémonie en s’attaquant au Congo Brazzaville, la RDC, le Sud Soudan en passant par la partie septentrionale du Cameroun. Et d’aventure si ses adversaires parvenaient à l’éjecter du pouvoir, ce serait à partir de cette base arrière que constitue la Centrafrique qu’il aurait à s’appuyer pour se réorganiser. En tout état de cause, l’avenir nous en dira plus.

Henri DIOGÈNE

Henri DIOGÈNE

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4 août, 2013

VOUS AVEZ DIT SELEKA??? LA LAICITE EN DANGER EN CENTRAFRIQUE

VOUS AVEZ DIT SELEKA???

LA LAICITE EN DANGER EN CENTRAFRIQUE

Comme le dirait Maka Gbossokoto, je ne comprends pas que la coalition rebelle Seleka ne comprenne pas que la Républicaine Centrafricaine est un Etat résolument laïc.

Durant sa marche conquérante du pouvoir, la coalition Seleka s’était illustrée par des attaques ciblées contre les Eglises Chrétiennes notamment catholiques à Bangassou, Kembé, Bambari, Sibut, Kaga-Bandoro et Bossangoa. Des biens ont été pillés. Des Eglises ont été saccagées et détruites. Des femmes Centrafricaines non musulmanes dont des religieuses ont été violées. Cependant, les mosquées et les biens appartenant à la communauté musulmane ont été préservés.

Malgré la prise du pouvoir le 24 mars 2013, on enregistre jusqu’à ce jour des actes attentatoires au principe de laïcité, et les exemples sont nombreux. Lors d’un office religieux à la Cathédrale de Bangui, des éléments Seleka armés, ont fait irruption dans l’Eglise à la recherche d’un Centrafricain débiteur à leur égard. Ce fait a provoqué l’indignation chez les fidèles présents. Pendant ce temps, d’autres éléments s’affairaient dehors et devant la dite Cathédrale à leurs activités favorites, vol de véhicules, intimidations et braquages à main armée. A Kaga-Bandoro et à Galo (60 km de Bouar), prétendument au nom de la Charia, certains éléments Seleka, ont interdit la consommation de la viande du porc et de la viande boucanée. De même, l’élevage porcin a été interdit. Pour joindre l’acte à la parole, ces éléments Seleka ont abattu tout le cheptel porcin. Au quartier KM5, les musulmans Centrafricains et étrangers, sont devenus arrogants et très agressifs vis-à-vis de leurs compatriotes non musulmans qu’ils traitent de « Congo ». Au marché à bétail de Bégoua, des Centrafricains non musulmans sont marginalisés sous plusieurs formes par des musulmans qu’on considérait comme nos frères. Dans l’arrière-pays, les éléments musulmans Seleka profitant de l’inexistence de l’Etat, se font passer pour des véritables maîtres des lieux, demander des rançons à la population Centrafricaine et racketter les églises, en dépouillant les curés de leurs dîmes. Certains établissements scolaires et hospitaliers ont été pillés et transformés en mosquées. Partout dans le pays, des femmes Chrétiennes sont contraintes à des mariages forcés et au port du voile intégral.

L’on voit bien qu’à travers ce faisceau d’éléments factuels, se dessinent, en République Centrafricaine, une islamisation rampante et l’instauration de la Charia, en lieu et place d’une Constitution Républicaine. D’ailleurs, sur ce registre, le Chef de l’Etat de Transition, Michel Djotodia, pour justifier les pillages des églises chrétiennes en question, avait même clairement déclaré que ces églises disposaient de tout tandis que dans les mosquées, il n’y avait rien d’autre que le Coran. Durant les travaux préparatoires de l’adoption de la Charte Constitutionnelle de Transition, l’idée déguisée de changer le mot laïcité par le mot « Dieu », sous-entendu « Allah » a été même émise, ce qui a d’ailleurs provoqué la réaction des membres non musulmans du Conseil National de Transition (CNT), sans oublier les protestations des Centrafricains sur les réseaux sociaux.

On a noté que Michel Djotodia, lors de ses sorties médiatiques, s’est exprimé en faveur du principe de laïcité, tentant ainsi de rassurer le peuple Centrafricain. Cependant, les faits sont bien têtus, comme on le constate dans les éléments factuels précités. La laïcité est aujourd’hui un vain mot en Centrafrique. L’opinion nationale et internationale est en droit de s’interroger sur les intentions réelles de Michel Djotodia et de la coalition Seleka désormais au pouvoir. Et pourtant, les Centrafricains toutes confessions confondues ont toujours cohabité de façon harmonieuse et pacifique depuis l’indépendance. La marginalisation historique dont ont été victimes les ressortissants du nord Centrafricain, ne saurait justifier de tels actes.

Le principe de laïcité est un grand principe républicain et une valeur de la nation Centrafricaine. La République Centrafricaine n’a jamais été et ne sera jamais un nid pour les islamistes, comme ce fut récemment le cas au Mali avec Al-Qaïda Maghreb Islamique (AQMI) ou au Nigéria en proie à une longue guerre de religions, devenue aigue avec Boko-Haram.

La communauté musulmane de Centrafrique étant très minoritaire, ne pourrait tenir face à éventuelle mais potentielle révolte du peuple, excédé par des comportements islamistes. Oui, la colère des Centrafricains gronde et s’enfle au fur et à mesure, et il temps pour Michel Djotodia et ses acolytes de prendre enfin leurs responsabilités, pour siffler la fin de la récréation avant qu’il ne soit trop tard. Les canons et les sabres de la coalition Seleka, soutenue par les pétrodollars du Quatar, ne suffiraient pas à contenir la furie du peuple Centrafricain qui se battra mains nues pour sauvegarder sa dignité, son identité, son honneur, bref le principe de laïcité.

PEOU Emmanuel
Dimanche 4 Août 2013 – 21:42
bêafrika Sango

http://www.beafrika.net/LA-LAICITE-EN-DANGER-EN-CENTRAFRIQUE_a968.html

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