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blog de la fraternité avec la diaspora noire. Ceux a qui cet appel fait echo, venez et matez mon blog

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9 août, 2010

Amel Bent critique le gouvernement

Amel Bent critique le gouvernement

L’artiste française a vivement critiqué les propositions de Nicolas Sarkozy et du gouvernement.

Aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’Amel Bent a sa langue dans sa poche. Lors d’une interview accordée à France Info, la chanteuse française s’est offusquée des propositions du gouvernement au sujet de la nationalité (qu’elle soit retirée aux ressortissants français d’origine étrangère, coupables de faits graves). Amel Bent a declaré : « Je crois que c’est très grave de hiérarchiser les gens. On est Français, le reste, c’est un bonus, une richesse qui nous est propre [...] Aux yeux du gouvernement et du Président, on devrait juste être Français. » Reste à savoir si l’artiste va réellement s’engager ou si c’est juste un coup de sang… Affaire à suivre.

Découvrez l’interview d’Amel Bent en vidéo

http://www.dailymotion.com/video/xeb2pw

5 août, 2010

Michael Jackson, un an déjà !www.afrik.com

arton201880c4d5.jpgCultureEtats-UnisInternationalMusique

Michael Jackson, un an déjà !

Des hommages sont rendus au roi de la pop un partout dans le monde

Non, ils n’ont rien oublié ! Les fans de Michael Jackson, mort il y a tout juste un an, fêtent l’An I de la disparition de leur idole. Ils devraient affluer par milliers vendredi au cimetière de Forest Lawn, où repose la dépouille de l’artiste.

vendredi 25 juin 2010 / par Djamel Belayachi

Les fans à travers le monde célèbrent le premier anniversaire de la mort de Michael Jackson, décédé le 25 juin 2009 à la suite d’un arrêt cardiaque. Le roi de la pop n’a jamais été aussi populaire que depuis sa disparition. En témoignent les recettes générées par la vente de ses chansons et documentaire This Is It relatant les répétitions des concerts qu’il devait effectuer peu avant sa mort. Elles sont estimées à un milliard de dollars, selon le magazine spécialisé Billboard.

Des milliers de fans ont afflué ce vendredi vers la maison de la famille Jackson à Encino, dans la banlieue de Los Angeles, et au cimetière de Forest Lawn, pour se recueillir sur la dépouille de l’artiste. La mère de Bambi, Katherine Jackson a inauguré un monument à l’effigie du chanteur au cours d’une cérémonie à Gary (Indiana), ville natale du chanteur. Elle a récemment sorti un livre hommage à son fils, Never can say Goodbye : The Katherine Jackson Archives, sorte de portrait intime de l’artiste parsemé d’anecdotes inédites.

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Join « Michael Jackson Tribute Portrait »

Le Dr Conrad Murray est-il coupable ?

Dépendant des analgésiques, Michael Jackson est mort d’une overdose de médicaments quelques jours seulement avant son très attendu come-back sur la scène de l’O2 Arena à Londres, en juillet 2009. Au banc des accusés : le médecin du chanteur, Dr Conrad Murray, qui avait reconnu quelques jours après son décès lui avoir administré des sédatifs pour l’aider à trouver le sommeil. Mais en février dernier, il plaidé « non coupable » à l’accusation d’homicide involontaire déposée par le procureur de Los Angeles. En liberté provisoire, le procès du Dr Murray devrait débuter le 23 août. Il risque jusqu’à quatre ans d’emprisonnement.

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Katherine Jackson remercie VoicePlate et les fans

La garde des enfants de Michael Jackson – Prince Michael, 13 ans, Paris, 12 ans et Blanket, 8 ans – a été confiée à leur grand mère Katherine, selon le vœu du chanteur. Le roi de la pop a légué sa fortune, estimée à plus de 300 millions de dollars américains, à ses enfants, à sa mère ainsi qu’à des œuvres de charité. Dans une récente interview au Daily Mirror, Katherine a confié que des enfants de Michael, Paris est celle qui ressemble le plus à son père : « Paris a le talent de son père. Quoi qu’elle fasse, elle est douée. Elle a une âme d’artiste, elle joue du piano ». Bientôt la relève ?

http://www.afrik.com/article20188.html

 

3 août, 2010

Alioune Diop fondateur de la maison d’édition Présence Africaine

Alioune Diop fondateur de la maison d’édition Présence Africaine
03/08/2010
 
Alioune Diop fondateur de la maison d'édition Présence Africaine dans AUTRES REPORTAGES transparent
Une biographie de l’illustre homme de culture sénégalais Alioune Diop qui aurait fêté ses 100 ans cette année
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Par Pierrette Herzberger-Fofana

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© Michel Fabre Collection
transparent dans PERSPECTIVE DE DEVELOPPEMENT transparent dans SOCIETE ET DIVERS  
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Le monde culturel célèbre cette année le centenaire de la naissance d’Alioune Diop, premier éditeur Africain en France et fondateur de la revue „Présence Africaine„ qui porte le même nom. La communauté internationale composée d’artistes, d’écrivains, d’intellectuels, d’anciens compagnons de lutte, sa ville natale, son pays lui ont rendu un vibrant hommage.

De nombreuses manifestations ont eu lieu. Au mois de janvier 2010 une plaque commémorative a été apposée sur la façade de sa maison natale à St Louis, un concours de poésie et de langues a été organisé au sein des écoles du Sénégal et finalement un colloque a réuni des universitaires venus de tous les horizons d’Afrique, et de la Diaspora. Le colloque avait pour thème: “Alioune Diop, l’Homme et son œuvre face aux défis contemporains„

Parmi les invités de marque, on notait notamment la présence de Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature, la plupart des écrivains sénégalais dont l’écrivain, Cheikh Hamidou Kane, auteur de « L’ Aventure ambiguë » du poète Amadou Lamine Sall, égire de Senghor et celle de l’ancien directeur Général de l’UNESCO Amadou Mahtar Mbow.

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transparent transparent Wole Soyinka, Prix Nobel de Littérature 88 et P. Herzberger-Fofana transparent transparent  
transparent transparent Wole Soyinka, Prix Nobel de Littérature 88 et P. Herzberger-Fofana
© PHF
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Durant 3 jours, les éminents universitaires ont revisité l’œuvre d’Alioune Diop et rappelé le rôle qu’il a joué dans l’émancipation des peuples noirs. Les témoignages que nous détenons de ses contemporains constituent un héritage précieux pour cerner la personnalité captivante de cet homme de culture, généreux et discret qui a marqué cette fin du 20 ème siècle.

Wole Soyinka, Prix Nobel de Littérature et président de la Communauté Africaine de Culture a souligné «le rôle de visionnaire et de missionnaire qu’Alioune Diop a tenu pour la défense de la race noire“. Dans son allocution il a magnifié l’œuvre de l’éditeur sénégalais et a invité la jeunesse à s’ en inspirer.

« Nous avons eu le privilège d’être des compagnons d’Alioune Diop. Il nous a enseignés que l’esprit de guerre contre le barbarisme n’a pas de limite. Ce message est toujours d’actualité. Il appartient aux jeunes de s’en approprier car la culture reste un vaste champ de bataille…Alioune Diop a montré la voie qui mène vers la libération de la pensée négro-africaine » Wole Soyinka, Prix Nobel de Littérature 1988.

Biographie

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transparent transparent Mme Marie-aida Diop-Wane, Mme Christiane Diop, MMe Suzanne Diop, à l'arrière plan : Prof.Ngallaso, Prof. Théophile Obenga, Prof. Tidjani Serpos transparent transparent  
transparent transparent Famille Diop: Mme Marie-aida Diop-Wane, Mme Christiane Diop, MMe Suzanne Diop, à l’arrière plan : Prof.Ngallaso, Prof. Théophile Obenga, Prof. Tidjani Serpos
© PHF
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Alioune Diop est né le 10 janvier 1910 à St Louis-du-Sénégal, ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Le jeune Alioune fréquente l’école coranique comme tous les enfants de famille musulmane. Cependant ses tantes maternelles catholiques l’initient au dogme chrétien. Alioune Diop se convertit plus tard au christianisme dans la nuit de Noël 1944 à Saint-Flour dans le Cantal. Il reçoit son baptême catholique sous le nom de l’apôtre Jean. Alioune Diop fréquente d’abord l’école publique de Dagana où il accomplit le cycle d’études primaires et ensuite le lycée Faidherbe de Saint Louis-du-Sénégal. En 1931, il réussit son baccalauréat d’études classiques avec latin et grec. Il est appelé la même année sous les drapeaux et fait son service militaire à Thiès (Sénégal).

En 1933, il se rend à Alger, n’ayant pas pu bénéficier d’une bourse d’études pour la France afin d’entreprendre des études universitaires. Il obtient sa licence ès-lettres classiques et un diplôme d’études supérieures. Il enseigne dans divers établissements français, avant d’être élu représentant du Sénégal en 1946 au sénat français. De 1947 à 1980, il dirige la maison d’édition «Présence Africaine» entourée d’un groupe intellectuels Africains, Français et de la Diaspora afro-américaine. Il est décédé le 2 mai 1980 et a été enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Lors de son oraison funèbre, le président-poète, Léopold Sédar Senghor l’a qualifié de Socrate noir. En hommage au premier éditeur francophone d’Afrique noire, l’Organisation Internationale de la Francophonie a crée en 1982 un prix d’Edition Africaine Alioune Diop. Ce prix est décerné tous les deux ans à la Foire internationale du Livre et du matériel Didactique de Dakar (FILDA). La maison de la Culture Douta Seck à Dakar a donné son nom à l’une de ses salles.

quote_left Alioune Diop a permis à des écrivains aujourd’hui considérés comme des classiques de la littérature africaine d’exprimer leurs idées et de défendre leurs opinions. Il a eu le courage d’imprimer la thèse de Cheikh Anta Diop « Nations Nègres et Cultures » refusées par toutes les maisons d’édition parisiennes » quote_right

Carrière professionnelle

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Muni de sa licence ès-lettres, Alioune Diop occupe plusieurs postes dans l’enseignement. Lors des élections de 1948, il perd son poste de sénateur à Paris au profit du Bloc Démocratique Sénégalais (BDS) de Mamadou Dia qui l’emporte. Déjà en tant que sénateur, Alioune Diop se consacre à ses activités culturelles. Il crée la revue «Présence Africaine» en 1947 et deux ans plus tard, la maison d’édition qui porte le même nom au quartier latin de Paris.

Alioune Diop, pionnier dans le domaine de l’édition a ouvert la voie aux écrivains en les faisant connaître. Il a permis ainsi à des écrivains aujourd’hui considérés comme des classiques de la littérature africaine d’exprimer leurs idées et de défendre leurs opinions. Il a eu le courage d’imprimer la thèse de Cheikh Anta Diop «Nations Nègres et Cultures». En effet, toutes les maisons d’édition parisiennes avaient refusé d’éditer l’ouvrage scientifique du savant sénégalais.

Alioune Diop a publié tous les grands écrivains de la littérature africaine et de la Diaspora: Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Jacques Rabemananjara, Sembène Ousmane, Ferdinand Oyono,Richard Wright, George Padmore Aoua Keita, etc…Les plumes les plus prodigieuses de l’intelligentsia noire y publient des articles percutants. Léopold Sédar Senghor sera présent avec 16 articles entre 1947 et 1960.
Grâce à son acharnement sans faille, de nombreux auteurs africains sont sortis de l’anonymat. Alioune Diop a entrepris une véritable croisade culturelle afin d’imposer la littérature et la culture africaines et leur donner ainsi leurs lettres de noblesse.

Les manifestations culturelles: réalisations d’Alioune Diop

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Parmi les thèmes qui préoccupent les intellectuels Africains à l’orée de l’Indépendance , la question de l’art revient dans presque tous les débats sous forme d’interrogation:

«Pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au musée de l’Homme alors que l’art grec ou égyptien se trouve au Louvre?». Afin de trouver une réponse adéquate à ce souci constant, „Présence Africaine“ finance un court métrage „Les statues meurent aussi“ en 1953. La commission cinématographique interdit ie film durant dix ans sur tout le territoire français en raison de son caractère virulent à l’aube de la décolonisation. La revue aura à plusieurs reprises des démêlés avec les autorités françaises, l’un des numéros consacré aux Antilles sera saisi en 1962 pour «atteinte à la sûreté de l’état».

Le Congrès des Ecrivains et Artistes Noirs 1956

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transparent transparent Césaire, Fanon, Wright, Cheikh Anta Diop, quelques uns des participants au congrès des écrivains et artistes noirs de 1956 transparent transparent  
transparent transparent Césaire, Fanon, Wright, Cheikh Anta Diop, quelques uns des participants au congrès des écrivains et artistes noirs de 1956 transparent transparent  
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Alioune Diop organise le „Premier congrès international des écrivains et artistes noirs“, événement majeur qui aura lieu du 19 au 22 septembre 1956, dans l’amphithéâtre Descartes de la Sorbonne à Paris. Le peintre Pablo Picasso dessine l’affiche qu’il offrira aux organisateurs et mentionne dans sa dédicace «Artistes et poètes reviennent toujours au même pays natal, quelle que soit leur couleur. Salut fraternel aux Congrès des hommes de culture du Monde noir » Pablo Picasso

De nombreux écrivains et artistes y ont participé et tous les militants pour l’émancipation des cultures africaines et la libération du joug colonial, tels Bernard Dadié (Côte d’Ivoire), Mamadou Dia, Abdoulaye Wade et Cheikh Anta Diop (Sénégal) Marcelino dos Santos (Mosambique), Boubou Hama (Niger) Paul Hazoumé (Bénin), Amadou Hâmpaté Bâ (Mali), F. Oyono (Cameroun), Richard Wright (USA), Léopold Sédar Senghor, Jacques Rabemananjara. Durant cette semaine, les participants ont abordé tous les thèmes: racisme, discrimination, littérature, histoire, art, économie et politique.

La portée de cette manifestation dépasse toutes attentes. D’éminents intellectuels venus de tous les horizons Europe, Afrique, Caraïbes, Amérique consacrent ainsi les efforts de son promoteur qui qualifie cette rencontre internationale de „bandoeng culturel„ faisant allusion à l’entrée du tiers-monde sur la scène politique à la suite de la Conférence de Bandoeng un an auparavant. Il s’agit ici aussi de débattre de la „crise de la culture négro-africaine».

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« […] Ce jour sera marqué d’une pierre blanche. Si depuis la fin de la guerre, la rencontre de Bandoeng constitue pour les consciences non européennes l’événement le plus important, je crois pouvoir affirmer que ce premier Congrès mondial des Hommes de culture noire représentera pour nos peuples le second événement de cette décennie ».

Ce premier rendez-vous culturel international des peuples colonisés pose avec acuité le problème de l’identité propre à chaque peuple condition sine qua non dans la quête pour sa liberté. À l’issue de ce Premier Congrès qui octroie un statut au monde noir, à ses cultures et civilisations, c’est la Société africaine de culture (SAC) qui voit le jour. Celle-ci a pour mission « d’unir par des liens de solidarité et d’amitié les hommes de culture du monde noir, de contribuer à la création des conditions nécessaires à l’épanouissement de leurs propres cultures » et de « coopérer au développement et à l’assainissement de la culture universelle ».

Elle deviendra en 2006, la Communauté Africaine de culture (CAC), présidée par Wole Soyinka, prix Nobel de littérature.
Sur initiative de la Société Africaine de Culture, d’autres événements culturels s’enchaînent tels que: le Deuxième Congrès des Ecrivains et Artistes Noirs à Rome en 1959 puis trois festivals panafricains majeurs: le Premier Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar en 1966, le Festival d’Alger en 1969 et celui de Lagos en 1977.

Le Festival Mondial des Arts Nègres 1966

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transparent transparent Cheikh Hamidou Kane, P. Herzberger-Fofana et Ahmadou Mahtar Mbow transparent transparent  
transparent transparent Cheikh Hamidou Kane, P. Herzberger-Fofana et Ahmadou Mahtar Mbow
© PHF
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En 1966, le Sénégal invite le monde entier au rendez-vous du «donner et recevoir » cher à son président L.S.Senghor. Alioune Diop organise avec le président Léopold Sédar Senghor, le premier Festival Mondial des Arts Nègres en 1966 à Dakar. Cette manifestation culturelle est une réponse à la question que se posaient les intellectuels Africains à l’aube de la décolonisation en rapport avec l’art. Pourquoi cet art est-il confiné au musée de l’Homme, mettant en exergue ainsi le caractère ethnographique.

Pourquoi n’a-t-il pas sa place au Louvre comme l’art grec? Le colloque qui avait pour thème : «Fonction et signification de l’Art nègre dans la vie du Peuple et pour le Peuple» a tenté d’y répondre en réunissant des experts comme feu le père Engelbert Mveng , jésuite Camerounais. Pour le Sage de Bandiagara: «Le festival est un moment crucial pour dire,frères africains, ce que nous avons depuis toujours à dire, et qui a jamais pu franchir le seuil de nos lèvres»
Amadou Hâmpaté Bâ.
Le Festival de Lagos en 1977 a donné lieu à de nombreuses controverses. L’appelation «Festival Mondial des Arts Nègres» a été vivement critiquée par les Anglophones comme relique du passé colonial. Le terme «Nègre» a été remplacé dans l’intitulé de la conférence par «Civilisation noire et Education ».

Alioune Diop et le rôle de la femme Africaine

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Si les femmes sont demeurées dans l’ombre au cours de ces différentes rencontres, elles ont cependant marqué de leur empreinte leur présence. En effet, parmi celles qui ont pris part aux travaux de la première rencontre, on notait outre la présence de Mme Christiane Diop, celle de Mme Price-Mars sur la photo de famille. Moune de Rivel, chanteuse originaire de la Martinique et Joséphine Baker, la célèbre artiste des années 1930 à 1975 ont fait parvenir un message de félicitations tout comme Paulette Nardal.

C’est dans cet esprit d’ouverture qu’aura lieu le colloque de la femme à Abidjan en 1972 avec comme titre: «La Civilisation de la Femme dans la tradition africaine». L’ouvrage publié est une mine d’or sur les divers aspects du rôle de la femme dans la société traditionnelle et post-indépendante.

Le centenaire d’Alioune Diop: le colloque de Dakar mai 2010

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transparent transparent P Herzberger Fofana et Marcelinho Dos Santos
© PHF
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Ce colloque s’insère dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance du fondateur de la Revue et de la Maison d’édition«Présence Africaine“ à Paris. Sous la présidence effective du chef de l’Etat sénégalais, Me Abdoulaye Wade a inauguré les travaux du colloque qui a pour thème:“Alioune Diop, l’Homme son oeuvre face aux défis contemporains“». Dans son allocution le chef de l’Etat a invité les participants à s’ inspirer de la pensée et de l’action d’Alioune Diop. Il a évoqué les liens d’amitié qui l’unissaient à son compatriote, son aîné alors qu’il était étudiant en France « J’ai eu la chance de partager son combat dédié à la noble cause».

Diop l’a incité à écrire sur les étudiants Africains pour le numéro spécial consacré à cette thématique: „Etudiants Africains» et l’a invité à participer au Congrès historique des „Ecrivains et Artistes Noirs“ de 1956. Parmi les témoins oculaires de cette grande rencontre internationale, on peut citer Me.Abdoulaye Wade et Marcelino dos Santos, poète et homme politique du Mozambique. Tous deux témoignent aujourd’hui encore de de l’engagement et du dynamisme qui animait les participants Africains et ceux de la Diaspora au Congrès de Paris en 1956.

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Me Wade a exhorté son auditoire à poursuivre l’oeuvre de l’éditeur sénégalais dans le sens de la Renaissance Africaine. Il a notamment déclaré: « Il (Diop )a frayé le chemin en le balisant puis s’en est allé. C’est à nous de continuer son oeuvre pour le triomphe des valeurs qui faisaient son combat », Pour le chef de l’exécutif sénégalais, il est grand temps de : «dépoussiérer l’histoire et de remettre les pendules à l’heure.».

Dans son allocution, Me. Wade Président de la République a rendu un hommage solennel à Mme Christiane Yandé Diop en l’appelant de façon très affectueuse «ma sœur». Il a achevé son discours par ces mots en s’adressant à Mme Christiane Diop : „Vous avez avec une présence lucide et tenace, tenu debout Présence Africaine pour que la maison garde son éclat des jeunes années. Vous vous êtes battue pour que ne soit pas trahi le serment fait par les intellectuels africains devant Alioune Diop.“

Le mot du ministre de la Culture du Sénegal: Dr. Serigne Mamadou Bousso Lèye

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transparent transparent Serigne Mamadou Bousso Lèye,ministre de la culture du Sénégal et Mme Christiane Diop
© PHF
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Les travaux se sont achevés par la lecture de résolutions et recommandations afin que la mémoire d’Alioune demeure vivace pour les jeunes générations et que les intellectuels continuent à poursuivre son action. Avant de déclarer clos les travaux du colloque, le ministre de la culture,Dr. Serigne Mamadou Bousso Lèye a tenu à magnifier la tâche que Mme Diop a entreprise depuis le décès de son époux en 1980 et l’a remercié en ses mots:

«Permettez-moi, avant de terminer, et à la suite du Chef de l’Etat, de rendre un hommage solennel à Madame Yandé Christiane Diop, l’épouse, l’héritière, celle qui aura eu, de l’avis unanime, à poursuivre, avec courage, abnégation et lucidité, l’aventure de Présence Africaine pour que cette maison symbolique continue à entretenir la flamme de la pensée positive. Au bénéfice premier de l’Afrique. Je voudrais, enfin, au nom de Monsieur le Président de la République, déclarer officiellement clos le Colloque international «Alioune Diop, l’homme et l’œuvre face aux défis contemporains». (Dr. Serigne Mamadou Bousso Lèye)

Conclusion

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transparent le président sénéglais Abdoulaye Wade avec Mme Alice Sainlo et P Herzberger-Fofana
© PHF
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Alioune Diop a joué le rôle de catalyseur en rassemblant toutes les énergies afin qu’elles puissent relever les défis qui se posaient à la première génération d’intellectuels. Aujourd’hui le combat ne se limite pas seulement à la revendication culturelle ou politique, mais il emboîte le pas à celle économique et humanitaire, aux droits de l’homme et à la dignité parfois bafouée de la femme en vue de la recherche de la paix dans un monde en proie à la violence.

Il a fait connaitre les valeurs culturelles du monde noir et son apport à la civilisation de l’universel. Alioune Diop a relevé le défi en créant une maison d’édition et une revue littéraire et culturelle qui ont restitué la dimension universelle de l’homme noir. La revue littéraire et culturelle Présence Africaine, héritière du panafricanisme et des négritudes d’avant la Seconde Guerre mondiale a été de tous les combats et à la pointe des mouvements politico-culturels d’Afrique.
Le nom d’Alioune Diop demeurera à jamais intimement lié à la revue et à la maison d’édition «Présence Africaine» qu’ il a fondées.

http://www.grioo.com/ar,alioune_diop_fondateur_de_la_maison_d_edition_presence_africaine,19536.html

Chris Brown rend hommage à Michael Jackson aux B.E.T Awards/Après la performance émouvante de Chris Brown aux BET Awards, Rihanna lui aurait téléphoné

Chris Brown rend hommage à Michael Jackson aux B.E.T Awards
29/06/2010
 
Chris Brown rend hommage à Michael Jackson aux B.E.T Awards/Après la performance émouvante de Chris Brown aux BET Awards, Rihanna lui aurait téléphoné dans AFRIQUE ET DIASPORA transparent
Le chanteur a réalisé une très belle performance aux B.E.T Awards
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Par Redaction Grioo.com

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transparent dans MICHAEL JACKSON HOMMAGE transparent dans PARCOURS/REUSSITE/MUSIQUE/CINEMA/SPORT/PROFESSION Chris Brown lors des B.E.T Awards transparent dans SOCIETE ET DIVERS transparent  
transparent transparent Chris Brown lors des B.E.T Awards transparent transparent  
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La soirée des B.E.T Awards qui ont eu lieu dimanche (27/6/10) a été notamment marquée par la performance de Chris Brown qui a rendu hommage à Michael Jackson. Effectuant des pas de danse véritablement dignes du « King of Pop », Chris Brown a été acclamé par le public.

Une véritable résurrection pour celui qui était presque devenu un paria après la violence dont il avait fait l’année dernière à l’égard de son ex-compagne Rihanna.

Voulant interpréter « The way you make me feel », une chanson de l’album « Bad », Chris Brown, très ému, n’a pas véritablement pu chanter, submergé par l’émotion. Il a néanmoins rappelé au grand public qu’il était un artiste de talent.

pucemenu Ci-dessous une vidéo des performances de Chris Brown lors des B.E.T Awards

http://www.grioo.com/ar,chris_brown_rend_hommage_a_michael_jackson_aux_b.e.t_awards,19345.html

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Rihanna et Chris Brown ont t-ils renoué le contact ?
13/07/2010
 
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Après la performance émouvante de Chris Brown aux BET Awards, Rihanna lui aurait téléphoné…
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Par Redaction Grioo.com

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transparent transparent Chris Brown et Rihanna à l’époque où ils étaient en couple transparent transparent  
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Selon le magazine sud-africain « Heat », Rihanna et Chris Brown se parlent de nouveau depuis les BET Awards. On se rappelle qu’à cette cérémonie organisée par la chaîne afro-américaine B.E.T le 27 juin dernier, Chris Brown avait rendu hommage à Michael Jackson en livrant une interprétation de Billie Jean qui lui avait valu les acclamations du public et des observateurs.

L’émotion que Chris Brown (il était en larmes) a dégagé ce jour là aurait touché Rihanna qui ne l’avait jamais vu comme ça. Elle aurait donc entrepris de lui parler au téléphone, ce qui ne s’était pas produit depuis près d’un an. « Chris lui a dit qu’il avait mûri au cours de l’année écoulée, et s’est dit très heureux d’avoir renoué le contact avec elle. Ils étaient le premier amour l’un de l’autre et elle lui a énormément manqué. Rihanna sait que si elle lui demandait de revenir, il serait là dans la seconde qui suit. » aurait affirmé une source proche de Rihanna à Heat.

Les deux s’échangeraient maintenant des sms depuis leur conversation téléphonique. Une amie de Rihanna espère une rencontre en face à face entre Chris et Riri. Cependant, il faut noter qu’en février 2009, Chris Brown avait été condamné à six mois de travaux d’intérêt collectif et à cinq ans d’interdiction de s’approcher à moins de 80 mètres de Rihanna…

http://www.grioo.com/ar,rihanna_et_chris_brown_ont_t-ils_renoue_le_contact_,19425.html

http://www.dailymotion.com/video/xdujxu

L’équipe de France d’athlétisme reçue à l’Elysée (3/8/2010)/Avec 18 médailles la France bat son record en championnat d’Europe

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L'équipe de France d'athlétisme reçue à l'Elysée (3/8/2010)/Avec 18 médailles la France bat son record en championnat d'Europe dans ACTU GENERALE transparent

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Avec 18 médailles la France bat son record en championnat d’Europe
02/08/2010
 
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La journée de dimanche a permis de récolter six nouvelles médailles
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Par Redaction Grioo.com

transparent dans MAGAZINES NOIRES/ BLACKSforumpuce dans METISSAGE /melange/multiculturel
transparent dans PARCOURS/REUSSITE/MUSIQUE/CINEMA/SPORT/PROFESSION transparent dans POLITIQUE Le relais 4*100 féminin de G à D : Myriam Soumaré, Lina Jacques-Sébastien, Véronique Mang et Christine Arron transparent dans SOCIETE ET DIVERS transparent dans SPORT  
transparent transparent Le relais 4*100 féminin de G à D : Myriam Soumaré, Lina Jacques-Sébastien, Véronique Mang et Christine Arron
© reuters
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Avec 18 médailles (8 d’or, 6 d’argent et 4 de bronze), la France a battu son record de médailles en championnat d’Europe. Le précédent record était de 15 médailles obtenues lors du championnat d’Europe 1950, il y a…60 ans! La France finit seconde au palmarès des médailles derrière la Russie (24 médailles dont 10 d’or, 6 d’argent et de bronze).

Les deux relais, masculin et féminin sur 100 mètres ont rapporté deux nouvelles médailles, l’or pour les hommes et l’argent pour les femmes. Chez les hommes, c’est Martial Mbandjock qui a pris le dernier relais de la course et a fait un incroyable effort en revenant sur l’italien Checucci pour donner l’or au relais 4*100 français. Chez les femmes, Soumare, Mang, Lina Jacques-Sébastien et Arron ont été devancées par les Ukrainiennes qui ont fini avec l’or.

Sur 3000 mètres steeple, Mahiedine Mekhissi a battu Bob Tahri. Les deux français s’étaient entendu pour faire la course en tête, distancer leurs adversaires et se départager au sprint. A ce jeu, c’est Mekhissi qui a été le plus fort.

Kafetien Gomis a remporté la médaille d’argent en saut en longueur tandis que Dehiba a remporté l’argent sur 1500 mètres. Salim Sdiri, qui avait les moyens d’être sur le podium a fini 4ème et n’a pu cacher sa déception malgré les bons résultats d’ensemble de l’équipe.

Christophe Lemaître, le nouveau roi du 100 mètres en Europe est évidemment le plus titré des athlètes français de ces championnats (3 médailles d’or sur 100,200 et 4*100m). Martial Mbandjock (qui s’entraîne avec John Smith à Los Angeles) termine lui aussi avec trois médailles (deux de bronze sur 100 et 200 m, une d’or sur 4*100m). Chez les femmes, Myriam Soumaré remporte trois médailles (une d’or sur 200m, une d’argent sur 4*100m et une de bronze sur 100m). Veronique Mang finit avec deux médailles d’argent (4*100 et 100m).

Tommie Smith et John Carlos, ces athlètes qui ont levé le poing

 
Tommie Smith et John Carlos, ces athlètes qui ont levé le poing dans AFRIQUE ET DIASPORA arttopright
Tommie Smith et John Carlos, ces athlètes qui ont levé le poing
13/07/2010
 

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16 octobre 1968. Mexico. Un podium. Deux hommes qui ont marqué l’histoire du sport mais surtout l’histoire de la lutte contre le racisme et la ségrégation aux États-Unis.
transparent dans AUTRES REPORTAGES

 

 

 

 

Par Hugo Breant

 

Deux athlètes de très haut niveau

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transparent dans SOCIETE ET DIVERS transparent dans THEORIE DANS DIFFERENTES DISCIPLINES

Tommie Smith est né le jour du débarquement américain en Normandie, le 6 juin 1944, à Clarksville, au Texas. Septième enfant d’une fratrie qui en compte douze, il a bien failli ne pas survivre à la suite d’une pneumonie contractée durant les premiers mois de sa vie. Alors qu’il est en première année du cours moyen, il rencontre l’athlétisme lors d’une course contre sa sœur qui est la meilleure de leur école. Par la suite, Tommie Smith poursuit des études de sociologie à l’Université de San José. Il y pratique l’athlétisme avec son coach, Lloyd Winter. C’est à cette époque qu’il rencontre, John Carlos.

John Carlos est né à New York, dans le quartier d’Harlem, un an plus tard, le 5 juin 1945. Grâce à son don pour l’athlétisme, il reçoit une bourse pour aller étudier à l’East Texas State University. C’est notamment grâce à lui que l’Université remporte son premier championnat. Un an plus tard, il part étudier au San José State College. Les deux jeunes étudiants s’entrainent alors ensemble. Très vite, c’est Tommie Smith qui se fait remarquer pour ses performances dans les 200 et 400 mètres.

Le 7 mai 1966, il bat le record du monde du 200 mètres (220 yards) en ligne droite en courant en 19 secondes 5. Le 11 juin, il bat cette fois-ci le record du monde du 200 mètres avec virage en 20 secondes lors d’un championnat à Sacramento. Le 25 juillet de la même année, à Los Angeles, il participe au succès du relais 4 x 400 mètres de l’équipe américaine.


Là encore, un nouveau record du monde est battu avec 2 minutes, 59 secondes et 6 centièmes, ce qui constitue la première performance en dessous des 3 minutes. Le 20 mai 1967, de retour à San José, il bat deux nouveaux records, celui du 440 yards (402 mètres en 44 secondes et 8 centièmes) et du 400 mètres (44 secondes et 5 centièmes). Mais il se concentre surtout sur son épreuve fétiche, le 200 mètres. Lors de l’Universiade d’été de Tokyo en 1967, il remporte d’ailleurs la médaille d’or sur cette distance.

quote_left Quand je gagne, je suis Américain, pas Noir-Américain. Mais si je fais quelque chose de mal, ils vont dire que je suis un Négro. Nous sommes Noirs et nous sommes fiers de l’être. L’Amérique Noire comprendra ce que nous avons fait ce soir (…) Nous ne sommes pas les braves garçons, ni de braves animaux que l’on récompense avec des cacahuètes. Si les gens ne s’intéressent pas à ce que les Noirs pensent en temps normal, qu’ils ne viennent pas voir les Noirs courir en public… (…) L’Amérique blanche ne nous reconnaît que comme champions

Tommie Smith a donc battu ou égalé treize records du monde en quelques années de sport universitaire. Il a également été nommé trois années consécutives « meilleur athlète » en basket-ball, football américain et athlétisme. À la fin de l’année, il passe son baccalauréat en arts et sociologie avec pour spécialité la science militaire et l’éducation physique à l’Université d’État de San José. Par la suite, il obtient également sa maitrise de sociologie à Boston.

Alors qu’approchent les qualifications américaines pour les Jeux Olympiques de 1968 organisés à Mexico, John Carlos participe à la création du Projet Olympique pour les Droits de l’Homme (OPHR). Avant le début de ces J.O. d’été, le fondateur de l’OPHR, le sociologue Harry Edwards propose à tous les athlètes noirs de boycotter l’évènement, pour marquer leur opposition à la situation qui prévalait alors aux États-Unis et ailleurs et pour soutenir le mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King, notamment.

Deux destins liés le 16 octobre 1968

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transparent transparent 13 septembre 1968. De G à D : Larry Questad, Tommie Smith et John Carlos transparent transparent  
transparent transparent 13 septembre 1968. De G à D : Larry Questad, Tommie Smith et John Carlos
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À la surprise générale, alors que tout le monde attend Tommie Smith, c’est son ami John Carlos qui s’impose. Il améliore le record du monde de Smith en courant en 19 secondes et 92 centièmes. Toutefois, le record n’est pas homologué car Carlos coure avec des chaussures à pointes interdites par le règlement de l’époque. Déjà détenteur du titre aux Jeux panaméricains de 1967, Carlos s’impose donc lui aussi comme un sprinter sur qui il va falloir compter. La rivalité sportive entre les deux hommes ravit la presse internationale qui attend avec impatience la confrontation à Mexico.

Lors des Jeux Olympiques de 1968, après la finale du 200 mètres courue le 16 octobre, trois athlètes s’approchent du podium pour recevoir leur médaille. Parmi eux, deux athlètes noirs américains, Tommie Smith et John Carlos. À ce moment, tout est symbole. Pour symboliser la pauvreté des populations noires, les deux hommes retirent leurs chaussures blanches et marchent en chaussettes noires sur la pelouse. À leur cou, ils portent un foulard et un collier, symboles du lynchage des noirs.

Après avoir serré la main de l’officiel et avoir reçu leur médaille, les trois hommes reçoivent l’ovation du public présent dans le stade. L’hymne américain peut alors retentir. Tommie Smith et John Carlos baissent la tête devant le drapeau américain et lèvent leur poing ganté de noir. Alors que John Carlos a oublié sa paire de gants noirs dans le village olympique, c’est Peter Norman, l’athlète australien qui a obtenu la médaille d’argent, qui suggère à Smith et Carlos de partager une paire de gants. Les deux hommes peuvent donc afficher devant les caméras du monde entier ce poing levé, salut du « Black Power » américain. Ce dernier marque d’ailleurs son soutien en arborant lui aussi le badge de l’OPHR.

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transparent transparent Peter Norman, Tommie Smith et John Carlos lors de leur protestation après le 200m aux J.O 1968 à Mexico transparent transparent  
transparent transparent Peter Norman, Tommie Smith et John Carlos lors de leur protestation après le 200m aux J.O 1968 à Mexico transparent transparent  
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Dans le public, les applaudissements du début de la cérémonie qui venaient féliciter la nouvelle performance de Tommie Smith, qui a couru en 19 secondes et 83 centièmes malgré une légère blessure aux adducteurs contractée lors de la demi-finale et a même perdu quelques centièmes en se relâchant en fin de course pour lever les bras au ciel, laissent place aux huées, aux sifflets, aux insultes. Tommie Smith commente cette ambiance en disant :

« Quand je gagne, je suis Américain, pas Noir-Américain. Mais si je fais quelque chose de mal, ils vont dire que je suis un Négro. Nous sommes Noirs et nous sommes fiers de l’être. L’Amérique Noire comprendra ce que nous avons fait ce soir […] Nous ne sommes pas les braves garçons, ni de braves animaux que l’on récompense avec des cacahuètes. Si les gens ne s’intéressent pas à ce que les Noirs pensent en temps normal, qu’ils ne viennent pas voir les Noirs courir en public… […] L’Amérique blanche ne nous reconnaît que comme champions…».

La réponse du Comité Olympique International est cinglante. Supposé être politiquement neutre, le président Avery Brundage explique que ce geste est « une infraction délibérée et violente aux principes de l’esprit olympique » et décide immédiatement de faire exclure Smith et Carlos du village olympique et de la délégation américaine. Et lorsque que le Comité Olympique Américain refuse de mettre en application cette sentence, Brundage qui en avait d’ailleurs été le président en 1936 et n’avait rien dit face aux saluts nazis lors des J.O. de Berlin, décide de faire exclure toute la délégation américaine. En 2008, le site officiel du Comité Olympique International stipule toujours que, « au-delà des médailles remportées, les athlètes noirs-américains se sont fait un nom par un acte de protestation raciale ».

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Finalement, les deux athlètes ont été peu à peu écartés du sport américain et de plus en plus critiqués pour leur action. Le magazine Time a notamment transformé le logo olympique en remplaçant la formule « Faster, Higher, Stronger » par ces mots : « Angrier, Nastier, Uglier ». Quant aux familles des athlètes, elles ont reçu de nombreuses menaces de mort.

Une autre athlète noire-américaine, Wyomia Tyus, qui défendait son titre olympique obtenu sur 100 mètres en 1964 a remporté le 100 mètres et le relais 4 x 100 mètres. Elle a offert ses deux médailles d’or à Smith et Carlos, en remerciement de leur geste. Quant à celui que l’histoire a trop vite oublié, Peter Norman, il a lui aussi été écarté par la délégation australienne. Malgré sa troisième place lors des qualifications australiennes de 1971, il n’a pas été sélectionné pour les Jeux Olympiques de 1972. Il a également été écarté de la délégation australienne lors des Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Lors de son enterrement en 2006 à Melbourne, Tommie Smith et John Carlos sont venus porter son cercueil.

Les deux jeunes athlètes ne regrettent rien de ce « Stand for Victory ». Sur le plan sportif, d’abord il faut attendre 1979 pour que le record de Smith soit battu, et 1984 pour qu’il soit battu lors de Jeux Olympiques. Mais c’est surtout la portée politique de ce geste qui fait la fierté des deux hommes. John Carlos déclare ainsi que cet acte citoyen est un « geste […] qui peut servir à montrer à un jeune qu’il n’a pas à attendre l’âge de la retraite pour marquer le monde de son empreinte ».

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transparent transparent Tommie Smith et John Carlos transportant le cercueil de Peter Norman en octobre 2006. L'athlète australien les avait soutenu sur le podium en 1968 transparent transparent  
transparent transparent Tommie Smith et John Carlos transportant le cercueil de Peter Norman en octobre 2006. L’athlète australien les avait soutenu sur le podium en 1968 transparent transparent  
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Malgré les difficultés qu’ils rencontrent par la suite, Smith et Carlos poursuivent tant bien que mal leur carrière. John Carlos obtient ses meilleurs résultats en 1969 en égalant le record du monde du 100 yards, en remportant le 200 mètres lors des Jeux Panaméricains de Winnipeg, en participant à la première victoire en championnat de la San José State University et en battant deux records du monde, sur 60 yards et 220 yards en salle.

Carlos arrête l’athlétisme très rapidement pour se consacrer au football américain. Il rejoint les Philadelphia Eagles. Terrassé par une blessure au genou, il doit abandonner cette expérience au bout d’une année. Il revient finalement au football dans la Ligue canadienne, d’abord avec les Alouettes de Montréal puis avec les Argonauts de Toronto. Par la suite, il prend sa retraite sportive, travaille pour Puma, pour le comité olympique américain, pour la ville de Los Angeles. En 1985, après le suicide de sa femme, il devient entraineur de l’équipe d’athlétisme du lycée californien de Palm Springs.

Tommie Smith a lui aussi tenté l’expérience de la National Football League en rejoignant l’un de ses anciens amis de San José dans l’équipe des Bengals de Cincinatti. Son entraineur qui voulait le tester a très vite compris que sa vitesse était impressionnante et qu’il ne manquait jamais un ballon. Il est alors officiellement recruté. Malheureusement pour l’équipe, le nouveau « quarterback » n’envoie pas les ballons assez loin pour Smith.

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transparent transparent La statue immortalisant le geste de Tommie Smith et John Carlos sur le campus de San José State University transparent transparent  
transparent transparent La statue immortalisant le geste de Tommie Smith et John Carlos sur le campus de San José State University transparent transparent  
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Après une blessure à la clavicule, Smith est contraint d’arrêter pendant une année. L’année suivante, ses performances diminuent. Menacé de mort, il quitte alors l’équipe. Il retourne alors à l’athlétisme et devient entraineur des équipes de sprint du Oberlin College de l’Ohio puis de celle de l’Université californienne de Santa Monica. En 1995, il entraine l’équipe olympique pour les championnats du monde d’athlétisme de Barcelone.

Dès 1978, avec l’évolution des mentalités américaines, Tommie Smith entre au Hall of Fame des athlètes américains. En 1995, il entre cette fois au Hall of Fame afro-américain de Californie du sport. Ce n’est qu’en 2003 que John Carlos entre lui au National Track & Field Hall of Fame. En août 1999, la chaine américaine HBO donne la parole aux deux athlètes qui peuvent enfin livrer leur version de l’histoire grâce au documentaire Fists of Freedom : the story of the 1968 Summer Games.

Une statue de sept mètres de haut, érigée en 2005 en la présence des deux athlètes sur le campus de San José State University, immortalise ce geste militant qui fait désormais partie intégrante de l’histoire contemporaine. Chaque visiteur peut alors prendre la place de Peter Norman, laissée vide, pour s’engager lui aussi aux côtés de Tommie Smith et John Carlos. Enfin, en juillet 2008, les deux hommes reçoivent le Arthur Ash Award for Courage. En août 2008, Tommie Smith offre les chaussures qu’il portait le 16 octobre 1968 au champion jamaïcain Usain Bolt.

http://www.grioo.com/ar,tommie_smith_et_john_carlos_ces_athletes_qui_ont_leve_le_poing,19426.html

http://www.dailymotion.com/video/xhx5z

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Miriam « Mama Africa » Makeba (1932-2008), l’impératrice de la chanson africaine

Miriam « Mama Africa » Makeba (1932-2008), l’impératrice de la chanson africaine
12/12/2006
 
Miriam
Chanteuse de talent et africaine engagée, Miriam Makeba a passé 30 ans en exil
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Par Paul Yange

Une enfance dans l’Afrique du Sud sous domination blanche

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Zenzi Makeba est née le 4 mars 1932 à Johannesburg. Elle est la fille de Christine Nomkomndelo Makeba et de Caswell Mpambane Makeba. Elle sera appelée Zenzi car sa mère eut une grossesse difficile alors qu’on lui avait déconseillé de faire l’enfant. Le bébé sera finalement appellée « uzenzile » qui signifie « tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même ».

Caswell Mpambane Makeba décède alors que la jeune Zenzi est âgée de 5 ans. Enfant, elle commence à chanter avec la chorale de son école avec laquelle elle restera sept ans, et gagne un prix dans un concours de musique organisé par une école missionnaire à l’âge de 13 ans. Elle chante à diverses occasions, mariages, banquets, messe…

Elle interrompt ses études au lycée afin d’aller travailler pour gagner de l’argent et aider sa mère qui travaille comme femme de ménage dans des familles blanches. La jeune fille vit de petits boulots, et apprend à cotoyer les Blancs dans une Afrique du Sud sous domination blanche, bien que l’apartheid n’y soit pas encore officiellement instauré. Quand un Noir a affaire à un Blanc adulte, il doit s’adresser à lui en disant « Ja, Baas » ce qui signifie « Oui patron » en Afrikaans. Si c’est un Blanc enfant, le Noir devait lui répondre en disant « Ja Klein Baas » (« oui petit patron ! »)

 

Le Succès en Afrique du Sud et le départ pour l’Europe

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Absence de droit de vote, salaires de misère, limitation des déplacements lui font prendre conscience que les Noirs sud-africains sont « prisonniers dans leur propre pays ». La condition des Noirs sud-africains est difficile et le système est organisé de telle sorte qu’ils restent au bas de l’échelle sociale, voués à occuper des petits boulots et servir les Blancs. Zweli, un de ses cousins lui propose de chanter avec un orchestre dont il est membre, les « Cubans Brothers ». C’est au cours d’un de leur show que le leader des Manhattan Brothers, Nathan Mdledle, un groupe célèbre en Afrique du Sud lui propose de venir passer une audition. Elle est retenue et Nathan Mdledle lui trouve un nom de scène, « Miriam » qui sonne mieux que Zenzi.

Bientôt la jeune fille effectue plusieurs tournées avec le groupe, sa notoriété s’accroît. Elle reste avec les Manhattan Brothers de 1954 à 1957, puis chante avec les « Skylarks », un groupe féminin créé par sa maison de disques, Gallostone Records. En 1956, elle participe à la tournée « African Jazz and Variety » qui réunit 36 artistes et qui dure 18 mois. Le premier grand tournant de sa vie intervient lorsque Lionel Rogosin, un réalisateur, arrive des Etats-Unis avec l’intention de tourner un documentaire qui sera intitulé « come back Africa » sur la vie des Noirs en Afrique du Sud. Il désire qu’elle joue son propre rôle en interprétant deux chansons dans un Night Club. Il la convainc en lui disant que le documentaire lui permettra d’être vue dans le monde entier et de participer à la promotion du film en Europe le moment venu.

Le tournage terminé, Rogosin repart à destination de l’Europe pour presqu’un an et demi. Entre temps, en 1959, elle a un premier rôle dans la comédie musicale « King-Kong » qui est un énorme succès dans le pays. Elle ne figure que quelques minutes dans le documentaire « come back Africa », dans une scène où elle interprète ses deux chansons, mais tous les critiques qui ont visionné le documentaire avant sa projection officielle ont été enthousiastes et ont demandé à voir la jeune fille sud-africaine qui chante lors de la scène du cabaret. Elle qui a toujours souhaité aller tenter sa chance aux Etats-Unis en aura bientôt l’opportunité. Elle est invitée à Rome à l’occasion de la première du documentaire diffusé lors du festival de Venise et découvre l’Europe en cette année 1959.

Une percée fulgurante aux Etats-Unis

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Elle ne le sait pas encore, mais elle ne reverra pas son pays natal avant 30 années. Le célèbre chanteur Harry Belafonte la remarque après l’avoir vue dans une interview de la BBC et lui propose d’aller chanter aux Etats-Unis. Grâce à ses relations, Belafonte lui obtient un visa pour les Etats-Unis où elle arrive en novembre 1959. Elle devient en quelques semaines rapidement la nouvelle attraction musicale que tout le monde s’arrache !

En effet, à peine débarquée aux Etats-Unis, Miriam Makeba a conquit les foules et devient rapidement la nouvelle attraction du Show Biz américain. On trouve parmi ses admirateurs Marlon Brando, Bette Davis, Miles Davis, Sydney Poitier ou la diva Nina Simone. Elle sera invitée à chanter lors du fameux anniversaire de John Kennedy au Madison Square Garden en 1962 (Marilyn Monroe chante également le fameux « happy birthday » ce jour là).

La chanteuse prend trop d’importance aux yeux du gouvernement sud-africain qui voit en elle une menace. Lorsqu’elle apprend le décès de sa mère, Miriam Makeba veut partir pour l’Afrique du Sud, mais sa demande est refusée. C’est le début d’un exil qui durera près de 30 ans. Présente à New-York au début des années 60 qui constituent le début de l’indépendance pour une bonne partie des pays africains, la chanteuse sud-africaine a l’occasion de rencontrer les leaders des pays africains nouvellement indépendants. Elle chante ainsi à l’occasion de l’indépendance du Kenya à Nairobi, de l’Angola à Luanda, lors de l’inauguration de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à Addis Abeba. C’est ainsi qu’à force de se déplacer dans les pays du continent que lui viendra le surnom « Mama Africa ».

Stokely Carmichael et un nouvel exil en Guinée

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En 1963, Miriam Makeba s’exprime devant le comité spécial des Nations-Unies contre l’apartheid. Elle fait une charge contre l’apartheid qui provoque l’ire des dirigeants de Pretoria : « Les Nations-Unies doivent user de leur influence pour ouvrir les portes des prisons et des camps de concentration d’Afrique du Sud ou des milliers de Noirs sont actuellement prisonniers (…) Mon pays a été transformé en vaste prison par le gouvernement Verwoerd. » Ses disques sont purement et simplement interdits dans le pays et elle est déchue de sa nationalité sud-africaine. Elle est également interdite de séjour en Afrique du Sud. En réalité, ses disques seront toujours disponibles, vendus en cachette dans le pays.

Après cette allocution, Miriam Makeba devient plus qu’une chanteuse : elle est aussi un symbole de son peuple opprimé, et de la femme africaine. C’est aux Etats-Unis que Miriam Makeba sortira plusieurs de ses plus célèbres tubes, « Pata Pata », « The click Song », et « Malaika ». En 1966, elle reçoit un grammy award pour sa collaboration avec Harry Belafonte pour « An Evening With Belafonte/Makeba », un album qui évoque les souffrances des Noirs pendant l’apartheid. En 1967, « Pata Pata », qu’elle a écrit en 1956, sort aux Etats-Unis et devient un tube mondial. La chanson sera réenregistrée et réinterprétée par les artistes les plus variés.

En 1968, elle épouse Stokely Carmichael, tout simplement « par amour » dira t-elle un des leaders les plus célèbres et les plus actifs du fameux mouvement noir des « Black Panthers ». Ceux-ci sont mal vus (c’est un euphémisme) par les organes officiels aux Etats-Unis, notamment par le FBI et son chef, J Edgar Hoover qui les considère comme une des menaces les plus dangereuses pour les Etats-Unis. Le mariage déclenche une intense polémique et scelle la fin de l’histoire d’amour entre Miriam Makeba et l’Amérique. Elle qui n’avait jamais eu aucun problème aux Etats-Unis voit ses concerts et ses contrats sont soudainement annulés.

Après 30 ans d’exil, le retour au pays natal

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Bien qu’elle ne se soit jamais exprimée publiquement aux Etats-Unis sur la condition des Noirs américains son mariage est considéré comme une déclaration « politique ». Le couple finit par s’exiler en Guinée où il est accueilli par le président guinéen Ahmed Sékou Touré qui leur accorde le passeport diplomatique guinéen et les prend sous sa protection. Miriam Makeba et Stokely Carmichael se séparent en 1973. Maintenant basée sur le sol africain, elle continue sa carrière, et effectue des tournées en Europe, en Amérique du Sud et en Afrique où elle est très demandée.

Elle sert également comme délégué de la Guinée aux Nations-Unies, et a l’occasion de s’adresser deux fois à l’assemblée générale des Nations-Unies en 1975 et 1976. Elle profite de la tribune qui lui est offerte pour dénoncer l’apartheid. Elle remporte le prix Dag Hammarskjöld en 1986. Après la mort de son unique fille Bongi Makeba en 1985, elle va s’installer à Bruxelles. En 1987, elle fait une apparition qui marque son grand retour sur la scène international au cours de la tournée de Paul Simon, « Graceland Tour » puis publie son autobiographie intitulée « Makeba, my story » qui reçoit un excellent accueil des critiques.

En 1990, Nelson Mandela tout juste libéré la persuade de revenir en Afrique du Sud. Elle regagne son pays en décembre 1990, 30 ans après l’avoir quitté pour un séjour de six jours. Les journalistes du monde entier sont présents pour recueillir ses impresssions. Après quelques formalités qui lui semblent durer une éternité (elle entre en Afrique du Sud avec un passport français), elle revoit son frère aîné et ses nièces, qui sont les derniers membres de sa famille vivant en Afrique du Sud, ses parents et ses autres frères et soeurs étant décédés.

En 1992, elle tourne dans le film Sarafina ! qui raconte l’histoire des émeutes de Soweto en 1976. En reconnaissance de ses accomplissements, Thabo Mbeki a fait de Miriam Makeba l’ambassadeur de bonne volonté de l’Afrique du Sud en 2001. En 2004, elle est élue parmi les 100 plus grands sud-africains (38ème). Elle publie une nouvelle biographie dans laquelle elle s’exprime plus librement que dans la première et revient sur la période allant de 1987 à 2005. Miriam Makeba a reçu douze doctorats honorifiques ainsi que de nombreux autres prix.

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Elle commence une tournée mondiale d’adieu de 14 mois en septembre 2005 avec l’intention de donner des concerts dans les pays qu’elle a eu l’occasion de visiter pendant son sa vie : . « Je dois faire le tour du monde pour dire merci et adieu (…) Puis je veux que mes cendres soient dispersées dans l’océan Indien. Ainsi je pourrai naviguer à nouveau vers tous ces pays « , avait-t-elle déclaré.

A l’occasion d’une interview dans un quotidien américain en 2000, Miriam Makeba explique qu’elle ne s’est jamais considérée comme une « activiste », mais qu’elle ne faisait que dire la vérité :

« Tout le monde aujourd’hui admet que l’apartheid était une horreur et tout ce que j’ai fait c’est dire aux gens qui voulaient savoir comment nous vivions d’où je venais, c’est-à-dire en Afrique du Sud. J’ai juste dit la vérité au monde et si ma vérité est alors devenue « politique », je n’y peux rien. »

Après avoir vécu l’exil, survécu à un cancer diagnostiqué alors qu’elle avait 33 ans, perdu sa fille unique, Miriam Makeba résidait dans son pays natal dont elle était l’un des plus illustres représentants. Elle est décédée des suites d’une crise cardiaque dans la nuit du 9 au 10 novembre 2008, alors qu’elle effectuait un concert en Italie.

Citation : 

: « Je me sens chaque fois désespérée quand je lis dans les journaux occidentaux le décompte des crimes, des viols, du sida, et bien d’autres horreurs qui se passent chez nous. Ces mêmes médias ne mentionnent jamais que notre pays joue entièrement le jeu de la démocratie »

 : « J’étais très honorée par la reconnaissance de mon talent et ma notoriété aux Etats-Unis, mais le lendemain j’épluchais mes légumes dans ma cuisine » Miriam Makeba signifiant que sa vie aux Etats-Unis n’était pas rose à ses débuts malgré le succès.

« Je ne m’explique pas le succès de Pata Pata, une chanson qui ne transmet aucun message. J’aurais préféré qu’une de mes chansons engagées ait un tel succès ».

« Lorsque j’ai écrit Pata Pata en Afrique du Sud dans les années 50, je ne savais pas qu’un artiste devait enregistrer ses droits d’auteurs. Je serais devenue milliardaire rien qu’avec cette chanson. Alors qu’aujourd’hui je suis multimillionaire, mais seulement en amour »

« Lors de mon retour en 1990, j’ai longuement remercié le peuple sud-africain dans mon coeur pour sa persévérance et son long combat contre l’apartheid. Tant d’hommes, de femmes et d’enfants se sont levés et ont donné leur vie pour que nous puissions revenir au pays. Beaucoup ont passé leur existence en prison. »

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23 juillet, 2010

KOTA KPALE PRINCESS LEONI KANGALA (P.L.K.) MUSIQUE CENTRAFRICAINE

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15 juillet, 2010

Août 1958: « Je crois bien que c’est foutu »

 

Dans L’Express en ce temps-là…

Août 1958: « Je crois bien que c’est foutu »

Par L’Express International, publié le 23/06/2010

 

A l’automne 1967, L’Express publie des extraits d’un ouvrage de son collaborateur Georges Chaffard, Les Carnets secrets de la décolonisation (Calmann-Lévy). Dans le passage qui suit, l’auteur relate l’étape dakaroise du périple entrepris par le général de Gaulle afin de promouvoir son projet de Communauté franco-africaine, lequel sera adopté partout, sauf en Guinée.

Le mardi 26 août 1958, en fin d’après-midi, sur la place Protet – bordée de buildings modernes – le général de Gaulle affronte la foule sénégalaise.

Le maire de Dakar a demandé que l’on accueille avec égards « notre illustre hôte ». Consignes et exhortations balayées par la vague nationaliste qui emporte la jeunesse. Elle pousse des cris, conspue de Gaulle, réclame l’indépendance sur l’air des lampions.

Les deux principaux leaders sénégalais l’avaient si bien pressenti qu’ils ont préféré ne pas se trouver là pour recevoir de Gaulle. Léopold Senghor prend, comme chaque année à pareille époque, des vacances en Normandie dans sa belle-famille. [Le chef du gouvernement] Mamadou Dia, cédant aux conseils impératifs de ses médecins, fait une cure de repos en Suisse.

A la tribune officielle, le Général se penche vers le ministre de la France d’outre-mer, Bernard Cornut-Gentille, « B.C.G. », et, goguenard :

« Que pensez-vous de tout cela ?

- Je trouve cette manifestation assez désagréable, répond le ministre.

- Eh bien ! moi, dit de Gaulle, je m’amuse beaucoup. »

Il a débarqué à Dakar le matin même, arrivant de Guinée. Le programme officiel prévoyait que le cortège traverserait la médina, le général debout dans sa voiture découverte. Au dernier moment, pour des raisons de sécurité, on a changé d’itinéraire. Le cortège a pris la route touristique de la Corniche. De Gaulle, entre Yoff et Dakar, n’a entendu que des slogans hostiles. Il est resté assis dans sa voiture, les dents serrées. Maintenant, place Protet, il faut faire face. Le pouvoir ne recule pas.

« Je vois, commence de Gaulle, que Dakar est une ville vivante et vibrante… » Mais les manifestants crient trop fort pour être sensibles à l’ironie du propos. « Je veux dire un mot d’abord aux porteurs de pancartes. Je veux leur dire ceci : s’ils veulent l’indépendance, qu’ils la prennent le 29 septembre [référence au référendum convoqué la veille]. Mais s’ils ne la prennent pas, alors qu’ils sachent que la France leur propose la communauté franco-africaine… »

Sa voix, quand il prononce le mot « communauté », est noyée sous les cris. Il reprend : « Nous ne craignons personne. Nous demandons qu’on nous dise oui ou qu’on nous dise non, nous en tirerons les conséquences ; si on nous dit oui, nous serons des frères pour prendre la route côte à côte, la route des grandes destinées… On crie :  »De Gaulle ! De Gaulle ! » Je constate, moi, que quand il est là et qu’il parle, les choses sont claires et qu’on ne s’ennuie pas… Cela dit, je prends congé de Dakar. J’aurais préféré, bien sûr, que ce fût dans un silence complet. Je n’en veux à personne… »

En regagnant sa voiture, le Général est d’une humeur massacrante. Une fois de plus, c’est le malheureux Bonneval qui en subit les effets. Comme la garde rouge à cheval tarde à escorter le véhicule présidentiel, de Gaulle apostrophe le fidèle aide de camp, assis à côté du chauffeur : « Qu’attendez-vous pour nous faire démarrer ? Vous voyez bien qu’on n’a plus rien à f… ici ! » En arrivant au palais, devant Cornut-Gentille et le haut-commissaire [Pierre] Messmer, il résume d’un mot sa pensée : « Je crois bien que c’est foutu. »

(L’Express du 16 octobre 1967)

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/aout-1958-je-crois-bien-que-c-est-foutu_901767.html

L’Afrique francophone à l’honneur pour

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[sozowala] L’Afrique francophone à l’honneur pour le 14 juillet

Jeudi 15 juillet 2010 6h03

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L’Afrique francophone à l’honneur pour le 14 juillet
mercredi 14 juillet 2010, par Patrick

En ce jour de fête nationale, la France réaffirme le lien fort qui l’unit à son armée. Cette année, de nombreux pays africains dont l’histoire est liée à celle de la France ont été invités à défiler en « frères d’armes », par le président de la République. Retour au sommaire du dossier : Le 14 juillet, histoire d’une fête nationale

A travers le traditionnel défilé des forces armées, le France rend hommage à ses troupes pour leur action dans le monde au service de la nation. L’Afrique francophone est également à l’honneur cette année. Treize pays africains participeront au défilé du 14 juillet. Les troupes des nations africaines ouvriront le défilé et descendront l’avenue des Champs-Élysées avec, par ordre alphabétique, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

Cette année, de nombreux pays africains célèbrent le cinquantième anniversaire de leur accession à l’indépendance. Avec la présence de ces pays, invités d’honneur de la France, « c’est aussi le lien du sang que nous célébrons, le lien né de la contribution des troupes africaines à la défense et à la libération de la France. Des milliers de soldats venus d’Afrique sont morts pour la France lors des deux guerres mondiales et reposent aujourd’hui dans nos nécropoles nationales. Venus défendre la République, ils ont écrit certaines des plus belles pages de notre histoire commune et leur héroïsme fait la fierté de deux continents », rappelle le président de la République, Nicolas Sarkozy, dans un message publié par le ministère de la Défense.

Le défilé aérien débute et clôture la cérémonie. Il comprend 117 aéronefs (79 avions et 38 hélicoptères). Les 79 avions ouvrent le défilé, les hélicoptères le clôturent.

Le défilé des troupes suit avec quelque 4 400 hommes. Les 13 détachements africains des nations invitées ouvrent le défilé à pied, constitué par les écoles militaires, les écoles du ministère de l’Intérieur (écoles de police, écoles des officiers de sapeurs-pompiers), ainsi que des unités issues des trois armées, de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers volontaires et professionnels. La Légion étrangère ferme le cortège.

C’est ensuite le tour des troupes montées de la Garde républicaine avec leurs 241 chevaux, puis des troupes motorisées (82 motos et 351 véhicules) : l’escadron motocycliste de la gendarmerie départementale, la Compagnie républicaine de sécurité, les blindés, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris…

Suite et fin avec les hélicoptères. Outre les hélicoptères de l’armée de terre et de la marine nationale, sont présents, cette année, ceux de la sécurité civile et de la gendarmerie nationale. Le survol des Champs-Élysées par les 38 hélicoptères (15 de l’aviation légère de l’armée de terre, 6 de l’armée de l’air, 3 de la gendarmerie nationale et 3 de la sécurité civile) et le largage de huit parachutistes mettent le point final au défilé Source : http://www.gouvernement.fr

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