TEBAWALITO

blog de la fraternité avec la diaspora noire. Ceux a qui cet appel fait echo, venez et matez mon blog

15 septembre, 2007

LE CRAN S’OPPOSE A L’AMMENDEMENT DU PROJET DE LOI SUR L’IMMIGRATION sur les test ADN pour le regroupement familial

Classé dans : DROIT ET MILITANTISME,POLITIQUE — tebawalito @ 20:34

photocran027patricklozescran2.jpg

Date: Fri, 14 Sep 2007 11:38:52 +0200 (CEST)
Objet: Tests ADN pour le regroupement familial : Le CRAN exige l’abandon …
De: contact@lecran.org  Afficher la fiche contact Afficher la fiche contact
À: contact@lecran.org

Communiqué de presse du 14 septembre 2007   Tests ADN pour le regroupement familial : Le CRAN exige l’abandon d’un amendement qui cible implicitement les migrants africains et qui est porteur de détestables sous-entendus racistes  Le gouvernement envisagerait l’utilisation de tests génétiques pour prouver la filiation dans le regroupement familial.  La commission des lois de l'Assemblée nationale a en effet adopté le 12 septembre dernier, un amendement autorisant le recours aux tests ADN  pour authentifier les filiations lors de la délivrance des visas de plus de trois mois.  Cet amendement a été proposé par le député du Vaucluse Thierry Mariani alors même qu’au nom de la plus élémentaire éthique, les tests  génétiques de filiation sont strictement encadrés par la loi : en vertu de  l'article 16 du code civil, "l'étude génétique des caractéristiques d'une  personne ne peut être entreprise qu'à des fins médicales ou de recherche scientifique".  Il y aurait-il des droits humains différents selon que l’on est  français ou étranger ?  Il se trouve que cet amendement inique s’appuie sur une étude rendue publique en juin dernier et qui cible ouvertement selon son auteur  Adrien Gouteyron sénateur de la Haute Loire, les actes officiels d'état civil fournis par les familles de « certains pays, comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire, les deux Congo, le Togo, Madagascar ou les Comores »  Scientifiquement douteux, ces tests sont inadmissibles sur le plan  moral et éthique et ouvriraient la voie à des pratiques inacceptables au  regard du droit français et international.  Le CRAN s'élève avec fermeté contre cet amendement, lourd de  sous-entendus racistes, classiques à l'époque coloniale, puisque relatifs à des  familles africaines dont il serait impossible de déterminer les filiations autrement que par la génétique.  Le CRAN demande au gouvernement de prendre publiquement ses distances  avec cet amendement inadmissible dans une démocratie de droit.    Contact : Patrick Lozès Président du CRAN Tél : 0870 28 47 07 E-mail : contact@lecran.org 

CONTRE LES TEST ADN Lâchez vos comm’sss

ministreumpmariani.jpgMon Dieu quelle déception, OU EST RAMA YADE ? OU EST B.KOUCHNER? Il existe quand même des conventions internationales tel que : le texte ONUSIEN, la Déclaration Universelle des droits de l’homme, la convention Européenne des droits de l’Homme que notre cher pays la France a signé et ratifié. Ces textes par leur existence sont censés  protèger contre de tels dérapages. Ce qui est inconcevable, c’est l’acceptation de son examen par l’assemblée. Sommes nous aveugles? N’y a t-il pas de juristes en droit  international dans ce gouvernement pour rappeler les textes de protections des droits de l’homme et du citoyen ? Que va devenir la vie privée des personnes ? Que va créer dans un couple la découverte d’un enfant adultérin. Si certains etats de l’Europe votent des lois inhumaines comme celles de l’ADN, pour accueillir leurs étrangers, la France qui se prétend le pays par excellence des droits de l’homme, est-elle obligée de s’y aligner ? Au nom de quoi ? De quelle aide maltraite-t-on ainsi les étrangers qui ne demandent rien d’autre :  qu’à se sortir de leur misère, dont pour la plupart certains Etats occidentaux n’y sont pas étrangers? Quel crime commettent-ils à aspirer aux droits fondamentaux les plus basics, auxquels tout être humain peut prétendre ?Prenons par exemple le cas de l’Afrique : est ce que les Africains demandent aux européens de faire un regroupement familial pour se rendre en Afrique ou s’y installer? Est ce que les Africains demandent aux Européens de passer des test d’ADN pour pouvoir vivre avec leurs familles en Afrique ? Il arrive en Afrique, qu’une femme célibataire qui enfante sans le géniteur,  a la possibilité de faire  reconnaître son enfant,  par une personne de sa fratrie, son frère par exemple, ou même un membre ascendant de la famille :  son propre père ou ses oncles tant paternels que maternels. C’est une coutume, qui permet à un nouveau né d’avoir un substitut de père pour mieux se construire en se referant à une  une image paternelle et maternelle. Cette filiation, lui donne aussi des répères pour sa vie future. Monsieur le Ministre MARIANI, vous êtes en train de projetter de violer les conventions internationales, que la France à ratifier. C’est une énormité et une abérrance de votre part.  Votre loi, ne devrait même pas faire l’objet d’examen à l’assemblée. C’est complètement illégal. En instituant des règles anti droits de l’homme vous ne grandissez pas la France et vous rendez votre gouvernement impopulaire.   Tanpis pour le président de la République et tous ceux qui vous ont fait confiance. Refléchissez! Il n’est pas trop tard.

 TEBAWALITO pour vous

LACHEZ PLEINS DE COMMENTAIRES POUR FAIRE RECULER CET AMENDEMENT DU PROJET DE LOI

11 septembre, 2007

LA PEINE DE MORT A PROPOS (Robert BADINTER

Classé dans : DROIT ET MILITANTISME — tebawalito @ 2:44

Nº2184

SEMAINE DU JEUDI 14 Septembre 2006

À la Une < Le Nouvel Observateur < Pour l'abolition universelle

      

Les débats de l’Obs
Pour l’abolition universelle
Vingt-cinq ans après l’abolition de la peine de mort en France, l’ancien garde des Sceaux évalue la situation dans le monde. Le combat continue par Robert Badinter

 

Une défaite pour l’humanité
La peine de mort ne protège pas la société des hommes libres, elle la déshonore. Elle fait sienne la pratique de l’assassin en l’assassinant à son tour. Elle tombe dans le piège secret que lui tend le crime. Celui de verser le sang en l’appelant châtiment. Par l’exécution, l’acte du criminel devient celui de la justice. L’homme, on le sait, est un animal qui tue. Non pour assurer sa subsistance, mais parce que la conscience et la maîtrise de soi sont, chez certains êtres et à certains moments, impuissantes à arrêter la pulsion de mort. Si on veut la réduire, n’en faisons pas la loi de la cité.
Sacrilège contre la vie, la peine de mort est de surcroît inutile. Jamais, nulle part, elle n’a réduit la criminalité sanglante. Réaction et non dissuasion, elle n’est que l’expression légalisée de l’instinct de mort. Elle nous abaisse sans nous protéger. Elle est vengeance et non justice.
Le refus d’une justice qui tue est un principe universel, comme les droits de l’homme. C’est en eux que s’enracine l’abolition. Le premier des droits de l’homme est le droit à la vie. A cette limite, infranchissable dans une démocratie, s’arrête le pouvoir de l’Etat. La justice peut disposer de la liberté, de la fortune, de l’honneur d’un homme qui a violé la loi, pourvu qu’elle observe rigoureusement toutes les garanties du procès équitable. Mais sa puissance s’arrête à la vie de celui qu’elle condamne. Parce que nul pouvoir ne saurait légitimement priver un homme ou une femme de ce qui le constitue en être humain, sa vie même. Et cette exigence première vaut pour toute l’humanité. OAS_AD(‘Middle1′);

LA PEINE DE MORT A PROPOS (Robert BADINTER dans DROIT ET MILITANTISME CHAL_300_actu5

C’est dire que la cause de l’abolition de la peine de mort est universelle. A cet égard, le quart de siècle écoulé est chargé de promesses. Il témoigne de l’irrésistible progression de l’abolition de par le monde. En 1981, la France était le trente-sixième Etat à abolir la peine de mort. En 2005, sur les 191 Etats que compte l’ONU, 118 sont abolitionnistes. L’abolition est devenue majoritaire sur la planète. Elle règne sur le continent européen, sauf en Biélorussie, le dernier Etat stalinien. Sur le continent américain, du nord au sud, l’abolition est la règle commune, à l’exception de quelques Etats, dont les Etats-Unis et Cuba. En Afrique, en Asie, les progrès de l’abolition sont constants. Ils s’inscrivent aussi dans les conventions internationales. Depuis un quart de siècle, protocoles, traités, déclarations se succèdent, qui préfigurent l’abolition universelle de la peine de mort.
Particulièrement remarquable à cet égard sont les dispositions du statut de Rome de 1998 créant la Cour pénale internationale. Cette juridiction doit juger les auteurs des crimes contre l’humanité qui ravagent notre monde. Le refus de la peine de mort dans de tels cas est une grande victoire morale remportée par la cause de l’abolition. L’humanité interdit aussi de livrer au bourreau même les bourreaux de l’humanité.

La liste rouge
Paradoxalement, c’est aux Etats-Unis, première grande démocratie des temps modernes, aujourd’hui première puissance du monde et modèle culturel dominant, que se joue la bataille décisive pour l’abolition universelle. Non que les Etats-Unis soient les premiers sur la liste rouge des pays où sévit encore la peine de mort. Les Chinois exécutent des milliers de condamnés chaque année. Au-delà des exécutions publiques mises en scène dans les stades, renouant avec la tradition des fêtes macabres du supplice, combien de liquidations secrètes dans les prisons ? Nul ne le sait avec précision. La Chine souvent revendique son droit à une conception spécifique des droits de l’homme. Mais aucun Etat ne peut prétendre respecter les droits de l’homme quand il procède à des exécutions de masse ou clandestines. Le moment s’avère propice pour lancer une vaste campagne demandant un moratoire sur toute exécution à l’occasion des jeux Olympiques de Pékin, en 2008. Que les stades chinois ne soient plus voués qu’au sport, qu’en soit proscrit le claquement des coups de revolver dans la nuque du supplicié, et les jeux Olympiques auront servi la cause de l’humanité ! Dans la charte olympique est inscrit le principe du respect des droits de l’homme dans les Jeux. Que la Chine, grande puissance sportive, s’en souvienne à l’heure où le monde entier aura les yeux fixés sur elle. La flamme olympique est aussi symbole de vie. OAS_AD(‘Middle3′);
La question posée aux abolitionnistes par les Etats islamistes est d’un tout autre ordre. L’Iran est, après la Chine, le plus grand producteur d’exécutions capitales. L’Arabie Saoudite et les Emirats arabes se réclament eux aussi de la charia pour fonder leur pratique sinistre : pendaison, décapitation, lapidation, les supplices sont divers mais l’inspiration est constante. Il s’agit, par la mort, de faire respecter la loi divine. Ainsi l’amour de Dieu s’exprimerait dans l’horreur des supplices.
La contradiction paraît si flagrante que j’ai interrogé à ce sujet des autorités religieuses de l’islam. Leur réponse ne fut pas différente de celle des prêtres d’autres religions révélées. Dieu, qui est amour, ne doit pas être invoqué par l’homme pour mettre à mort d’autres hommes. L’avenir de l’humanité s’inscrit dans le respect de la vie – qui est sacrée. Celui qui prend la vie d’autrui commet le pire des sacrilèges. Comment pratiquer le sacrilège au nom de Dieu ? Ainsi, argument théologique et moral, argument philosophique ou politique se rejoignent dans un même refus de la peine de mort. Pour les croyants, parce que la vie procède de Dieu et que Lui seul en est maître. Pour les autres, pour les laïques, parce que toute société de liberté est fondée sur les droits intangibles de la personne humaine et que le premier de ces droits est le droit à la vie, dont le respect s’impose à l’Etat.

Le cas américain
Ce qui nous ramène aux Etats-Unis, vieille et grande démocratie où s’exerce encore la peine de mort. En 1972, sa pratique était presque tombée en désuétude. La Cour suprême déclara contraire à la Constitution la peine de mort parce qu’elle constituait un châtiment inutile et dégradant dans les conditions où elle était prononcée et exécutée. On pouvait croire la cause entendue, et l’abolition acquise. Il n’en fut rien. La hausse de la criminalité, le culte de la loi et de l’ordre entraînèrent des changements législatifs et l’instauration de nouvelles techniques d’exécution, notamment le recours à des injections de poison. Et la Cour suprême modifia sa jurisprudence.
Condamnations et exécutions reprirent à partir de 1977, essentiellement dans les Etats du sud des Etats-Unis, notamment le Texas, la Virginie, la Floride. Le flux mortel culmina en 2001 : 112 condamnations furent prononcées, et 66 exécutions eurent lieu. Le Texas, dont le gouverneur titulaire au droit de grâce était George W. Bush, s’inscrivait au premier rang de ce funèbre palmarès. Les Etats-Unis devenaient la référence politique de tous les partisans de la peine de mort dans le monde. Comment convaincre les Etats asiatiques ou africains, même démocratiques, tel le Japon, d’abolir la peine de mort alors que les Etats-Unis s’y adonnent avec zèle ?
Pourtant les Etats-Unis sont voués comme toutes les démocraties à l’abolition. Et ce plus tôt qu’on ne le pense communément. Rappelons d’abord qu’il n’y a pas de consensus aux Etats-Unis sur la peine de mort : 12 Etats sur 52 demeurent abolitionnistes. Surtout, la conscience se fait progressivement jour que le recours à la peine de mort altère la justice américaine sans protéger les Américains contre le crime. L’erreur judiciaire ronge le système judiciaire américain. Le nombre de condamnés à mort reconnus innocents après des décennies de procédures, et parfois in extremis, est saisissant : 122 depuis 1973 ! Encore ne s’agit-il là que de condamnés sauvés avant leur exécution. Combien ont été exécutés dont l’innocence pourrait être établie, notamment en recourant à l’ADN, si les juridictions américaines acceptaient de rouvrir leur procès !

La menace terroriste
Reste la question du terrorisme. Depuis les terribles attentats du 11 septembre 2001, sa menace hante les Etats-Unis. Le terrorisme international organisé est aujourd’hui une des principales menaces contre la paix du monde. Dans de très nombreux Etats, des législations d’exception ont été adoptées, parfois au mépris des libertés fondamentales.
S’agissant de la peine de mort, l’expérience prouve que loin de prévenir ou de réduire le terrorisme, elle ne fait que l’aggraver. Comment croire que la menace de la mort fera reculer le terroriste qui jette l’avion détourné contre des bâtiments ou qui actionne des explosifs qui le déchiquetteront avec ses victimes ? Comment ne pas mesurer que, pour lui, le tribunal sera toujours une tribune ? Aux yeux des partisans, la peine de mort transforme le terroriste exécuté en héros qui aura sacrifié sa vie à la cause qu’il soutient. Moralement, enfin, les démocraties, en recourant à la peine capitale contre les terroristes, font leur la violence mortelle qui les emporte. Il est significatif que de grands Etats démocratiques, comme le Royaume-Uni face à l’IRA, l’Espagne face à l’ETA, n’aient jamais voulu la rétablir la peine de mort.
Face au terrorisme, l’abolition donne à la démocratie une dimension éthique essentielle dans un tel combat. Le terroriste tue au nom de son idéologie des victimes innocentes. La démocratie défend la liberté et reconnaît toute vie comme sacrée ! Les jurés américains qui ont refusé de condamner à mort Moussaoui, qui revendiquait son appartenance à Al-Qaida et souhaitait que de nouveaux attentats ensanglantent le territoire américain, ces jurés-là ont mieux servi la cause des Etats-Unis que le président Bush et ses conseillers. Face au crime et à l’outrage, la justice d’une démocratie doit refuser la vengeance et la mort. Elle doit affirmer en un même mouvement sa force et ses valeurs. Elle met le terroriste hors d’état de nuire et respecte sa vie. Elle punit et ne tue pas. « Vive la vie ! », s’écrie l’homme de liberté en réponse au « Vive la mort ! » du fasciste. « Que vive la vie ! » C’est tout le sens de l’abolition de la peine de mort, cette ultime victoire de l’homme sur lui-même.

Sénateur, Robert Badinter est ancien président du Conseil constitutionnel. Nommé ministre de la Justice en juin 1981, il a présenté et fait voter au Parlement la loi sur l’abolition de la peine de mort à l’automne 1981. Il est notamment l’auteur de « l’Exécution » (Grasset, 1973) et de « l’Abolition » (Fayard, 2000). Il vient de publier chez Fayard « Contre la peine de mort », dont le texte que nous publions est extrait de la préface.

 

 

Robert Badinter
Le Nouvel Observateur

LE DAL pas d’expulsion sans relogement

Classé dans : DROIT ET MILITANTISME — tebawalito @ 0:43

ETAT DES LIEUX DES EXPULSIONS LOCATIVES EN FRANCE


Chaque année près de 100 000 jugements d’expulsion de logement sont prononcés en France
Avril 2004 
   Des réformes qui ont précarisé les locataires et
alimenté la flambée locative 

Au cours des trois dernières décennies, les réformes législatives successives ont limité le droit au maintien dans les lieux des locataires et favorisé la liberté de fixation des loyers dans le parc locatif privé
Au cours des 20 dernières années, les loyers ont doublé dans le parc locatif privé (euros constants), et augmenté de 50% dans le parc locatif social/public.
Conjugué à une progression de la précarité professionnelle, du chômage et de la pauvreté salariale, le renchérissement de l’immobilier et des loyers à alimenter la progression des expulsions locatives dans le pays.
Des sources statistiques officielles, émanant du ministère de la justice, en ce qui concerne les procédures ainsi que les contentieux judiciaires et l’exécution, confirment cette évolution. Toutefois elles restent difficilement accessibles et sont diffusées au compte-goutte par les administrations, notamment celle du ministère de l’Intérieur.
La législation actuelle 
Dans le parc locatif privé (20,7% des résidences principales), le bail est renouvelé en général tous les trois ans, sauf en cas de congé pour vente, ou pour reprise. Lors du renouvellement, le loyer peut être augmenté de façon étalée en fonction des prix observés dans le voisinage. Les loyers obéissent donc aux lois du marché, dans un contexte général de déficit de l’offre. Paris et sa région font exception à cette réglementation puisqu’un décret interdit une hausse des loyers supérieure au coût de la vie pour les locataires en place. Ce qui n’a pas suffi à empêcher une augmentation générale des loyers dans la région.
Dans le parc social public (17 % des résidences principales), géré par des organismes agréés, soumis à des plafonds de loyers des plafonds de revenus pour les entrants, et des normes de surface et de confort, les locataires ont droit au maintien dans les lieux, le contrat de location étant reconduit automatiquement tous les ans. Suivant ses revenus, le locataire peut être aidé par des allocations mensuelles.
Les procédures d’expulsion 

Les procédures d’expulsion sont encadrées par une législation précise : un jugement définitif doit être rendu et l’expulsion forcée doit être autorisée préalablement par le Préfet du département.
Des mesures de prévention ont été prises depuis 1990 pour limiter le nombre d’expulsion sans résultat probant, notamment par le biais d’aides financières aux impayés de loyers, ou de suivi social anticipé. Malgré les dépenses élevées engagées par la collectivité publique pour réduire et suspendre les expulsions ou secourir les familles expulsées, les expulsions augmentent en nombre…
10% des locataires ont été l’objet d’un jugement d’expulsion depuis 10 ans :
Ces dernières années, environ 140 000 demandes d’expulsions ont été présentées devant les tribunaux chaque année. Un peu plus de 100 000 jugements d’expulsion ont été rendus. Depuis dix ans, 9 à 10% des locataires ont été l’objet d’un jugement d’expulsion.
La machine judiciaire est excessivement active, et des magistrats se plaignent que les décisions soient rendues de manière automatique et que les dispositions permettant aux juges d’accorder largement des délais restent inappliquées…
Environ 7 décisions sur 10 concernent un impayé de loyer. Des dispositifs de prévention des expulsions pour impayés de loyer ont été mis en place, mais n’ont pas eu les effets annoncés. Ils ont permis de stabiliser les contentieux et en limiter la hausse.
L’expulsion après le jugement 
Une fois les délais écoulés, une demande de concours de la force publique est déposée par le propriétaire au préfet. Leur nombre a augmenté de 50% depuis 20 ans . Une enquête sociale est diligentée. Le Préfet peut « différer le concours » de plusieurs mois voire plusieurs années.
Outre la pression exercée sur les occupants, qui reçoivent des avis officiels ou un jugement exposant qu’il sera expulsé « au besoin avec la force armée », les autorités se font plus pressantes lorsque le concours a été accordé, dont le nombre a doublé en 20 ans. Il reste alors deux semaines au locataire pour quitter les lieux.
De plus en plus de familles restent dans le logement jusqu’à l’intervention de la police, au risque de perdre les quelques biens de valeurs dont ils disposent, car ils disparaissent souvent à cette occasion. Le nombre d’expulsions exécutées a également plus que doublé ces 20 dernières années.
Les autorités n’hésitent plus à mener des opérations de grande envergue, en évacuant les habitants d’un immeuble entier.
Après l’expulsion, l’errance urbaine 

Dans un contexte de crise de l’offre de logement bon marché, l’expulsion aboutit en général à des situations de grande précarité : hébergés dans des foyers ou des hôtels (quelques semaines avec l’aide sociale), hébergés chez des tiers, de la famille, contraints de squatter des logements vacants (nombreux dans les grande villes)… L’errance urbaine commence, qui va sanctionner le plus durement les enfants, déjà éprouvés par le traumatisme de l’expulsion. Le placement des enfants est fréquent.

Droit Au Logement

Expulsions : Etat des lieux

LE DAL C’EST QUOI ?
LA CRISE DU LOGEMENT EN FRANCE
Mal-logement : Etat des lieux
Expulsions : Etat des lieux
Le logement en chiffres
L’INEGALITE EN FRANCE
NOS PROPOSITIONS
Un Logement pour tous
Pas d’expulsion sans relogement
La Réquisition des logements vides
Le Partage des richesses
La construction d’un réseau international
Participation des Sans aux Forums Sociaux

ETAT DES LIEUX DES EXPULSIONS LOCATIVES EN FRANCE
Chaque année près de 100 000 jugements d’expulsion de logement sont prononcés en France
Avril 2004

10 septembre, 2007

RAMA YADE chez les squatteurs de ST Denis (source France deux)

Classé dans : AFRIQUE ET DIASPORA,BLACK LIBERTY,DROIT ET MILITANTISME,POLITIQUE — tebawalito @ 23:45

240pxramayade20070523n1.jpg

  Publié le 10/09 à 23:23

Aubervilliers: les squatteurs quittent les lieux

La centaine de squatteurs d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) était toujours sur place samedi après-midi.F3

Les squatteurs d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) ont accepté lundi les propositions de la préfecture

 Après trois quart d’heure de discussions, Lacine Koné, un des porte-parole des squatteurs a annoncé que « les familles respecteraient l’accord proposé deux heures auparavant par le sous-èpréfet ».Les squatteurs occupaient depuis deux mois un parvis près d’un groupe scolaire.

Le sous-préfet de Saint-Denis avait fait aux squatteurs une série de  propositions en échange d’une évacuation immédiate du campement.
Jour et nuit, ces familles, ivoiriennes majoritairement, se relayaient depuis 11 juillet au campement installé devant un groupe scolaire pour demander le relogement de tous les squatteurs du quartier de La Maladrerie. Le campement avait compté jusqu’à  80 tentes et 140 personnes.La situation s’était nettement durcie jeudi dernier après la première  évacuation par la force du site, à la suite d’une décision d’expulsion prononcée le 3 septembre par le tribunal de Bobigny, à la demande de la municipalité PCF.  Une nouvelle tentative d’expulsion avait eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, faisant deux blessés.La discussion lundi avec le sous-préfet de Seine-Saint-Denis s’est tenue à l’écart de la presse et de l’association  Droit au logement (Dal), qui soutient ces familles depuis des mois. Appelant les familles à rester « mobilisées » et « déterminées », le  porte-parole a ajouté que « la lutte prendra fin quand tous les engagements des  autorités seront devenus effectifs ». Puis, symboliquement, les porte-parole ont  dégagé les matelas installés au sol.Le plan du sous-préfet
Le sous-préfet s’était engagé à reloger  immédiatement les cinq premières familles expulsées et à engager au plus vite une enquête sociale afin d’étudier les possibilités de relogement pour 26 autres  familles menacées d’une expulsion prochaine.

A la fin de cette première étape, il s’engage à lancer la même enquête pour les 40 autres familles ayant participé depuis le 11 juillet au squat. Condition première: ces propositions « ne valent que pour les familles en situation régulière » et sont conditionnées « à l’évacuation immédiate du campement ». Deux autres critères sont cependant nécessaires pour que l’accord s’applique: les familles doivent être  inscrites sur les listes d’attente de logement  social, et elles doivent s’engagent à verser « les indemnités d’occupation dues au  bailleur », l’OPHLM d’Aubervilliers, où 3.800 demandes de logement sont en  attente.
Dossier politique
Dans ce dossier, qui a pris un tournure politique après la visite  controversée de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade, la ville  d’Aubervilliers a toujours affiché sa fermeté, refusant de reloger les  squatteurs de son parc social.
    « 
Ceux qui ont donné pendant des années des leçons manquent parfois  d’humanité », avait expliqué Mme Yade à l’AFP après sa visite au campement,  perçue par la municipalité comme une « provocation » et « un soutien affirmé aux  squatteurs ».

Lâchez vos comm’s

8 septembre, 2007

COMBAT NOIR AMERICAIN

Classé dans : DROIT ET MILITANTISME — tebawalito @ 8:59

combatnoiramericain.jpg526452742rosapark.jpg 

LA RÉSISTANCE AU « BUSING » OU LA (RE)SÉGRÉGATION SCOLAIRE

En 1968, la Cour suprême avait exigé que soient préparés des plans d’intégration scolaire susceptibles de fonctionner immédiatement ; elle avait propose l’emploi d’autobus pour amener les élèves hors de leurs quartiers de résidence. C’est cette pratique que l’on a surnommée « busing ».

En 1970, les progrès en terme d’intégration scolaire sont encore un rêve : les écoles intégrées demeurent l’exception dans le Sud, et sont encore plus rares dans le Nord, et les réticences au système du busing révèle la profondeur de la résistance à l’intégration : Nixon est opposé au busing, et fait en sorte que le ministère de la justice ralentisse l’application du décret de la Cour suprême. En réaction, des militants noirs accusent publiquement Nixon d’infraction à la loi. La NAACP obtient gain de cause en portant plainte devant la Cour suprême, qui confirme à nouveau son appui au busing en 1971.

Mais l’opposition est surtout palpable dans la société américaine. A Boston, les écoles noires sont surpeuplées, et en 1974 des parents portent plainte contre les autorités qui selon eux freinent l’intégration ; le jugement conclue que la ville de Boston a agi à maintes reprises dans l’intention délibérée de ségréguer les écoles. Mais beaucoup d’ouvriers parents d’élèves ne l’entendent pas ainsi et sont personnellement opposés au busing. La tension monte, et des affrontements ont lieu le jour de la rentrée. Pour éviter le mélange avec des enfants noirs, les Blancs partent de plus en plus en banlieue et inscrivent leurs enfants dans les écoles privées. Les écoles déjà peu intégrées sont ainsi reségréguées de fait, et le même scénario se produit dans de nombreuses autres villes américaines.

Ford, président intérimaire après la démission de Nixon, n’accorde aucun crédit pour les programmes sociaux sans pour autant remettre en cause le système bien qu’il y soit personnellement opposé. Carter, lui, démocrate du Sud profond, a grandi dans des principes de tolérance et d’égalité raciale, et il sollicite le vote noir : en novembre 1976, il est élu avec 94 % des suffrages noirs : grâce aux nouvelles inscriptions sur les listes électorales, il conquiert tous les Etats du Sud sauf la Virginie. Mais il ne fera rien de particulier en faveur des Noirs.

Ces réticences aux programmes d’aide aux Noirs émises par de nombreux Blancs met en lumière tous les dilemmes de l’affirmative action.

LE DILEMME DE L’AFFIRMATIVE ACTION

L’affirmative action, présentée par JFK en 1961 et dont les principes ont été définis en 1965 par Johnson, consiste, pour les entreprises privées et l’administration, à « réparer » les dommages engendrés par des siècles de discrimination en faisant un effort délibéré pour embaucher et promouvoir des employés noirs à tous les niveaux de responsabilité. Selon le principe, les Noirs doivent constituer dans tous les emplois et dans toutes les sociétés un pourcentage égal à celui qu’ils occupent dans la population.

En 1968, le ministère du travail précise les délais, mais n’instaure pas de quotas, car ceux-ci auraient défié le capitalisme et les principes constitutionnels d’égale protection des lois. Cependant, sous les pressions administratives et judiciaires, l’affirmative action progresse. Carter nomme un grand nombre de Noirs à des postes de responsabilité, mais n’impose rien, face à un taux d’inflation très élevé et au déficit budgétaire qui occupent l’essentiel de sa politique. On atteint dans ces années un taux de chômage record chez les Noirs. La récession touche également les autres Américains, et les groupes conservateurs s’élèvent contre le busing et l’affirmative action et globalement contre toute intervention gouvernementale, en plus de militer pour le maintien de la prière obligatoire dans les écoles et contre l’avortement. De plus en plus, d’autres minorités revendiquent une discrimination positive en leur faveur, et privent au final les Noirs de leur spécificité : les revendications noires sont noyées, le sort historique très spécifique des Noirs est gommé.

En 1974, l’affirmative action révèle son dilemme au grand jour. Alan Bakke, étudiant blanc, porte plainte contre son université en déclarant que la procédure de sélection le prive de l’égale protection des lois garantie par le XIVème amendement. La Cour suprême est sollicitée en octobre 1977. Des groupes juifs associés à des groupes conservateurs rejettent le principe de la préférence raciale, contraire selon eux à la Constitution et réduisant l’individu à la couleur de sa peau. En juin 1978, la Cour suprême rend son jugement : elle ordonne l’admission de Bakke à la faculté de médecine, sans pour autant remettre en cause l’affirmative action, tout en condamnant cependant le système des quotas, déclaré inconstitutionnel : l’affirmative action n’est donc pas nécessairement en contradiction avec la Constitution, mais elle n’est pas non plus une obligation légale. Le juge noir Thurgood Marshall, ayant une opinion dissidente, signale que le XIVème amendement n’empêche pas de remédier aux injustices historiques… l’argument est également avancé par les militants et la communauté noirs. Mais le dilemme de l’affirmative action est insoluble, et le cas par cas fait tomber les énoncés généraux du principe.

LA « NOUVELLE DROITE » AU POUVOIR : LE PROBLÈME NOIR SERAIT RÉGLÉ

En août 1979, Andrew Young, représentant noir des Etats-Unis à l’ONU nommé par Carter, rencontre Yasser Arafat alors que le gouvernement interdisait tout contact avec l’OLP avant la reconnaissance d’Israël par l’organisation palestinienne. Young démissionne. Les leaders noirs condamnent Israël pour ses relations avec l’Afrique du Sud, et approuvent la rencontre entre la SCLC et Arafat.

En décembre 1979, un bourgeois noir tranquille de Miami est battu à mort après avoir grillé un feu rouge par quatre policiers. Au mois de mai 1980, le jury entièrement blanc acquitte les quatre prévenus. Le verdict déclenche trois jours d’émeutes qui feront 17 morts, 10 noirs et 7 blancs.

Les Noirs votent quand même à 90 % pour Carter, mais Reagan est élu et les sénateurs partisans de la lutte pour les Droits civiques perdent leur siège. La « nouvelle droite » ne croit plus que les solutions aux problèmes sociaux peuvent se trouver entre les mains du gouvernement (et à la charge du contribuable…), et dénonce une « mentalité d’assistés » ; elle considère en fait l’égalité raciale obtenue. Reagan nomme le Noir Colin Powell au Conseil national de Sécurité ainsi que plusieurs autres noirs dans son administration, tous ultraconservateurs. 75 % des entreprises travaillant avec l’Etat sont dispensés de respecter les normes à l’égard des minorités. La Cour suprême quant à elle est de plus en plus conservatrice.

Officiellement, pour le gouvernement, le « problème noir » a ainsi disparu, alors que les ghettos noirs sont presque totalement en marge de la société américaine et en proie à une violence de certains de leurs habitants, strictement apolitique (le mouvement politique noir étant quasiment nul) et pouvant se déclencher à tout moment.

Le militant noir Jesse Jackson échouera pour obtenir l’investiture démocrate pour les élections présidentielles de 1988, et finira par soutenir Bill Clinton en 1992. Cette même année est celle de l’affaire Rodney King et des émeutes sanglantes de Los Angeles.

EN GUISE DE CONCLUSION, UNE ANALYSE DES ÉMEUTES DE LOS ANGELES

Les émeutes de 1992 à Los Angeles ont pour point de départ le verdict du procès ayant fait suite au passage à tabac policier extrêmement violent du chauffard récidiviste Rodney King après un délit de fuite, en mars 1991. La scène est filmé par un passant : Rodney King est frappé à terre par les policiers 26 fois en 81 secondes, et échappe de peu à la mort.

Sur la demande des avocats des accusés, la cour d’appel accepte de déplacer le lieu du procès des policiers et de recruter un jury dans un quartier aisé, habité par plus de 20% de policiers blancs. Rodney King ne comparait pas à la barre. Les images du tabassage sont projetés lors du procès. Mais les policiers sont acquittés.

Après l’annonce du verdict les ghettos de Los Angeles s’embrasent. Il nous a paru judicieux de conclure le dossier sur quelques réflexions à propos de ces évènements écrites par Philippe Paraire dans son excellent ouvrage (Les Noirs américains, généalogie d’une exclusion), qui avec un ton souvent ironique et pour le moins pessimiste fait le tour de la question noire aux Etats-Unis, dans son histoire et son actualité (jusqu’en 1992). Cette analyse demeure celle d’un auteur et ne saurait sans doute convaincre tout le monde : le militantisme noir n’est pas mort et a survécu à travers des héritiers de Malcolm X en particulier, aussi divers soient-ils (on peut penser au mouvement MOVE de John Africa duquel est proche Mumia Abu-Jamal, ou encore aux revendications politiques d’artistes noirs comme Public Enemy qui se placent en filiation directe avec le militantisme radical des années 60) ; mais la réalité de la décomposition sociale et du conservatisme (raciste) profond a indéniablement pris le pas sur l’espoir d’un changement politique porté par un militantisme organisé.

« L’émeute de 1992 n’a pas la pauvreté pour cause, mais seulement pour prétexte et pour décor ; c’est plus une révolte de la frustration qu’une rébellion sociale ; en réalité, le matraquage publicitaire crée tellement de faux besoins dans les mentalités des Noirs des ghettos que des milliers de personnes sont actuellement en prison pour des années, après avoir seulement dévalisé les rayons de survêtements et de chaussures de sports ainsi que les départements vidéo des grands magasins. Il est significatif d’observer qu’une infime minorité de pillards sont accusés de vol de nourriture, ou d’attaque de banques, et encore moins de violences contre les forces de l’ordre, curieusement absentes durant la première journée. Los Angeles 1992 n’est ni une émeute pour les droits civiques (les Noirs, de nos jours, ne votent pas plus que les Blancs, après s’être battus pourtant avec acharnement pour l’égalité civique), ni une jacquerie du Tiers-Monde, du type Sao Paulo ou Kinshasa. Simplement, le modèle idéologique imposé par le mode de vie blanc, véhiculé par la publicité, les séries télévisées, le cinéma et le show-business crée un sentiment collectif de paupérisation relative qui dégénère en complexe de frustration.[…]Il paraît assez clair au vu des évènements, que la généralisation des fantasmes de la haine raciale […] a empêché l’éclosion d’une conscience révolutionnaire chère aux penseurs anciens. Car la majorité des Noirs a désapprouvé les violences. Non seulement la population totale de South Central n’était pas sur les lieux des incendies, des meurtres et des pillages, loin s’en faut, mais, en plus, les scènes de solidarité collectives, au moment du nettoyage des rues de la ville par les habitants noirs et hispaniques de South Central ont montré l’aveuglement des pillards : c’est l’environnement urbain du ghetto, déjà pauvre, qui avait été le plus durement touché par la violence de la foule. On comprend bien dans ces conditions pourquoi les leaders institutionnels du mouvement noir auraient préféré que l’émeute se fixât des objectifs plus politiques ; mais le confinement a joué plein son rôle stratégique (celui, sans doute, pour lequel il a été conçu) : les émeutiers ont trouvé face à eux la garde nationale qui leur a coupé la route des quartiers chics du Nord et de l’Ouest. Les leaders du NAACP et de l’AME, ainsi que Jesse Jackson lui-même, ont appelé au calme parce qu’ils ont immédiatement compris la pauvreté politique de l’émeute et son manque absolu de perspectives. Rodney King, manipulé par le Ministère public, a fait de même ; tous les Noirs établis avaient compris, dès les premiers incendies et les premiers morts, que la frange la plus décidée et incontrôlable des ghettos ne serait pas suivie par la masse noire. Celle-ci, dépolitisée par quinze ans de déceptions successives, est restée sceptique quant aux chances de victoire militaire contre le système blanc, en l’absence d’une réelle organisation du type Black Panthers ou Black Muslims, qui avaient en leur temps su jouer un rôle politique d’encadrement et de direction déterminants. »Evoquant la prolifération des gangs (dont font partie plus de 100 000 Noirs et Hispaniques dans la seule ville de Los Angeles) et les pillages lors des émeutes de 1992, Philippe Paraire conclue : « Causes futiles de duels à l’arme à feu, vendetta dont les raisons finissent par se perdre, tradition et sens de l’honneur, tabassages, lynchages, rien dans ces pratiques ne peut aider à la renaissance d’une identité noire. Tout cela se construit à partir des fantasmes meurtriers du cinéma ou des bandes dessinées crées par le monde blanc. Dès lors, on peut se demander si le déficit d’identité de la communauté afro-américaine des Etats-Unis n’a pas atteint un tel degré qu’il soit difficile de parler encore d’une nation noire dans ce pays… ».Sources
Histoire des Noirs américains au 20ème siècle, Nicole Bacharan
Les Noirs aux Etats-Unis, Claude Fohlen
La société américaine, 1865-1970, Claude Fohlen
Histoire intérieure des Etats-Unis au 20ème siècle, Jacques Portès et Pierre Melandri
Les Noirs américains, généalogie d’une exclusion, Philippe Paraire

PJ
mise en ligne : 01.03.2004

 

DONNEZ VOTRE AVIS
» Réagir et lire les réactions à cet article

» Mumia Abu-Jamal – En direct du couloir de la mort

© Acontresens 2002-2007

COMBAT NOIR AMERICAIN dans DROIT ET MILITANTISME spacer
liste des contrepoints histoire pages 12345678

MARTIN LUTHER KING A BIRMINGHAM

L’épisode d’Albany a quelque peu affaibli la position de la SCLC, mais l’association doit alors se lancer dans une bataille des plus difficiles, à Birmingham. Dans cette ville d’Alabama, les traditions sudistes perdurent, le Ku Klux Klan est très actif et la police est ouvertement raciste.

Le révérend Shuttlesworth de Birmingham, membre du Mouvement Chrétien d’Alabama pour les Droits de l’Homme, proche de la SCLC, rejoint les étudiants qui boycottent les magasins. Mais le Ku Klux Klan allié à la police menace les commerçants et leur ordonne de maintenir la ségrégation.

La SCLC met alors en place un projet dit « Projet C » (C comme confrontation), car King et ses partisans savent bien que les Sudistes ne peuvent se laisser convaincre par les bons sentiments, mais que, par contre, la pression des évènements et de l’opinion publique peuvent pousser les autorités, aussi racistes soient-elles, à agir. Il s’agit donc pour les militants de provoquer la violence.

En avril 1963, le SCLC démarre la campagne qui tend à la déségrégation des bars. Les militants sont arrêtés. En réaction, le tribunal local interdit toute forme de manifestation. Cette fois, à la différence d’Albany, Martin Luther King donne l’exemple de la désobéissance civile et se fait emprisonner. Il est libéré après une intervention du président Kennedy.

Le pasteur décide d’associer au mouvement les lycéens et écoliers noirs. Le 2 mai, une marée d’enfants manifeste jusqu’à l’hôtel de ville, et le soir, plus de 1000 d’entre eux sont arrêtés par la police. Le 3 mai, 2000 enfants manifestent. La police réquisitionne les lances à incendie des pompiers pour disperser les enfants, et lance les chiens ; les marcheurs se réfugient dans l’église : les photos de la répression font la une des journaux.

Au fil des jours, les manifestations prennent de plus en plus d’ampleur, et les prisons débordent. Certains journalistes et militants contestent les méthodes de King en déclarant que les progrès viennent d’une éducation en profondeur, d’un travail patient, et non de provocations. Des émeutes ont lieu dans la ville. Le 10 mai, la SCLC annonce un accord ; mais tout le monde ne l’entend pas ainsi, et les Noirs font face dans les rues à la Garde nationale, que JFK fédéralise en plus d’envoyer des troupes fédérales ; le président impose le retour au calme.

Kennedy se lance enfin dans des discours contre la ségrégation : « la race n’a pas de place dans la vie ou dans la loi américaine ». Mais les ségrégationnistes ne baissent pas les armes, et un secrétaire de la NAACP est abattu.

LE NOUVEAU PROJET DE LOI DE KENNEDY

Le 19 juin, JFK présente son projet de loi au Congrès : il s’agit de proscrire la ségrégation dans tous les lieux publics, d’habiliter le ministère de la Justice à engager des poursuites pour permettre l’intégration scolaire, et d’interrompre le financement des programmes sociaux discriminants.

LA GRANDE MARCHE SUR WASHINGTON (23 AOUT 1963) : LE « RÊVE » DE MARTIN LUTHER KING RATTRAPÉ PAR LES INCOMPATIBILITÉS DE VUE ENTRE MILITANTS ET LA REALITÉ RACISTE AMÉRICAINE

La popularité de Martin Luther King est alors à son comble, et il a l’idée d’une marche nationale, à l’image de ce que Randolph avait voulu lancer pendant la Seconde Guerre mondiale ; ce dernier est d’ailleurs également partisan du projet, que JFK désapprouve.

Mais Martin Luther King et Randolph insistent sur la nécessité d’orienter le mécontentement des Noirs vers un mouvement discipliné et non-violent. Finalement, fin juin, Kennedy donne son aval.

Reçu le 22 juin à la Maison Blanche, King est averti par le président lui-même surveillé de près dans sa vie privé par le FBI que John Edgar Hoover le surveille et le soupçonne tout comme de nombreux membres du Congrès d’être communiste. Le président lui demande de rompre avec certaines personnes de son entourage ; mais le pasteur n’est pas décidé à obtempérer. Il est mis sur écoute et traqué par le FBI : Hoover ne le lâchera plus, envoyant par exemple des lettres anonymes à sa femme pour la prévenir des infidélité conjugales de son mari, ou tentant de semer la discorde au sein de la SCLC.

Lors de la grande marche, toutes les rivalités entre leaders sont tues pour un moment, et des organisations juives, protestantes et catholiques s’allient au mouvement. L’AFL-CIO est absente car elle ne souhaite pas prendre parti… mais des syndicalistes approuvent à titre individuel la marche. Pendant tout l’été 1963, plus d’1 million de personnes manifestent dans le Nord, dans une vaste campagne pour l’emploi et le boycott des loyers. Le 28 août, Washington est envahi d’une foule calme : 250 000 personnes défilent, dont un quart de Blancs.

Lewis, du Snick, avait rédigé un discours incendiaire prenant violemment à parti le gouvernement Kennedy ; mais Randolph le convainc de ne pas le prononcer, pour éviter que les adversaires du projet de loi de Kennedy trouve en ces attaques un argument de plus pour le critiquer. C’est ce jour là que King prononce son fameux discours « I have a dream ».

Le 15 septembre, l’église de Birmingham est dynamité ; 4 fillettes sont tués. La non-violence commence sérieusement à être remise en cause par les Noirs, et une émeute éclate et fait deux morts.

Kennedy est tué à Dallas le 22 novembre.

LES ACTIONS DU SNICK POUR LE VOTE DES NOIRS : L’« ÉDUCATION POPULAIRE » DANS LE SUD

Le nouveau président Johnson soutient le mouvement des Droits civiques depuis 1957.

Dans le Sud, les Noirs ne peuvent pas voter, même dans les villes ou districts où ils sont majoritaires. Le Snick recrute des volontaires dans les universités du Nord pour aller inscrire les Noirs sur les listes électorales dans le Mississippi. Le mouvement lance sa campagne dite d’ « été de la liberté » visant à inscrire des milliers de Noirs sur les listes électorales et défier le parti démocrate du Mississippi.

Des enfants de la bourgeoisie noire et blanche du Nord sont envoyés pour animer des « écoles de la liberté » où ils enseignent la lecture, le calcul mais aussi l’histoire noire ; ils apportent également de l’assistance médicale et organisent des évènements culturels.

Les étudiants passent de ferme en ferme, aident et incitent les Noirs à remplir les formulaires d’inscription pour les listes électorales. A l’été 1964, 17000 Noirs font une demande d’inscription, mais seuls 1600 sont effectivement inscrits sur les listes, les autres étant refusés pour des prétextes toujours plus improbables. Les militants envoient tous les formulaires refusés au ministre de la justice. La réalité raciste du Sud a raison de la conviction militante légaliste du Snick, tandis que Johnson est convaincu que sa réélection passe par le soutien des démocrates traditionnels du Sud, traditionnellement racistes, et ne souhaitent par conséquent pas trop appuyer la cause du vote noir.

spacer
liste des contrepoints histoire pages 12345678

LE « BLACK POWER »

Carmichael et les autres militants radicaux sont héritiers de Malcolm X, partisans de l’autodéfense et d’un nationalisme noir. Ils citent Frantz Fanon, qui justifie l’emploi de la violence dans toute lutte anti-coloniale, car selon Carmichael « les Noirs dans ce pays forment une colonie » .

Mais cet appel au pouvoir ne s’accompagne pas d’un véritable programme politique ; ce « Black power » est selon Luther King un « concept affectif », un état d’esprit pouvant aller de l’organisation de secours sociaux à l’encouragement à la guérilla urbaine.

Les militants renversent toutes les icônes, de l’Establishment jusqu’aux libéraux en passant par les Noirs modérés. Ces revendications s’incarnent par exemple dans la figure emblématique du boxeur Mohammed Ali, qui affirme la beauté noire, la fierté des origines africaines, et le rejet de la haine de soi par l’affirmation de sa puissance. C’est à cette époque qu’est également popularisé le slogan « Black is beautiful ».

A la fin des années 60, seule une petite minorité de Noirs se dit prête à suivre Carmichael, McKissick et les autres radicaux comme Huey Newton ou Bobby Seale, futurs fondateurs du Black Panther Party.

Mais leur impact culturel, psychologique et artistique est considérable ; les étudiants se révoltent contre les valeurs et le savoir des programmes universitaires traditionnels. En 1964, à l’université de Berkeley, éclate une révolte étudiante au sein de laquelle les Noirs sont très actifs ; mais un fossé se creuse entre les « libéraux » blancs et les partisans du « Black power » depuis l’éclatement du mouvement des Droits civiques. Les étudiants noirs demandent le développement de programmes d’ « études noires », où ils exigent d’être séparés des Blancs.

En avril 1967, Mohammed Ali refuse la conscription et déclare ne rien avoir contre le Vietcong.

En février 1968, une violente répression policière s’abat sur ne manifestation étudiant en Caroline du Sud et fait trois morts. Les étudiants de Howard, université de Washington, envoient une lettre ouverte au président de l’université et demandent sa démission, la création d’un centre d’études noires et la réinsertion d’activistes radiés l’été précédent. Ils occupent l’université dans le calme jusqu’à la fin mars.

INTERPRÉTATIONS DIVERSES DU « BLACK POWER » : ENTRE COMBAT INSTITUTIONNEL ET LUTTE RADICALE

Une partie non négligeable du mouvement noir interprète de manière légale et pacifique les aspirations du « Black power » et se tourne activement vers la lutte politique : Carl Strokes est élu maire de Cleveland en 1967, c’est la première fois qu’une grande métropole élit un maire noir.

Au contraire, les leaders initiaux du « Black power » durcissent leurs positions : le Snick et le CORE condamnent fermement Israël en 1967 et s’aliènent définitivement le soutien traditionnel des Juifs libéraux. Carmichael encourage les Noirs à devenir « les bourreaux de nos bourreaux » ; il se rend à Cuba, puis au Nord Vietnam et déclare : « Nous souhaitons n’avoir rien en commun avec le gouvernement des Etats-Unis ou le régime américain. Nous sommes des révolutionnaires ». H. Rap Brown devient président du Snick et pratique également une escalade verbale.

Au printemps 1967, plusieurs émeutes ont lieu dans des universités du Sud.

LA NAISSANCE DU BLACK PANTHER PARTY

En octobre 1966, Bobby Seale et Huey Newton, étudiants à l’université d’Oakland en Californie, fondent le Black Panther Party pour l’Autodéfense, qui reprend le symbole du Snick d’Alabama.

Les inspirations idéologiques clamées sont le communisme révolutionnaire en premier lieu, puis Frantz Fanon, Malcolm X, Mao, le nationalisme noir et révolutionnaire.

Les Black Panthers se défendent des fréquentes accusations de racisme, et évoquent leur combat comme un combat internationaliste et populaire, et non lié à une race : « Le parti a conscience du fait que le racisme est ancré dans une grande partie de l’Amérique blanche, mais il sait aussi que les sectes embryonnaires qui prolifèrent à l’heure actuelle dans la communauté noire ont à leur base une philosophie raciste […]. Nous ne combattons pas le racisme par le racisme. Nous combattons le racisme par la solidarité. Nous ne combattons pas le capitalisme exploiteur par le capitalisme noir. Nous combattons le capitalisme par le socialisme. Nous ne combattons pas l’impérialisme par un impérialisme plus grand. Nous combattons l’impérialisme par l’internationalisme prolétarien. […] Nous croyons que notre combat est une lutte de classe et non pas une lutte raciale » (extraits de A l’affût, histoire du Parti des Panthères noires et de Huey Newton de Bobby Seale).

Ils publient un programme en 10 points, réclamant la liberté, le plein-emploi, des logements décents, l’exemption du service militaire pour tous les Noirs américains, la libération des détenus noirs et la fin des brutalités policières. Ils veulent également l’organisation d’un plébiscite dans « toute la colonie noire […] pour déterminer la volonté du peuple noir quant à son destin national ». A Richmond, en 1968, Cleaver déclare : « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une révolution dans la métropole blanche et d’une libération nationale pour la colonie noire ».

« Le programme du Black Panther Party vise en réalité à instaurer le pouvoir populaire. Nous, la colonie noire d’Amérique, nous voulons contrôler notre destin, et c’est ça le Black power »

Le parti conjugue dans son idéologie nationalisme (les Noirs forment un nation), internationalisme (« les Noirs sont des Vietnamiens de l’intérieur », soutien à tous les peuples colonisés) et socialisme (il faut détruire le capitalisme, qui engendre le racisme). Cet activisme déborde de tout ce qui avait été dit et fait avant.

La loi de Californie autorisant le port d’armes, les Black Panthers patrouillent dans le ghetto dans des voitures bourrées d’armes à feu, de livres de droit et de tracts du parti. Lorsque la police interpelle un Noir, ils se postent à côté de la patrouille, lisent les droits à l’interpellé et l’escortent si besoin est jusqu’au commissariat.

Mais ils lancent un surtout un programme d’aide communautaire, en offrant le petit déjeuner aux enfants pauvres, en collectant des vêtements, en proposant une assistance médicale et légale, et en luttant pour réintégrer les locataires expulsés. Angela Davis, militante du parti, met en place un réseau de distribution de sacs de provisions. Des écoles de « libération » et d’histoire noire sont créées. Tout ce service social n’intéresse pas la presse et les Black Panthers ont une très mauvaise image dans l’opinion américaine. Les médias retiennent leur armement, leurs discours provocateurs et insurrectionnels et leur uniforme spectaculaire (veste en cuir, pantalon et béret noirs).

Les Panthers s’entraînent au maniement des armes, à la guérilla urbaine, à fabriquer des cocktails molotov et des grenades. Eux-mêmes déclarent que cet arsenal est purement défensif.

Le langage est très important dans la communication du parti, et Huey Newton excelle dans ce domaine, où il propose par l’utilisation de termes propres aux Noirs de changer l’image que les Noirs ont d’eux-mêmes et de ce qui les entoure : « Nous de définissons pas le tout-puissant administrateur comme « l’homme »… nous le nommons porc »…

En 1967, Elridge Cleaver devient porte-parole du parti, après être sorti de prison pour viol et tentative de meurtre. Il crée l’hebdomadaire The Black Panther, en plus d’écrire pour divers journaux d’extrême gauche ; il réclame une « liberté totale pour le peuple noir ou une destruction de l’Amérique ».

Pour Hoover et le FBI, le BPP constitue la plus grave menace pour la sécurité intérieure des Etats-Unis.

En mai 1967, le parti investit le Sénat de Californie à Sacramento, arme au poing, pour protester contre le projet de loi tendant à limiter le port d’armes.

En octobre 1967, Huey Newton est inculpé pour le meurtre d’un policier. En février 1968, le parti fusionne avec le Snick et Carmichael est nommé « premier ministre » du gouvernement Black Panther.

pages 12345678LA LUTTE STÉRILE DE MARTIN LUTHER KING DANS LES GHETTOS DU NORD : CHICAGO

Martin Luther King est persuadé que les conditions sociales et économiques sont la racine du problème des Noirs dans le ghetto, et il tente de lancer un mouvement à Chicago depuis 1965 pour attirer l’attention sur cette détérioration économique et sociale.

En juillet 1965, il visite plusieurs villes du Nord. A New York et Philadelphie, les leaders noirs ne souhaitent pas sa présence. A Chicago, les Noirs subissent une insatisfaction croissante pendant les années 60. Ils représentent un quart de la population de la ville. Le maire de la ville souhaite renforcer sa coalition de votants et offre aux Noirs des emplois à la mairie tout en soutenant le combat de King à Birmingham et Selma, et il lance un programme de lutte contre la pauvreté dans les quartiers noirs.

700 000 Noirs sont regroupés dans deux immenses ghettos (West Side et South Side), où la discrimination règne en matière d’emploi, de logement et de scolarité. Les sections locales de la NAACP et du CORE protestent contre cette politique d’exclusion. Le problème principal semble être le problème scolaire : les écoles blanches sont sous-occupées, et les noires tellement peuplées qu’elles doivent pratiquer une scolarité double (changement d’élèves le matin et l’après-midi).

Les militants n’obtenant rien, ils demandent l’aide du très populaire King. Le maire y est hostile, mais ne le condamne pas, habilement, mais il souhaite priver la SCLC de toue efficacité. En face, certains syndicats, des églises protestantes et catholiques blanches soutiennent le pasteur. Les Black Muslims de Chicago sont hostiles à King, et beaucoup le trouvent trop modéré, tandis que certains bourgeois noirs contents de leur condition craignent qu’il soit trop révolutionnaire… La NAACP et certains pasteurs noirs ne se joignent pas au mouvement.

King et ses partisans tentent de fédérer la population mais se trouvent face à face avec la passivité de la grande masse du ghetto ; ils se rendent alors compte que le problème scolaire doit être étendu au problème global de la ville, qu’une « guerre aux taudis » doit être déclarée (en janvier 1966).

En février, le maire annonce un programme pour nettoyer les taudis. Luther King récupère les loyers pour payer des nettoyeurs. En juin 1966, le pasteur lance un grand projet contre la discrimination dans le logement baptisé « ville ouverte », qui devient très populaire : en juillet, une grande foule manifeste avec lui devant la mairie. Il inclut également dans ce mouvement des revendications scolaires et pour un revenu minimum. Le lendemain, 11 juillet, la maire rencontre les leaders mais refuse de s’engager.

Des émeutes éclatent alors pendant 4 jours. Le 29 juillet, des manifestants montent la garde devant une agence immobilière ségrégationniste ; une foule les en chasse, et le lendemain, des manifestants noirs sont reçus à coup de briques et leurs voitures sont brûlées. La police ne fait rien.

Le 5 août, King se fait jeter une pierre dans la tête. Cette fois, ce ne sont plus des fanatiques incultes du Sud qui huent les militants noirs, mais bien des ouvriers de petite classe moyenne des grandes villes industrielles, la plupart du temps immigrés de seconde génération, qui veulent la préservation de leurs acquis sociaux et économiques et craignent de voir les Noirs les chambouler.

A l’initiative de Jesse Jackson, futur candidat aux élections présidentielles, une marche est organisée dans le quartier ouvrier de Cicero où travaillent 15 000 Noirs sans pouvoir y habiter. Le Ku Klux Klan et le Parti National se rendent à Chicago. MLK négocie avec le maire et des agents immobiliers, et ils parviennent apparemment à un accord le 26 août. Le projet de marche est annulé. Le mouvement se divise, et 250 marcheurs se rendent tout de même dans les rues de Cicero le 3 septembre. 3000 policiers évitent les affrontements avec la foule hostile, et la manifestation et ses revendications passent totalement inaperçues. Le mouvement et l’action de King ont été stériles.

LA RADICALISATION DE MARTIN LUTHER KING AVANT SA MORT

En avril 1966, le Congrès a enterré le projet de Johnson sur les droits civiques lié en particulier au problème du logement ; les représentants de la nation incarnent bien cette « réaction blanche » prônée par les plus racistes. En Georgie, un gouverneur ouvertement raciste est élu. King est découragé face à l’échec de Chicago ; de plus, il est régulièrement menacé de mort, traqué par le FBI, et subit de graves problèmes financiers.

Pendant l’automne et l’hiver 1966-67, l’état d’esprit et le message du pasteur évoluent tandis qu’il continue à parcourir le pays. Il est sans doute beaucoup plus pessimiste, et dit qu’il faut sans doute « renoncer à l’idée […] que le racisme représenterait simplement un dérapage occasionnel par rapport à la norme »… « Nous avons un très long chemin à parcourir » : la naïveté originelle est bel et bien perdue.

Mais King va plus loin, en s’en prenant de plus en plus au système américain : « il y a quelque chose qui ne va pas dans le capitalisme » et « le plus grand problème […] de l’Amérique est qu’elle abrite 35 millions de pauvres alors que ses ressources sont si vastes que l’existence même de la pauvreté est un anachronisme ».

Il défend l’idée d’un revenu minimum, d’une redistribution fondamentale des richesses, tout en confirmant son refus d’un séparatisme et sa foi en la non-violence ; mais il analyse l’avenir du mouvement en termes de rapports de forces, et non plus en en appelant la bonne volonté de ses adversaires, tout en déclarant que « l’intégration véritable signifie le partage du pouvoir ».

En avril 1967, il prend publiquement position contre la Guerre du Vietnam, ce qui confirme pour le FBI le soupçon d’appartenance au Parti communiste : la guerre sacrifie un nombre considérable de dépenses qui auraient pu être consacrées à des programmes sociaux, le pourcentage des Noirs dans l’armée est anormalement élevé, et le système américain est tout simplement à remettre en cause : « le communisme est une condamnation de notre échec à établir une démocratie véritable ». Il en appelle à une « révolution des valeurs », et à l’objection de conscience.

Des partisans de la SCLC le désavouent publiquement, la presse le critique. Johnson, quant à lui, refuse à jamais d’adresser la parole au pasteur. Cette radicalisation relative de King suscite par contre un certain respect de la part des militants noirs des grandes villes, qui jusqu’ici le rejetaient.

Robert Kennedy, qui a lui aussi modifié son discours et son approche, et en course pour l’élection présidentielle, s’inquiète du sort des Noirs du Sud et recommande à King d’ « amener les pauvres du pays à Washington » : cette « campagne des pauvres » prévoit une désobéissance civile massive. Au même moment, fin mars, King est appelé à Memphis pour soutenir des éboueurs en grève. Le 28 mars, une émeute est déclenchée dans la ville, et les militants du « Black power » s’oppose ici frontalement au combat pour les Droits civiques. La presse tient King pour responsable. Il s’en va puis revient à Memphis le 3 avril, où il prononce ce discours : « J’aimerais vivre une longue vie […] mais cela ne me préoccupe plus. […] Et je suis heureux ce soir. Je ne m’inquiète de rien. Je n’ai peur de personne. Mes yeux ont contemplé la gloire de Dieu ».

LA MORT DE MARTIN LUTHER KING : LA FIN DU MOUVEMENT DES DROITS CIVIQUES

Le lendemain, au balcon de sa chambre d’hôtel, il reçoit une balle dans la mâchoire, qui lui brise la colonne vertébrale ; à l’annonce de sa mort, une énorme explosion de violence se produit dans une centaine de grandes villes du Nord, faisant au total 46 morts, 3000 blessés, et presque 30 000 arrestations. Après sa mort une nouvelle loi est votée contre la discrimination dans le logement, mais une autre est également votée contre les émeutes…

Martin Luther King est enterré le 9 avril à Atlanta, en présence de très nombreuses personnalités publiques (mais Johnson n’assiste pas à l’enterrement). Des zones d’ombre subsistent autour de sa mort.

La SCLC tâche vainement de retrouver un second souffle, tandis que la NAACP et la Ligue urbaine continuent leurs actions. Le « Black power » et le Black Panther Party appellent à la révolte.

Le 5 juin 1968, Robert Kennedy est assassiné à Los Angeles après avoir remporté les primaires de Californie. Le désarroi est encore plus grand chez les militants des Droits civiques. La « campagne des pauvres » est maintenue à Washington, où un vaste campement est installé et nommé « Resurrection City », autour en particulier de Jesse Jackson. Les incidents se multiplient cependant entre jeunes, ainsi que des conflits entre différents groupes ethniques. Les volontaires partent le 19 juin, et 5 jours plus tard la police démantèle le campement et chasse les derniers pauvres à coups de grenades lacrymogènes.

Le mouvement des Droits civiques est mort en même temps que King ; plus jamais les militants noirs ne pourront rassembler en une coalition l’ensemble des forces progressistes du pays, tant les problèmes sont graves et les intérêts divers, à un moment où sur la scène mondiale les idées révolutionnaires ont un retentissement considérable et où la remise en cause totale du système ne semble pas utopique.

7 septembre, 2007

LES EDITIONS ROBERT MODIFIENT LE MOT COLONISATION (source le CRAN P. LOZES)

Classé dans : DROIT ET MILITANTISME — tebawalito @ 17:20

Mon, 3 Sep 2007 14:44:43 +0200

Objet:

LES EDITIONS ROBERT MODIFIENT LA DEFINITION DU MOT COLONISATION…

photocran027patricklozescran1.jpgPatrick LOZES Président du CRAN lors des états généraux du Collectif des Associations Noirs de France 

CRAN

photocrandenishayesnaacp.jpgD.  HAYES Présid du NAACP

(organisation pour la défense des gens de couleurUSA soutient inconditionnel du CRAN

 

 

1lozesouvetatsgene2.jpg

 

 

etatsgenepolitiquescran29av071.jpg

Les Officiels lors des  états généraux du CRAN

Communiqué de presse du 3 septembre 2007  LES EDITIONS LE ROBERT MODIFIENT LA DEFINITION DU MOT COLONISATION DANS L’EDITION 2008 DU PETIT ROBERT : LE CRAN SE FELICITE  L’année dernière, le CRAN avait dénoncé les définitions des mots « colonisation » et « coloniser » contenues dans l’édition 2007 du dictionnaire Le Petit Robert et avait appelé au boycott du  dictionnaire. Rappelons qu’aux mots « colonisation »  et « coloniser », Le Petit  Robert proposait en effet les définitions suivantes, inchangées depuis 40 ans  : - Colonisation : « mise en valeur, exploitation de pays devenus  colonies », - Coloniser : « coloniser un pays pour le mettre en valeur, en  exploiter les richesses (…) ». Faute d’explications supplémentaires, qui auraient permis de les mettre  en perspective, les termes « mettre en valeur » et « mise en valeur » renvoyaient uniquement à l’exploitation matérielle des pays occupés par  le colonisateur, qu’ils présentaient sous un jour positif. Ces termes niaient, délibérément ou non, la souffrance des peuples colonisés. Le CRAN avait expliqué à l’époque que l’on ne pouvait pas mettre sur le même plan des richesses et des hommes et avait cité à l’appui de sa démonstration le poète Aimé Césaire dans son Discours sur le  colonialisme : « Colonisation = chosification » Le CRAN se félicite que, dans l’édition 2008 du dictionnaire Le Petit Robert, les Editions Le Robert ont modifié la définition du mot colonisation en y intégrant cette même citation d’Aimé Césaire, « colonisation = chosification ». Le CRAN salue la décision d’Alain Rey, le directeur éditorial des  éditions le Robert. Pour le CRAN, il ne s’agit pas d’une victoire sur les éditions Le  Robert, mais d’une victoire pour la société française dans son ensemble, qui accepte progressivement de revisiter son passé, sans complexe ni culpabilité. L’objectif du CRAN a toujours été de parvenir à une « mémoire réconciliation » bien préférable à une « mémoire revanche » Le CRAN souhaite tout le succès possible à cette édition 2008 du dictionnaire Le Petit Robert  Patrick Lozès, Président du CRAN E-mail : contact@lecran.org 

1 septembre, 2007

LES GRANDS LACS SUITE

LES GRANDS LACS : LA GRANDE BARBARIE, QUI NE DIT PAS SON NOM

g0zusn52781502gerredesgrandslacs.jpgerwpta36331902guerregrandslac.jpg5vrle371535002carterdc.jpg27eusk88268102crimesdesgrandslacs.jpgh4wey888454302guerredesgrandslacs.jpgA CE STADE DE NOTRE CIVILISATION, OU  DE NOTRE HUMANITE, CERTAINS CRIMES, CERTAINS COMPORTEMENTS NE DEVRAIENT PLUS AVOIR DROIT DE CITER DANS LES FAITS DIVERS, COMME DANS LES FAITS POLITIQUES. NOTRE SIECLE NE DEVRAIT PLUS CONNAÎTRE CE GENRE D’HORREUR.  IL ME SEMBLE QUE LE TRAVAIL, QUE TOUS LES PAYS CIVILISES, SI CE MOT A UN SENS, SONT EN CE MOMENT ENTRAIN DE FAIRE, EST UN TRAVAIL DE RECONCILIATION ENTRE DES ÊTRE HUMAINS DE TOUTES  RACES.  MALGRE, QUE DES PRATIQUES BARBARES TELLES QUE : L’ESCLAVAGE, LE COMMERCE TRIANGULAIRE, LA 1ERE ET 2EME GUERRE MONDIALE, LA SHOAH ET L’APARTHEID AIENT PU EXISTER, AUJOURD’HUI, LA DEMARCHES CONSISTE EN UNE TENTATIVE D’ERADICATION DE CES CRIMES, QUI ONT TANT JETTE L’OPPOBRE SUR NOTRE SOCIETE, LA HAINE DE L’AUTRE DANS NOS COEURS ET LE SENTIMENT DE VENGEANCE, QUI OBSCURCIT NOTRE RAPPORT A L’AUTRE. POURTANT, IL N’Y A PAS SI LONGTEMPS,  LA REGION DES GRANDS LACS VIVAIT CES CRIMES SANS NOM ET CONTINU DE SUBIR LES CONSEQUENCES. CE N’ETAIT PAS DANS UN REVE, NI UN CAUCHEMAR, MAIS DANS UNE REALITE CRIANTE. LE MONDE ENTIER A ETE TEMOINS EN DIRECT DE LA TELEVISION ET AUTRES MEDIAS DE CES FAITS.

 QUE FAISONS NOUS ??????????ALORS QUE  DANS NOTRE VOISINAGE , DES ÊTRE HUMAINS APPEL AU SECOURS, DES ÊTRE HUMAINS SOUFFRENT?????????   

 DEMANDONS A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DE  NE PAS LAISSER CE PEUPLE MARTYRISE DANS L’OUBLI. SE SOUVENIR, NON PAS POUR NOURRIR LA RANCUNE,  LE  SENTIMENT  HAINE ET DE VENGEANCE. MAIS SE SOUVENIR, POUR CREER  DEMAIN, UNE AUTRE CONCEPTION DE L’HUMANITE. AVEC POUR OBJECTIF LA FRATERNITE ET LA PAIX CIVILE. UN TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL RENFORCE ET EFFICACE SERAIT UNE BONNE GARANTIE DES DROITS DE L’HOMME. RECLAMONS PLUS DE MOYENS POUR CETTE INSTITUTION…………..

 UNE MINUTE POUR LA MEMOIRE DE CES FRERES TOMBES SOUS LES BALLES DES CRIMINELLES. EN VOUS REMERCIANT POUR EUX. REAGISSEZ FAITES VOS COMMENTAIRES, POUR QUE CE CRIMES NE SE REPRODUISENT PLUS MERCI

TEBAWALITO.

 

Votre nom : (oblig.)
Votre email : (oblig.)
Site Web :
Sujet :
Message : (oblig.)
Vous mettre en copie (CC)
 

1...3940414243
 

dartagnan |
D A T A F O R U M |
Génération Citoyenne |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | machinesabois
| 1954-1962 : "Hed Thnin !"
| Elayam.3 ا...