TEBAWALITO

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11 septembre, 2012

Un Centrafricain demande que l’ONU organise les élections de 2016

Classé dans : ACTU GENERALE,AFRIQUE ET DIASPORA,AUTRES REPORTAGES,CENTRAFRIQUE — tebawalito @ 22:48

Un Centrafricain demande que l’ONU organise les élections de 2016

Par Fleury Koursany – 11/09/2012

Il s’appelle Christian Touaboy, spécialiste en interview criminelle

 

Il vient de publier dans les colonnes de l’Hebdomadaire L’Echo du Centre du 10 au 16 septembre 2012 une analyse sous le titre évocateur «Que l’ONU organise les élections de 2016 en Centrafrique». Pour justifier cette demande, Christian Touaboy mentionne «qu’au jour d’aujourd’hui, l’organisation des élections en Centrafrique se heurte à deux problèmes majeurs: l’incapacité logistique du gouvernement à organiser des élections dignes de ce nom et la capacité de ce même gouvernement (ainsi que sa propension) à la fraude». Pour cela, renchérit l’auteur de cette proposition devrait être faite au Général président de confier à un organisme reconnu par la communauté internationale et ayant une ample et indéniable capacité logistique tel que l’ONU, l’organisation des futures échéances électorales de 2016.

 

Un Centrafricain demande que l’ONU organise les élections de 2016 dans ACTU GENERALE 1347361956514
© journaldebangui.com
Christian Touaboy, spécialiste en interview criminelle

Ceci, pour «esquiver l’impasse que risque très bientôt de connaître encore la nation centrafricaine» à cause justement des élections toujours truquées en République Centrafricaine. Cela a aussi le mérite, selon Christian Touaboy de trouver un «dénouement lisse, pacifique et profitable à tous et à chacun». De l’autre côté, le spécialiste en interview criminelle ajoute que l’organisation des élections par l’ONU permettra d’arbitrer de façon autonome, neutre et impartiale, la dispute électorale garantissant ainsi au pays, le calme, la sérénité, la paix et la confiance.

A propos justement de la confiance, Christian Touaboy précise qu’elle «constitue le soubassement, le socle sur lequel repose la République dans sa totalité et l’organisation des élections en particulier». Cette absence de confiance entre les principaux acteurs de la scène politique centrafricaine, écrit Monsieur Touaboy entrainera des contestations comme il en est d’ailleurs le cas pour les échéances présidentielle et législatives de 2011, entrainant ainsi des crises protéiformes qui fragiliseront le régime qui en naîtra. Etant donné que nous devrons éviter à tout prix que les échéances prochaines ne se transforment en un vaudeville comme celles de 2011, conclut Christian Touaboy, il urge qu’une institution neutre et impartiale comme l’ONU prenne en main l’organisation des élections de 2016. D’autant plus que le ministère centrafricain de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, souligne Monsieur Touaboy a, par la voie de son ministre Josué Binoua, manifesté son inquiétude quant à l’organisation desdites échéances.

Inquiétude relevée par Christian Touaboy dans les propositions du gouvernement sur l’organe de gestion des élections faites par le ministre Binoua en ses termes: «La question qui s’est imposée des lors, c’est de savoir comment mettre sur pied une organisation permanente des élections, qui donne aux parties prenantes du processus électoral mais aussi aux électeurs, les garanties nécessaires quant à la bonne tenue des opérations électorales et à la fiabilité des résultats annoncés, tout en réduisant les coûts des opérations». Une analyse qui intervient le jour même de l’ouverture du troisième atelier sur la révision du Code électoral.

http://journaldebangui.com/article.php?aid=3174&fb_source=message

 

 

10 septembre, 2012

Christian Touaboy, Conseiller du Collectif «touche pas à ma constitution»

Christian Touaboy, Conseiller du Collectif «touche pas à ma constitution»

Par Fleury Koursany – 20/08/2012

Le Centrafricain résident aux Etats-Unis est aussi spécialiste en interview criminelle

 

Vous faites partie du Collectif «Touche pas à ma Constitution», quels sont les objectifs poursuivis par ce Collectif?
L’objectif du Collectif se résume en une phrase et une seule: «la défense des valeurs constitutionnelles». C’est cette petite phrase qui semble être une épine dans les pieds du pouvoir en place. Partant de ce fait, point n’est besoin d’utiliser des circonlocutions, des périphrases pour clairement affirmer que le Collectif est contre tout changement dans la loi fondamentale. Et par changement, nous entendons, toute tentative quelle qu’elle soit pour décapiter le verrou constitutionnel afin d’offrir au Président Bozizé un troisième et de fil en aiguille un quatrième mandat. Tout ceci sans oublier l’appétence de sa progéniture pour le pouvoir.

 

Christian Touaboy, Conseiller du Collectif «touche pas à ma constitution» dans ACTU GENERALE 1345459053610
© facebook
Christian Touaboy, Conseiller

Pensez-vous véritablement que le Pouvoir a l’intention de modifier la Constitution?
Vaux mieux prévenir que guérir, dit-on! Bien avant l’arrestation arbitraire de notre camarade de lutte, Thierry Ndoyo, je vous aurais pointé vers une myriade, une pléthore, une surabondance d’exemples et de signes aussi convaincants les uns et les autres. Son arrestation démontre à souhait l’ire présidentielle qui ne supporterait aujourd’hui que ce problème soit mis en avant. Vous n’êtes pas sans oublier qu’un autre membre du collectif a posé la question au Président lors du cirque du 13 Août à Paris, certains affirment qu’il l’a très mal pris. Mais sur un tout autre registre, le Collectif se doit d’être sur l’offensive car en réalité en Centrafrique, la primauté de l’initiative politique se devrait absolument de changer de camp si nous désirons créer une dynamique saine et populaire pouvant aboutir sur des élections justes, transparentes et équitables en 2016. Pour répondre a votre question, oui Bozizé semble bel et bien décidé à procéder au changement de la Constitution. Nous avons même déjà une petite idée de comment il compte s’y prendre. D’ailleurs, aucun Centrafricain ne voit Bozizé se retirer en 2016.

Vous êtes loin du pays, comment comptez-vous mener à bien cette lutte?
Historiquement, la distance n’a jamais été un obstacle. En réalité, nous faisons partie du Collectif, qui est une organisation présente sur le terrain, solide et extraordinairement bien structurée. C’est donc à travers cette organisation que nous comptons véhiculer nos idées et attirer l’attention des Centrafricains sur le désastre que représenterait un troisième mandat du Président Bozizé. Par ailleurs, notre intention est de rentrer avant les élections de 2016 en Centrafrique afin d’apporter notre pierre a l’édification d’une République démocratique et apaisée.

Aviez-vous pris contact avec les organisations centrafricaines de la société civile pour leur expliquer le bien fondé de votre action?
Oui absolument. Nous y travaillons d’arrache-pied.

Le Coordonnateur du Collectif a été arrêté à sa descente d’avion à Bangui, bien avant d’être relâcher. Que vous inspire cette brève arrestation?
Ce que nous devrions retenir de cette arrestation, est que le pouvoir de Bozizé, traumatisé, handicapé, groggy par la félonie de MM. Ndoutingai et Feindiro, n’est plus l’ombre de lui-même. C’est un géant au pied d’argile, un pouvoir hystérique et époumoné dirigé par un Président dont le seul but serait de s’accrocher au pouvoir. M. François Bozizé connait les Centrafricains et sait qu’il n’en a plus pour longtemps. Il a donc transformé son régime en une sorte d’éléphant dans un magasin de porcelaine; arrêtant, torturant afin de vouloir par la terreur prolonger son règne qui est sans aucun doute entrain de péricliter. L’arrestation du jeune Ndoyo, qui n’avait autre chose que sa conviction et son courage en est un parfait exemple.

Aviez-vous un message particulier à lancer?
A mes frères Centrafricains je dirais ceci, qu’au-delà du pouvoir convulsif et moribond des Bozizé nous devrions apprendre à détourner notre haine de sa cible habituelle. Nous avons toujours été divisés soit en partie politique, soit par régions. Le temps est donc venu de nous regarder en frères, de mettre en relief notre but commun qui n’est autre en réalité que «la poursuite du bonheur». Apprenons à haïr non pas nos frères et sœurs mais la haine, qui est la source véritable de tous les maux que nous connaissons dans ce pays. Il n’existe d’autres voies pour accéder au développement que celle de la démocratie réelle, inclusive et apaisée.

http://www.journaldebangui.com/article.php?aid=3064&fb_source=message

 

8 mai, 2012

François Hollande élu président de la République

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François Hollande élu président de la République

Créé le 06-05-2012 à 19h43 - Mis à jour à 23h53 45 réactions

Le candidat socialiste recueille entre 51,5% et 52% des suffrages, selon les dernières estimations.

Une explosion de joie, rue de Solférino, après l’annonce des premiers résultats dimanche 6 mai 2012 à 20h

Le socialiste François Hollande a été élu dimanche 6 mai président de la République, recueillant entre 51,5% et 52% des suffrages au second tour de la présidentielle, d’après les estimations de trois instituts de sondages.

Selon les instituts CSA, TNS Sofres et Ipsos, son rival UMP, le président sortant Nicolas Sarkozy, recueille donc entre 48% et 48,5% des suffrages.

La participation est estimée entre 80 et 82%, légèrement supérieure à celle du premier tour il y a deux semaines mais moins qu’au second tour de la présidentielle de 2007.

> Revoir les principales images de la campagne de Hollande

Les premières réactions

Parmi les premiers à réagir, le porte-parole du PS Benoît Hamon a exprimé son « très grand bonheur » à l’annonce de la victoire qui « met fin à 17 ans de règne de la droite à l’Elysée ».

Harlem Désir a jugé dimanche qu’avec François Hollande, « c’est la République qui était de retour ». Pour le numéro deux du PS,  »la France a refusé la dérive sarkozyste et a choisi de reprendre son destin en main. C’est la fin de l’arrogance: ce 6 mai est un jour de victoire pour tous les Républicains ».

« Le résultat de ce soir est une victoire pour tous les écologistes. L’accession de François Hollande à la présidence de la République est une chance pour la France, pour l’écologie, la justice sociale et la démocratie », a déclaré Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts.

Une présidence modeste et ambitieuse

François Hollande devient le deuxième président socialiste de la Ve République après François Mitterrand, et Nicolas Sarkozy le deuxième président battu à l’issue de son mandat, après Valéry Giscard d’Estaing en 1981.

Le socialiste a bâti son succès à la force du poignet, balayant par son travail et sa détermination une image d’outsider, d’homme de parti n’ayant jamais siégé au gouvernement.  »Une présidence modeste pour celui qui l’exerce et ambitieuse pour le pays »: c’est ainsi que celui qui dirigea 11 ans le PS a résumé sa conception de la fonction suprême.

Sa stature présidentielle, le successeur de François Mitterrand, dont il fut conseiller à l’Elysée, l’a forgée en se préparant à la fonction depuis plus de trois ans. Comme ses prédécesseurs de Gaulle, Mitterrand, Chirac ou Sarkozy, Hollande a connu sa traversée du désert. En novembre 2008, au congrès de Reims, il quittait par la toute petite porte la direction d’un PS balkanisé jugé moribond par certains à gauche.

Des mois hors des radars des sondages. Et puis le 16 octobre 2011, il remporte haut la main (56,57%) une primaire ouverte aux sympathisants de gauche, processus inédit en France, face notamment à son ex-compagne.

« J’aime les gens »

Entre-temps, ce député et président du conseil général de la Corrèze, a travaillé, lu, réfléchi. Il a aussi maigri d’une quinzaine de kilos.

Né le 12 août 1954 à Rouen dans une « famille où l’on a toujours parlé politique », il est le fils d’un médecin ORL d’une droite dure, pro-Algérie française, et d’une assistante sociale à « l’âme généreuse ».

Au fil d’une campagne électorale dessinée par lui seul, il a montré une détermination sans faille. Au Bourget, fin janvier, il proclame: « J’aime les gens ». Une phrase de Mitterrand l’habite: « Pour être aimé, il faut être aimable ».

http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120506.OBS4795/francois-hollande-elu-president-de-la-republique.html

Hollande sera aux côtés de Sarkozy le 8 Mai, passation de pouvoirs le 15

mardi 08 mai 2012

Hollande sera aux côtés de Sarkozy le 8 Mai, passation de pouvoirs le 15

Photos :  1234
Hollande sera aux côtés de Sarkozy le 8 Mai, passation de pouvoirs le 15 dans ACTU GENERALE photo_1336366343562-1-0_medium

La foule en liesse dans la nuit du 6 au 7 mai 2012 place de la Bastille à Paris

François Hollande étrennera publiquement son nouveau statut de président élu mardi en participant avec Nicolas Sarkozy aux célébrations du 8 Mai, avant la passation de pouvoir et la formation du gouvernement le 15 mai, et un déplacement délicat, dans la foulée, à Berlin.

A l’issue d’une journée passée dans son quartier général, à Paris, M. Hollande a annoncé lundi soir qu’il nommerait son Premier ministre le 15 mai, jour prévu pour son intronisation, et a rendu un coup de chapeau à Nicolas Sarkozy, qui l’a invité à commémorer avec lui le 8 mai.

« Que nous puissions avoir, le 8 mai, le président encore en exercice, Nicolas Sarkozy, et celui qui est désormais élu par les Français, je crois que c’est une belle image qui permet d’agir pour ce qui est, à mon avis, l’objectif qui doit être le mien au lendemain de ce scrutin: la réconciliation », a-t-il dit.

« Le 15 mai, vous aurez le nom du Premier ministre », a-t-il aussi lancé, ajoutant qu’en attendant il devait « préparer un certain nombre de déplacements et de voyages », référence à sa rencontre à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel le 16 mai au lendemain de son investiture, puis son baptême du feu diplomatique aux Etats-Unis pour le G8 et le sommet de l’OTAN.

Les dirigeants étrangers ont en effet immédiatement tourné la page Sarkozy.

Angela Merkel et Barack Obama ont invité le président élu, l’une pour travailler à un pacte de croissance, l’autre pour évoquer les « dossiers difficiles », allusion à l’Afghanistan et à la crise de la dette européenne. François Hollande a aussi reçu lundi les ambassadeurs américain et chinois à Paris.

Mais si François Hollande sera accueilli à Berlin « à bras ouverts », Mme Merkel a profité d’une conférence de presse pour insister sur l’importance de la rigueur budgétaire en Europe et des réformes structurelles.

31 ans après le succès historique de François Mitterrand, M. Hollande, 57 ans, est devenu le deuxième président socialiste de la Ve République en obtenant 51,62% des suffrages exprimés, selon la totalisation finale du ministère de l’Intérieur publiée lundi. En 1981, M. Mitterrand l’avait emporté avec un score légèrement supérieur (51,76%).

Plus de 18 millions de suffrages se sont portés sur le candidat PS, soit un écart de 1,1 million de voix avec Nicolas Sarkozy (48,38%). Quelque 2,1 millions d’électeurs ont voté blanc ou nul. L’abstention est de 19,66%, contre 20,52% le 22 avril et 16,03% au second tour de 2007.

Au lendemain d’une victoire fêtée à la Bastille par des dizaines de milliers de personnes, le président élu et son équipe étaient aussi tournés vers les législatives et la formation du premier gouvernement de gauche en 10 ans.

François Hollande, qui dimanche soir a appelé ses partisans à lui « donner une majorité » les 10 et 17 juin, avait affirmé durant la campagne que le choix du Premier ministre dépendrait de l’ampleur du succès: avec moins de 52%, cela ne plaide pas pour la nomination d’une personnalité radicale. Le député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, un fidèle, tenait la corde ces derniers jours.

Parmi ceux qui devraient faire partie du gouvernement figurent Manuel Valls, François Rebsamen, Michel Sapin, Marisol Touraine, Jean-Yves Le Drian, Laurent Fabius, Najat Vallaud-Belkacem, Aurélie Filippetti ou encore Fleur Pellerin.

Allié du PS, Europe Ecologie-Les Verts va décider mardi d’y participer.

« Le gouvernement qui vient, la majorité qui vient doit être celle de l’audace, du changement, nous devons faire ce pari », a affirmé sa secrétaire nationale Cécile Duflot, devant 200 délégués EELV réunis à Créteil. Mme Duflot, pressentie pour un ministère, a indiqué qu’elle quitterait son poste le 22 juin.

Dans le camp des battus, Nicolas Sarkozy a indiqué mardi qu’il n’exercerait ni « responsabilités opérationnelles » à l’UMP, ni mandats électifs, et a exhorté les responsables du parti, qu’il a reçus lundi, à « l’unité » pour les législatives de juin.

« Dans l’unanimité, nous avons réaffirmé notre attachement à la cohésion (…) de notre famille politique », a affirmé le secrétaire général Jean-François Copé à l’issue d’un bureau politique extraordinaire.

A cette occasion, M. Copé a officiellement proposé la constitution d’un « comité stratégique de campagne », qui se réunira toutes les semaines. Il comprendra de 25 à 30 personnes dont M. Copé, François Fillon, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin ou encore l’ancien secrétaire général Xavier Bertrand.

M. Copé a par ailleurs annoncé qu’un candidat serait investi aux législatives face au centriste François Bayrou, qui a voté François Hollande.

Dès sa prise de fonctions, et contrairement à 1981, le nouveau chef de l’Etat n’aura pas « d’état de grâce » car la situation de la France est « beaucoup plus difficile du point de vue économique », a en outre prévenu le député PS Michel Sapin, qui pourrait retrouver le ministère de l’Economie.

Lundi matin, la Bourse de Paris a ouvert en forte baisse (-1,57%) avant de repasser dans le vert en début d’après-midi.

L’agence d’évaluation financière Standard & Poor’s, qui a retiré en janvier à la France son triple A, a indiqué que l’élection de François Hollande n’aurait pas « d’impact immédiat ». Dans l’après-midi, la France a levé avec succès près de huit milliards d’euros à court terme sur le marché.

« Le président »: le visage radieux de M. Hollande s’affichait, lui, en une de la presse. Cette victoire a été saluée en France comme à l’étranger comme un cap vers le « changement » et la relance de l’économie, même si « le plus dur commence ».

La gauche a loué la victoire de l’ »espoir », qui selon Libération « fait renaître 1981″, dont les images « semblaient condamnées aux livres d’histoire ».

Par Guillaume K

Hollande : « Moi président de la République… »

Image de prévisualisation YouTube

2 Clip de campagne officiel de François Hollande

http://www.dailymotion.com/video/xq3tib http://www.dailymotion.com/video/xq0c5g

21 avril, 2012

Tué pour l’empêcher de libérer l’Afrique dès 2014

Octobre 24, 2011

 

‘L’éliminer avant ou perdre le contrôle total de l’Afrique à partir de 2014’ voici toute la raison qui guida la France, les États-Unis, la Grande Bretagne et leurs alliés dans leur campagne contre Kadhafi.

Monnaie, fond monétaire africain, banque centrale africaine, télécommunications, transports, États-Unis d’Afrique… Muammar Kadhafi avait ingénieusement tout planifié, se fixant  comme délai l’année 2014 pour la création de la banque centrale, le fond monétaire et bien d’autres encore pour affranchir le continent noir après un demi-siècle d’indépendance aux allures de parole suivie d’aucun acte  ou de « gouverner sans régner ».

Après avoir émis l’idée en 2000 lors du sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine(OUA) à Lomé de concrétiser le rêve de Kwame Nkrumah et de Cheikh Anta Diop, et obtenu la création de l’Union Africaine (UA) quelques années plus tard, le guide libyen pousse le bouchon plus loin.

Satellite africain et Afriqiya : Deux idées concrètes pour l’unité

Mouammar Kadhafi pousse ses pairs à acheter un satellite africain pour que l’Afrique ait son indépendance en matière de communication. Il  préfinance cet achat avec plusieurs centaines de millions de dollars américains.

«  Il sait dépenser sans compter(…) ainsi pour acheter le satellite africain, il a mis trois cent millions de dollars sur la table » témoigne Moustapha Cissé, ancien ambassadeur du Sénégal en Libye et ex-conseiller spécial de l’ex-président sénégalais Abdiou Diouf en charge du monde arabo-islamique.

Le Guide de la Jamahiriya Libyenne offrit ainsi RASCOM-QAF1, le premier satellite de télécommunications entièrement dédié au continent africain et ses îles. Il a été mis en orbite le 20 décembre 2007! Cela a été le premier lancement de l’histoire pour tous les pays africains.

Kadhafi lance également la compagnie de transport aérien, Afriqiyah Airawyas, qui assure la liaison entre les capitales africaines et régions du continent. La compagnie offrait 4 vols réguliers entre Tripoli et Dakar, Abidjan et le Caire…etc. « Beaucoup de gens utilisaient la ligne Afriqiyah pour aller à Paris. Parce qu’on pouvait faire Dakar,Tripoli, Paris, et retour à 400 mille FCFA (615 Euros) » ajoute le diplomate sénégalais.

« Alors Tripoli était devenue une plateforme de communication entre l’Afrique, le monde arabe et l’Europe ».

 

La monnaie et la banque centrale africaine en 2014

Khadafi avait proposé la mise en place d’une union monétaire africaine (UMA). Il avait dégagé 30 milliards (dollars) pour la création de l’UMA qui devrait avoir Yaoundé (Cameroun) pour siège. Il avait également prévue la création d’une banque centrale africaine (BCA), qui devrait installer son quartier général à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria. Il était question que cette banque africaine commence à émettre une monnaie africaine à partir de 2014.

« Ce qui ne plaît pas aux occidentaux parce que ça nous permettrait de nous passer du CFA et des autres monnaies qui ne font que briser nos économies » s’indigne M.Cissé

Un investisseur africain en Afrique

Khadafi avait une politique africaine très dynamique. Du Sénégal au Tchad, en passant par le la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Libéria, le Bénin, le Togo, le Nigéria, le Niger, le Mali, etc. Le guide Libyen a investi des milliards de dollars dans les secteurs agricoles, hydrocarbures, hôtellerie et tourisme, et dans l’équipement.

Au Mali, le plus petit investissement libyen est chiffré à 50 milliards (FCFA) dans l’industrie hôtelière. « Ces investissements libyens dans l’hôtellerie sont estimés à plus de 50 milliards de francs CFA », a déclaré Oumar Balla Touré, directeur général de l’Office malien du tourisme.

Plusieurs autres centaines de milliards ont été investis dans le secteur agricole. Pour les maliens  Khadafi est « un homme qui s’est engagé pour la cause africaine »

Le Conseil nationale de transition (CNT) est considéré au Mali comme un organe rebelle soutenu par la communauté internationale.

Dès le début de la révolte à Benghazi, et l’entrée de l’aviation étrangère, des associations musulmanes et des partis politiques avaient organisé à Bamako des manifestations de soutien à Khadafi, dénonçant une « invasion occidentale « .

Le guide libyen a, par railleurs, dégagé plusieurs milliards de dollars pour la création de banques sahélo-sahariennes au Sénégal, Mali, Niger, Mauritanie, Tchad, etc, et le rachat de plusieurs compagnies occidentales en Afrique pour réduire leur emprise sur les économies du continent.

C’est par exemple le cas de Mobile Oil, du groupe américain Exxon Mobile, qui est devenu Oil Libya dans la majeure partie de la sous-région Ouest africaine.

La Guinée-Conakry doit sa toute première chaîne de télévision à Mouammar Khadafi ; il le lui a offert au nom du peuple Libyen comme présent au « peuple frère » de la Guinée en 1979. Il a également équipé l’armée guinéenne, de l’armement lourde aux uniformes des soldats pendant plusieurs décennies. Sans compter un appui financier gigantesque.

« Et maintenant certains financiers disent que les investissements libyens dans la sous-région dépassent les investissements » fait remarqué l’ambassadeur Moustapha Cissé.

La vie des libyens de l’ère Khadafi

1-      La Libye est le dernier pays sur la liste des pays endettés ! La dette à 3,3% du PIB ! En   France, elle est à 84,5% ! Aux USA à 88,9% ! Au Japon à 225,8% !

2-      L’électricité à suage domestique était gratuite !

3-      L’eau à usage domestique était gratuite !

4-      Le prix d’un litre d’essence  était de 0,08 Euros !

5-      Les banques libyennes accordent des prêts sans intérêts !

6-      Les citoyens n’ont pas d’impôts à payer, et la TVA n’existe pas !

7-      Chaque famille libyenne, sur présentation du livret de famille, reçoit une aide de 300 Euros par mois !

8-      Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l’étranger, « gouvernement » attribue une bourse de 1 627,11 Euros par mois !

http://wadr.org/fr/site/news_fr/2278/Tu%C3%A9-pour-l%E2%80%99emp%C3%AAcher-de-lib%C3%A9rer-l%E2%80%99Afrique-d%C3%A8s-2014.htm

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20 mars, 2012

Lilian Thuram : « Exhibitions, L’invention du sauvage »

Lilian Thuram : « Exhibitions, L’invention du sauvage »

Interview de Lilian Thuram sur l’histoire des zoos humains, une exposition au Musée du quai Branly à Paris
Aujourd’hui nous avons conscience que nous faisons partie de la même humanité. Les visiteurs qui venaient voir les personnes exhibées dans les zoos humains au XIXe et XXe siècle, mettaient en doute leur humanité par conditionnement culturel. Sans culpabiliser ou « victimiser » les uns et les autres, Lilian Thuram porte à la connaissance du grand public cette histoire, à travers l’exposition dont il est le commissaire Exhibitions, L’invention du sauvage pour déconstruire les préjugés raciaux du présent et de l’avenir.

Interroger le passé pour combattre le racisme et construire une autre vision du monde et de l’humanité, est le vœu le plus cher de Lilian Thuram car nous sommes justement la première génération, au sens large, à avoir une vision globale du monde et de l’humanité. N’ayant jamais manqué d’interroger les autres et de s’interroger lui-même, à commencer, enfant, par sa mère, puis tous ceux qu’il a croisés, optimiste, il ne ménage pas son énergie et sa notoriété pour faire bouger les esprits sur la question du racisme par l’éducation.

Lilian Thuram, musée du quai Branly, 25 novembre 2012

Lilian Thuram, musée du quai Branly, 25 novembre 2012
© Marianne Durand-Lacaze/ Canal Académie

Les travaux de l’historien Pascal Blanchard, spécialiste du fait colonial, lui ont appris comment le racisme scientifique du XIXe siècle était devenu un racisme culturel, par le biais du développement des zoos humains où des millions de visiteurs venaient voir ces personnes amenées contre leur gré d’Afrique, d’Asie, d’Océanie ou d’Amérique.

Musée du quai Branly. Affiche de l'exposition anthropologique : "Exhibitions, l'invention du sauvage". Du 29 novembre 2011 au 3 juin 2012

Musée du quai Branly. Affiche de l’exposition anthropologique : « Exhibitions, l’invention du sauvage ». Du 29 novembre 2011 au 3 juin 2012
© musée du quai Branly

Cette vision de l’Autre à travers le prisme de l’idée de l’inégalité des races a conquis à l’époque, l’ensemble des couches de la population à quelques exceptions près. Les zoos humains, les numéros de cirque, les représentations théâtrales, les revues de cabarets dans les foires ou lors des grandes expositions universelles ou coloniales, ont largement et profondément diffusées ces représentations racistes, préparant le terrain à l’idéologie nazie. Si chacun d’entre nous en est convaincu, peu savent l’ampleur du processus. L’intérêt de l’exposition du musée du quai Branly à Paris réside dans la présentation d’une multitude d’objets, d’images, de films, de peintures et de sculptures qui révèle une véritable industrie du spectacle exotique. Le phénomène a fasciné un milliard de visiteurs de 1800 à 1958 et a concerné près de 35 000 figurants dans le monde. Lilian Thuram, commissaire général de l’exposition, avec à ses côtés Pascal Blanchard et Nanette Jacomijn Snoep, anthropologue et responsable des collections d’histoire du musée du quai Branly, ont voulu montrer un processus qui commence au XVIe siècle dans les cours royales et qui va croître jusqu’au milieu du XXesiècle, en Europe, en Amérique et au Japon.

Ces spectacles ont légitimé les politiques de domination coloniale créant une frontière du regard très active jusqu’à la disparition des zoos humains dans les années trente du XXe siècle. Ces frontières mentales sont encore opérationnelles dans nos imaginaires puisque les préjugés racistes demeurent. C’est ce dernier point que Lilian Thuram entend combattre avec la Fondation qu’il a créée en 2008 (Fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme), sans jamais culpabiliser, préférant contextualiser pour expliquer.

L'entrée royale d'Henri II à Rouen • Légende : Fête brésilienne et Triomphe de la rivière¿, Rouen, extraite de vingt-sept feuillets décorés sur vélin, 1550, estampe

L’entrée royale d’Henri II à Rouen • Légende : Fête brésilienne et Triomphe de la rivière¿, Rouen, extraite de vingt-sept feuillets décorés sur vélin, 1550, estampe
© Thierry Ascencio-Parvy / Collections Bibliothèque Municipale de Rouen

L’exposition montre également comment les imprésarii de ces spectacles exhibaient les hommes, les femmes et les enfants, natifs des pays colonisés dans des cages pour certains, dans des villages reconstitués avec des comédiens, des danseurs et des musiciens pointant par le jeu du spectacle l’attention du public sur un caractère physique ou une adresse particulière, répondant aux stéréotypes raciaux nés des positions scientifiques de l’époque. Ces exhibitions humaines ont été des vecteurs de popularisation, repris par la photographie, la presse et l’école imposant l’image du « sauvage », comme une invention nouvelle, faisant oublier le passé si proche de l’esclavage, favorisant de nouvelles inégalités par la ségrégation et la discrimination raciales.
Dans cette émission, Lilian Thuram raconte comment est né ce projet d’exposition et l’objectif de la démarche du commissaire scientifique de l’exposition Nanette Jacomijn Snoep qui a à cœur de mettre un nom sur ces héros sans histoires, par dignité. On connaît pour certains, leur nom et leur histoire, William Henry Johnson, Maximo et Bartola.

Titre : Les races humaines, date de l'affiche 1921

Titre : Les races humaines, date de l’affiche 1921
© Groupe de recherche Achac, Paris / coll. part / DR

Lilian Thuram évoque dans l’interview l’histoire d’Ota Benga, pygmée du Congo amené aux Etats-Unis en 1904, à l’âge de 19 ans, par un missionnaire et homme d’affaires pour servir de preuve à l’idée du « chaînon manquant » pour une grande exposition à Saint-Louis aux États-Unis. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Pygmy, (Ota Benga), buste en plâtre, Etats-Unis, 1906

Pygmy, (Ota Benga), buste en plâtre, Etats-Unis, 1906
© Catalog # 99/4404 B Courtesy, Division of Anthropology, American Museum of Natural History

Il est exposé en 1906 dans le Bronx au Museum of natural History au sein de la maison des singes, aux côtés d’un orang-outan. Il en sort grâce à l’opinion publique et une partie du clergé. À 23 ans il est instruit, hébergé en orphelinat et travaille dans une manufacture de tabac. En 1916, il apprend qu’il ne pourra pas revenir en Afrique et se suicide. Dans l’exposition, son buste en plâtre, blanc, réalisé à l’époque, montre un visage d’une infinie tristesse ; en dessous du buste, un mot, un seul pygmy.

Lilian Thuram, Bibliothèque de l'Institut de France, 10 janvier 2012

Lilian Thuram, Bibliothèque de l’Institut de France, 10 janvier 2012
© Marianne Durand-Lacaze/ Canal Académie

Pour en savoir plus

- Musée du quai Branly Paris
musée du quai Branly : 37, quai Branly 75007 – Paris
Tél : 01 56 61 70 00
mardi, mercredi et dimanche : de 11h à 19h
jeudi, vendredi et samedi : de 11h à 21h
Autour de l’exposition : manifestations organises par le musée du quai Branly.

- Fondation Lilian Thuram Éducation contre le racisme

Dans Manifeste pour l’égalité , publié par les Éditions Autrement (février 2012, collection Manifeste), Lilian Thuram a réuni autour de lui, des auteurs, des scientifiques, des artistes, des hommes d’action pour défendre les valeurs d’égalité pour, dit-il : changer nos imaginaires, un combat que j’anime depuis longtemps avec la Fondation pour l’éducation contre le racisme. Nous devons nous libérer de nos clivages sociaux et communautaires dans lesquels on nous enferme et dans lesquels nous nous enfermons parfois. Yves CoppensJean-Didier Vincent (tous deux de l’Académie des sciences), Chéri Samba, Michel Wieviorka, Henriette Walter, Doudou Diène, Grand Corps malade, Plantu et d’autres encore, ont participé à ce numéro qui défend l’égalité sous toutes ses formes, homme-femme, religieuse, sexuelle ou sociale.

http://www.canalacademie.com/ida8354-Lilian-Thuram-Exhibitions-L-invention-du-sauvage.html

http://www.thuram.org/

  • La fondation

La fondation

thuramOn ne nait pas raciste, on le devient. Cette vérité est la pierre angulaire de la Fondation Education contre le racisme. Les phénomènes racistes contemporains peuvent être dépassés si nous admettons que l’histoire nous a conditionnés, de génération en génération, à nous voir avant tout comme des Noirs, des Blancs, des Maghrébins, des Asiatiques …

Nos sociétés doivent intégrer l’idée que la couleur de la peau ou le sexe d’une personne ne détermine en rien son intelligence, ses capacités physiques, la langue qu’elle parle, la religion qu’elle pratique, les choses qu’elle aime ou déteste. Chacun de nous est capable d’apprendre n’importe quoi, le pire comme le meilleur.

« La question de l’inégalité des sexes est éminemment politique. Ce modèle inégal est la matrice de tous les autres régimes d’inégalité. »
Françoise Héritier, membre du Comité scientifique de la Fondation.

« Nous possédons une origine unique : nous sommes tous des Africains
d’origine, nés il y a trois millions d’années, et cela devrait nous inciter à la fraternité. »
Yves Coppens, membre du Comité scientifique de la Fondation.

Les actions de la fondation s’appuient sur l’expertise de son comité scientifique, composé du professeur Yves Coppens, paléoanthropologue, de Marie Rose Moro, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Doudou Diène, rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme (2002‐2008), Evelyne Heyer, directrice du laboratoire de génétique des populations humaines du Musée de l’Homme, Pascal Blanchard, historien, Françoise Vergès, politologue, présidente du comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, Michel Wieviorka, sociologue, administrateur de la maison des sciences de l’Homme, Elisabeth Caillet, muséologue, Pierre Raynaud, directeur de l’Institut français de Barcelone, Pascal Brice, diplomate, Pascal Boniface, directeur de l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques), Louis Sala Molins, professeur émérite de philosophie politique à l’Université de Paris I‐Panthéon Sorbonne et de Toulouse II‐Le Mirail, Patrick Estrade, psychologue, Ninian Hubert Van Blyenburgh, anthropologue et didacticien, André Magnin, commissaire d’expositions artistiques.

La Fondationest soutenue par la CASDEN, la MGENet la Fondationdu FC Barcelone Fondation Lilian Thuram – Éducation contre le racisme
BP 70450 – 75769 PARIS CEDEX 16 – FRANCE
Contact : info@thuram.org

 

L’URANIUM DE BAKOUMA

L’URANIUM DE BAKOUMA dans ACTU GENERALE uraniumLes satellites américains ont révélé en 1976 que le sous-sol centrafricain est un véritable « scandale géologique ». Cela revient très clairement à dire que le pays regorge de richesses du sous-sol qui ne sont pas encore entièrement identifiées, recensées et portées à la connaissance de la population.

 

L’initiative de concéder des richesses du sol et du sous-sol n’est pas mauvaise, si elle se fait dans le respect de la constitution pour l’intérêt réel de la nation d’une part et des partenaires appelés à les exploiter d’autre part.

 

Par une déclaration datée du 12 janvier 2006, à l’époque comme Président du parti ADP, j’avais attiré particulièrement l’attention des députés aussi bien de l’opposition que de la majorité sur l’usage douteux de la loi d’habilitation qu’allait faire le Président de la République qui disposait pourtant d’une majorité confortable à l’Assemblée Nationale, capable de voter les oreilles et les yeux fermés tous les projets émanant du gouvernement. J’y avais également insisté sur l’impérieuse nécessité de la ratification des ordonnances que  le Chef de l’Etat allait prendre  grâce à cette loi d’habilitation, conformément à l’article 29 de la constitution.

Je précise que la procédure de ratification parlementaire qui n’a pas encore été utilisée par notre Assemblée Nationale, consiste, à la fin de la période fixée par une loi d’habilitation, à examiner les ordonnances prises par le Président de la République pour confirmer celles qui peuvent continuer d’entrer en vigueur et déclarer caduques celles qui sont rejetées.

Or c’est en profitant de la loi d’habilitation que le Président de la République a signé et ratifié le 28 février 2006 une convention concédant l’uranium de BAKOUMA à la société URAMINES sur une base de plus de 93°/° à cette entreprise et moins de 7°/° à l’Etat centrafricain. Bien que l’article 29 de la constitution accorde à l’Assemblée Nationale le droit de ratification de toutes les ordonnances prises par le Chef de l’Etat à la fin de la période fixée dans la loi d’habilitation sous peine de caducité de celles-ci, les députés n’ont pas fait valoir cette prérogative, se rendant ainsi complices des actes du Président de la République. Cette procédure leur aurait pourtant permis de poser des questions sur le bradage pur et simple de l’uranium de BAKOUMA à la société URAMINES avec une absence inouïe du sens de l’intérêt général.

 

Pour permettre à  cette société d’exploiter l’uranium de BAKOUMA en se conformant aux exigences de l’AEA (Agence de l’Energie atomique), il fallait faire voter une loi sur les minerais radioactifs en août 2006. Cette occasion qui aurait pu permettre aux députés de demander et prendre connaissance de la convention signée entre l’Etat et la société URAMINES tenue jusque là secrète n’a pas été utilisée. Par des pressions et pratiques indignes, le pouvoir les a amenés à voter cette loi sans qu’ils sachent  exactement dans quelles conditions l’uranium de BAKOUMA a été concédé, ce qui est totalement irresponsable pour des représentants de la nation. Des journalistes ont été menacés publiquement de mort par le pouvoir pour des questions jugées trop persistantes sur le dossier URAMINES et des jeunes incités par le Chef de l’Etat, de passage dans la localité, à agresser les leaders politiques originaires de la région qui oseraient porter des critiques sur cette société. Mais les faits sont malheureusement têtus. A force de les piétiner, de les étouffer, on finit toujours par se trouver en mauvaise posture.

 

Au moment des négociations avec URAMINES, au lieu de lui accorder 93°/° des parts, le gouvernement aurait du demander par exemple :

 

-         La construction d’une autoroute même à deux voies reliant BAKOUMA  à BANGUI, bénéfique économiquement par le double avantage de relancer la production agricole dans la région du fait de la certitude de l’évacuation ainsi que de la commercialisation des produits, le transport des minerais vers le port de la capitale notamment ;

 

-         Des aménagements de l’Oubangui et du Haut OUBANGUI (réalisation d’une écluse au niveau du barrage de Mobaye, d’un bassin de retenue d’eau à PALAMBO) rendant navigable le Haut OUBANGUI jusqu’aux anciens ports de KEMBA et OUANGO pouvant ainsi être reliés à BAKOUMA par une voie bitumée, ce qui aurait offert de nombreux avantages notamment :

 

.la  relance de l’activité agricole dans le MBOMOU, le Haut MBOMOU, la HAUTE KOTTO, la BASSE KOTTO, la OUAKA dont la production aurait pu être évacuée par bateau vers les ports de BANGUI et de la sous-région tels BRAZZAVILLE, KINSHASA ;

 

.le transport des minerais vers POINTE NOIRE via BRAZZAVILLE ;

 

.le transport du sucre de NGAKOBO vers BANGUI pour minorer son prix de revient ;

 

.l’exploitation, le transport de belles et rares essences  de bois de l’Est du pays vers l’extérieur ;

 

.le ravitaillement en produits vivriers de BANGUI à des prix minorés, le transport par voie d’eau étant le moins onéreux ;

 

.la multiplication d’échanges de toute nature bénéfiques à l’économie nationale etc. ;

 

-         La réalisation d’un barrage hydroélectrique sur l’OUBANGUI, ce qui aurait fait éviter la grave  crise d’électricité que connaissent aujourd’hui les centrafricains. Bref, les exemples d’investissements pouvant avoir une retombée bénéfique sur l’économie du pays seraient nombreux si les autorités qui ont bradé l’uranium avaient un seul instant pensé à l’intérêt de la nation.

 

Il était préférable pour nos dirigeants  de négocier, signer une convention qui profite directement ou indirectement à la population centrafricaine par des infrastructures d’intérêt collectif comme celles indiquées ci-dessus qu’un contrat conclu dans l’obscurité la plus totale dont les conséquences ont fini par se révéler au grand jour, mais que l’histoire retiendra. En effet, il a fallu que la société URAMINES actionnaire majoritaire dans l’exploitation de l’uranium de BAKOUMA (plus de 93% des parts) cède pourtant régulièrement ses droits à la société nucléaire AREVA, pour que le pouvoir crie au scandale, estimant qu’il n’en a pas été informé, oubliant du coup qu’il n’a lui-même jamais informé le peuple centrafricain de ce dossier.

 

Face à cette situation, j’avais estimé à l’époque comme Président de l’ADP, dans une déclaration du 24 septembre 2007, qu’au lieu de tenter maladroitement de faire organiser une marche pour  tirer argument de leur propre crime économique ou de le voiler, le Président de la République et le Ministre des Mines devraient s’expliquer très clairement sur cette très grave affaire afin que le peuple centrafricain sache :

 

1° Pourquoi le gouvernement a préféré utiliser la loi d’habilitation pour négocier, signer et ratifier la convention avec URAMINES, en violant par ailleurs l’art 29 de la constitution qui l’oblige à présenter les ordonnances prises dans ce cadre à la ratification de l’Assemblée Nationale ?

 

2° Pourquoi la part de l’Etat Centrafricain est si insignifiante, moins de 7% face à URAMINES dans la convention initiale et quelle contrepartie justifie une telle concession?

 

3° Pourquoi l’Etat centrafricain qui n’aurait que moins de 7% des parts face à URAMINES si celle- ci avait exploité elle-même, se plaint du rachat des actions de cette société par AREVA et demande un réexamen de la situation ?

 

4° Pourquoi l’Etat centrafricain est resté silencieux sur les affirmations d’Afrique Education selon lesquelles une somme de 12 milliard CFA aurait été versée dans le cadre de la signature du contrat  avec URAMINES ?

 

5° Pourquoi l’Etat centrafricain ne s’adresse pas à URAMINES s’il estime qu’elle n’aurait pas respecté une clause quelconque de la convention en vendant ses droits sans l’en informer au lieu de prendre pour cible la société AREVA ?

 

Toutes ces questions sont restées à ce jour sans réponse et la position de mon parti au sujet d’une marche que le pouvoir voulait organiser en septembre 2006 était qu’il appartenait tout d’abord à l’Etat centrafricain de prouver qu’il a négocié, signé, ratifié régulièrement, dans la transparence une convention engageant les ressources naturelles conformément à la constitution, dans l’intérêt du pays et préciser clairement quel préjudice réel il subit du fait de la cession des parts de la société  URAMINES à  AREVA.

 

Des arrangements ont certainement  eu lieu entre AREVA et le Gouvernement. Leurs clauses  ne sont pas connues, pour savoir si la suspension des activités de cette société qui n’est certes pas une bonne nouvelle pour la population y est prévue. Dans tous les cas, il n’appartient pas au Directeur Général des Mines, cadre technique de s’expliquer sur ce dossier mal négocié au départ, mais bien au contraire à ceux qui cherchent désormais à détourner maladroitement l’attention face à la réaction prévisible de la population au sujet de l’uranium de BAKOUMA.

 

Des pays africains précédemment colonisés par la France concèdent leurs richesses avec des retombées positives sur leurs populations respectives par des infrastructures d’intérêt collectif ou des avantages sociaux comme le relèvement de 20°/° du niveau du  salaire des fonctionnaires au Tchad il y a quelques jours, consécutif aux ressources du pétrole. En Centrafrique, la population qui ne bénéficie pas des retombées réelles des concessions des richesses du pays malhonnêtement négociées, est manipulée juste pour réagir lorsque tout va mal.

 

L’article 69 de la constitution soumet tout accord concernant les finances et les ressources naturelles du pays à l’autorisation préalable de l’Assemblée Nationale. Les raisons en sont simples et visent à protéger aussi bien l’intérêt des investisseurs eux-mêmes que celui du pays. Tout d’abord une convention, un accord, un contrat, peu importe l’appellation, conclu avec une entreprise étrangère suit la même procédure qu’un traité dont la seule différence est qu’il intervient essentiellement entre au moins deux Etats ou entre plusieurs Etats et une organisation internationale. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est qu’une convention signée avec une entreprise étrangère fait  intervenir l’Etat dont elle a la nationalité par le biais de ce qu’on appelle une protection diplomatique en cas de litige. La protection diplomatique consiste pour un Etat à venir au secours de son ressortissant lésé dans ses droits face à un autre Etat en prenant fait et cause pour son national, ce que la République Centrafricaine ne fait généralement pas pour les siens alors que les autres Etats sont prompts dans ce domaine. Ces précisions sont données pour faire comprendre les répercussions que ce que certains considèrent à tort comme un contrat ordinaire peut avoir sur le plan diplomatique. Par ailleurs ces précisions font également ressortir la nécessité pour l’Assemblée Nationale de bien examiner les dispositions d’un accord avant d’autoriser le Président de la République à le ratifier. L’accord n’est applicable qu’après avoir suivi cette procédure qui existe dans la majorité des pays du monde.

 

Les investisseurs ont tout intérêt d’exiger cette procédure prévue par l’art 69 de la constitution pour les raisons suivantes :

 

-         le fait que des concessions de ressources naturelles soient portées à la connaissance de la population grâce à la procédure parlementaire d’autorisation préalable est une garantie principalement pour les investisseurs ;

 

-         une population qui connaît ses intérêts dans le cadre de la mise en valeur des richesses nationales protège plus facilement les activités d’exploitation de ces ressources ;

 

-         l’Etat a tout à gagner en agissant dans la transparence.

 

Le danger de ne pas agir dans la transparence, selon les textes et dans l’intérêt de la population, pour ensuite la manipuler face aux conséquences de cette carence est une très mauvaise publicité du pays en direction des investisseurs étrangers. Le pays peut ainsi paraître comme un Etat qui ne respecte pas ses engagements. Or rien n’est plus dommageable pour un Etat que l’image d’instabilité juridique  dans les affaires en son sein.

 

Paris le 05 Novembre 2011

 

Olivier GABIRAULT

http://rca-beafrica.com/index.php?option=com_content&view=article&id=503%3Aluranium-de-bakouma&catid=15%3Avos-publications&Itemid=53

Cote d’Ivoire: femme pro-Gbagbo quitte débat télé

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