TEBAWALITO

blog de la fraternité avec la diaspora noire. Ceux a qui cet appel fait echo, venez et matez mon blog

5 août, 2013

UNIS DANS LA DIVERSITE (CENTRAFRIQUE)

UNIS DANS LA DIVERSITE

12ième dimanche ordinaire (C) Textes : Zacharie 12, 10-11 ; 13, 1 ; Galate 3, 26-29 ; Luc 9,18-24 23 juin 2013 Par S. E. Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA SMA Evêque de Bossangoa En observateur attentif, saint Paul rend compte des dysfonctionnements qui affectent la bonne marche de la communauté ecclésiale de Galatie et par conséquent sa cohésion interne. Il dénonce les clivages qu’il présente en trois catégories : religieuse, sociétale et juridico-humaine : « Il n’y a plus ni Juif ni païen, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme » (Ga 3, 28a). L’aspect religieux de la division met en opposition les Juifs, fiers de leur élection par Dieu, aux Grecs, perçus comme des païens, dont ils se sentent supérieurs. La dimension sociétale exacerbe l’opposition entre les hommes libres qui s’arrogent tous les droits et les esclaves qu’ils soumettent à leur autorité et à leurs caprices. Le troisième niveau de la division met en exergue la domination que l’homme entend imposer à la femme. Quelle que soit la division, il s’agit essentiellement de la manifestation d’un sentiment de supériorité des uns à l’égard des autres. Les réalités que déplore Paul constituent encore aujourd’hui les maux qui minent la société centrafricaine, mettent à mal notre cohésion nationale, consacrent la violation des droits humains, favorisent l’impunité et entravent le développement harmonieux et intégral de notre pays. De quelle autorité, quelqu’un ou un groupe d’individus, s’arrogeraient-ils le droit de disposer du destin de tout un peuple ? Les Centrafricains pâtissent de ce mal qui caractérise la gestion clanique et tribaliste de l’Etat. Hier, diraient certains, c’était le tour des Ngbaka, des Yakoma, des Kaba, des Souma et des Gbaya. Aujourd’hui le témoin a été transmis aux Goula et aux Rounga. Certains musulmans n’hésitent pas à le clamer haut et fort, le vent a changé de direction en leur faveur. A qui le tour demain ? Face à ce mal qui crée des mécontentements et fait le lit des rébellions de toute sorte, la voie royale de sortie de crise, comme le suggère saint Paul, est l’unité fondée sur les liens de fraternité qui nous lient les uns aux autres : « Vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, c’est vous qui êtes la descendance d’Abraham ; et l’héritage que Dieu lui a promis, c’est à vous qu’il revient » (Ga 3, 28b-29). Tel est désormais, frères et sœurs, le devoir qui nous incombe : promouvoir l’unité dans le respect des convictions individuelles et le droit inhérent à chaque personne, en vue de la reconstruction de notre Pays et de notre Eglise. Cet idéal est d’ailleurs inscrit en lettre d’or dans notre devise nationale : UNITE, DIGNITE, TRAVAIL. L’unité n’est pas seulement une vue d’esprit. En effet, unis dans la diversité de nos compétences, de nos talents et de nos ressources, nous pouvons mieux œuvrer pour le plein développement de tous. L’unité, dans la fraternité au service du développement et de l’épanouissement, requiert une abnégation de la part de tout un chacun d’entre nous. Telle est l’exigence que le Christ impose à ses disciples. Le sacrifice dont il parle commence par lui-même. Malheureusement dans l’égoïsme qui nous caractérise, nous choisissons plutôt de le faire supporter par les autres. C’est ainsi que le peuple centrafricain a été soumis, dans la crise qui secoue encore notre pays, à l’indicible : viols, meurtres, assassinats, violation flagrante des droits de l’homme, pillages, saccages, destruction des biens, actes de vandalisme de tout genre… En dépit de ces exactions, de ces malheurs et de notre méchanceté, la faveur de Dieu ne nous a jamais désertés. Dieu continue à nous manifester sa bonté et son visage d’amour. Toutefois il nous exhorte à un repenti sincère, au pardon et à la supplication comme le rappelle à juste titre le prophète Zacharie : « En ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure » (Za 13, 1). Chers frères et sœurs, dans la sollicitude de Dieu à l’égard de ses enfants, confions-lui notre pays. Par l’intercession de l’Immaculée conception, Reine de la Paix et Patronne de la République centrafricaine, que le Seigneur répande en nos cœurs l’esprit d’unité et de fraternité. Amen !

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