TEBAWALITO

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17 septembre, 2012

DIALOGUE POLITIQUE EN CENTRAFRIQUE: QUE VEUT L’UNION EUROPEENNE ?

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DIALOGUE POLITIQUE EN CENTRAFRIQUE: QUE VEUT L’UNION EUROPEENNE ?

mai 16th, 2011

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L’union Européenne, par la voix de son représentant à  Bangui  a soudainement décidée de se faire le chantre de la démocratie, ceci  après avoir fermé les yeux et permit  à Mr.  Bozizé de  mener  le processus électoral comme bon lui semblait. Elle a par la suite, pris la peine de  démontrer  puis dénoncer  dans un rapport exhaustif  les fraudes massives survenues lors des élections,  tout en reconnaissant  le vainqueur de ces mêmes  élections   comme  Président  élu. Il n’a point été question de sanctions de quelles natures que ce soit. L’on a plutôt assisté à des actions timorées, tièdes  et éparses  presque risibles, tel le refus d’assister à l’intronisation de François Bozizé confortant ce dernier dans la fascisation de son pouvoir.

Elle va même plus loin, continue  dans la même  lancée,  en  proposant  un dialogue politique, puisant dans  le sac fourre-tout qu’est devenu l’accord de Cotonou, en faisant mention des articles 8 et 9 tous aussi vagues quant  aux objectifs véritables de ce dialogue et surtout à l’application effective des résolutions qui  éventuellement  seront   prises lors de ce « dialogue » qui d’après le langage hautement diplomatique ( donc  forcément  hypocrite ) de  l’Ambassadeur représentant  de L’U.E  n’en n’est pas un.

Cette attitude floue, équivoque et ambiguë  de l’U.E  n’a que trop durée. Elle ne peut continuer  à être du côté de la démocratie et du peuple Centrafricain  par  de beaux discours  et démontrer son soutien et allégeance au tyran mal élu  en place  par ses actes. Les Centrafricains veulent donc avoir une idée claire  et précise de ce dialogue. Ils veulent savoir ce qu’a en tête  l’U.E. car, qu’elle que soit la forme que prendra ce dialogue, Bozizé en sera le premier  bénéficiaire.

Dans le  cas d’un dialogue U.E-Gouvernement ;  Bozizé en ressortira raffermi et consolidé  et procèdera allègrement et avec un sourire au coin des lèvres á la réalisation de son agenda ; celui de rester « ad vitam aeternam » Président de la Centrafrique ; ce que redoutent les Centrafricains.

Le second cas de figure, celui d’un dialogue incluant la société civile et l’opposition (comme  l’indique de façon précise et directe l’accord de Cotonou dans son  article 8 alinéas  6 et 7)  lui aussi pourrait avoir un  déboucher similaire au précèdent mais á cette différence que les partis d’opposition pourront  préalablement négocier les conditions de leur participation et donc peser sur les décisions  qui seront prises.

Voyons ce que nous dit l’article 8 ou plus précisément les alinéas  6 et 7 :

Article 8, alinéa 6. Le dialogue est mené avec toute la souplesse nécessaire. Il peut, selon les besoins, être formel ou informel, se dérouler dans le cadre institutionnel et en dehors de celui-ci, sous la forme et au niveau les plus appropriés, y compris au niveau régional, sous régional ou national.

Article 8, alinéa 7. Les organisations régionales et sous régionales ainsi que les représentants des sociétés civiles sont associés à ce dialogue.

En d’autres termes, l’on pourrait donner la forme et le fond que l’on voudrait a ce dialogue. Il est donc évident   que  malgré les  dénégations et la langue de bois   de son Excellence Mr. le représentant de L’U.E ,  le dialogue dont il se fait soudainement  le louangeur  ne serait pas différent de ceux que nous  avons expérimentés  un  peu partout  en Afrique en général  et en Centrafrique en particulier  depuis le début des années 90.

En vérité,  loin de souhaiter se voir  fermer la porte du  dialogue entre les divers acteurs de la vie politique du pays, la tenue de ce  énième dialogue  pour   désamorcer la  crise post-électorale créée  ex nihilo  par le pouvoir suite à  son entêtement et   à sa tenace résolution  de rester maitre incontesté  du processus électoral  et de remporter coûte que coûte les élections  dès le 1er tour « par la fraude ou la force »   intrigue bon nombre d’observateurs.

L’Union Européenne par ce  dialogue ne tendrait-elle pas une perche au pouvoir de Bozizé ?

Evitons toutes circonvolutions et affirmons les choses telles qu’elles sont. Ce dialogue s’avère en réalité n’être  qu’une fuite en avant  de plus.  Car le  pouvoir en place  estomaqué  et groggy par le contrecoup de sa supercherie, cherche en réalité a gagné du temps et à reprendre son souffle avant les échéances de 2016. Bozizé et le KNK asphyxiés et mis au coin du mur par le refus de l’opposition de reconnaitre le régime « bâtard » issue de la farce du 23 Janvier, cherchent donc à acquérir par un « dialogue politique » ce qu’ils n’ont pas pu par les urnes, une légitimité.

Il est fort probable que Mr. Bozizé n’attende en réalité que la tenue de ce pseudo- dialogue  (qui légitimerait de facto son pouvoir)  pour passer à l’action et  tordre le coup à  la constitution afin de s’offrir la perpétuité    au palais de la renaissance de Bangui.

Toujours est-il  que, l’opposition semble avoir ici une occasion en or pour atténuer, amoindrir ou inverser les effets de la dernière  élection. Pour ce faire sa participation devrait être soumise à une stricte conditionnalité : Celle du respect inconditionnel de la constitution, en d’autres termes ;  François  Bozizé devrait solennellement et devant la communauté internationale  apposé  sa signature  au bas d’un document  stipulant clairement sa non-participation aux échéances de 2016. Sans cela, l’opposition peut être certaine qu’elle sortira abusée et molestée de ce dialogue comme elle l’a été de la précédente.

L’on devrait ajouter à la liste de  conditions, la libération des compatriotes injustement et arbitrairement  incarcérés dans l’affaire Rayan. Ils   devront tous  être libérés et l’incident,  résolu une bonne fois pour toute.

Plus de 3 mois donc  après sa forfaiture, François  Bozizé se retrouve dans un cul de sac politique. Même si en posant des actes intitules et incompréhensibles  tels que l’interdiction du meeting de l’opposition lui donne  l’impression d’avoir  une onirique main mise sur le jeu politique, lui et ses acolytes au plus profond d’eux savent que le vent a tourné, que le peuple ne croit plus en leurs  balivernes et plus grave encore ,   qu’un  changement ne serait que d’un iota de la loi fondamentale du pays serait politiquement suicidaire.

Ainsi, François  Bozizé, acculé et coincé de toute part,  décrié par ses pairs et honnit  par son propre peuple, tente tant  bien que mal de s’agripper a la  bouée   de sauvetage que lui tend fort opportunément  l’U.E ;  un  « dialogue politique 2 ».  Dialogue dont il a royalement ignoré  les vertus il y a de cela quelques mois.  Les Centrafricains  se souviendront  en passant   que l’application effective  des recommandations de la 1ere DPI a subi un embargo total de la part du parti au pouvoir et de son maitre, les mêmes qui aujourd’hui tressautent de joie à l’idée d’une concertation  avec l’opposition. Concertation  qui n’a en réalité pour eux n’a d’autre but que de bercer  l’opposition, la  mettre en état d’hypnose et  offrir l’illusoire impression d’ouverture et de permettre à Bozizé de réaliser ses  machiavéliques  desseins.

La parole du Président  a perdue de sa  crédibilité, car par deux fois il a pu avec l’aide de la communauté internationale (la même qui a ventilée  la nouvelle d’un autre dialogue) roulé l’opposition et le peuple Centrafricain  dans la farine.

Ziguele  et Tiangaye   devront  donc se garder de se jeter pieds et poings liés dans ce qui a tout l’air d’un vil traquenard. Bozizé n’a aucune intention d’associer ceux qui ne pensent pas comme lui a l’exercice du pouvoir, encore moins de prendre en compte d’éventuelles  suggestions susceptibles  de l’aider dans la gouverne du pays.   Au contraire,  Cette maladroite tentative illustre grossièrement tout le mépris  que lui et L’U.E ont  pour le peuple Centrafricain.

Pour l’opposition, Il est   donc  clair  que sans garanties, sans garde- fous, il serait sage de laisser cette proposition s’étioler  et mourir d’elle-même. Car, une mauvaise manœuvre de sa part serait politiquement fatale pour ses leaders. Elle entrainerait inévitablement  une candidature de François  Bozizé et dès cet instant, ils pourront dire adieu à tout destin national…

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