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27 juillet, 2009

Les victimes collatérales de la crise financière/Réforme de la régulation financière : effet d’annonce ou véritable remise à plat du système ?

Classé dans : ACTU GENERALE,USA ELECTIONS ET POLITIQUE ET AUTRES SUJETS — tebawalito @ 1:13

Les victimes collatérales de la crise financière

Les victimes collatérales de la crise financière/Réforme de la régulation financière : effet d’annonce ou véritable remise à plat du système ? dans ACTU GENERALE fourth-of-july

Depuis quelques semaines, plusieurs indicateurs économiques laissent à penser que l’économie américaine se porterait mieux. Retour à la croissance du PIB prévue pour le second semestre 2009, hausse de l’indice de confiance des consommateurs, hausse des indicateurs des industries manufacturières et des services… Toutes ces données pourraient laisser espérer une prochaine sortie de crise.

Pourtant, ces indicateurs encourageants ne doivent pas laisser place à un trop grand optimisme. En parcourant la presse américaine, plusieurs exemples soulignent que la récession produit encore ses effets outre-Atlantique. Dans son édition datée du 2 juillet 2009, le New York Times illustre dans deux articles distincts les conséquences concrètes de la crise actuelle.

Premier exemple parmi tant d’autres : faisant face à des déficits publics croissants, certains Etats ont décidé de supprimer les programmes d’été des écoles. Le quotidien cite l’exemple de la Brevard County School (située en Floride) qui a décidé d’intégralement supprimer son programme, délaissant ainsi près de 14 000 élèves qui devront rester chez eux lors de la période estivale. De son côté, le Secrétaire d’Etat chargé de l’Education, Arne Duncan, a pressé les Etats à faire usage des 100 milliards débloqués par le gouvernement pour laisser ouvertes les écoles durant l’été. Mais malgré cet appel, des Etats tels que la Floride ou la Californie ont ignoré les pressions du gouvernement fédéral. En effet, bien que ces 100 milliards soient exclusivement réservés au système éducatif, les recettes fiscales ont tellement fondues que les autorités locales ont été contraintes de réduire drastiquement le budget de certaines écoles. En dépit des résultats des études menées sur l’utilité de ces programmes estivaux, de nombreux Etats ont souhaité utiliser l’argent fédéral à d’autres fins. Pour le moment, le Département de l’Education ignore le nombre exact de programme d’été annulés par les 15 000 écoles des districts que comptent les Etats-Unis. Les écoles situées autour des grandes agglomérations devraient néanmoins conserver leurs programmes. Durant les « summer program », les élèves pratiquent toutes sortes d’activité : révisions en mathématiques, cours de lecture, sciences et vie de la terre, jardinage, yoga…

Second exemple n’ayant aucun rapport avec le précédent : de nombreuses municipalités ont décidé d’annuler leurs feux d’artifice lors des festivités de la fête nationale du 4 juillet. Véritable institution aux Etats-Unis, les feux d’artifice et fêtes célébrant le « Fourth of July » sont l’occasion pour les américains de mettre en avant leur patriotisme. Pourtant en cette année de récession, l’heure n’est plus à la fête pour un bon nombre de communes américaines. Les autorités locales ont en effet décidé de supprimer leurs feux d’artifices de manière à ne pas licencier d’employés municipaux…

Ces deux exemples illustrent que la crise n’est pas encore terminée…  

jeudi 25 juin 2009

Réforme de la régulation financière : effet d’annonce ou véritable remise à plat du système ?

Federal_Reserve

Barack Obama vient de présenter le 17 juin 2009, la « plus vaste réforme du système financier depuis les années 30 », selon ces propres termes. S’agit-il d’un véritable projet de refonte du monde de la finance ou d’un simple effet d’annonce ? Une chose est sûre : il est encore trop tôt pour répondre de manière catégorique à cette question. Mais les nombreuses réactions des éditorialistes et autres experts économiques illustrent parfaitement l’importance qu’ils accordent à cette problématique.

Examinons succinctement les points essentiels du projet de réforme :

1 – La Réserve fédérale (FED) se voit attribuer un nouveau rôle : les plus grandes institutions financières américaines seront désormais placées sous la tutelle de la FED. Cette disposition devrait permettre au régulateur de prévenir les risques systémiques. Le pouvoir de la Réserve fédérale est donc particulièrement étendu et regroupe à présent des institutions de nature très diverses (banques, sociétés de crédit, assureurs…). Ces établissements seront assujettis à des règles plus strictes en matière de capitaux propres (ratio Tier-1). La FED disposera du pouvoir d’évaluation des risques pris par ces établissements. La banque centrale se trouvera également délestée de certaines de ses compétences périphériques.

2- Une agence de protection des consommateurs et des investisseurs (la Consumer Financial Protection Agency) va être créée : cette agence devrait notamment s’intéresser aux prêts subprimes proposés par les courtiers en crédits hypothécaires. Elle disposerait d’un pouvoir règlementaire, pourrait créer et interdire plusieurs produits financiers, étudier des sociétés et prononcer des sanctions.

3- La titrisation va faire l’objet d’une réforme : les banques devront conserver dans leurs bilans au moins 5% des crédits qu’elles titrisent. De ce fait, les établissements financiers ne pourront se soustraire entièrement au risque de crédit. La titrisation est une technique financière permettant de transférer à des investisseurs des actifs financiers (tels que des créances) en les transformant en des titres financiers émis sur les marchés de capitaux.

4- L’Office of Thrift Supervision va être supprimé : l’autorité de supervision des caisses d’épargne va disparaître à la suite de la faillite de la plus grosse caisse américaine durant la crise des subprime : Washington Mutual. Il sera fusionné avec l’Office of Comptroller of the Currency pour former le National Bank Supervisor.

5- Le Trésor présidera le Conseil de surveillance des services financiers ou Conseil des superviseurs (le Financial Services Oversight Council) : en collaboration avec la FED, il devra ainsi anticiper la création des bulles spéculatives de manière à prévenir les risques systémiques. Ce conseil sera composé du président de la Réserve fédérale, des directeurs du National Bank Supervisor et de la Consumer Financial Protection Agency, des présidents de la Securities and Exchange Commission (SEC) et de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et le directeur de la Federal Housing Finance Agency (FHFA). C’est ce conseil qui décidera des établissements qui tomberont sous la tutelle de la Réserve fédérale (FED).

Reste à savoir si dans les faits, ces multiples propositions suffiront à prévenir une nouvelle crise financière. Sur ce point, et malgré le catalogue de réforme préconisé par l’exécutif, rien n’est moins sûr…

 

dimanche 14 juin 2009

L’aggravation du déficit public peut-elle remettre en question la réforme du système de santé ?


Medicare+Advantage+Special+Needs+Plans

C’est LA question taboue du moment Outre-Atlantique. Si l’on se réfère aux affirmations du président américain et à ses promesses de campagne, la réforme du système de santé pourrait être réalisée d’ici la fin de l’année. Pourtant, bien que Barack Obama en ait fait l’un de ses principaux arguments de campagne, l’instauration d’une couverture maladie universelle risque de se heurter à de nombreux obstacles, aussi bien de nature idéologique qu’économique.

D’un point de vue idéologique tout d’abord, les américains n’ont jamais été particulièrement attiré par la création d’une couverture maladie universelle assortie de l’interventionnisme étatique. La précédente administration démocrate au pouvoir (Clinton) avait d’ailleurs échoué sur ce point, pourtant vigoureusement défendu par la femme du président. Les républicains, quant à eux, dénoncent une socialisation de leur système de santé.

D’un point de vue économique d’autre part, le moment est plutôt mal choisi pour annoncer cette réforme. Du fait de l’adoption du plan de relance, le déficit public américain quadruplera cette année pour atteindre près de 13% du produit intérieur brut. Selon les premières estimations, la réforme du système de santé pourrait coûter près de 1 000 milliards de dollars. A l’heure actuelle, près de 635 milliards de dollars seraient d’ores et déjà provisionnés sur le budget 2010. Reste à trouver les 365 milliards restants ? L’administration Obama vient d’annoncer hier, qu’un peu plus de 300 milliards devraient être économisés durant les 10 prochaines années dans les grands programmes… de santé publique tels que Medicare ou Medicaid.

De cette manière, le gouvernement américain cherche à démontrer que la réforme du système de santé ne devrait pas contribuer à accroître les déficits publics. Cette position est très largement attaquée par le camp républicain, qui se base notamment sur les affirmations de l’American Medical Association qui estime que la création d’une couverture maladie contribuerait à faire exploser les coûts en matière de santé publique.

Si l’on se réfère aux promesses de campagne et aux déclarations de Barack Obama le nouveau système de santé devrait donner une couverture médicale à près de 46 millions d’américains qui en sont aujourd’hui dépourvus, mais également de permettre de réduire de moitié le déficit public d’ici 2013.

Actuellement, la plupart des américains sont couverts par une assurance maladie financée par leur employeur. Néanmoins, il existe des programmes spécifiques, particulièrement contrôlés, destinés à couvrir les dépenses de santé des plus démunis, des handicapés, des anciens combattants et des personnes âgées.

La vidéo de l’intervention hebdomadaire de Barack Obama consacrée à la réforme du système de santé (publiée le 13 juin 2009) :

 

Pour en savoir plus :

- le site de l’administration Obama de présentation de la réforme du système de santé

- le site de l’American Medical Association

- une étude de l’American Medical Association portée sur la réduction des coûts du système de santé américain 

 

jeudi 11 juin 2009

Où en sont les républicains ?


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Après avoir perdu la majorité au sein des deux chambres parlementaires et l’élection présidentielle de 2008, où en sont désormais les républicains ? Comme à la suite de chaque défaite électorale, un parti a besoin de se reconstruire et laisse place à une période de transition au cours de laquelle les principaux ténors de la formation politique cherchent à s’imposer.

Pourtant si l’on en croit les résultats d’un sondage publié cette semaine par l’institut Gallup pour Usa Today, aucun dirigeant du parti ne se détache réellement. L’étude révèle que près de 52% des personnes interrogées sont incapables de se prononcer sur la question de savoir qui est le principal leader du parti ?

Parmi les sondés ayant répondu, près de 13% d’entre eux estiment que Rush Limbaugh serait la personne la plus influente au sein du parti. M. Limbaugh est l’animateur radio le plus écouté du pays (son audience quotidienne s’élève à près de 13,5 millions d’auditeurs). Son émission, diffusée sur le network Premiere Radio, lui permet de commenter l’actualité d’un point de vue conservateur. Il est suivi de Dick Cheney, John McCain et de Newt Gingrich (l’ancien speaker de la Chambre des représentants).

Autre enseignement de ce sondage : seuls 34% des américains auraient une opinion favorable du parti républicain, contre 53% pour le parti démocrate. Il s’agit d’un seuil particulièrement faible pour la droite américaine qui souligne la nécessité de se réformer au plus vite. Plus grave encore, près de 33% des républicains ont une opinion défavorable de leur propre formation politique (à comparer aux 4% de démocrates ayant une opinion défavorable de leur parti).

Pour résumer, le parti républicain est à ce jour totalement divisé. Deux courants de pensée s’opposent frontalement. Suite à la défaite du 4 novembre 2008, certains estiment que le parti s’est positionné trop au centre de l’échiquier politique américain (une position notamment défendue par Rush Limbaugh). Selon ce courant, le parti républicain devrait revenir à la défense des idées conservatrices. Cette position semble être celle de la majorité des membres du parti républicain. En revanche, une minorité de républicains estiment que le parti n’arrivera à se relever qu’en assouplissant certaines de ses positions afin de récupérer les voix des électeurs centristes (ou modérés). Vous l’aurez compris, l’opposition est radicale et les débats risquent d’être animés dans les prochaines semaines.

En effet, si le parti républicain se retrouve actuellement au plus bas dans les sondages et dans les urnes et paraît particulièrement affaibli, nul n’est censé ignorer que la politique est cyclique et que viendra un temps où les démocrates connaitront les mêmes déboires… L’histoire est là pour le rappeler, le parti républicain se reconstruira lorsque les démocrates commettront des excès. La vie politique n’est qu’un éternel recommencement.

Pour en savoir plus :

- le site du parti républicain

- le site du Rush Limbaugh Show

- le site de John McCain

- le site Newt Gingrich

 

dimanche 7 juin 2009

Etats-Unis / monde musulman : une incompréhension mutuelle

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Alors que le président américain vient d’achever sa tournée au Proche-Orient en prononçant son discours historique du Caire, la route reste longue vers un apaisement des relations entre les Etats-Unis et le monde arabo-musulman.

Parfaite illustration de l’incompréhension mutuelle entre ces deux parties du monde, le sondage réalisé par l’institut Opinion Research Corporation pour la chaine de télévision CNN entre le 14 et le 17 mai 2009.

Selon les résultats de ce sondage, seul 1/5 des américains auraient une opinion favorable des pays musulmans. Ce chiffre est à rapprocher des 46% d’américains qui en auraient une opinion défavorable. Ce dernier nombre est d’ailleurs en augmentation par rapport à celui du précédent sondage réalisé en 2002 pour la chaine (41%). Du côté des musulmans, l’heure n’est pas encore à la confiance, malgré l’élection de Barack Obama. Bien que leur opinion ait légèrement évolué depuis l’accession au pouvoir du premier président afro-américain, leur sentiment de méfiance envers les Etats-Unis demeure.

La marge d’erreur de ce sondage est de plus ou moins 3%.

A eux seuls, ces quelques chiffres justifient le discours du Caire de Barack Obama

 

jeudi 4 juin 2009

Discours du Caire : la tentative de séduction de Barack Obama

Particulièrement attendu par l’ensemble de la communauté internationale, le discours de Barack Obama au monde musulman restera dans les mémoires. Plus que le contenu de son intervention, c’est avant tout la forme et la méthode du président américain qui demeure inédite. En prononçant son discours à l’Université du Caire devant plus de 3 000 invités, Barack Obama a tenu, une nouvelle fois, à marquer sa différence d’approche par rapport à celle de l’administration Bush.

S’il ne fallait retenir qu’une phrase de son discours ce serait celle-ci : Barack Obama souhaite prendre un « nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis (…) fondé sur l’intérêt et le respect mutuel (afin) de mettre fin à un cycle de méfiance et de discorde ».

Tout en soulignant que les américains avaient profondément été touchés par les attentats du 11 septembre 2001, Barack Obama a tenu à souligner sa véritable connaissance du monde musulman et de l’Islam. Mais le président américain ne s’est pas contenté de rappeler son attachement à cette religion, il a également cherché à démontrer que de nombreux défis communs attendaient les musulmans et les Etats-Unis (exemple : combattre l’extrémisme sous toutes ses formes).

Barack Obama a également tenu à clarifier sa position sur de nombreux sujets d’actualité :

En ce qui concerne la question du conflit israélo-palestinien, le président s’est prononcé en faveur de la création d’un Etat palestinien en réaffirmant que la colonisation israélienne devait cesser. Mais il a également rappelé qu’Israël et les Etats-Unis étaient unis par des liens inaltérables. 

Pour ce qui est de l’Afghanistan, Barack Obama a rappelé que son pays n’avait pas l’intention d’établir des bases militaires permanentes et allait débloquer 2,8 milliards de dollars pour contribuer au développement économique de la région.

Enfin, Barack Obama a tenu à préciser que les Etats-Unis allaient développer des programmes de partenariat, d’échanges et de bourses entre universités américaines et musulmanes. Il a également ajouté que chaque peuple demeurait libre de choisir sa religion et de la pratiquer librement.

 

Voici les images du discours du Caire de Barack Obama


mardi 2 juin 2009

General Motors : la chute d’un géant


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La nouvelle était attendue, mais le choc n’en est pas moins rude. Le premier constructeur automobile américain, General Motors, a déposé le bilan ce lundi. Même si un dépôt de bilan ne signifie pas une liquidation judiciaire, le choc de la faillite de l’industriel aux Etats-Unis demeure considérable.

Il s’agit de la troisième plus grande faillite de toute l’histoire américaine, derrière celle de la banque d’affaire Lehman Brothers en septembre 2009 et de l’opérateur Worldcom en 2002. Il s’agit néanmoins de la plus grosse faillite de l’histoire industrielle américaine. Le constructeur automobile s’est placé sous la protection du chapitre 11. L’administration Obama espère que la période de restructuration du groupe ne dépasse pas les 90 jours.

A la suite de ce dépôt de bilan, quels sont les nouveaux actionnaires de General Motors ? Le Trésor américain prendra 60% de participation, suivi par le fond de couverture santé de l’United Auto Workers (UAW) pour 17,5%, les créanciers obligataires avec 10% ainsi que le gouvernement Canadien associé à la province d’Ontario (12%).  L’administration Obama a également décidé d’accorder 30 milliards d’aides supplémentaires au constructeur pour se réorganiser. Cette somme vient s’ajouter aux 20 milliards de prêts déjà accordés par le gouvernement à General Motors.  Ces 30 milliards proviennent du fond de sauvetage du secteur financier (doté de quelques 700 milliards de dollars) adopté l’automne dernier par l’administration Bush.

Cette période de répit évaluée entre 2 et 3 mois devrait permettre à l’entreprise de se restructurer. Néanmoins, pour assainir ses comptes et envisager une reprise viable, General Motors devra céder de nombreux actifs. C’est le cas notamment de certaines marques mythiques telles que Pontiac, Hummer ou encore Saturn. A l’issue de la procédure, seules 4 marques devraient subsister à l’intérieur du groupe : Chevrolet, GMC, Cadillac et Buick.

En ce qui concerne les licenciements, General Motors devrait se séparer de près d’un tiers de ses effectifs (soit 28 000 salariés) et d’environ quatorze usines. Son réseau de distribution et de concessions devrait considérablement être réduit.

Du côté de Detroit, berceau historique de l’histoire de l’automobile américaine, la presse parle de véritable « choc social ». Etroitement liée à l’activité des trois principaux constructeurs, la ville et l’Etat tout entier du Michigan connaissent déjà le plus fort taux de chômage de tout le pays. La nouvelle de la faillite de General Motors ne devrait pas arranger la situation…

Pour en savoir plus :

- notre article sur la procédure du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites

mardi 26 mai 2009

Barack Obama nomme Sonia Sotomayor à la Cour suprême

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Ce mardi, Barack Obama vient de nommer la juge Sonia Sotomayor à la Cour suprême. Même si cette nomination doit encore être entérinée par le Sénat, tout porte à croire que la magistrate d’origine hispanique prendra la place de David Souter dont le mandat expire fin juin.

Mme Sotomayor, 54 ans, est connue pour ses positions de centre-gauche plutôt progressistes. Sa nomination ne devrait pourtant pas modifier sensiblement l’équilibre politique au sein de la plus haute instance judiciaire des Etats-Unis. Cette information revêt une information particulière lorsque l’on s’intéresse de plus près au rôle de la Cour suprême. Les juges s’ils doivent se prononcer sur la constitutionalité des lois votées, ont souvent à trancher les grands débats de la société américaine. Une étude approfondie des décisions rendues par la Cour permet de mieux comprendre en quoi son rôle est fondamental aux Etats-Unis.

Diplômée des universités de Princeton et de Yale, Sonia Sotomayor a été désignée juge fédérale en 1991 par George H.W Bush puis juge à la Cour d’appel de New York par Bill Clinton en 1997.

En choisissant Sonia Sotomayor, Barack Obama démontre une fois de plus qu’il souhaite marquer sa présidence de plusieurs actes symboliques. En effet, dans le cas où sa nomination serait confirmée par les sénateurs, Mme Sotomayor deviendrait la première juge d’origine hispanique à la Cour suprême et la troisième femme de toute l’histoire américaine à accéder à un tel poste.  

vendredi 1 mai 2009

Le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites

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Ce 30 avril 2009, le troisième constructeur américain Chrysler a annoncé qu’il allait déposer son bilan et se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites (Chapter 11 of the Bankruptcy Code). Quel est le rôle de ce texte ? Quelle protection apporte-t-il à une entreprise ? Nous allons tenter de répondre à ces questions.

La protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites peut être demandée par l’entreprise en difficulté ou l’un de ses créanciers (ce dernier cas étant tout de même très rare). Pour demander cette mesure, l’entreprise doit se trouver dans une position d’illiquidité. Elle ne peut plus rembourser la totalité de ses créanciers. Pour autant, l’entreprise n’est pas nécessairement totalement insolvable. La demande de mise sous protection devra être très détaillée (informations financières classiques et perspectives d’évolution de la société).

A partir du moment où cette entreprise est placée sous un tel régime, elle dispose de plusieurs prérogatives. Elle peut tout d’abord s’opposer aux demandes de ses créanciers et repousser les échéances de ses remboursements. Cette mesure exceptionnelle permet également de préserver tous ses actifs et éventuellement de réduire le montant de sa dette. Le dirigeant peut rester à la tête de la société et continue de s’occuper de la gestion de celle-ci.

Mais cette procédure ne présente pas que des avantages. L’établissement en difficulté sera désormais très étroitement contrôlé par le juge des faillites (le versement de primes aux dirigeants et salariés est alors encadré).

Une fois la protection acquise, l’entreprise va devoir mener des transactions avec ses créanciers. Elle devra ainsi leur proposer un plan de réorganisation détaillé. Ce plan sera ensuite soumis au vote des créanciers. En cas d’accord entre les parties, le juge pourra homologuer (confimation) le plan de réorganisation de l’entreprise. Ainsi l’entreprise en difficulté bénéficiera de plusieurs mois de répit pour se restructurer.

Le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites diffère du chapitre 7 du même texte. En effet, dans ce dernier cas, le juge prononcera purement un simplement la liquidation judiciaire de la société. Un administrateur serait alors nommé pour liquider les actifs de la société et rembourser ses créanciers.

Si l’on en croît les nombreux exemples passés, plusieurs entreprises protégées par le chapitre 11 se sont restructurées et ont survécu à cette étape judiciaire. C’est le cas notamment des plus grandes compagnies aériennes américaines telles que United Airlines ou US Airways.  

lundi 20 avril 2009

L’Amérique commémore les 10 ans du massacre de Columbine

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Dix ans déjà… Dix ans que les images du massacre du lycée de Columbine (Colorado) hantent la population américaine et repassent en boucle sur les chaines d’information lors de chaque nouveau drame. Pourtant malgré le fait que de nombreuses autres tueries se soient succédées ces dernières années au sein d’établissements scolaires, la fusillade du 20 avril 1999 demeure l’un des drames les plus médiatisé de l’histoire du pays.

Alors qu’une décennie s’est écoulée, de nombreuses questions restent en suspens. Bien que tout semble avoir été dit sur la personnalité des deux tueurs et les circonstances du drame, plusieurs spécialistes et journalistes cherchent aujourd’hui à rétablir la vérité. Selon certains d’entres eux, l’emballement médiatique aurait conduit à une analyse erronée du massacre.

Première précision : contrairement à ce qui a pu être dit par certaines personnes, les motivations des deux lycéens n’étaient pas précises. Leur attaque n’aurait pas spécialement été dirigée contre les sportifs, afro-américains et autres étudiants issus des minorités ethniques. Les victimes (1 professeur et 12 élèves) ont été choisies au hasard. Les deux étudiants souhaitaient en réalité faire exploser une partie du lycée. Mais les explosifs qu’ils avaient placés dans l’établissement n’ont pas fonctionné. Leur but était de causer la mort de plusieurs milliers de lycéens.

Seconde précision : l’un des deux auteurs du massacre semble avoir entrainé le second. Le plus âgé, Eric Harris, a ainsi laissé derrière lui plusieurs preuves de son attrait envers la violence. Le second, Dylan Klebold, paraissait au contraire plus effacé et davantage dépressif.

Quoi qu’il en soit, l’émotion est toujours aussi vive tant au niveau local qu’au niveau national. Depuis le drame, la police américaine a totalement revu sa procédure d’intervention et ses entrainements.

Dès dimanche soir, de nombreuses personnes se sont recueillies à Littleton pour honorer la mémoire des victimes de la fusillade. Le lycée est resté fermé toute la journée à l’occasion de la commémoration.  

mercredi 15 avril 2009

Cuba : vers la fin de l’embargo américain ?

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Instauré en 1962, l’embargo américain sur l’île de Cuba pourrait être levé prochainement. Si la décision n’a pas encore été prise, tout porte à croire que les relations entre les deux pays pourraient s’améliorer sous l’impulsion de la nouvelle administration américaine.

Ce lundi, le porte-parole de la Maison-Blanche a annoncé les premières mesures unilatérales que les Etats-Unis s’apprêtaient à prendre : la levée des restrictions de voyage et d’envoi de mandats aux familles restées sur l’île. Certes, il ne s’agit pas à proprement parler d’une levée pure et simple de l’embargo. Néanmoins, cette avancée intervient une fois de plus à contrepied du renforcement des restrictions ordonné par la précédente administration Bush.

Quelles sont les raisons de ce brusque renversement de position de la part de l’exécutif américain ?

Barack Obama se conforme en réalité à l’évolution de la position de l’opinion publique américaine. Plusieurs sondages réalisés récemment pour différents médias soulignent que les américains seraient très largement favorables à une normalisation des relations diplomatiques entre les deux nations.

Seconde raison de ce renversement, certains lobbies (dont la chambre de commerce américaine) feraient pression sur les parlementaires en faisant valoir que l’embargo serait totalement contreproductif. En effet, malgré plus de 40 ans de restrictions, le régime Cubain n’a jamais cédé. Or en ces temps de crise économique mondiale, certains groupes de pression font valoir que les entreprises américaines se voient privées d’un marché conséquent. Selon certaines estimations, les exportations vers Cuba pourraient rapporter près de 2 milliards de dollars par an.

Vous l’aurez compris, si la décision n’a pas encore formellement été prise, tout porte à croire que les relations entre les deux pays ne peuvent que se normaliser. Reste à savoir quand le parlement américain fera le choix de mettre fin à ces sanctions commerciales. Preuve que la crise financière actuelle peut avoir quelques conséquences positives…  

jeudi 26 mars 2009

Vers un renforcement des relations franco-américaines ?

2393401825_8391689f29Il aura suffit de deux faits pour que le doute s’installe : les relations franco-américaines seraient-elles entrain de se renforcer ou se détériorent-t-elle ? Selon un article publié par le quotidien français Le Monde daté d’aujourd’hui des : « la qualité des relations entre les deux présidents [ferait] l’objet de spéculation [depuis plusieurs semaines] ». Info ou Intox ? Le journal fait référence à deux « évènements » : d’une part, la lettre de Barack Obama adressée le 19 mars à Jacques Chirac (dans laquelle il rendait un hommage implicite à l’action du prédécesseur de Nicolas Sarkozy pour son action en faveur de la paix), d’autre part, le refus du président américain de se rendre sur les plages du débarquement de Normandie à l’occasion de son déplacement en Europe lors du G20 Londonien (Barack Obama se rendra en France le 6 juin prochain).

Les journalistes du quotidien nuancent toutefois ces spéculations en précisant dans les dernières lignes de l’article que Barack Obama et Nicolas Sarkozy se seraient entretenus hier pendant près d’une demi-heure afin de préparer la réunion du G20.

Que dire alors de ces rumeurs sur la détérioration des relations entre les deux hommes ? A première vue, les arguments justifiant la possibilité de cette aggravation semble bien mince pour appuyer de telles affirmations.

De plus, il convient de souligner que les Etats-Unis n’ont jamais été aussi proches (idéologiquement parlant) de la France depuis l’éclatement de la crise financière et l’élection de Barack Obama. En effet, de nombreux journaux américains conservateurs dénoncent régulièrement le fait que les Etats-Unis seraient entrain de devenir « socialistes » (voir sur ce point l’article de Jérome sur le blog Inside The Usa ainsi que notre billet consacré à la Californie), et s’apprêteraient à faire passer des réformes semblables à celles initiées par les régimes européens, il y a quelques années. L’un des exemples le plus représentatif de cette tendance actuelle est certainement celui des propositions du secrétaire au Trésor Tim Geithner en matière de réforme de la régulation du système financier américain. Parmi les principales mesures prônées par la nouvelle administration, figurent celles d’une plus grande protection des consommateurs, d’un encadrement plus sévère des politiques de rémunération, d’une plus grande coopération internationale…

Ces exemples illustrent, à leur manière, les rapprochements de conceptions entre les Etats européens et les Etats-Unis. Dès lors, s’il on se réfère à ces quelques éléments, on en déduit que loin de se détériorer, les relations franco-américaines seraient plutôt entrain de se renforcer.

vendredi 20 mars 2009

Barack Obama s’adresse en direct au régime Iranien

Il s’agit d’une illustration concrète du changement radical de la diplomatie américaine : Barack Obama s’est adressé en direct à la population et aux dirigeants Iraniens. A l’occasion du nouvel an Iranien, le président Américain a affirmé qu’il souhaitait dialoguer honnêtement avec la République islamique en prônant un respect mutuel entre les deux nations. Cette initiative a été accueillie favorablement par Téhéran qui souhaite également repartir sur de nouvelles bases de dialogue.

Voici les images du message d’Obama au régime Iranien :

 

Le texte du discours d’Obama ici.

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L’aggravation du déficit public peut-elle remettre en question la réforme du système de santé ?[Regards sur les Etats unis]

dimanche 14 juin 2009

L’aggravation du déficit public peut-elle remettre en question la réforme du système de santé ?


L’aggravation du déficit public peut-elle remettre en question la réforme du système de santé ?[Regards sur les Etats unis] dans ACTU GENERALE Medicare+Advantage+Special+Needs+Plans

C’est LA question taboue du moment Outre-Atlantique. Si l’on se réfère aux affirmations du président américain et à ses promesses de campagne, la réforme du système de santé pourrait être réalisée d’ici la fin de l’année. Pourtant, bien que Barack Obama en ait fait l’un de ses principaux arguments de campagne, l’instauration d’une couverture maladie universelle risque de se heurter à de nombreux obstacles, aussi bien de nature idéologique qu’économique.

D’un point de vue idéologique tout d’abord, les américains n’ont jamais été particulièrement attiré par la création d’une couverture maladie universelle assortie de l’interventionnisme étatique. La précédente administration démocrate au pouvoir (Clinton) avait d’ailleurs échoué sur ce point, pourtant vigoureusement défendu par la femme du président. Les républicains, quant à eux, dénoncent une socialisation de leur système de santé.

D’un point de vue économique d’autre part, le moment est plutôt mal choisi pour annoncer cette réforme. Du fait de l’adoption du plan de relance, le déficit public américain quadruplera cette année pour atteindre près de 13% du produit intérieur brut. Selon les premières estimations, la réforme du système de santé pourrait coûter près de 1 000 milliards de dollars. A l’heure actuelle, près de 635 milliards de dollars seraient d’ores et déjà provisionnés sur le budget 2010. Reste à trouver les 365 milliards restants ? L’administration Obama vient d’annoncer hier, qu’un peu plus de 300 milliards devraient être économisés durant les 10 prochaines années dans les grands programmes… de santé publique tels que Medicare ou Medicaid.

De cette manière, le gouvernement américain cherche à démontrer que la réforme du système de santé ne devrait pas contribuer à accroître les déficits publics. Cette position est très largement attaquée par le camp républicain, qui se base notamment sur les affirmations de l’American Medical Association qui estime que la création d’une couverture maladie contribuerait à faire exploser les coûts en matière de santé publique.

Si l’on se réfère aux promesses de campagne et aux déclarations de Barack Obama le nouveau système de santé devrait donner une couverture médicale à près de 46 millions d’américains qui en sont aujourd’hui dépourvus, mais également de permettre de réduire de moitié le déficit public d’ici 2013.

Actuellement, la plupart des américains sont couverts par une assurance maladie financée par leur employeur. Néanmoins, il existe des programmes spécifiques, particulièrement contrôlés, destinés à couvrir les dépenses de santé des plus démunis, des handicapés, des anciens combattants et des personnes âgées.

La vidéo de l’intervention hebdomadaire de Barack Obama consacrée à la réforme du système de santé (publiée le 13 juin 2009) :

Pour en savoir plus :

- le site de l’administration Obama de présentation de la réforme du système de santé

- le site de l’American Medical Association

- une étude de l’American Medical Association portée sur la réduction des coûts du système de santé américain 

Gaza : les raisons du silence d’Obama

Classé dans : POLITIQUE,USA ELECTIONS ET POLITIQUE ET AUTRES SUJETS — tebawalito @ 0:49

mardi 6 janvier 2009

Gaza : les raisons du silence d’Obama

Gaza : les raisons du silence d’Obama dans POLITIQUE Gaza Depuis plusieurs jours et au fur et à mesure de l’intensification des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, la pression internationale s’intensifie sur le futur président des Etats-Unis d’Amérique. Pour autant, Barack Obama par le biais de son porte-parole réaffirme son intention de ne pas interférer avec l’administration Bush dans la gestion de la crise. En effet, celui-ci fait valoir qu’en matière de politique étrangère, le principe d’unicité de présidence prévaut. En raison de négociations délicates menées par les diplomates américains, l’Amérique ne peut parler que d’une seule voix.

 

Mais certains analystes de politique étrangère estiment que Barack Obama a préféré gardé le silence en raison de son incapacité actuelle à agir librement. En raison de son pragmatisme, le futur président privilégie le silence à toute solution précipitée. D’autres estiment au contraire que le mutisme d’Obama laisse sous-entendre sa désapprobation à l’égard de la politique étrangère israélienne.

 

Pourtant, en dépit de l’avis de certains commentateurs politiques, la position de Washington ne risque pas de changer radicalement avec l’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche. Les Etats-Unis resteront encore les principaux alliés d’Israël pendant de nombreuses années. Plusieurs facteurs expliquent le rapprochement entre les deux pays : le poids du lobby juif dans la politique américaine (qui finance notamment les campagnes électorales de nombreux candidats), un sentiment missionnaire commun, un partenariat économique et militaire…

Une polémique embarrasante

Regard sur les Etats-Unis

Linkbar

samedi 25 juillet 2009

Une polémique embarrasante

Une polémique embarrasante dans ACTU GENERALE custom_1248112828806_gates

La question était sensible, la polémique fut inévitable… La question raciale est revenue, ces derniers jours, au centre de la vie politique et sociétale américaine.

La semaine dernière, Henri Louis Gate Jr, professeur à l’Université de Harvard rentre de voyage. Arrivé devant son domicile, il réalise qu’il a perdu ses clés et tente ensuite de forcer sa porte d’entrée. Une voisine, croyant à un cambriolage, prévient alors la police. Les autorités arrivent sur place, la discussion s’envenime et malgré la preuve apportée par M. Gate, procèdent à son interpellation en lui passant les menottes aux poignets. Le problème, est que M. Gate est un afro-américain, ami du Président, et qu’il prétend avoir été injustement traité en raison de sa couleur de peau. 

La polémique va ensuite enfler. Barack Obama décide de réagir et prend parti ouvertement pour le professeur de Harvard en qualifiant le comportement des policiers chargés de l’interpellation de « stupide ». De leur côté, les associations professionnelles de police ont répliqué en critiquant ouvertement la prise de position du locataire de la Maison Blanche en lui reprochant son manque d’impartialité. La polémique a pris une telle ampleur que Barack Obama a été obligé de revenir sur cette affaire en s’exprimant dans les médias. Tout en se déclarant surpris de l’étendue de la polémique, le Président américain a rappelé qu’il « respectait le travail des officiers de police ». 

Barack Obama a-t-il pris une position trop hâtive ou s’agit-il d’un simple emballement médiatique ?  

Toni Morrison : « Une contre-histoire de l’Amérique à écrire »

Toni Morrison : « Une contre-histoire de l’Amérique à écrire »

Toni Morrison (DR)

« Beloved » avait valu à Toni Morrison son premier Prix, le Pulitzer. C’était en 1988. Prix Nobel de Littérature (en 1993), elle est devenue une des plus grandes voies littéraires de la planète. « Un don » est son onzième roman paru en France et peut-être le plus puissant. Avec sa symphonie littéraire habituelle, elle plonge plus loin qu’elle ne l’avait jamais fait dans l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis.

A la fin du XVIIe siècle, le pays est encore une

  colonie anglaise. L’esclavage n’est pas encore une loi, son existence tacite en rendait les Noirs autant victimes que les Européens. L’événement historique qui sert de background au livre est « la révolte de Bacon » (1676 en Virginie), quand une armée de Noirs, d’indigènes, de Blancs et de mulâtres emmenée par des propriétaires, renversa le gouvernement de la colonie.

Pour que cela ne se reproduise plus, le pouvoir divisa pour régner. Et créa des lois qui donnaient aux Blancs le pouvoir d’exploiter, torturer et tuer les Noirs. L’identité d’un homme se définissait par la couleur de sa peau.

Toni Morrison est une voix qui compte beaucoup outre-Atlantique. Très clintonienne (elle avait défrayé la chronique en déclarant dans la presse, il y a des années, qu’il était le « premier Président noir américain »), elle avait commencé par supporter Hillary Clinton dans la course à l’investiture, avant de se rallier à Obama qu’elle aura très fortement soutenu.

Quelques mois après l’arrivée d’Obama à la maison Blanche, la romancière était de passage en France.

Votre roman se situe avant le temps du racisme pur, implicitement accepté dans les Amériques. Comment est venu le désir d’aller fouiller cette période, quasi inédite en littérature ?

Je voulais travailler sur cette période des Etats-Unis qui est inconnue pour beaucoup de monde, non dite. Les Etats-Unis ne sont pas nés avec, dans leur identité propre, le racisme, l’esclavage et l’inégalité. Cela a été imposée par une loi, une loi qui a légalisé le racisme.

J’ai donc voulu regarder comment se passaient les choses avant. Une période où les hiérarchies n’étaient pas du tout bâties sur les races, mais seulement sur l’argent, le pouvoir. La période qui précède cette vision romantique que tout le monde a des Etats-Unis, avec l’arrivée des Hollandais, des Espagnols, des Français, des Britanniques. Qui venaient pour le bois, l’or, les ressources qui justifient les colonisations habituelles.

Mais il y avait 20 millions de natives, d’Indiens, avant cela. Il y avait même des esclaves blancs, notamment des centaines d’enfants qu’on a fait venir d’Angleterre pour travailler. Les Indiens, eux, refusaient de travailler ainsi, et c’est là qu’on a fait venir des esclaves venus d’Afrique. Contrairement aux idées reçues, l’esclavage aux Etats-Unis n’a jamais été tourné uniquement contre les Noirs. Le racisme, par contre, si.

A cette époque, les Etats-Unis étaient plutôt… désunis. Une colonie. La terre, on l’obtenait soit par un don, soit par la conquête. On avait alors une multitude d’Etats, avec dans chacun des colons différents. C’est cette instabilité, qui allait virer au chaos, que j’ai voulu montrer.

En lisant « Un don », j’ai beaucoup pensé à Elmore Leonard [un des maîtres du roman noir US, adapté au cinéma par Tarantino ou Soderbergh]. De la même génération que vous, il a, lui, écrit des westerns antiracistes…

J’adore ! C’est vrai qu’il est surtout connu pour ses dialogues et ses romans noirs. Mais ses westerns sont excellents. Le modèle du genre, aux Etats-Unis, c’est « Règlements de comptes à OK Corral » (de John Sturges, 1957), ce film inspiré d’un fait réel.

Ce que le film ne dit pas, c’est que si Wyatt Earp et Doc Hollyday (Burt Lancaster et Kirk Douglas) s’associent, c’est non seulement pour « nettoyer la ville », mais aussi pour ne pas permettre aux Noirs d’y venir. Une Histoire reste à écrire : celle des cow-boys noirs.

Toni Morrison : « Une contre-histoire de l'Amérique à écrire » dans ACTU GENERALE Morrison-Un%20don%20jpgLe livre a été publié en 2008 aux Etats-Unis. On fait forcément le lien avec l’essor d’Obama, d’autant que vous l’avez beaucoup soutenu. Les Etats-Unis entrent-ils dans l’ère « postraciale » ? Comment vivez-vous les premiers mois d’Obama à la maison Blanche ?

Certes, le « dialogue racial » s’améliore et l’atmosphère a changé. Mais il y a encore de nombreux groupes et milices racistes. Je hais ce terme de « postracial », mais il est vrai que le couple Obama est complètement un mix. C’est ça qui est nouveau.

Lui a des origines au Kansas autant qu’au Kenya. Et Michelle Obama descend d’esclaves autant que de propriétaires. Ce couple est un mix et un continuum. Mais il ne faut pas oublier que Clinton avait été le premier président vraiment en rupture : un foyer monoparental, une origine modeste, une enfance dans la classe ouvrière.

Durant sa campagne, Obama a été très soutenu par les militants. La participation aux élections a été plus forte que jamais (58% contre 30 % habituellement). Il y a donc un risque : tout le monde attend qu’il fasse tout, change, tout. Du coup, les gens ne participent plus. Ils voient Obama comme un roi qui va leur rendre tout ce qui lui a été donné durant la campagne.

Or, il faut comprendre que le pouvoir reste au peuple ! C’était aussi ça, le sens de la campagne. Il va falloir continuer à agir, par exemple pour l’extension de la couverture médicale.

► L’entretien avec Toni Morrison était traduit par Raphaëlle Liebaert, que nous remercions.

« Un don » de Toni Morrison (trad. Anne Wicke, Christian Bourgois, 195 pp., 15 €)

http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/2009/06/21/toni-morrison-une-contre-histoire-de-l-amerique-a-ecrire

«Un don » : génèse de l’Amérique

 « N’aie pas peur. Mon récit ne peut pas te faire du mal malgré ce que j’ai fait et je promets de rester calmement étendue dans le noir » : ainsi s’ouvre le livre. Avec la jeune Florens, fille d’esclave africains offerte à une famille de propriétaires par sa propre mère.Nous sommes à la fin du XVIIe siècle, dans le Maryland. Dans « Beloved » (situé deux siècles après), Toni Morrison avait mis en scène une mère hantée par le fantôme de sa fille qu’elle avait égorgée pour lui éviter de connaître l’esclavage. « Un don » est le donc le miroir inversé de « Beloved ».

Le récit à la première personne de Florens se mêle à la vie des autres personnages : Jacob, orphelin venu d’Angleterre et propriétaire d’une plantation ; Lina l’esclave amérindienne dont la tribu a été décimée par une épidémie ; Rebekka, l’épouse de Jacob, dont les enfants meurent les uns après les autres ; Sorrow, l’enfant rescapée d’un naufrage ; Willard et Scully, qui travaillent pour acheter leur liberté. Des êtres marqués par l’abandon.

Cette plantation est aussi l’utopie d’une multiplicité harmonieuse : le couple, les servantes et les engagés forment une famille. Mais la ferme est devenue un enfer à la mort de Jacob, tombé malade alors qu’il commençait à céder aux sirènes du commerce des hommes…

Désynchronisant les temporalités et les narrations (une marque de l’auteur), le livre se déroule sur trois jours et devient une plongée géographique et métaphorique vers les origines d’une nation. La bible d’un paradis noyé et la genèse d’une nation qui se fondera sur l’individualisme et le racisme.

Polémique après l’arrestation d’un prof de Harvard noir

à la une

Polémique après l’arrestation d’un prof de Harvard noir

Ami d’Obama, Henry Louis Gates a été arrêté alors qu’il tentait d’ouvrir sa propre maison. Le Président a pris fait et cause pour lui.

Henry Louis Gates (DR)

L’affaire Henry Louis Gates a fini par remonter jusqu’au sommet : interrogé sur le sujet, Barack Obama a jugé l’arrestation du Professeur Gates « stupide » et évoqué la persistance du racisme aux Etats-Unis, qui les « hante ».

Henry Louis Gates a en effet été arrêté par la police alors qu’il luttait pour ouvrir la serrure bloquée de sa maison. C’est un éminent professeur d’Harvard, spécialiste de l’histoire des tensions raciales aux Etats-Unis. Et noir.

Un « comportement désordonné et belliqueux »

L’incident, qui nourrit un débat passionné depuis quelques jours aux Etats-Unis, a eu lieu la semaine dernière. Henry Louis Gates, « Skip » pour ses familiers, revenait d’un voyage en Chine, où il effectuait des recherches sur les origines du célèbre violonceliste Yo-Yo Ma.

Il arrive chez lui, à Cambridge (banlieue chic de Boston) mais ne parvient pas à ouvrir la porte de sa maison. Avec l’aide de son chauffeur, noir lui aussi, il tente de forcer la porte en poussant dessus. Une passante zélée les repère et prévient la police.

Gates a pu entretemps rentrer chez lui. Une voiture de police arrive, un policier (blanc) se présente, demande à Gates de sortir. Ce dernier refuse. Le policier entre. Gates lui présente une pièce d’identité (avec son adresse) et demande au policier de s’identifier à son tour, ce que ce dernier aurait refusé de faire. Le policier sort, Gates le poursuit, en colère, répétant : « C’est comme cela que vous traitez un Noir aux Etats-Unis ! »

Selon le rapport de police, Gates affichait un « comportement désordonné et belliqueux » et menaçait : « Vous ne savez pas à qui vous avez affaire. » Le policier décide alors de lui passer les menottes et de l’arrêter. Le rapport précise que l’officier s’est identifié, contrairement aux dires de Gates.

Un jeune noir sur neuf en prison

L’élection de Barack Obama a eclipsé pendant quelques mois le débat sur la discrimination raciale aux Etats-Unis. L’affaire Gates l’a brutalement reveillé. Certes, comme l’a rappelé mercredi le Président, le racisme recule aux Etats-Unis. Mais un jeune noir sur neuf est toujours en prison et les contrôles policiers ciblent encore trop souvent les suspects en fonction de leur couleur de peau…

Gates n’entend en tout cas pas en rester là. Il veut mettre sa notoriété au service de la lutte contre le « délit de faciès » (« racial profiling » en VO), notamment en réalisant un documentaire sur les discriminations dans la justice pénale.

Obama : « Si cela m’était arrivé… »

Barack Obama, pour sa part, a déclaré comprendre la colère de « Skip » Gates, qui est par ailleurs son ami personnel.

« Si c’était moi qui avais essayé de m’introduire… », a-t-il plaisanté, avant de se reprendre : « Cela ne risque pas trop d’arriver ici [à la maison Blanche, ndlr]… Je serais descendu » :

« Ce que nous savons, au-delà de cet incident, c’est que la police depuis très longtemps arrête des Africains-américains et des Latinos de façon disproportionnée, a-il encore déclaré. C’est un simple constat. » (Voir la vidéo, en anglais)

Le policier responsable de l’arrestation s’est déclaré « déçu » par les remarques d’Obama, et notamment par l’utilisation du mot « stupidité » : selon lui, le Président a parlé « sans connaître les faits. » Il a refusé de s’excuser, estimant qu’il avait « suivi les procédures ».

Et pour prouver qu’il n’est pas raciste, Jim Crowley a raconté qu’il n’avait pas hésité à faire le bouche à bouche à la star de basket Reggie Lewis, un noir.

http://www.rue89.com/2009/07/23/polemique-apres-larrestation-dun-prof-de-harvard-noir

Petites et grandes manœuvres autour du procès Fofana

tribune

Petites et grandes manœuvres autour du procès Fofana

La procédure d’appel décidée par le gouvernement n’a rien à voir avec la recherche de la justice. Il s’agit d’une décision concertée avec le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) afin de renforcer le rôle de celui-ci dans la communauté juive, face à des organisations plus remuantes et radicales.

La surenchère, portée notamment par l’autoproclamé Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) dirigé par Sammy Ghozlan, ex-commissaire de police, plaçait le CRIF dans une situation difficile ; il était accusé de tiédeur dans la mobilisation voire de compromission. Le CRIF peut maintenant se prévaloir d’une victoire politique.

Une mise en scène qui contribue à dénaturer la lutte contre l’antisémitisme

L’UEJF et SOS-Racisme se sont prêtées à cette mise en scène qui n’apporte rien au combat contre l’antisémitisme et contribue même à le dénaturer. La reconnaissance du caractère antisémite du crime de Fofana, soulignée par le procès et le verdict, est mise en cause par la manipulation judiciaire en cours.

L’avocat Francis Szpiner, défenseur en principe de la famille Halimi, a joué un rôle particulier tout au long du procès, notamment dans les médias. C’est lui qui a prétendu vouloir mener le « procès de l’antisémitisme des banlieues ». Comme si un procès d’assises, qui plus est non-public, pouvait remplacer le combat contre le racisme et l’antisémitisme et devait de plus donner lieu à des généralisations abusives.

La manipulation est une constante chez celui qui a toujours incarné la confusion du barreau et du pouvoir. Proche de Chirac, il participe pendant les années 1995-2002 à l’activité de la cellule juridique de l’Elysée (surnommée le « cabinet noir ») autour de Dominique de Villepin, chargée de suivre les affaires politico-financières.

Il fut aussi l’avocat de la Mosquée de Paris et de Dalil Boubakeur dans l’affaire des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo et dans laquelle Sarkozy fit parvenir un courrier de soutien au journal. A l’inverse maître Françoise Cotta, avocate de la défense, reprend dans une tribune au journal Le Monde l’accusation si vague et dangereuse de communautarisme, tout en concédant l’antisémitisme de Fofana. Elle exploite la sempiternelle référence à l’affaire du RER D (fausse agression antisémite inventée par une jeune femme en juillet 2004) dont la responsabilité repose entièrement sur le gouvernement de l’époque et les médias, qui sans aucune vérification, montèrent l’affaire en épingle. Quel rapport avec Ilan Halimi ?

Un jeu avec les médias

De manière générale, les avocats et le procureur Bilger ont joué avec les médias, se répandant en déclarations et tribunes d’autant moins vérifiables que le procès se déroulait à huis clos. Des débats télévisés ont eu lieu dès le début du procès, notamment une certaine émission de « Mots croisés » sur France 2, tournant à la foire d’empoigne entre les différents avocats des parties civiles et de la défense.

Il faut donc pouvoir s’extraire de l’atmosphère particulière qui a entouré ce procès au cours duquel Fofana a choisi une posture d’islamiste et de héros autoproclamé du monde arabe et a accentué jusqu’à la caricature le contenu antisémite de ses actes. Il a sans doute été conseillé dans ce sens, de même qu’il n’a pas déniché par hasard son avocat, Emmanuel Ludot, proche d’Alain Madelin et ancien défenseur de Saddam Hussein (voir plus loin sur le soutien de Kémi Seba).

Au-delà de cette atmosphère délétère, le principal constat est qu’il s’agissait bien, pour les chefs de la bande, d’un crime à caractère antisémite, et donc raciste. Fofana n’a pas cherché à enlever une personne fortunée mais un juif, presque au hasard. Il voulait exploiter la richesse supposée « des juifs » et leur capacité et habitude de payer pour pouvoir récupérer l’un des leurs. Il a d’ailleurs fait appel à un rabbin, trouvé dans l’annuaire, pour transmettre des messages à la famille, qu’il considère comme responsable de l’échec de son affaire pour n’avoir pas payé l’énorme rançon exigée.

Sarah, qui a servi d’appât, a raconté aux enquêteurs la teneur d’une discussion avec Youssouf Fofana :

« D’après lui, les juifs étaient les rois, car ils bouffaient l’argent de l’Etat et lui, comme il était noir, était considéré comme un esclave par l’Etat. »

 

A partir de cette première déshumanisation de l’otage, il n’a pas hésité à le torturer longuement. Ilan Halimi été tondu, poignardé, brûlé, et abandonné mourant le long d’une voie ferrée.

« Si le débat avait été public, la réalité aurait été tout autre »

Cette question de l’antisémitisme est lancinante et douloureuse, notamment pour la mère d’Ilan Halimi. Elle accuse les policiers de ne pas avoir tenu suffisamment compte du fait que son fils courait un danger particulier, parce que juif. Pour elle qui entend mener un combat de principe contre l’antisémitisme, la non-publicité du procès signe une défaite et engendre une inquiétude, la poussant même à une référence abusive à la Shoah. Elle déclare ainsi :

« …La France aurait pris conscience qu’aujourd’hui, la Shoah recommence. L’état dans lequel Ilan a été retrouvé, ce qu’on lui a fait subir est inadmissible. Si le débat avait été public, la réalité aurait été tout autre. »

 

Elle assure que jusqu’à sa mort, elle dira « qu’aucun jeune, quelle que soit son origine, ne doit (pas) être la victime de ce genre de crime… » On peut souhaiter avec elle que tous les crimes et toutes les agressions racistes soient traités avec sérieux et sévérité.

Ne pas séparer le combat contre le racisme de celui contre l’antisémitisme

Séparer ou opposer la lutte contre le racisme et le combat contre l’antisémitisme est en effet injustifiable et produit des dérives. Il est ainsi utile de revenir sur la position adoptée en 2006 par certains courants qui auraient dû y participer.

Une partie de la gauche radicale, dont la LCR, l’UJFP et le Mrap désertèrent la manifestation de protestation du 26 février 2006 après la mort d’Ilan Halimi, appelée par le Crif, SOS-Racisme et la Licra.

Les deux arguments avancés par ces organisations pour ne pas participer à cette initiative tenaient à « l’incertitude » sur le caractère antisémite du crime et à la présence annoncée de Villiers. Sur ce dernier point, SOS Racisme et la Licra expulsèrent immédiatement de Villiers dès le début du cortège et le croisé xénophobe quitta les lieux alors que le CRIF était disposé à l’accueillir.

Mais surtout les organisations abstentionnistes tergiversaient sur le caractère de ce crime et se retranchaient derrière la police et la justice qui n’avaient pas établi le caractère antisémite de l’affaire. Cet étrange prétexte, s’agissant d’organisations habituellement peu enclines à s’aligner sur les analyses policières, témoignait d’une réticence habituelle à s’emparer du combat contre l’antisémitisme, en raison des liens supposés avec la situation au Proche-Orient.

A l’inverse, dans les groupes antisémites virulents, Fofana est défendu voire encensé.

Ainsi l’agitateur Kemi Seba s’est proclamé protecteur de Fofana au nom de ses groupes successifs. Voici le courriel que la Tribu Ka qu’il dirigeait envoyait à des organisations juives fin février 2006, après l’assassinat d’Ilan Halimi :

« Message de la Tribu K.A à la communauté juive.

Nous observons depuis ces derniers jours suite à la mort du vendeur de portable Ilan Halimi qu’une véritable chasse à l’homme se dessine envers Y. Fofana, accusé par votre communauté d’être responsable de la mort de l’un d’entre vous.

Nous n’irons pas (par) quatre chemins, que notre frère soit coupable ou pas, nous vous prévenons que si d’aventure, il vous prenait l’envie d’effleurer ne serait-ce qu’un seul des cheveux du frère, au lieu de lui laisser avoir un procès équitable, nous nous occuperons avec soin des papillotes de vos rabbins, et croyez-nous, vos pseudo services de sécurité de la LDJ ou du Betar ne vous seront d’aucune aide face à la volonté de justice des nôtres.

Laissez le frère se faire juger équitablement ou vous paierez. Kémi Séba, Fara de la Tribu K.A »

 

Kemi Seba est de nouveau intervenu dans ce sens lors de l’arrestation de Fofana en Côte-d’ivoire, puis récemment en mai 2009.

Dans cette même dernière période, le Mouvement des damnés de l’impérialisme qu’il dirige maintenant vient d’intégrer dans ses rangs le négationniste vétéran Serge Thion.

L’avocate garaudiste Isabelle Coutant-Peyre, compagne de Carlos et soutien de la campagne Dieudonné-Soral-Gouasmi, a été quelque temps dans la défense de Fofana avant qu’il la récuse en tant que « juive » et donc dangereuse.

Elle déclare conserver toute son admiration envers Fofana, « extrêmement courageux et très intelligent », comparé aux « militants d’extrême gauche » des années 80 (Action Directe et RAF). Il ne serait pas coupable de la mort d’Ilan Halimi en raison de la « complicité objective » policière qui aurait « laissé passer le temps ». Les autorités auraient décidé d’attendre que le drame s’accomplisse afin que survienne une « affaire emblématique » de la montée de l’antisémitisme (voir notre article précédent « Procès Fofana : décryptage »).

Le combat contre le racisme et l’antisémitisme est, plus que jamais, d’une actualité brûlante.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

http://www.rue89.com/2009/07/15/petites-et-grandes-manoeuvres-autour-du-proces-fofana?page=1

Obama ranime la tension raciale après l’arrestation d’un ami noir

WASHINGTON

Obama ranime la tension raciale après l’arrestation d’un ami noir

Par AFP, publié le 24/07/2009 à 00:05 – mis à jour le 24/07/2009 à 00:07

WASHINGTON – Le président américain Barack Obama a ranimé la tension raciale qu’il s’emploie habituellement à contenir en qualifiant de « stupide » l’attitude de la police qui a arrêté la semaine dernière un ami et éminent universitaire noir.

AFP/Saul Loeb

Le président Barack Obama à Shaker Heights, Ohio, le 23 juillet 2009

Sur les télévisions ou dans les blogs, partout était posée jeudi la même question: le premier président noir des Etats-Unis est-il allé trop loin mercredi soir quand il s’en est pris, devant des millions de téléspectateurs, à la police de la petite ville de Cambridge (Massachusetts, nord-est), pour l’arrestation de Henry Louis Gates Jr. alors que, de son aveu même, M. Obama ne disposait pas de tous les éléments du dossier ?

M. Gates, spécialiste des questions africaines et afro-américaines à la prestigieuse université Harvard et ami de longue date de M. Obama, a été arrêté la semaine dernière après avoir enfoncé la porte de son domicile parce qu’il ne retrouvait pas ses clés à son retour de voyage. La police avait été alertée par une voisine croyant à un cambriolage.

Les faits varient sensiblement selon qu’ils sont rapportés par M. Gates ou par celui qui l’a arrêté, le sergent James Crowley. M. Gates dit avoir été victime d’un comportement raciste. M. Gates a été conduit au poste parce qu’il s’est comporté grossièrement, assure le policier.

« Je ne connais pas tous les faits« , a reconnu M. Obama lors d’une conférence de presse mercredi.

Mais « la police s’est conduite de manière stupide en arrêtant quelqu’un alors que la preuve était faite qu’il était chez lui« , a-t-il dit.

Une telle arrestation illustre l’importance que continue à revêtir le facteur racial aux Etats-Unis, malgré les progrès accomplis, dont il est la preuve vivante, a dit M. Obama qui, au cours de sa campagne et depuis son investiture, a observé une certaine réserve sur la question.

Pour le sergent Crowley, qui se décrit comme un partisan de M. Obama, celui-ci est « à côté de la plaque« .

Le policier ne savait pas, quand il est arrivé au domicile de M. Gates, s’il avait affaire au propriétaire ou à un criminel, puis, quand M. Gates a justifié de très mauvais gré de son identité, si un cambrioleur ne se trouvait pas à l’intérieur, a-t-il rapporté.

M. Gates a été arrêté pour trouble à l’ordre public, charges abandonnées cette semaine. Il juge l’incident exemplaire de la manière dont la police traite les Noirs et a réclamé des excuses.

« Il n’y aura pas d’excuses de ma part, je n’ai rien fait de mal« , a répondu le sergent Crowley, jugeant « ridicule » l’accusation de racisme.

Sur l’internet, on se demandait si l’on était en présence d’une manifestation de racisme ou qui était le raciste dans l’affaire.

Le policier a reçu le soutien de nombreux collègues, inquiets de l’atteinte portée par M. Obama à leur image.

Dans un entretien accordé à la chaîne ABC, M. Obama s’est dit « surpris de la controverse« . Il a vu dans ses déclarations un « commentaire assez direct sur le fait qu’on n’a probablement pas à menotter un gars, un homme d’âge mûr qui se sert d’une canne et qui en plus est chez lui« .

Au moment où le pays est en proie à la guerre et à la crise, « il est absurde d’arrêter un type à son propre domicile quand il ne provoque pas de trouble grave« , a-t-il dit selon des propos publiés sur le site de la chaîne.

Le gouverneur du Massachusetts, Deval Patrick, a pris la défense de l’universitaire et évoqué sa propre expérience des interpellations policières. « C’est le cauchemar de tous les Noirs et la réalité que vivent de nombreux Noirs« , a-t-il dit.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/obama-ranime-la-tension-raciale-apres-l-arrestation-d-un-ami-noir_776515.html

La réaction du Président OBAMA est humain, ce n’est pas un surhomme. Il a dailleurs raison de soutenir son ami car le racisme n’a pas cessé du fait de son élection. C’est se mentir que de croire, qu’élire un président noir peut arrêter le désordre mental qu’est le racisme. TEBAWALITO.

 

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