TEBAWALITO

blog de la fraternité avec la diaspora noire. Ceux a qui cet appel fait echo, venez et matez mon blog

21 avril, 2009

Ségolène Royal sur RFI [09/04/2009]RFI

Ségolène Royal sur RFI [09/04/2009]

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Le blog de Jean-Marcel Bouguereau

Ségolène Royal au Sénégal demandant pardon pour Sarko et Eric Besson face au « délit de solidarité »

C’est le choc de deux évènements qui, à priori, n’ont rien à voir. D’une part la journée organisée ce mercredi par diverses associations pour demander la suppression du « délit de solidarité » avec les sans-papiers, ainsi que l’a amplement illustré le récent film Welcome, actuellement à l’affiche, qui raconte l’histoire d’un maître-nageur poursuivi pour avoir aidé un immigré kurde irakien en situation irrégulière. D’autre part les propos tenus au Sénégal par Ségolène Royal à propos du fameux discours de Dakar de Nicolas Sarkozy : « Quelqu’un est venu ici vous dire que « l’Homme africain n’est pas encore entré dans l’Histoire », avait-elle notamment déclaré dans un long discours portant pour l’essentiel sur le partenariat entre Europe et Afrique. « Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et -je vous le dis en confidence- qui n’engagent ni la France, ni les Français », avait ajouté l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle en France.

Enjeu : La conception que l’on se fait de l’Afrique. Et de son rôle.

Des mots qui ont suscité un tollé à droite et commencé à créer un brin de zizanie entre l’UMP et Bernard Kouchner qui avait jugé « maladroit » la phrase controversée sur l’Afrique, en 2007, du président Nicolas Sarkozy. Quels rapports entre ces deux évènements ? La conception que l’on se fait de l’Afrique. Et de son rôle. Car Ségolène Royal ne s’est pas seulement appesantie sur le fameux discours de Dakar : Voulant « porter une parole de respect, de fraternité et de justice », elle s’est étonnée que le G20 n’est pas davantage associé l’Afrique : « Au delà des avancées positives qu’il faut saluer et qui viennent poser d’autres règles du jeu, pourquoi l’Afrique ne s’y trouve-t-elle pas ? Pourquoi avoir écarté un milliard d’habitants et 1/3 des ressources naturelles de la planète? Ce n’est ni juste ni efficace. Tout comme n’est ni juste ni efficace l’absence de ce continent au sein du Conseil de sécurité des Nations unies ou encore sa sous-représentation dans les conseils du FMI et de la Banque mondiale. L’Afrique doit enfin avoir toute sa place dans les instances internationales car nous avons besoin d’elle, de sa vision, de ses talents, de sa faculté de don, de ses idées ». C’est ce discours qu’aurait du tenir Nicolas Sarkozy lors de sa récente éclair de deux jours dans …trois pays africains !


Sans développement de l’Afrique, on continuera à voir des barques de fortunes qui chavirent

Mais le rapport avec la journée contre la suppression du « délit de solidarité » avec les sans-papiers ? Sans développement de l’Afrique, on continuera à voir des barques de fortunes qui chavirent à hauteur de l’Ile de Lampedusa, provoquant comme l’autre semaine la mort de 21 immigrés clandestins et 200 portés disparus. En attendant, Eric Besson poursuit le travail d’Hortefeux, remplissant ses quotas comme on remplit un outre percée, car chacun sait que les expulsés reviennent au péril de leur vie. Hier, Eric Besson, répondant aux associations leur a affirmé que « ce délit de solidarité n’existe pas », oubliant de dire que nombre de bénévoles ont été inquiétés.

Eric Besson va pouvoir montrer sa bonne volonté, s’il lui en reste

Bientôt Eric Besson aura l’occasion de montrer sa bonne volonté, s’il lui en reste. Une proposition de loi devrait être déposée réaffirmant le principe de l’accueil inconditionnel dans les structures associatives susceptibles d’accueillir et d’accompagner des migrants ; à dépénaliser les « aidants » et à interdire les interpellations de personnes en situation irrégulière dans les lieux d’accompagnement et d’accès aux droits (éducation, santé….). Une loi qui irait dans le sens de ces propos signés Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur : « Pour ma part, je n’ai nullement l’intention de poursuivre celui de nos compatriotes qui tend la main à la personne en situation de détresse, quelle que soit sa situation au regard de la législation sur le séjour. » Il s’agit à présent de passer des intentions aux actes.

http://jeanmarcelbouguereau.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/04/07/segolene-royal-au-senegal-demandant-pardon-pour-sarko-et-eri.html

Danny Glover et Forest Whitaker honorés au Nigeria

Danny Glover et Forest Whitaker honorés au Nigeria
16/04/2009
 
  Danny Glover et Forest Whitaker honorés au Nigeria  dans ACTU GENERALE transparent
Ils ont été fait chefs lors d’une visite lors d’un séjour au Nigeria. Forest Whitaker a en outre fait part de son désir de collaborer avec l’industrie cinématographique nigériane
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Par Redaction Grioo.com

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transparent dans BLACK W Beauty transparent dans NOIR OU BLACK MAIS ILLUSTRE Forest Whitaker et Danny Glover lors de leur séjour au Nigeria en avril 2009 transparent dans PERSPECTIVE DE DEVELOPPEMENT transparent dans SOCIETE ET DIVERS  
transparent dans TECHNOLOGIES transparent Forest Whitaker et Danny Glover lors de leur séjour au Nigeria en avril 2009
© odili.net/
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Les acteurs Danny Glover et Forest Whitaker se sont vu remettre des titres de chefs par le village de Nkwere au Nigeria, à la suite de révélations via des tests ADN selon lesquelles Forest Whitaker auraient des ancêtres Ibo, originaires plus précisément du village de Nkwere au Nigeria.

C’est le chef Nze Chukwuka Anyiam-Osigwe, qui a présenté les deux acteurs qui séjournaient au Nigeria à l’occasion de la 5ème édition des African Movie Academy Awards qui avaient lieu dans l’Etat de Bayelsa. Selon le journal nigerian Vanguard, Glover et Whitaker ont été acclamés par la foule alors que leur convoi entrait dans le village, accueilli par des joueurs de tam tam et des danseuses.

L’ancien Anyiam-Osigwe a déclaré : « c’est notre frère perdu. Nous l’avons retrouvé après toutes ces années, et ramené à la maison. Il n’y a qu’un homme Nkwere pour retrouver le chemin de la maison après toutes ces années (…) Aujourd’hui notre frère Whitaker et son ami Glover seront fait chefs Nkwere et ce n’est pas chose facile d’être chef Nkwere car il n’y en a que 30 dans le monde ».

 

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transparent transparent Forest Whitaker et Danny Glover transparent transparent  
transparent transparent Forest Whitaker et Danny Glover
© odili.net
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Acceptant l’honneur qui leur était fait, Danny Glover et Forest Whitaker ont remercié le chef et la population de les accepter, de reconnaître leurs succès dans le monde du cinéma et de les trouver dignes d’être honorés.

Lors d’une interview à Lagos, avec le journal Next, les deux acteurs ont révélé que ce n’était pas la première fois qu’ils séjournaient sur le continent africain. Danny Glover a fait savoir qu’il s’y rendait au moins trois fois par an, tandis que Forest Whitaker s’était rendu en Ouganda à l’occasion du tournage du film Le dernier roi d’Ecosse. Ce séjour en Ouganda lui a d’ailleurs permis de découvrir les films produits par Nollywood.

Forest Whitaker a par ailleurs fait savoir qu’il était intéressé par une collaboration avec des réalisateurs et producteurs nigérians. Il travaille également sur plusieurs projets : « what a wonderful world », un film retraçant la vie de Louis Armstrong, et un film sur les enfants soldats.

Michelle, une First Lady atypique au caractère d’acier« Maman en chef »

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Gamma

Michelle, une First Lady atypique au caractère d’acier

« Maman en chef »

Michelle et ses deux filles Sasha (7 ans) et Malia (10 ans).

 

 

Le Figaro

Michelle, une First Lady atypique au caractère d’acier

Cendrillon brillante, la nouvelle première dame est naturellement une star. L’ombre ne peut l’effrayer.

Paru le 20.01.2009 , par François Hauter

(1/3)

Avec son menton volontaire et son sourire rayonnant, elle arrive de Chicago. Chicago, c’est le muscle de l’Amérique, l’endroit où toutes les richesses des grandes plaines convergent et se négocient, la ville où les hommes de caractère se forgent des destins exceptionnels, en prenant des risques, et en imaginant des solutions auxquelles les autres Américains ne songeraient même pas. Les hommes et les femmes de cette ville ne sont ni des visionnaires, ni des rêveurs. Ils sont des bâtisseurs. Michelle Obama, 44 ans, née Robinson, est donc une femme de Chicago, et avec son mari, c’est cette force concentrée qui prend le pouvoir à Washington.

Les élites noires de la capitale fédérale, tellement sophistiquées et raffinées que l’on en a parfois un peu honte pour les manières des Blancs, vont devoir s’adapter à « Michelle » (prononcez « Miiicheeel », comme dans la chanson des Beatles), « le roc de ma famille », explique Barack Obama.

Comptez deux « Michelle » à partir d’aujourd’hui. La First Lady d’abord, dont chaque geste, chaque tenue vestimentaire ou la moindre remarque sera interminablement commentée, d’autant qu’elle sera la première femme noire à occuper ce rôle de « reine des mères d’Amérique ». Les Américains chargent traditionnellement leurs présidents de tant d’espoirs, ils les idéalisent si fort au début de leurs mandats, que leurs épouses sont elles aussi hissées au firmament des millions de housewives (femmes au foyer) du pays.

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 http://madame.lefigaro.fr/celebrites/en-kiosque/1816-michelle-une-first-lady-atypique-au-caractere-d-acier/2

Pourquoi l’Afrique fut elle conquise au 19 ème siècle ?

Pourquoi l’Afrique fut elle conquise au 19 ème siècle ?
16/05/2003
 

Pourquoi l'Afrique fut elle conquise au 19 ème siècle ?    dans AFRIQUE ET DIASPORA transparent
La supériorité technologique donna un avantage décisif aux européens lors de la conquête de l’Afrique
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Par Paul Yange

http://www.grioo.com/info283.html

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En 1880, seules quelques régions nettement circonscrites de l’Afrique étaient sous domination directe des européens. En 1914, excepté l’Ethiopie et le Liberia, l’Afrique entière est divisée et occupée par les puissances européennes (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Portugal, Belgique, Espagne et Italie) et le colonialisme s’y installe. Divers facteurs objectifs permettent d’expliquer le processus de conquête et d’occupation de l’Afrique.

pucemenu Les conflits inter africains (alors qu’à la même époque l’Europe jouissait d’une certaine stabilité) divisèrent les forces de ces Etats alors que les européens pouvaient mobiliser leurs troupes de manière presqu’exclusive à leur conquête d’outre mer. 

Grâce au travail des missionnaires et des explorateurs, les européens en savaient plus sur l’Afrique (géographie, économie, ressources, forces et faiblesses des Etats) que les africains n’en savaient sur l’Europe. De plus, du fait des progrès de la technologie médicale, (emploi prophylactique de la quinine contre la malaria), les européens redoutaient beaucoup moins l’Afrique qu’avant le milieu du 19è siècle. Ajoutons à cela que les ressources financières des Etats européens étaient largement supérieures à celles des Etats africains.

 

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transparent transparent ''Exterminez toutes ces brutes'' de Sven Lindqvist transparent transparent  
transparent transparent  »Exterminez toutes ces brutes » de Sven Lindqvist
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Tandis que les Etats européens pouvaient dépenser des millions de livres pour leurs conquêtes, les Etats africains ne soutenaient pas la comparaison. L’avènement de la révolution industrielle en Europe et de ses progrès techniques ( Le Bateau à vapeur par exemple, découvert par l’américain Robert Fulton permis aux européens de pénétrer à l’intérieur du continent africain, et de transporter notamment leur armement par ce moyen) accentua de façon décisive l’avantage des européens.

pucemenu Là où les européens employaient des armées professionnelles et bien entraînées, la plupart des Etats africains mobilisaient des individus pour leurs besoins offensifs et leurs besoins défensifs. De plus au terme de la convention de Bruxelles (1890), les Etats européens décidèrent de ne plus vendre aucune arme aux africains, ce qui laissa les africains avec des fusils démodés ou un armement traditionnel très inférieur à l’armement européen (1)

L’écrivain suédois Sven Lindqvist (2) a parfaitement montré de quelle façon parmi tous les facteurs précedemment cités, l’avantage technologique dans le domaine de l’armement se révéla être un avantage décisif pour les européens dans la conquête de l’Afrique :

Jusqu’au milieu du XIXè siècle, les armes à feu du « tiers monde » pouvaient se mesurer à celles de l’Europe. L’arme standard était un fusil, chargé par le canon, à canon lisse qui était également fabriqué par les forgerons de village en Afrique. Mais la portée de ces fusils ne dépassait pas 100 mètres, il fallait une minute pour les recharger, 3 fois sur 10 le coup ne partait pas et sous la pluie, l’arme cessait de fonctionner. Un archer tirait plus vite, plus loin et avec une plus grande précision. Il était seulement inférieur dans sa capacité à percer les blindages.

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transparent transparent La plus grande résistance africaine de l'histoire fut écrasée lors de la bataille d'Omdurman au Soudan transparent transparent  
transparent transparent La plus grande résistance africaine de l’histoire fut écrasée lors de la bataille d’Omdurman au Soudan
© churchill-society-london.org.uk
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C’est pour cela que les guerres coloniales de la première moitié du XIXè siècle furent longues et coûteuses. Même avec une armée de 100 000 hommes en Algérie, les français progressaient lentement puisque les armes d’infanterie des deux camps étaient comparables. En 1853, les britanniques commencèrent à remplacer leurs anciens fusils par des fusils Enfield, qui étaient efficaces jusqu’à 500 mètres et qui tiraient plus vite parce que la balle était contenue dans une cartouche en papier. La Prusse remplaça ses fusils à chargement par le canon par des fusils à chargement par la culasse. L’arme fut testée en 1866 à la bataille de Sadowa (les Prussiens allongés tiraient 7 coups avec leurs fusils Dreyse tandis que les autrichiens debout tiraient 1 coup, l’issue de la bataille était évidente).

Après différents progrès dans le domaine de l’armement, avec une concurrence entre Etats européens, les britanniques adoptèrent en 1869 le martini henry, une arme de la nouvelle génération (rapide, précise, insensible à l’humidité et aux secousses), les français produisirent alors le fusil Gras, les allemands le Mauser.

Puis, un peu plus tard, une nouvelle génération d’armes, les fusils à répétition, fit son apparition. En 1884, le français Vieille inventa la poudre sans fumée (ou poudre blanche) qui permettait aux soldats de rester invisibles lorsqu’ils tiraient. La mitrailleuse Maxim, fabriquée par Hiram S maxim fit son apparition. C était une arme facile à porter et qui tirait onze coups à la seconde. Les Britanniques équipèrent rapidement leurs troupes d’armes automatiques qui furent employées contre les Ashanti en 1874 et les Egyptiens en 1884.

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transparent transparent Behanzin (1844-1906), roi du Dahomey acheta des fusils et des canons à des marchands allemands et se constitua une armée de 15 000 hommes afin de resister à la pression etrangère sur son royaume transparent transparent  
transparent transparent Behanzin (1844-1906), roi du Dahomey acheta des fusils et des canons à des marchands allemands et se constitua une armée de 15 000 hommes afin de resister à la pression etrangère sur son royaume
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A la même époque, grâce à la bessemérisation et d’autres processus, l’acier était si bon marché qu’on pouvait l’employer pour la fabrication d’armes sur une grande échelle. Par contre en Afrique, les forgerons et les armuriers locaux n’étaient plus capables de fabriquer des copies des armes nouvelles. Ils ne disposaient pas du matériau requis, l’acier industriel. A la fin des années 90, la « révolution » des fusils était achevée. Tous les soldats pouvaient tirer sans être découverts, par tous les temps, 15 coups durant 15 secondes sur des cibles situées jusqu’à 1 kilomètre. L’avènement de la balle dum-dum (1897) à Ogive cisaillée en croix provoquant des blessures graves et guérissant très mal constitua le parfait complément à l’amélioration des fusils. Son utilisation fut prohibée entre Etats « civilisés » par la convention de La Haye en 1899.

La puissance technologique des pays européens par le moyen de leur armement se manifesta complètement lors de la bataille d’Omdurman le 2 septembre 1898, au Soudan. La plus grande résistance africaine fut écrasée : 11 000 soudanais furent tués tandis que les britanniques ne perdirent que 48 hommes. Quasiment aucun des 16 000 soudanais blessé n’avait survécu. Winston Churchill, alors correspondant de guerre pour un journal anglais, trouvait le plan des soudanais bien pensé, sauf sur un point essentiel : il sous estimait de façon fatale l’armement moderne.

Winston Churchill, cité par Sven Lindqvist : « Ainsi s’acheva la bataille d’Omdurman, la plus éclatante victoire jamais remportée par les armes de la science sur les barbares. En cinq heures, la plus forte armée de sauvages jamais dressée contre une puissance européenne moderne avait été détruite et dispersée sans guère de difficultés, avec en comparaison peu de risques et des pertes insignifiantes pour les vainqueurs ».

(1) Histoire generale de l’Afrique, editions Presence Africaine Unesco
(2) Sven Lindqvist, « exterminez toutes ces brutes », editions le serpent à plumes, 1999

http://www.grioo.com/info283.html

REINE DE SABA (association archives)

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Les Personnalités Noires et Célèbres

Reine de Saba
Avant J.C

Qui n’a pas entendu parler de l’aventure la plus romantique de la Bible, entre le roi Salomon et la Reine de Saba.
Une liaison dont sortira un fils, Ménélik, d’où est issue la lignée des grands rois d’Ethiopie.
La reine de Saba était une femme extrêmement belle et les rois de la terre convoitaient à la fois les faveurs
et les richesses de son royaume.

Cantiques des Cantiques 1 v.5-6
« Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem, Comme les tentes de Kédar, comme les pavillons de Salomon.
Ne prenez pas garde à mon teint noir: C’est le soleil qui m’a brûlée. Les fils de ma mère se sont irrités contre moi,
Ils m’ont faite gardienne des vignes. Ma vigne, à moi, je ne l’ai pas gardée… » 

 Elle était le symbole de la puissance et de la renommée de l’Afrique de l’époque, une des traces innombrables de la relation entre la bible et les Africains, de même sont étroitement liés les patriarches.
La reine de Saba, méconnue et pourtant si célèbre.

SHIRLEY JACKSON astro physicienne africaine americaine (association archives)

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SHIRLEY JACKSON
05-08-1946

Première astrophysicienne africaine-américaine de l’histoire, elle est connue dans le monde du nucléaire pour etre à l’origine d’un accélérateur de particule.
Son parcours est exceptionnel: de l’université du Massachussets ou elle est la seule afro américaine à Harvard ou elle est admise.

Présidente de la réglementation atomique, elle sera aussi élue présidente de l’AAAS (Association Américaine pour l’Avancement de la Science). De plus, prmière présidente oire du préstigieux institut polytechnique de Rennselear, elle sera récompensée en 2007 du VANEVAR pour l’ensemble de son travail dans le nucléair.

Ces parents n’ont eu cesse de l’encourager dans sa scolarité, douée et pluridisciplinaire à la fois, elle gravira les échelons de la société pour devenir le modèle pour plusieurs générations.

http://www.associationarchive.com/?page=persos&ID_perso=79

Michaëlle JEAN : Gouverneure Générale du Canada, première femme noire accédant à cette prestigieuse et haute fonction d’Etat.

Michaëlle JEAN
1957

Une femme, une histoire, un symbole. Voilà résumée la vie de cette grande dame d’origine haïtienne, actuelle Gouverneure Générale du Canada, première femme noire accédant à cette prestigieuse et haute fonction d’Etat.
Native de Port-au-Prince, fuyant avec sa famille le régime de Duvalier en 1968, Michaëlle Jean est une femme intelligente et talentueuse qui réussira de brillantes études en Europe. 
Elle sera une grande activiste participant à de nombreuses actions humanitaires sur le droit à l’immigration,
la lutte contre les discriminations et la violence conjugale entre autres.

http://www.associationarchive.com/?page=persos&ID_perso=68

Le milieu des « blancs créoles » de Guadeloupe/dossier [association archives]

Le milieu des « blancs créoles » de Guadeloupe.

Le milieu des blancs créoles de la Guadeloupe, par Edouard Boulogne.

( Un jeune journal Guadeloupéen « Le Mika déchaîné » publie dans son numéro 11 de septembre 2008, un dossier sur les blancs de la Guadeloupe : les « blancs péyi ». Ces jeunes coordonnés par Gladys Démocrite, m’ont rencontré, et je leur ai accordé un entretien. Cet entretien a été fidèlement publié. Mais les nécessités de la mise en page ont entraîné des coupures. En voici l’intégralité pour les lecteurs du Scrutateur. Le dossier est intéressant, même s’il s’adonne parfois, concessions peut-être inévitables à l’esprit du temps, à un certain persiflage. On lira aussi avec intérêt, quitte à ne pas en partager toutes les positions les déclarations de M. Bernard Petitjean Roget (pour les blancs de la Martinique), et sur des questions connexes les propos de l’historien Frédéric Régent, et ceux de M. Jean-Pierre Sainton. EB).

Déclaration préliminaire.

Tout ce que je dirai ici n’engage que moi. Mon propos reflète la pensée et l’analyse, d’un «blanc créole» de la Guadeloupe, dont les ancêtres sont arrivés en Guadeloupe, et plus précisément à Marie Galante dès le 17è siècle. Le premier était Germain Boulogne en 1658, alors âgé de 35 ans, natif de la paroisse Dandelier, archevêché de Paris. Son épouse Madeleine (née Sergeant) était native de Rouen. J’ai été professeur de philosophie et accessoirement journaliste. Je ne prétend pas que mes propos, mûrement et longuement réfléchis, engagent chaque membre de la « communauté » (mot que je n’aime pas à cause de la « clôture », de l’idée fermeture qu’il connote, et parce que je me méfie des communautarismes). Je me définis comme Guadeloupéen et Français, et aussi chrétien de confession catholique. Je ne parle pas au nom de quelque association que ce soit, à connotation ethnique ou non. Mes propos n’engagent donc que moi, même si, évidemment, je crois à leur pertinence.

• Qu’est-ce qu’un blanc créole ?

(Philippe de la Villegégu du Fresnat est Philippe Lavil).

C’est un homme de race blanche, né en Guadeloupe, et d’autant plus créole qu’il y a vécu plus longtemps.

Les métropolitains simplement de passage dans l’île ne sont pas des blancs créoles.

Les enfants de métropolitains, nés dans le département, qui aiment le pays, qui pensent s’y installer, qui fréquentent les diverses « communautés », qui ont appris à parler le créole, sont des Guadeloupéens et peuvent être considérés comme des blancs créoles. Beaucoup d’entre eux se présentant, par exemple, à des concours sportifs comme Guadeloupéens, peuvent être considérés comme des blanc créoles, de la même façon qu’un Thierry Henry, d’origine guadeloupéenne, peut être considéré comme un métropolitain (« négropolitain », comme nous disons, avec notre humour particulier).

Les blancs créoles ont une longue familiarité avec la Guadeloupe. Ils en sont à l’origine. Les Caraïbes, derniers « propriétaires » de l’île avant la colonisation, et qui en furent les victimes incontestables, étaient des guerriers, et des navigateurs. Ils ne cultivaient la terre qu’autour de leurs villages côtiers, dans leurs jardins, pour les besoins immédiats de leurs communautés.

A l’arrivée des premiers européens, et en ce qui nous concerne, des premiers Français, (pour simplifier à partir de 1635) la Guadeloupe est une terre vierge, sur sa plus grande surface.

Ces premiers européens relèvent de plusieurs catégories.

Il y a des gens, une petite minorité, qui ont de l’argent ou du prestige social lié à leur qualité d’aristocrates. Ces « grands blancs », parfois des bourgeois, ont de l’argent qu’ils veulent faire fructifier en l’investissant dans un « nouveau monde », moins soumis aux contraintes de la France métropolitaine d’alors.

Il y a des cadets de familles nobles qui cherchent à prospérer, ce qui ne leur est pas possible en Europe, l’essentiel du patrimoine familial échéant à l’aîné de la famille.

Il y aussi des nobles qui, par suite de fautes diverses, ont été mis au ban de la société métropolitaine, et qui comptent sur le caractère plus « ouvert » à cet égard du « nouveau monde », pour se refaire une sorte de « virginité », et pensent s’appuyer sur le prestige de leur nom, pour y « prospérer ».

(Auguste Bébian).

Et puis il y a une autre catégorie (le singulier est un peu simplificateur, car cette catégorie est elle-même assez hétérogène), de très loin la plus nombreuse, celle des « petits blancs » : amateurs d’aventures, individus misérables qui cherchent, un « nouveau monde », dans l’espoir d’une vie nouvelle, parfois des repris de justice, qui espèrent aussi à se refaire loin des lieux de leurs turpitudes, etc.

Ces gens, étaient qualifiés « d’engagés », ou encore de « trente six

mois », car ils s’engageaient à travailler aux Isles, pour une durée de trois ans éventuellement renouvelable.

Ils furent les gros bataillons des débuts de la colonisation.

Ils furent ceux qui défrichèrent la Guadeloupe, édifièrent les premières agglomérations, tracèrent les premières routes, inaugurèrent l’agriculture.

Très exploités par les planteurs riches (la minorité) ils vécurent dans des conditions extrêmement dures, misérables. Les chroniqueurs de l’époque en témoignent.

Par exemple Gabriel Debien cite un correspondant de Colbert qui écrit à ce dernier en 1669 : « II est à propos de dire et de savoir que cet engagement de service pour trois ans estoit une espèce d’esclavage, et mesme quelque chose de plus quand l’engagé tombe entre les mains d’un mauvais maître ».

Et le père Du Tertre, dans son Histoire générale des Antilles, écrit : « II y a eu autrefois des maistres si cruels qu’on a esté obligé de leur deffendre d’en acheter jamais, et j’en ai connu un à la Guadeloupe qui en a enterré plus de cinquante sur la place, qu’il avait fait mourir à force de travailler, et pour ne pas les avoir assistés dans leurs maladies. Cette dureté vient sans doute de ce qu’ils ne les ont que pour trois ans, ce qui fait qu’ils ont plus de soin d’épargner leurs Nègres que ces pauvres gens ».

On est loin, on le voit, de l’image du blanc créole, au ventre proéminant, richement vêtu, le cigare au bec, et le fouet à la main, promenant son arrogance cruelle au milieu des champs de cannes, même si de tels « maîtres » ont parfois existé, certes. Mais cette image d’Epinal, surtout forgée dans le cadre de la campagne justifiée des abolitionnistes des 18è et 19è siècles, ne donne pas une idée exacte de la réalité d’alors.

Ce qui différencie la vie des premiers colons blancs, les « engagés » des esclaves noirs qui arrivent peu à peu et deviennent majoritaires dès la fin du 17è siècle, c’est moins la dureté de la vie, que leur statut d’hommes « libres » (statut tout formel, mais malgré tout) pour les « engagés », quelle que soit leur humilité sociale, et d’esclaves pour les noirs, c’est-à-dire de biens meubles, achetables et disponibles à merci.

Ce sont les « nécessités » des politiques économiques européennes, à cette époque qui ont engendré ce retour à l’esclavage (aboli progressivement en Europe tout au long du moyen âge) en Amérique, et aux isles. C’est, rétrospectivement, une tragédie.

C’est cette législation distinguant les hommes libres, et les esclaves ( pas tout à fait hommes) qui créa une hiérarchie fondée sur la couleur, qui ne fut pas sans engendrer des conséquences néfastes et durables.

Ainsi les « engagés » dont les conditions d’exploitation par des blancs comme eux étaient équivalentes, sinon pires, à celles de leurs compagnons de misère, noirs, vont se désolidariser de ceux-ci, ne voulant pas être assimilés à des esclaves.

C’est ce qui explique, en partie, le tarissement progressif des « engagements », réduit à presque rien dès la fin du 17è siècle, et officiellement aboli en 1774.

Les engagés devinrent alors les forces d’encadrement des esclaves sur les habitations, commandeurs, etc. Les plus intelligents réussirent à se faire une place au soleil (si j’ose dire) en se hissant jusque dans la hiérarchie des grands blancs. Tel le célèbre La Ramée, qui se trouva à la tête d’une des plus grandes fortunes de l’île.

Ces considérations historiques, un peu longues peut-être pour une interview, me paraissent indispensables pour bien comprendre la personnalité de base du Guadeloupéen et celle du blanc créole en particulier.

On peut donc dire, que s’est créée au fil des siècles une stratification sociale, où les blancs, et pas seulement les riches, mais aussi les « petits blancs » ont constitué une aristocratie sociale (elle-même hiérarchisée en son sein), où la couleur de la peau était le critère de visibilité.

Un système économique et juridique a enserré, tous ces hommes, quelle que soit leur place dans la hiérarchie, dans un filet où la liberté individuelle ne disposait que d’un champ très réduit. La Révolution française viendra bouleverser cet ordre (ou ce désordre si l’on se place sur le plan d’une morale de la transcendance), en deux temps, 1794 et 1848 (continuité de 1789). Les blancs de la Guadeloupe, dont beaucoup furent massacrés, davantage par les révolutionnaires de l’hexagone d’ailleurs, que par les esclaves, furent ruinés. La Martinique « épargnée par la tourmente révolutionnaire » connut dès lors un devenir parallèle, mais différent de celui de la Guadeloupe. Et c’est pourquoi ce que je dis des Blancs créoles de la Guadeloupe, ne s’applique pas (ou plus) tout à fait aux Békés, les blancs de la Martinique, après 1789.

Même affaiblis, les créoles Guadeloupéens ont continué à être une élite sociale, morale, culturelle tout au long du I9eme siècle, et au 20è siècle, au moins jusqu’à la seconde guerre mondiale. Et ils demeurent, aujourd’hui, un groupe social respecté, et je crois pouvoir le dire estimé (même s’il a des défauts, comme les autres groupes !). Mais son pouvoir économique a diminué au profit des grandes sociétés métropolitaines ou martiniquaises, tandis que l’on voit monter et s’affirmer d’autres groupes, y compris dans l’ordre de l’économie, issus des milieux « de couleur » (mot qui découle de notre histoire singulière évoquée plus haut).

2) Les blancs créoles sont-ils racistes ?

(Le docteur Louis-Daniel Beauperthuy).

Tout dépend de ce que l’on place sous ce mot de « racisme ».

Si je me réfère à un dictionnaire reconnu comme le Robert, « racisme » désigne la croyance à une hiérarchie des races, à l’existence d’une race supérieure, et à l’hostilité à l’encontre des groupes ethniques considérés comme inférieurs.

Le « vrai » racisme paradoxalement s’est développé avec l’apparition de la science moderne, au 18è mais surtout au 19è siècle.

Dans les tout débuts de la colonisation aux Antilles il n’y a pas eu de racisme en ce sens. Les mariages inter raciaux étaient fréquents.

Comme il a été dit plus haut, le développement de l’esclavage comme institution, compliqué chez nous par la publication du Code Noir, a développé une idéologie raciste, et il ne fait pas de doute que les blancs créoles à cette époque ont été racistes. Ce racisme n’a jamais eu le caractère hystérique qu’il a pu prendre à certaines époques en Europe, chez les Nazis par exemple, entre 1924 et 1945.

Il a été tempéré d’abord par la vie en commun, je dirai la promiscuité des communautés, dans le cadre de l’économie de plantation.

Avec les noirs nous avons vécu en osmose, affrontant ensemble les événements heureux mais aussi les peurs liés aux épidémies qui frappaient indistinctement les uns et les autres, les phénomènes naturels : cyclones, tremblements de terre, éruptions volcaniques, etc.

Il y avait aussi la vie affective et sentimentale qui rapprochait ces gens que la loi de l’époque et les intérêts opposaient par ailleurs.

Le métissage constant ne fut pas seulement, ni principalement, à mon sens, le résultat du viol et de la force, mais le fruit du rapprochement plus ou moins secret de gens de races différentes que des usages sociaux, renforcés par la loi contraignaient par ailleurs à la discrétion dans leurs rapports privés. Ces usages rendaient difficiles ensuite la reconnaissance légale des enfants nés de ces rencontres. Même quand les pères suivaient ensuite leur progéniture, leur assurant sur les plantations des postes gratifiants, commandeurs de plantation par exemple, ces enfants naturels connaissaient le malaise de ceux qui sont entre deux, ni tout à fait d’un milieu, ni tout à fait d’un autre. Et cette ambiguïté a engendré des troubles d’ordre moral et psychologique fort dommageables à l’équilibre de la société créole, dont les conséquences se font encore sentir dans la vie politique et sociale actuelle.

Il y a longtemps (j’avais vingt ans !) j’ai eu une conversation avec un professeur antillais, noir, qui fut assez engagé dans les mouvements sinon séparatistes, du moins autonomistes de l’époque. Cet homme estimable, qui vit encore (je l’ai vu pour la dernière fois, à la télévision, à l’occasion de la veillée de Gérard Lauriette, papa Yaya) me dit tout de go, et sur le ton de la confiance (l’estime était partagée entre nous) qu’il était parfaitement opposé aux mariages inter raciaux. Sur le moment, suffoqué, je n’osai lui demander ses raisons, et je le regrette. Je suppose, qu’en homme d’une génération ancienne, il pensait à ces conséquences fâcheuses d’union « illégitimes » dans un milieu façonné par l’histoire.

Mais le temps passe, les mentalités évoluent, rien n’est définitivement figé.

Précisément, à cet égard, l’opinion des blancs créoles a profondément évolué en Guadeloupe sur ces questions, et sauf rares exceptions il n’y en a plus qui se réfèrent à je ne sais quel « racisme scientifique ». Cela c’est fini, terminé.

Sur le plan intellectuel, et sur tous les plans, les noirs, et les indiens antillais, côtoyés, non plus seulement dans l’univers de la plantation, mais sur les bancs des écoles, et dans les lieux de décisions et de responsabilité où ils ont accédé de plus en plus nombreux, surtout depuis 1946 et la loi de départementalisation, apparaissent pour ce qu’ils sont, des partenaires à part entière, partageant tous les caractères de l’humaine condition comme disait le philosophe.

Est-ce à dire que le mariage inter racial est sur le point d’apparaître comme une vieille lune ?

Là, je ne le crois pas. Mais il ne s’agit plus de racisme. Les blancs créoles constituent un milieu, façonné par l’histoire. Ce milieu a sa sensibilité particulière, ses rites, son humour propre, ses souvenirs, son « mode d’être ensemble », pour parler un peu « pédant », où le sens de la famille est particulièrement développé. On descend de tel ou tel, on a pour ancêtre commun « tante Yvonne », ou « l’oncle Hyppolyte ».

On constitue un être collectif vivant, qui répugne à s’incorporer des individualités aux références autres. ( Fortuné Chalumeau a su rendre avec beaucoup de délicatesse la sensibilité familiale blanche créole dans son beau roman « La maison du Bois-Debout, ou l’enfance de St-John Perse », aux éditions Daniel Radford). Ce n’est pas du racisme. En métropole des familles aristocratiques désargentées (elles sont majoritaires) réagissent de la même façon à l’égard de bourgeois par ailleurs estimables et fortunés. L’achat par M. Edmond Giscard, (le père de Valéry) du nom et des titres de la vieille famille d’Estaing, n’a pas plu à tout le monde dans ce milieu.
Ceci, n’est-ce pas, toutes choses égales, et pour aider à faire comprendre ce que peut être l’attitude des blancs créoles à l’égard du mariage inter racial : un certain esprit de corps, qui malheureusement, chez nous, l’histoire, toujours l’histoire, prend une …. teinte épidermique.

Cela dit il y a désormais des mariages inter raciaux, j’en connais ; je suis invité dans ces familles, et « l’événement » n’a entraîné aucune tourmente comme sûrement, jadis, il en eut été.

3) Les blancs créoles participent-ils à la culture ?

(Alexis Léger, plus connu sous son pseudonyme de Saint Jonh Perse).

Sans aucun doute. Et à toute époque. Les premiers noms qui viennent à l’esprit sont ceux d’Alexis Léger, plus connu sous son pseudonyme de St-John-Perse, ou encore Gilbert de Chambertrand. Mais il y en a beaucoup d’autres. Je pense par exemple à Auguste Bébian, grand pédagogue, spécialiste reconnu des questions d’éducation, qui exerça longtemps ses activités en métropole et fut même un moment invité par le Tsar de Russie à prendre la direction à Moscou d’un institut pour sourds-muets. De retour au pays il fonda une école mutuelle pour enfants de familles modestes, à Pointe-à-Pitre, rue de la Loi, devenue la rue Bébian. Je pense à Louis-Daniel Beauperthuy, savant éminent, spécialistes des maladies tropicales, dont les travaux contre la fièvre jaune, et la lèpre firent autorité au 19è siècle (un hôpital porte son nom aujourd’hui dans la commune de Pointe-Noire). Je pense au docteur Cabre dont Arlette Blandin-Pauvert a tracé un portrait si vivant dans son livre « Au temps des mabos », publié chez Desormeaux. Et il y en a bien d’autres.

( Gilbert de Chambertrand).

Mais les blancs créoles ne sont pas la classe de l’intelligentsia. Ils ont joué, davantage et longtemps, un rôle important dans la politique, mais aussi, principalement, dans la vie économique. L’intelligentsia a plutôt été l’apanage de la classe des hommes de couleurs, des métis. Aujourd’hui les noirs les rejoignent dans ce domaine si important.

4) Quel avenir voyez vous à la communauté blanche-créole ? Va-t-elle disparaître ?

Les blancs créoles, en Guadeloupe représentent un pour cent à peu près, de la population. C’est leur principale faiblesse, due là encore à des causes historiques, au système économique qui structura notre île autrefois. Il serait trop long, ici, d’entrer dans les détails.

Je ne vois pas pourquoi notre groupe humain disparaîtrait s’il sait, tout en restant fidèle à ce qu’il y a de valable dans ses valeurs traditionnelles, s’adapter aux nouvelles donnes de la politique nationale et internationale.

Ce milieu est parfaitement accepté, estimé, et même aimé de la population. Il y a bien sûr les criailleries de certains politiciens extrémistes, les vociférations syndicales à de certains moments un peu chauds de la vie sociale. Mais tout cela n’est pas grave, fait partie du jeu, du cinéma politicien, ici, comme ailleurs.

C’est qu’il y a entre nous et les autres membres de la collectivité guadeloupéenne, une cohabitation, une connivence de bientôt quatre siècles. Nous sommes tous Français, à un certain niveau, et très peu de gens le contestent désormais, sauf quelques hurluberlus : « pawol pou ri »!

Mais nous sommes, en profondeur Guadeloupéens. Nous nous connaissons parfaitement, avec nos qualités et nos défauts, nos forces et nos faiblesses, nos motifs de fierté, et nos ridicules : ki blan, ki nèg, ki zindien ! Moun a kaze !

Sans doute la réponse à votre question dépend-elle des jeunes créoles, plus que de moi, qui commence à passer de la catégorie des acteurs à celle des témoins d’an tan lontan.

Les jeunes blancs guadeloupéens, comme les autres jeunes ont à affronter une modernité arrogante, destructrice des valeurs spirituelles, niveleuse de tout ce qui n’est pas immédiatement consommable ou jetable. Il faut se rappeler que dans la mesure où nous avons contribué à la construction de la Guadeloupe, cela n’a pas été dans la perspective de ces pseudos valeurs. Nous avons été des constructeurs, des travailleurs, résistants et entêtés, pas des glandeurs. Malgré nos défauts, parfois grands, nous nous sommes accrochés à des principes moraux et spirituels (je sais toute l’ironie qu’on pourrait, que JE pourrais faire, à cet égard. Mais qui est sans péché ?). Aux jeunes de ma communauté (parce que c’est de celle-ci qu’il s’agit dans cette interview, mais je pourrais en dire autant aux autres pour les leurs) je dis : « vous êtes appelé à innover, mais dans la fidélité à la tradition, une tradition vivante, donc critique, mais fidèle. A cette condition vous continuerez à servir la Guadeloupe, sans renier votre milieu d’origine, sans repli sur vous-même ; dans un esprit d’ouverture, sans oubli des fondamentaux. Vous êtes appelés par les sirènes de la modernité, très matérialiste, à oublier les valeurs spirituelles sans lesquelles une communauté humaine s’avilit et sombre dans la médiocrité. Mais ce n’est pas dans la possession des derniers gadgets, d’un bateau, d’un 4/4, qu’on se découvre comme homme. Il faut trouver les moyens d’ETRE, et savoir que l’Etre ne se trouve pas dans le seul AVOIR. Je vous incite à méditer cet aphorisme du grand poète Goethe : « ce que tu as hérité de tes pères, conquiers le, afin de le mériter ». ».

Edouard Boulogne.

source: www.lescrutateur.com

http://www.associationarchive.com/?page=dossiers&ID_art=287

ARCHIVE, le 16 Février 2009  

PAP NDIAYE, Professeur A L’ECOLE DES HAUTES ETUDES EN SCIENCES SOCIALES de PARIS : « L’Europe se rend un mauvais service en durcissant ses politiques migratoires »

http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=46040

PAP NDIAYE, Professeur A L’ECOLE DES HAUTES ETUDES EN SCIENCES SOCIALES de PARIS : « L’Europe se rend un mauvais service en durcissant ses politiques migratoires »

 

Le mois de février étant consacré aux Etats-Unis à la communauté noire, les universités américaines ont organisé une multitude d’activités. Dans ce cadre, le professeur français d’origine sénégalaise, Pap Ndiaye, était le 12 février dernier à l’Université d’Etat de New York, à Albany, pour animer une conférence sur le thème « Blacks and Blackness in Contemporary France ». En marge de cette conférence, il nous a accordé un entretien exclusif, dans lequel il a fait l’état des lieux de la condition des Noirs en France, en comparaison avec celle des Africains-Américains.

Comment se présente actuellement la situation des Noirs de manière globale en France ?

Mon sentiment est que les populations noires en France sont l’objet de formes de discrimination, particulièrement dans des secteurs comme le monde du travail, mais aussi dans la politique et dans d’autres domaines de la vie sociale, des formes sociales qu’il est important d’étudier pour se mobiliser contre elles et élaborer des politiques publiques qui les fassent reculer. De ce point de vue, il est important de distinguer le racisme de la discrimination. Ce sont deux choses différentes. Le racisme c’est l’insulte raciste, la violence raciste, qui heureusement reste rare en France et qui d’ailleurs touche peut-être plus les Nord-Africains que les Noirs d’Afrique ou des Caraïbes. C’est moins cela qui est en jeu aujourd’hui, que les questions de discrimination, c’est-à-dire des phénomènes beaucoup plus souterrains, beaucoup plus hypocrites à certains égards par lesquels, quand on est Noir et qu’on a pourtant un bon diplôme, on a plus de mal à trouver un travail que quand on est Blanc avec les diplômes équivalents et que les carrières professionnelles ne sont pas non plus exactement les mêmes. Donc la question assez centrale aujourd’hui, est plus la question de la discrimination que celle de la lutte antiraciste, même si celle-ci demeure quand même importante.

Qu’est-ce qui fait que les discriminations restent toujours actuelles en France, alors que les populations étrangères, notamment maghrébines et noires, vivent en France depuis des années ?

Le fait qu’il y ait une population d’origine africaine ou nord-africaine installée depuis assez longtemps en France, surtout depuis les années soixante dans sa grande masse, ne suffit pas en lui-même à faire disparaître et reculer les discriminations. Autrement dit, les discriminations sont un phénomène ancré depuis longtemps dans la société française, mais il faut bien reconnaître qu’il a fallu attendre la fin des années 90, pour s’en préoccuper de manière forte. Autrement dit, pendant très longtemps les discriminations étaient un peu niées, mises sous le tapis par contraste avec d’autres pays où la question des discriminations est venue sur le devant de la scène de façon beaucoup plus précoce. Par exemple, dans les années 70 aux Etats-Unis. En France, on s’en soucie depuis assez peu. C’est sans doute à cause de la lutte antiraciste avec ces mobilisations, le combat contre le Front national, qui occupaient tant les esprits dans les années 80. Donc, on est très en retard par rapport à d’autres pays sur la question de la lutte contre les discriminations, sur la question de la discrimination positive. Sur toutes ces questions-là, la France fait aujourd’hui un peu de rattrapage.

Le gouvernement a-t-il un rôle à jouer dans la lutte contre ces discriminations ?

L’action politique est fondamentale. Et il y a des exemples dans beaucoup d’autres pays qui montrent que l’action politique est nécessaire. Que peuvent faire le monde politique, le gouvernement, l’Assemblée nationale, le Sénat et l’instance judiciaire ? La justice peut par exemple agir, en étant beaucoup plus active pour condamner les comportements discriminatoires. Aujourd’hui, force est de reconnaître que les comportements discriminatoires sont très peu condamnés par la justice qui ne s’y intéresse pas tellement, qui n’est pas tellement formée à ce sujet. Bref, il y a très peu de procès là-dessus.

Il y a également d’autres actions que l’Etat peut mener du côté exécutif et législatif, par exemple des actions qu’on appellera les actions de promotion de la diversité, d’« affirmative action », en reformant le système de l’Enseignement supérieur de manière à ce qu’il soit un tout petit peu moins injuste pour les minorités en général, en faisant de telle sorte qu’à l’embauche il y ait des procédures qui permettent d’améliorer un peu la situation. Par conséquent, la politique a son rôle à jouer. Ce n’est pas exclusif. D’autres domaines, par exemple le monde des affaires et le monde économique ont aussi un rôle très important à jouer.

Parlant des embauches, on avait évoqué en France l’instauration du curriculum vitae anonyme. Où est-ce qu’on en est ?

La loi de mars 2006 pour l’égalité

des chances prévoyait l’institution du curriculum vitae anonyme dans les embauches, mais les décrets d’application n’ont jamais été signés, ce qui fait qu’il n’est pas toujours adopté, sauf exception par les entreprises volontaires. L’exemple le plus connu est celui de l’assureur Axa qui a introduit le curriculum vitae anonyme en France. On a un bilan de la manière dont il est pratiqué dans des pays comme la Grande-Bretagne et dans une certaine mesure en France. Ce bilan est positif. Il consiste à éliminer des signes qui pourraient servir d’appuis à un comportement discriminatoire. Cette étape consiste à faire disparaître les photos, les noms, les adresses et à ne laisser que le parcours professionnel et académique. Vous allez me demander ce qui se passe quand il y a un entretien. C’est vrai que quand on a un entretien, on se présente avec sa tête, sa couleur, son nom, etc. Sauf qu’on sait que les comportements discriminatoires à l’embauche sont ceux qui consistent, dès le début, à éliminer des curriculum vitae, à les mettre à la corbeille. C’est l’étape la plus violente pour les candidats issus des minorités visibles. Lorsqu’ils parviennent à franchir cette première étape, par exemple par le biais du curriculum vitae anonyme, ils ont leur entretien, ils peuvent se défendre, se présenter et de surcroît la personne qui mène l’entretien doit justifier ensuite pourquoi, elle a pris ou n’a pas pris telle ou telle personne. Donc on est dans les procédures qui peuvent être examinées, qu’on peut discuter, alors que la première étape qui n’est pas souvent franchie consiste tout simplement à mettre à la poubelle discrètement les candidatures. Le curriculum vitae anonyme ne résout pas tout, mais permet de franchir la première étape qui est la plus difficile et les résultats qu’on a actuellement sont bons en la matière. C’est quelque chose qui me semble positif et regrettable au fond que ces dispositions-là, n’aient toujours pas été appliquées.

A votre avis, ces dispositions seront-elles appliquées de manière formelle par le gouvernement ?

Il faudrait qu’il signe les décrets d’application. C’est une question de volonté politique pour obliger les entreprises à adopter le curriculum vitae anonyme en leur sein. Cela veut dire aussi que dans chaque entreprise, il y aura une petite cellule qui se chargera d’anonymiser aussi, parce que tout le monde n’est pas au fait de la manière dont on envoie un curriculum vitae anonyme. Par exemple quand un curriculum vitae est reçu, les personnes chargées de le traiter vont enlever la photo, le nom, tout normaliser, afin de faire disparaître toute espèce de points d’appui à la discrimination. Et ensuite la cellule qui s’occupe de la question, va vérifier si l’entretien et ses résultats sont conformes à ce qu’on peut attendre d’un objectif qui est celui de diversité.

Parlant de la discrimination positive, quels points importants pourriez-vous prendre chez les Canadiens et Américains qui ont une longue expérience dans ce domaine ?

Pour que la France avance sur ce sujet, il faudrait d’abord qu’il y ait un débat honnête sur l’« affirmative action ». Moi je dis plutôt actions positives que discriminations positives, parce que le terme est traduit déjà de manière malheureuse, que dès le départ il est lesté d’une connotation négative, qui fait déjà dire que ce n’est pas bon. Il faudrait d’abord l’examiner honnêtement et en particulier regarder les aspects positifs de l’action positive aux Etats-Unis, alors qu’en France elle est souvent caricaturée de telle manière qu’on dit ensuite qu’on n’en veut pas. Ce n’est pas bien. Par exemple, en France on va dire que l’action positive est synonyme de politique de quotas, ce qui n’est pas absolument vrai, vu que les politiques de quotas n’existent plus aux Etats-Unis depuis 1978. C’est la diversité qui est le mot à l’ordre du jour depuis cette date. Bref, il convient d’abord d’avoir un débat honnête sur ces questions, de regarder les expériences étrangères, certes des Etats-Unis, mais aussi celles d’autres pays comme le Canada, la Grande-Bretagne, l’Inde, l’Afrique du Sud. Il y a beaucoup d’expériences d’actions positives de par le monde. Il n’y a pas raison de se centrer seulement sur les Etats-Unis, même si c’est sur ce pays qu’on a plus de données.

Quelles actions concrètes peut-on faire en France comme actions positives ?

On peut faire des politiques qui visent à encourager fortement la diversité dans les lieux où elle n’a pas cours. Par exemple, aux Etats-Unis l’action positive couvre trois domaines : l’entrée dans les universités, l’attribution des marchés publics, le recrutement dans la Fonction publique. On peut déjà faire de telle sorte que l’entrée dans les universités, surtout dans les filières sélectives comme les classes préparatoires, les grandes écoles, soit profondément réformée, par exemple sur le modèle des Sciences Po. C’est-à-dire on considère que le concours est en lui-même tellement discriminatoire que l’on imagine une voie qui soit un moyen de contournement. Cela a bien réussi du côté des Sciences Po. Pour ce qui est des marchés publics comme aux Etats-Unis, on peut aussi décréter que l’Etat ne passera des marchés avec des entreprises que si ces dernières se conforment à un cahier des charges de la diversité, pas simplement un cahier des charges qui tient compte de l’environnement et d’autres choses. Mais que l’entreprise montre qu’il y a de la diversité en son sein, pas seulement pour les balayeurs et ceux qui font le ménage dans les bureaux. Ce serait trop facile à remplir comme condition. Mais la diversité dans les échelons moyens et supérieurs de l’entreprise, là où il n’y a que des hommes blancs. Pareil pour la Fonction publique. A ce niveau, puisque c’est l’Etat qui décide, on peut très bien faire de telle sorte que la diversité soit favorisée dans les échelons où il y a peu de femmes et de non-Blancs. C’est une question de volonté politique.

Evoquant les actions positives, comment interprétez-vous le fait que le président Sarkozy ait nommé quelques femmes d’origine africaine à des postes de haute visibilité dans le gouvernement ?

En soi, c’est une bonne chose dans la mesure où cela a pour effets de familiariser les Français avec l’idée que, quand on est Noir et qu’on passe à la télévision, on n’est pas simplement un champion de sports, ou bien une vedette de chanson, mais qu’on peut être aussi un homme ou une femme politique avec des responsabilités importantes. Néanmoins, il y a lieu d’être un peu critique après plusieurs mois de gestion du pouvoir, étant donné que cette politique de nomination n’a pas été suivie, ni dans les appareils politiques par des candidats aux différentes élections qui se sont déroulé ces derniers temps. Cela est d’autant vrai que les élections en démocratie sont plus importantes que la nomination, elles donnent plus de légitimité. D’ailleurs, on constate actuellement qu’il y a quelques ministres qui sont en difficulté, parce qu’ils n’ont pas de légitimité. Ces ministres sont entièrement dans la main du président. C’est un peu l’effet du prince. C’est le cas de Mesdames Yade et Dati. On sent bien que leur carrière ne tient qu’à la volonté présidentielle. Et d’autre part, depuis leur nomination, on ne peut pas dire qu’il y ait une politique ambitieuse de réduction des discriminations qui se soit lancée. Autrement dit, leur nomination apparaît un peu quand même comme une politique d’affichage. Le terme utilisé aux Etats-Unis pour parler de cela est le « token politics ». Cela veut dire qu’on nomme les gens pour donner l’illusion de la diversité, alors qu’on ne fait rien. Par exemple, l’administration Bush avait nommé des personnalités noires à des postes importants. C’est le cas des personnes comme Condoleezza Rice ou Colin Powell. Pourtant cette administration a été particulièrement hostile aux minorités visibles et aux Africains-Américains pendant huit ans. Force est de le reconnaître. Dans le cas français, il y a des craintes de « token politics ».

Parlant des immigrés vivant en France et particulièrement des immigrés africains, quel est l’état de leur situation actuellement ?

Vous avez raison de distinguer les immigrés africains des autres. D’une certaine façon, les immigrés africains sont ceux dont on veut le moins. En quelque sorte, il y a une hiérarchie dans le monde des immigrés. Il y a ceux dont on veut bien, ceux qui sont même applaudis, ceux qu’on essaie de faire venir, par exemple les immigrés très formés qui viendraient d’Europe, d’Amérique du Nord, même d’Inde, le fameux ingénieur indien qui fait rêver tout le monde. Ensuite, il y a les immigrés dont on veut moyennement, à savoir ceux qui viennent d’Asie, ou d’Europe et du Moyen-Orient. Et puis, tout en bas il y a les immigrés dont on ne veut pas du tout, ce sont plutôt les Nord-Africains et les Subsahariens Africains. On voit bien qu’un certain nombre de mesures prises ces derniers temps par le gouvernement actuel, sont des dispositions qui visent directement les immigrés africains et pas ceux d’autres régions du monde.

Justement, au nombre de ces dispositions, on peut évoquer les tests ADN que le gouvernement voudrait imposer aux candidats à l’immigration devant rejoindre leurs proches en France dans le cadre du regroupement familial. Quelle est votre lecture de cette disposition ?

A l’évidence, ces tests ont été faits pour viser les immigrés africains puisqu’un sénateur a expliqué que, les états civils d’un certain nombre de pays africains étaient trop flous et qu’ils ne permettaient pas de vérifier les filiations. Donc, les immigrés qui sont dans la ligne de mire du gouvernement sont ceux d’Afrique et dont le gouvernement n’en veut pas d’une manière générale. C’est assez clair, le gouvernement français a affirmé son opposition contre le droit international à l’immigration de réunion familiale (une décision qui vise directement les migrants africains) et contre ses propres intérêts parce que si on veut faire venir les migrants de travail qualifiés, il faut aussi leur donner l’impression que leurs familles seront bien accueillies. C’est ridicule de penser indépendamment la migration de travail de la migration familiale, d’une manière générale. En plus, j’ai l’impression, qu’au-delà du cas français, à l’échelle de l’Europe, c’est une politique assez fermée, conservatrice, qui s’est mise en place, où la France joue d’ailleurs un rôle d’impulsion, avec le ministre Brice Hortefeux qui s’est démené pour que l’Europe durcisse ses politiques. Une Europe qui tend à se barricader derrière des barrières aussi hautes que possible, en particulier dans les pays qui sont en contact avec la migration africaine, à savoir l’Espagne et les pays du Sud de l’Europe et même la Turquie et la Grèce. On vit actuellement des temps assez durs, avec de surcroît pour les immigrants installés en France, le danger permanent d’être arrêtés et expulsés dans des conditions lamentables. Il y a aussi les cas des enfants qui peuvent être arrêtés à la sortie de l’école, sous prétexte qu’ils sont nés de parents illégaux, sans parler des contrôles d’identité permanents et les rafles.

Le nouveau ministre de l’Immigration en France, Eric Besson, vient de relancer le débat sur les tests ADN. Qu’en dites-vous ?

Cela participe d’un durcissement et d’une stigmatisation de l’immigration africaine, en reprenant les vieux stéréotypes sur des filiations qui ne seraient pas établies, étant donné que pour eux, tous ces Africains on ne sait jamais qui est le fils, le père de quelqu’un et qu’il faut donc le prouver par le sang. Ce qui est une folie, parce qu’on sait bien que la famille n’est pas seulement faite de liens biologiques, mais de liens sociaux. Bien entendu, on peut très bien élever des enfants qui ne sont pas ses propres enfants. On peut être père biologique et mal élever ses enfants et même s’en débarrasser. Donc le lien me paraît vraiment tout à fait lamentable. Encore une fois, cela participe d’une stigmatisation de l’Afrique et des Africains en général. Quand l’idée du test ADN a été lancée, il y a eu une forte mobilisation en France pour faire reculer le gouvernement. Je trouve donc tout à fait inquiétant que le ministre Besson ramène le débat.

(A SUIVRE)

Propos recueillis à New York par Anoumou AMEKUDJI

10 avril, 2009

Soutien à Barack Obama: soirée à Clichy-La-Garenne

Classé dans : ACTU GENERALE,USA ELECTIONS ET POLITIQUE ET AUTRES SUJETS — tebawalito @ 0:50

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Election night in Paris: reaction after Obama won!

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