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23 mars, 2009

« Obama, le retour à la tradition »leJDD.fr

Mercredi 21 Janvier 2009

« Obama, le retour à la tradition« 

Propos recueillis par Christophe ISRAËL
leJDD.fr

 Au lendemain de l’investiture de Barack Obama, Nicole Bacharan revient pour leJDD.fr sur le discours qu’il a prononcé après avoir prêté serment. Liberté, démocratie, marché: le 44e président des Etats-Unis souhaite revenir aux grandes valeurs de l’Amérique, à même selon lui de restaurer sa grandeur. L’émotion passée, il doit relever un défi immense: redresser l’économie.

Comment a été reçu le discours inaugural de Barack Obama?
Le discours était beau bien construit, mais un peu en-deçà de l’apothéose que beaucoup attendaient. Ce n’est pas dans le tempérament de Barack Obama de verser dans l’émotionnel, même si ce qu’il incarne l’est. C’était un discours de crise, dans une période qu’il annonce très dure, et un retour à la tradition américaine, aux grandes valeurs: la Constitution, la liberté, la démocratie, le marché, et un gouvernement qui joue un vrai rôle et ne se désengage pas.

Où est passé le « Change » des slogans électoraux?
Le « Change« , c’est le retour à la tradition, dont George W. Bush s’était énormément écarté. Barack Obama veut tourner la page des années Bush et aller vers « l’espoir« , en réhabilitant l’Amérique des grandes valeurs.

N’aurait-il pas pu aller plus loin, en donnant quelques pistes précises de son action?
Le discours d’investiture sert à définir les grands principes de la présidence, il est destiné à être inscrit dans les livres d’histoire. Ce n’est pas le moment d’annoncer des mesures précises. Il a néanmoins été assez détaillé dans la description des difficultés que vivent les Américains aujourd’hui, sans se placer sur un Olympe. Ce qui lui importe, c’est un gouvernement qui assume ses responsabilités, en dépassant les querelles anciennes. De ce point de vue, le consensus, c’était hier. La véritable bataille législative commence maintenant.

« Il n’y a pas eu de miracle du fait de sa seule apparition« 

Les marchés n’ont pas réagi positivement à la prise de fonctions d’Obama. Pourquoi?
Je ne suis pas économiste, mais visiblement, l’arrivée de Barack Obama ne suffit pas à restaurer une confiance que tant d’indices participent à miner: les chiffres du chômage sont épouvantables, le nombre d’expulsions continue d’augmenter quotidiennement, le crédit est bloqué… Il n’y a pas eu de miracle du fait de sa seule apparition. D’autre part, on a depuis longtemps perdu l’illusion que les marchés agissent de manière rationnelle, au mieux de leurs intérêts. C’est une vaste pagaille, qui ne va pas non plus aider les débuts de cette présidence.

Les préoccupations de la présidence seraient-elles avant tout américaines?
Je pense qu’il a l’intention de mener tout cela de front. Il a choisi une superstar, Hillary Clinton, pour conduire sa diplomatie. Mais il a été élu pour redresser l’économie américaine. C’est ce qu’attendent les Américains, ce sera la priorité des priorités, et ce sur quoi il sera jugé. La maison brûle et même vis-à-vis du reste du monde, il n’y a pas d’influence politico-morale crédible si l’économie nationale reste aussi affaiblie.

Comment entend-il conduire sa diplomatie dans ce contexte?
Les principes internationaux sont posés. On n’a pas du tout affaire à une Amérique qui rase les murs, mais qui au contraire entend redevenir le leader du monde. La lutte contre le terrorisme continue, et l’Amérique n’aura pas peur de se défendre si on l’attaque. Il compte pour cela s’appuyer sur les alliances internationales, à travers l’Europe et l’Otan en particulier. Tout cela est très affirmé dans le discours d’Obama.

Il a parlé de l’Irak, de l’Afghanistan, mais n’a pas dit un mot sur le Proche-Orient…
Pas un président américain ne mettrait dans son discours: « Je vais faire la paix au Proche-Orient« . Ce serait du suicide politique. Il a en revanche, pour la première fois dans un discours d’investiture, prononcé le mot « musulman ». Chose nouvelle aussi, il a parlé des Américains comme chrétiens, juifs, musulmans, hindous, athées… Il y a enfin une vraie main tendue aux autres pays, à travers des thèmes comme l’écologie. Une main tendue aussi aux régimes qui cherchent la paix et aux pays pauvres.

Nicole Bacharan, politologue, est spécialiste des Etats-Unis. En 2008, elle a notamment publié Le petit livre des élections américaines et Les Noirs américains, des champs de coton à la Maison blanche, (éditions Panama).

http://www.lejdd.fr/cmc/elections-americaines-2008/200904/obama-le-retour-a-la-tradition_181288.html

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