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29 septembre, 2008

Selon le New York Times, la candidate républicaine à la vice-présidence aurait favorisé plusieurs amis et proches, profitant de ses fonctions à la tête de l’Alaska… Témoignages et documents à l’appui.

Présidentielle US : de nouvelles révélations sur Sarah Palin

palin1.jpg: Présidentielle américaine

Présidentielle US : de nouvelles révélations sur Sarah Palin

Linternationalmagazine.com – La rédaction, publié le 16/09/2008

Selon le New York Times, la candidate républicaine à la vice-présidence aurait favorisé plusieurs amis et proches, profitant de ses fonctions à la tête de l’Alaska… Témoignages et documents à l’appui.

 

La campagne américaine n’en finit pas de faire des remous. Dans son édition de dimanche, le New York Times publie, preuves en main, de nouvelles révélations sur la candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis, Sarah Palin. Selon le quotidien américain, la gouverneur d’Alaska aurait favorisé plusieurs amis et proches, profitant de ses fonctions à la tête de l’Etat fédéré. Témoignages et documents officiels à l’appui, le New York Times affirme que, dès qu’un poste de haut niveau se libérait, Sarah Palin y nommait l’un de ses amis.

Un coup de pouce rémunérateur pour ses « amis d’enfance »

A qui d’autre pouvait aller la direction des services de l’agriculture de l’Alaska, sinon à une ancienne camarade de classe… passionnée par les vaches ? Le poste, rémunéré 95 000 dollars par an, a été attribué à une amie de Sarah Palin, qui travaillait auparavant dans une agence immobilière, sans plus de qualification.

Un exemple parmi d’autres… Au moins cinq autres cas similaires, affirme le quotidien, qui précise avoir examiné des documents officiels et réalisé une soixantaine d’interviews d’élus d’Alaska, démocrates et républicains.

« Tout au long de sa carrière politique« , estime le quotidien new-yorkais, « Sarah Palin a cherché à se venger de ses opposants, congédiant des fonctionnaires de l’Etat qui n’étaient pas d’accord avec elle, faisant parfois l’amalgame entre ses problèmes privés et ses fonctions officielles« .

Prise dans le « Troopergate », la « hockey-mum » rejette en bloc

De retour sur ses terres gelées d’Alaska, un autre dossier de taille attend Sarah Palin : le « Troopergate », qui devait l’amener à comparaître devant une commission d’enquête parlementaire… Dans cette affaire tout autant explosive, la candidate républicaine est soupçonnée d’avoir abusivement licencié, le 11 juillet, le chef de la sécurité publique de l’Etat au motif, selon l’accusation, que celui-ci aurait refusé de limoger un agent de police, qui n’était d’autre que l’ex-beau frère de la gouverneur, engagé alors dans un divorce houleux avec la sœur de Sarah Palin.

La colistière de John MacCain a rejeté ces accusations d’abus de pouvoir, et n’a fait aucun commentaire sur l’enquête dirigée contre elle par le Parlement d’Alaska, après avoir pourtant promis de coopérer… Mais la promesse date du mois de juillet, bien avant sa désignation sur le « ticket » républicain. Depuis, sept hauts responsables de l’administration de l’Etat et membres du cabinet de Sarah Palin ont annulé ou refusé des entretiens avec les enquêteurs.

(Avec agence

Une ex-danseuse brésilienne se souvient du jeune MacCain…

Classé dans : ACTU GENERALE,USA ELECTIONS ET POLITIQUE ET AUTRES SUJETS — tebawalito @ 7:18

:: Présidentielle américaine

Une ex-danseuse brésilienne se souvient du jeune MacCain…

Linternationalmagazine.com, publié le 25/09/2008

Des reporters brésiliens ont remonté d’un amour de passage du candidat républicain…

Une ex-mannequin et danseuse fait les gros titres de la presse brésilienne en se présentant comme un amour de passage du jeune John MacCain, il y a 51 ans.

Maria Gracinda Teixeria, 77 ans, affirme qu’elle est la femme que le candidat à la présidence américaine décrit avec tendresse, sans la nommer, dans son livre, paru en 1999, Faith of my Father’s.

Dans cet ouvrage, MacCain raconte que, jeune marin dans la Navy, il a rencontré « un modèle de mode brésilien » alors que son destroyer faisait escale à Rio pendant une semaine, en 1957.

Les reporters locaux ont remonté la piste et identifié la mystérieuse danseuse, la semaine dernière. « Il embrassait bien« , croit-elle se rappeler, mais « je n’aurais jamais cru qu’il écrirait sur moi, ça a été une surprise » s’est épanché la vieille dame.

(Avec AP

L’étrange projet de la défense américaine : l’insecte télécommandé

Classé dans : ACTU GENERALE,SANTE,SOCIETE ET DIVERS,TECHNOLOGIES — tebawalito @ 6:38

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Le 5 mai 2008 à 11h23

L’étrange projet de la défense américaine : l’insecte télécommandé

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Sur le même sujet

 A la dernière conférence MEMS 2008, l’université du Michigan a présenté un concept inédit : un coléoptère muni d’implants, pilotable à distance comme un modèle réduit. Cette recherche est soutenue par le Darpa, instrument financier de la Défense des Etats-Unis.

On l’appelle Cyborg Beetle, un nom que l’on pourrait traduire par cyber scarabée. Cet animal a – involontairement – joué les vedettes lors de la dernière conférence MEMS 2008, dont l’objet n’a rien à voir avec la biologie mais concerne les capteurs et autres senseurs micromécaniques baptisés MEMS (Micro Electro Mechanical Systems).

L’animal (l’engin ?) n’était pas physiquement présent mais il a été présenté par l’équipe de l’université du Michigan qui l’a conçu (créé ?). Le principe consiste à implanter trois électrodes dans un insecte de bonne taille, en l’occurrence un coléoptère dynaste, ce cousin du scarabée muni d’une longue et unique corne (unicorn beetle en anglais, Dynastes tityus de son nom scientifique). Deux d’entre elles plongent dans les muscles des ailes, à droite et à gauche, et la troisième s’enfiche dans le ganglion cérébral de l’infortuné insecte. Ces trois stimulateurs sont reliés à un minuscule contrôleur électronique et à une pile lithium-ion, tous deux solidement installés sur le thorax de l’insecte. Ce sac à dos thoracique porte, au bout d’un bras coudé, un stimulateur visuel composé de diodes électroluminescentes, placées devant les yeux de l’insecte. En les allumant, on peut inciter le coléoptère à se diriger dans une certaine direction.

Le Cyborg beetle et ses implants. La photographie a montre le contrôleur Texas Instruments MSP 430 (qui mesure 3 x 3 x 1 mm et pèse 62 mg). Il est alimenté par une pile minuscule, d’un modèle utilisé pour les implants cochléaires. Avec ses 170 mg, c’est l’élément le plus lourd. Cet ensemble est relié aux électrodes enfoncées dans le corps de l’animal ainsi qu’à un stimulateur visuel (visible sur l’image b), portant quatre diodes blanches. Le coléoptère en vol (c) doit porter près de 240 mg… © MEMS 2008/Technical Digest

Inspiré de la science-fiction

L’implantation a lieu avant la métamorphose, quand l’insecte est une chenille ou une chrysalide. Les petits dispositifs implantés s’intègrent mieux dans les tissus encore mous, qui finissent par les entourer. La mortalité varierait de 20 à 80 % selon les lieux d’implantation des électrodes.

Cet insecte robotisé vole-t-il ? Oui, selon des photos présentées par les chercheurs de l’université du Michigan et publiées sur un site japonais de robotique. Mais pour l’instant, le coléoptère ne vole qu’en rond et en zigzag, grâce à l’action des électrodes activant les muscles.

L’insecte robotisé vole… Le malheureux animal est fixé à une attache souple de 10 centimètres de longueur. Chacune de ces trois images est composée de dix clichés pris à 0,2 seconde d’intervalle, montrant le même coléoptère à différentes positions. Sur l’image a, le muscle de l’aile gauche est stimulé, ce qui le fait tourner sur sa droite. Quand la stimulation cesse (b), l’insecte décrit des zigzags avant que les muscles de l’aile droite soient à leur tour stimulés (c). © MEMS 2008/Technical Digest

Ce projet un peu fou n’est pas une élucubration d’étudiants. Il répond à un appel d’offres (« sollicitation » BAA06-22) de la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), une agence de financement dépendant du ministère de la Défense des Etats-Unis. Le projet est baptisé Hi-MEMS, pour Hybrid Insect MEMS. Son Program Manager au Darpa est Amit Lal, spécialiste de micro mécanique. D’après le site de Technovelgy, ce chercheur aurait été inspiré par une nouvelle de science-fiction, Sparrowhawk (épervier), de  Thomas A. Easton, publiée en 1990.

Nul ne sait si ces expériences aboutiront vraiment à des armées d’insectes volants, porteurs de caméras, de poison ou de charges explosives. Mais l’idée est dans l’air…

L’implant est fixé sur la chrysalide (i) et reste à sa place sur l’adulte (ii). Les électrodes sont enfoncées dans les muscles des ailes (a et b). © MEMS 2008/Technical Digest

Sujets connexes

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/robotique/d/letrange-projet-de-la-defense-americaine-linsecte-telecommande_15431/

 

Pourquoi je pense qu’Obama sera élu [Barthélémy COURMONT]

bocourmont.jpgbarthelemycourmont84thumb80xauto2.jpgPourquoi je pense qu’Obama sera élu

Il y a quelques jours, Guy Millière publiait sur ce site une analyse intéressante intitulée Pourquoi je pense qu’Obama ne sera pas élu. Un point de vue que je ne partage pas, pour plusieurs raisons.

NDLR : Retrouvez l’article de Guy Millière, Pourquoi je pense qu’Obama ne sera pas élu

Pas question ici de dresser un tableau élogieux du sénateur de l’Illinois (il ne s’agit pas d’un plaidoyer pour Obama ni pour les Démocrates, et encore moins d’un brûlot anti-McCain), mais d’un rappel des faits. Certes, la route est encore longue, et semée d’embûches, et certes, la lutte sera serrée entre les deux candidats, comme c’est d’ailleurs traditionnellement le cas.

Si l’élection avait lieu aujourd’hui, Barack Obama serait élu président des Etats-Unis

Et comme peu d’éléments nouveaux interviendront en sa défaveur d’ici le 4 novembre, je pense qu’il prendra la relève de George W. Bush. Le contexte est favorable, les conventions sont terminées et ne l’ont pas affaibli, les débats télévisés ne le mettront pas en difficulté (il bénéficie même d’un avantage sur ce terrain), son colistier est solide, le parti est uni derrière lui, et les « scoops » déstabilisants à son encontre déjà révélés (sa consommation de marijuana, son engagement politique précoce, et même son enfance à Jakarta).

Cette fois, ce sont les Républicains qui sont sur la défensive

Le bilan de l’administration Bush est le plus gros handicap de McCain

Dans un pays en crise, cette élection se joue sur les perspectives économiques et sociales. Un contexte généralement favorable aux Démocrates, les Républicains étant plus à l’aise sur les dossiers de sécurité intérieure ou de politique étrangère. Même si John McCain cherche à se démarquer de l’administration Bush, il reste exposé à un vote de sanction comparable à celui qui a offert la victoire aux Démocrates aux élections mi-mandat il y a deux ans. Le Grand Old Party est, depuis le début de cette campagne, sur la défensive, et le sera encore plus à l’approche de l’élection.

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Le bilan de l’administration Bush est le plus gros handicap de McCain, qui ne peut que mettre en avant sa capacité à être commandant en chef, mais les Américains ne voteront pas en 2008 comme ils l’ont fait en 2004. Ils veulent un président pour réparer le pays, pas pour le diriger d’une main de fer. Enfin le choix de Sarah Palin comme colistière est un pari risqué, dont les effets négatifs sont nettement plus perceptibles que les avantages. On en voit les premiers signes avec Cindy McCain, l’épouse du candidat républicain, qui s’oppose aux positions de la colistière de son mari sur l’avortement, et en défend le principe en cas de viol ou d’inceste. En gagnant le vote des conservateurs, McCain est en train de perdre ce qui faisait de lui un rival de poids : sa capacité à séduire les centristes et les indécis.

 

Oui, les Américains sont prêts à élire un métis

Trop conservateurs, pas prêts à élire un candidat noir, ni même métis… Les clichés sur ce qu’il convient de qualifier d’obscurantisme de la population américaine pleuvent sur cette campagne, en particulier de la part de ceux qui rêvent en secret d’une victoire d’Obama (à tort ou à raison), mais qui refusent de trop y croire, et préfèrent prévoir ce qu’ils estiment être le pire, afin d’éviter qu’on leur reproche un enthousiasme déplacé par la suite. Mais les faits sont là. Obama a bâti sa victoire aux Primaires démocrates dans des Etats peuplés en immense majorité de blancs, et a en revanche connu plus de difficultés face à Hillary Clinton dans les Etats où la population noire est importante.

La force d’Obama est d’être parvenu à dépasser les clivages ethniques lors de sa campagne

La force d’Obama, on ne le répétera jamais assez, est d’être parvenu à dépasser les clivages ethniques lors de sa campagne. Son message rassembleur a été entendu par les Démocrates, et la convention de Denver a clairement montré que la ligne restera la même jusqu’en novembre. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, il est ridicule de penser que l’immense majorité des blancs voteront contre lui simplement parce qu’il est noir ou métis. On parle parfois de 10% d’Américains qui refusent de voter pour un noir, mais ce ne sera pas suffisant pour McCain. A cet égard, l’analyse de James Carville était peut-être valable en 1996, deux ans après la vague conservatrice, elle ne l’est pas forcément douze ans plus tard. Pour rappel, notons simplement que si les Américains ne sont pas prêts à voter pour Obama, ils ne sont pas non plus prêts à voter pour un candidat de 72 ans, encombré d’une colistière qui deviendrait présidente des Etats-Unis en cas de pépin.

Oui, les Démocrates sont unis derrière leur candidat

 

Les Primaires démocrates et l’affrontement Obama-Clinton n’a pas été aussi catastrophique que prévu par divers analyses. Au contraire, en occupant le terrain des médias, et en monopolisant l’attention, les Démocrates sont parvenus à s’imposer dans cette campagne, tandis que les Républicains (qui eux ne sont pas franchement unis derrière leur candidat) restaient en retrait. Les sondages indiquant que certains électeurs d’Hillary ne voteront pas Obama ne veulent rien dire. Voteront-ils McCain ? Certainement pas.

 

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Sans faire partie d’une « élite » souvent impopulaire aux Etats-Unis, Obama n’est pas le candidat de la gauche des Démocrates, et d’ailleurs cette dernière était plus favorable à Hillary Clinton, et plus tôt John Edwards. Les Démocrates qui ont soutenu Obama sont plus centristes, et sa capacité à séduire des Républicains est même apparu comme l’un des évènements lors des primaires. Par conviction ou par défaut, les électeurs démocrates sont en tout cas unis derrière Barack Obama, et le seront encore plus en novembre. Obama n’est effectivement pas un candidat démocrate « classique », comme pouvaient l’être Kerry ou Gore, il ressemble plus à Bill Clinton, et c’est un avantage.

 

Une campagne active dans cinquante Etats

 

Enfin, l’une des particularités de la campagne de Barack Obama, qu’on oublie souvent de mentionner en France, est qu’il est candidat dans l’ensemble des Etats, et ne se contente pas de cibler quelques scrutins clefs, comme ses prédécesseurs. Cela s’explique par l’énorme machine financière dont il bénéficie, qui lui permet de mener une campagne active sur l’ensemble du territoire américain. Cette stratégie, qui s’est avérée payante lors des Primaires, se poursuit depuis qu’il a officiellement remporté l’investiture de son parti. Face à lui, McCain éprouve de plus grandes difficultés à réunir des fonds, et sa campagne porte surtout sur des Etats clefs, que sont l’Indiana, l’Ohio, la Floride ou la Virginie. Cette stratégie de campagne globale portera ses fruits, et sur ce point, c’est la première fois que les Démocrates ont l’avantage sur les Républicains, généralement mieux organisés.

Certes la route est encore longue et les pronostics sont toujours hasardeux, mais si aucun événement important ne vient perturber la fin de la campagne, ce qui est rarement le cas après les conventions, Obama sera élu, et bénéficiera d’une majorité démocrate dans les deux chambres du Congrès. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? c’est une autre question.

[Pourquoi je pense qu’Obama ne sera pas élu, de Guy Millière]
 

   

auteur: Barthélémy Courmont
en savoir plus sur l’auteur

Barthélémy Courmont

Taiwan

Sa sélection

Ouvrages : Sun Zu, L’art de la guerre / Clausewitz, De la guerre / Yukio Mishima, La mer de la fertilité (4 volumes) / Herman Hesse, Siddhartha / André Malraux, La tentation de l’Occident / Franz Kafka, Le château / Yasunari Kawabata, Tristesse et beauté / Pierre Loti, Un pélerin d’Angkor / Kenzaburo Oé, Lettres d’Hiroshima / Alexandre Soljenitsine, Le pavillon des cancéreux / Charles de Gaulle, Le fil de l’épée / Jonathan Littell, Les bienveillantes / Voltaire, Précis du siècle de Louis XIV / Balzac, Le colonel Chabert / William Styron, Le choix de Sophie / Jared Diamond, De l’inégalité parmi les sociétés / Lao She, Quatre générations sous un même toit / Natsume Soseki, Botchan / Junichiro Tanizaki, Quatre soeurs / Nikos Kazantzakis, La dernière tentation

Personnalités :

Sites web: www.hiroshima-nagasaki.net;, www.iris-france.org;, www.centretransatlantique.fr

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Biographie

Responsable du Bureau IRIS à Taiwan et chercheur au Centre d’Etudes Transatlantiques (CET) Ouvrages publiés : L’autre pays du matin calme. Le paradoxe nord-coréen, Paris, Armand Colin, 2008 / La guerre, Collection « 128 », Paris, Armand Colin, 2007 / Pourquoi Hiroshima ? La décision d’utiliser la bombe atomique, Paris, L’Harmattan, 2007 / Hollywood-Washington: Comment l’Amérique fait son cinéma (avec Erwan Benezet), Paris, Armand Colin, 2007 /(ouvrage dirigé), Washington et les Etats voyous. Une stratégie plurielle ?, Paris, Dalloz, 2007 / Le monde nucléaire. Arme nucléaire et relations internationales depuis 1945 (avec Pascal Boniface), Paris, Armand Colin, 2006 / L’Asie orientale face aux périls des nationalismes, Paris, Lignes de repères, 2006 / Hiroshima et la bombe atomique, Caen, Editions du Mémorial, 2005 / L’empire blessé : Washington à l’épreuve de l’asymétrie, Montréal, PUQ, 2005 / L’Amérique de Bush : les enjeux d’une réélection, Paris, CV mag, 2005 / Terrorisme et contre terrorisme : l’incompréhension fatale, Paris, Cherche-Midi éditeur, 2003 / Les guerres asymétriques : conflits d’hier et d’aujourd’hui, terrorisme et nouvelles menaces (avec Darko Ribnikar), Paris, PUF, 2002

http://www.contre-feux.com/politique/pourquoi-je-pense-quobama-sera-elu.php

Pourquoi je pense qu’Obama peut craindre de ne pas être élu[GEORGE Frédéric ]/REPONSE :Pourquoi je pense qu’Obama sera élu Publié [le 11/09/2008 par [Barthélémy Courmont]

obcontref.jpggeorgefrederic237thumb80xauto.jpgPolitique

   

Pourquoi je pense qu’Obama peut craindre de ne pas être élu

L’élection présidentielle n’est pas encore jouée. L’écart dans les sondages demeure serré. L’image d’intellectuel dont souffre Barack Obama et l’issue de la crise russo-géorgienne risquent fortement de peser dans le choix des électeurs le 4 novembre 2008.

Guy Millière a ouvert un débat dans les « colonnes » de contre-feux.com en proposant un article intitulé Pourquoi je pense qu’Obama ne sera pas élu auquel Barthélémy Courmont a répondu Pourquoi je pense qu’Obama sera élu.

 

Outre-Atlantique, la campagne présidentielle se poursuit et le sénateur de l’Illinois peut craindre de ne pas être élu. Le regard porté dans les deux stimulantes contributions citées paraît parfois trop européen. Dans les sondages, l’écart entre les deux candidats a toujours été serré. Sans prétendre apporter une analyse digne de Cassandre, il convient de nuancer et d’intégrer des éléments d’analyse complémentaires sur les enjeux à venir.

 

Un contexte favorable à Barack Obama

 

Barthélémy Courmont a très justement présenté le contexte électoral qui est favorable à la candidature du sénateur de l’Illinois. Le bilan des deux mandats de George W Bush réclame plus un vote sanction que la reconduction d’une nouvelle administration républicaine à la tête du pays. La crise immobilière et financière profite aussi au parti de l’Ane. Enfin, comme le souligne Barthélémy Courmont, « les Américains sont prêts à élire un métis (…) Les Démocrates sont unis derrière leur candidat ».

 

Une contre-offensive républicaine à ne pas sous-estimer

 

La crise russo-géorgienne pourrait peser davantage que la récession économique

Avec Karl Rove dans les coulisses, le Grand Old Party contre attaque au lendemain de la Convention démocrate de Denver en dévoilant le nom de Sarah Palin comme colistière de leur candidat John McCain. Pari risqué ? De nombreux articles ont déjà été publiés à ce propos. Ce choix permet de rassurer et de mobiliser la droite conservatrice tout en redynamisant la campagne républicaine. Un détail mérite d’être souligné : Sarah Palin est gouverneur de l’Alaska, Etat voisin de la Russie.

 

La crise russo-géorgienne d’août 2008 pourrait peser davantage dans l’élection que la récession économique dont les effets sur la croissance seraient plus limités que prévu. Elle avantage le camp républicain préparé à cette crise internationale. Robert Kagan, le conseiller en politique étrangère de John McCain, a publié cette année un ouvrage, Le retour de l’Histoire ou la fin des rêves, dans lequel il démontre le retour de la Russie sur la scène internationale. Ecrit avant les événements de l’été, il pointe déjà les possibilités d’une crise entre la Russie et la Géorgie. Dans son livre, il décrit une Russie autoritaire et nationaliste, véritable menace pour la paix dans le Monde que seule l’union entre les Etats-Unis et leurs alliés peut contenir.

 

John McCain s’est toujours positionné pour un isolement de la Russie

 

Le discours républicain se recentre sur les valeurs morales et les questions internationales

Et ce en accord avec la vision de son conseiller. Lors d’une récente interview télévisée sur la chaîne ABC, Sarah Palin a prôné la fermeté vis-à-vis de la Russie, n’excluant pas la possibilité d’une guerre en cas d’agression sur un membre de l’Otan. « Nous devons garder un œil sur la Russie. Car le fait que les Russes aient envahi un petit pays démocratique, sans provocation, est inacceptable ». Le 15 octobre débutera à Genève une conférence internationale « sur les modalités de sécurité et de stabilité dans la région ; sur la question des réfugiés (…) sur tout autre sujet, d’un commun accord entre les parties. » (accord du 8 septembre entre l’UE et la Russie). En cas de blocage des négociations, ces dernières risquent fort de rejaillir en faveur des Républicains dans les débats précédant le jour du scrutin.

 

Ainsi présenté, et, tout en étant digne des meilleurs scénarios de fiction, tel celui du film Des hommes d’influence de Barry Levinson, certains esprits assez imaginatifs pourraient s’interroger si, pour favoriser l’élection du candidat républicain John McCain, Washington, principal allié de la Géorgie, n’aurait pas un lien quelconque avec la crise russo-géorgienne. Bref, en ce début de campagne officielle, le discours républicain se recentre donc sur ses thèmes porteurs capables de conduire à la victoire électorale : les valeurs morales et les questions internationales.

 

La clé du scrutin : la mobilisation des électeurs démocrates

 

Quoiqu’il en soit, il demeure difficile de prédire le résultat des urnes. La campagne n’est pas finie. Surtout, pour l’emporter, Barack Obama devra répéter la mobilisation de son camp telle qu’orchestrée lors des primaires. La campagne active menée dans les cinquante Etats témoigne de ce souci. Sa victoire éventuelle repose sur un électorat très diversifié qui se rend peu aux urnes : jeunes, minorités, femmes… ou encore des cols bleus hésitants en raison de son image d’intellectuel qui déplaît à l’Amérique profonde.

 

Cette image négative handicape plus fortement le sénateur de l’Illinois qu’on ne le pense en Europe. Elle justifie qu’Obama risque de ne pas être élu. Si le ticket « Obiden » a de fortes chances d’être élu, il peut craindre de perdre le scrutin. Il reste à l’équipe de Barack Obama à convaincre et à mobiliser les électeurs indécis. Une élection n’est jamais gagnée d’avance.

 

crédit photo : Springhill2008 (Flickr)

   

auteur: GEORGE Frédéric
en savoir plus sur l’auteur

 

 

Pourquoi je pense qu’Obama sera élubobamacontrefeu.jpgbarthelemycourmont84thumb80xauto.jpg

Il y a quelques jours, Guy Millière publiait sur ce site une analyse intéressante intitulée Pourquoi je pense qu’Obama ne sera pas élu. Un point de vue que je ne partage pas, pour plusieurs raisons.

NDLR : Retrouvez l’article de Guy Millière, Pourquoi je pense qu’Obama ne sera pas élu

 

Pas question ici de dresser un tableau élogieux du sénateur de l’Illinois (il ne s’agit pas d’un plaidoyer pour Obama ni pour les Démocrates, et encore moins d’un brûlot anti-McCain), mais d’un rappel des faits. Certes, la route est encore longue, et semée d’embûches, et certes, la lutte sera serrée entre les deux candidats, comme c’est d’ailleurs traditionnellement le cas.

 

Si l’élection avait lieu aujourd’hui, Barack Obama serait élu président des Etats-Unis

 

Et comme peu d’éléments nouveaux interviendront en sa défaveur d’ici le 4 novembre, je pense qu’il prendra la relève de George W. Bush. Le contexte est favorable, les conventions sont terminées et ne l’ont pas affaibli, les débats télévisés ne le mettront pas en difficulté (il bénéficie même d’un avantage sur ce terrain), son colistier est solide, le parti est uni derrière lui, et les « scoops » déstabilisants à son encontre déjà révélés (sa consommation de marijuana, son engagement politique précoce, et même son enfance à Jakarta).

 

Cette fois, ce sont les Républicains qui sont sur la défensive

 

Le bilan de l’administration Bush est le plus gros handicap de McCain

Dans un pays en crise, cette élection se joue sur les perspectives économiques et sociales. Un contexte généralement favorable aux Démocrates, les Républicains étant plus à l’aise sur les dossiers de sécurité intérieure ou de politique étrangère. Même si John McCain cherche à se démarquer de l’administration Bush, il reste exposé à un vote de sanction comparable à celui qui a offert la victoire aux Démocrates aux élections mi-mandat il y a deux ans. Le Grand Old Party est, depuis le début de cette campagne, sur la défensive, et le sera encore plus à l’approche de l’élection.

 

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Le bilan de l’administration Bush est le plus gros handicap de McCain, qui ne peut que mettre en avant sa capacité à être commandant en chef, mais les Américains ne voteront pas en 2008 comme ils l’ont fait en 2004. Ils veulent un président pour réparer le pays, pas pour le diriger d’une main de fer. Enfin le choix de Sarah Palin comme colistière est un pari risqué, dont les effets négatifs sont nettement plus perceptibles que les avantages. On en voit les premiers signes avec Cindy McCain, l’épouse du candidat républicain, qui s’oppose aux positions de la colistière de son mari sur l’avortement, et en défend le principe en cas de viol ou d’inceste. En gagnant le vote des conservateurs, McCain est en train de perdre ce qui faisait de lui un rival de poids : sa capacité à séduire les centristes et les indécis.

 

Oui, les Américains sont prêts à élire un métis

 

Trop conservateurs, pas prêts à élire un candidat noir, ni même métis… Les clichés sur ce qu’il convient de qualifier d’obscurantisme de la population américaine pleuvent sur cette campagne, en particulier de la part de ceux qui rêvent en secret d’une victoire d’Obama (à tort ou à raison), mais qui refusent de trop y croire, et préfèrent prévoir ce qu’ils estiment être le pire, afin d’éviter qu’on leur reproche un enthousiasme déplacé par la suite. Mais les faits sont là. Obama a bâti sa victoire aux Primaires démocrates dans des Etats peuplés en immense majorité de blancs, et a en revanche connu plus de difficultés face à Hillary Clinton dans les Etats où la population noire est importante.

 

La force d’Obama est d’être parvenu à dépasser les clivages ethniques lors de sa campagne

La force d’Obama, on ne le répétera jamais assez, est d’être parvenu à dépasser les clivages ethniques lors de sa campagne. Son message rassembleur a été entendu par les Démocrates, et la convention de Denver a clairement montré que la ligne restera la même jusqu’en novembre. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, il est ridicule de penser que l’immense majorité des blancs voteront contre lui simplement parce qu’il est noir ou métis. On parle parfois de 10% d’Américains qui refusent de voter pour un noir, mais ce ne sera pas suffisant pour McCain. A cet égard, l’analyse de James Carville était peut-être valable en 1996, deux ans après la vague conservatrice, elle ne l’est pas forcément douze ans plus tard. Pour rappel, notons simplement que si les Américains ne sont pas prêts à voter pour Obama, ils ne sont pas non plus prêts à voter pour un candidat de 72 ans, encombré d’une colistière qui deviendrait présidente des Etats-Unis en cas de pépin.

 

Oui, les Démocrates sont unis derrière leur candidat

 

Les Primaires démocrates et l’affrontement Obama-Clinton n’a pas été aussi catastrophique que prévu par divers analyses. Au contraire, en occupant le terrain des médias, et en monopolisant l’attention, les Démocrates sont parvenus à s’imposer dans cette campagne, tandis que les Républicains (qui eux ne sont pas franchement unis derrière leur candidat) restaient en retrait. Les sondages indiquant que certains électeurs d’Hillary ne voteront pas Obama ne veulent rien dire. Voteront-ils McCain ? Certainement pas.

 

Bill_Clinton.jpg

Sans faire partie d’une « élite » souvent impopulaire aux Etats-Unis, Obama n’est pas le candidat de la gauche des Démocrates, et d’ailleurs cette dernière était plus favorable à Hillary Clinton, et plus tôt John Edwards. Les Démocrates qui ont soutenu Obama sont plus centristes, et sa capacité à séduire des Républicains est même apparu comme l’un des évènements lors des primaires. Par conviction ou par défaut, les électeurs démocrates sont en tout cas unis derrière Barack Obama, et le seront encore plus en novembre. Obama n’est effectivement pas un candidat démocrate « classique », comme pouvaient l’être Kerry ou Gore, il ressemble plus à Bill Clinton, et c’est un avantage.

 

Une campagne active dans cinquante Etats

 

Enfin, l’une des particularités de la campagne de Barack Obama, qu’on oublie souvent de mentionner en France, est qu’il est candidat dans l’ensemble des Etats, et ne se contente pas de cibler quelques scrutins clefs, comme ses prédécesseurs. Cela s’explique par l’énorme machine financière dont il bénéficie, qui lui permet de mener une campagne active sur l’ensemble du territoire américain. Cette stratégie, qui s’est avérée payante lors des Primaires, se poursuit depuis qu’il a officiellement remporté l’investiture de son parti. Face à lui, McCain éprouve de plus grandes difficultés à réunir des fonds, et sa campagne porte surtout sur des Etats clefs, que sont l’Indiana, l’Ohio, la Floride ou la Virginie. Cette stratégie de campagne globale portera ses fruits, et sur ce point, c’est la première fois que les Démocrates ont l’avantage sur les Républicains, généralement mieux organisés.

 

Certes la route est encore longue et les pronostics sont toujours hasardeux, mais si aucun événement important ne vient perturber la fin de la campagne, ce qui est rarement le cas après les conventions, Obama sera élu, et bénéficiera d’une majorité démocrate dans les deux chambres du Congrès. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? c’est une autre question.

 

crédit photo : Blaise T. Nutter (Wiki-Commons)

   

auteur: Barthélémy Courmont
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Sa sélection

Ouvrages : Sun Zu, L’art de la guerre / Clausewitz, De la guerre / Yukio Mishima, La mer de la fertilité (4 volumes) / Herman Hesse, Siddhartha / André Malraux, La tentation de l’Occident / Franz Kafka, Le château / Yasunari Kawabata, Tristesse et beauté / Pierre Loti, Un pélerin d’Angkor / Kenzaburo Oé, Lettres d’Hiroshima / Alexandre Soljenitsine, Le pavillon des cancéreux / Charles de Gaulle, Le fil de l’épée / Jonathan Littell, Les bienveillantes / Voltaire, Précis du siècle de Louis XIV / Balzac, Le colonel Chabert / William Styron, Le choix de Sophie / Jared Diamond, De l’inégalité parmi les sociétés / Lao She, Quatre générations sous un même toit / Natsume Soseki, Botchan / Junichiro Tanizaki, Quatre soeurs / Nikos Kazantzakis, La dernière tentation

Personnalités :

Sites web: www.hiroshima-nagasaki.net;, www.iris-france.org;, www.centretransatlantique.fr

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Biographie

Responsable du Bureau IRIS à Taiwan et chercheur au Centre d’Etudes Transatlantiques (CET) Ouvrages publiés : L’autre pays du matin calme. Le paradoxe nord-coréen, Paris, Armand Colin, 2008 / La guerre, Collection « 128 », Paris, Armand Colin, 2007 / Pourquoi Hiroshima ? La décision d’utiliser la bombe atomique, Paris, L’Harmattan, 2007 / Hollywood-Washington: Comment l’Amérique fait son cinéma (avec Erwan Benezet), Paris, Armand Colin, 2007 /(ouvrage dirigé), Washington et les Etats voyous. Une stratégie plurielle ?, Paris, Dalloz, 2007 / Le monde nucléaire. Arme nucléaire et relations internationales depuis 1945 (avec Pascal Boniface), Paris, Armand Colin, 2006 / L’Asie orientale face aux périls des nationalismes, Paris, Lignes de repères, 2006 / Hiroshima et la bombe atomique, Caen, Editions du Mémorial, 2005 / L’empire blessé : Washington à l’épreuve de l’asymétrie, Montréal, PUQ, 2005 / L’Amérique de Bush : les enjeux d’une réélection, Paris, CV mag, 2005 / Terrorisme et contre terrorisme : l’incompréhension fatale, Paris, Cherche-Midi éditeur, 2003 / Les guerres asymétriques : conflits d’hier et d’aujourd’hui, terrorisme et nouvelles menaces (avec Darko Ribnikar), Paris, PUF, 2002

Obama : une vision neuve de la nation américaine

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Obama : une vision neuve de la nation américaine

Barack Obama s’est longuement exprimé le 18 mars, à Philadelphie, sur le thème de l’identité nationale et du racisme aux Etats-Unis. Il a offert à ses concitoyens une réflexion puissante sur leur histoire et leur identité, dans un discours qui fera date.

Candidat démocrate noir à la présidentielle, le sénateur Barack Obama s’est longuement exprimé le 18 mars, à Philadelphie, sur le thème de l’identité nationale et du racisme aux Etats-Unis. Ce discours  a été tenu dans le contexte passionnel d’accusations portées contre le révérend Wright, pasteur de l’église de Obama à Chicago : ce dernier, comme nombre de révérends noirs en colère, a tenu des prêches haineux contre l’Amérique raciste. Pour une opinion traumatisée par le 11 septembre 2001, ces propos insultants sont un acte de guerre. Obama se devait de réagir. Se démarquer du pasteur Wright ? Regagner la confiance de l’électorat en demandant pardon ? C’eût été un geste électoral. Obama n’a pas « réagi » : il a agi.

Il a offert à ses concitoyens, une réflexion forte, lucidité et espoir mêlés, sur leur histoire et leur identité.

 

Entouré de six drapeaux américains, Obama a raconté l’histoire tragique de la communauté nationale américaine, en dépit du désir des Pères Fondateurs d’échapper à la tyrannie. Cette libération resta inachevée, la constitution de 1787 a laissé de côté les esclaves noirs. Il y eut la Guerre de Sécession des années 1865 entre états esclavagistes du Sud et un Nord qui refusait l’esclavage. Le Sud esclavagiste fut vaincu. Mais l’émancipation des esclaves, annoncée par Lincoln en 1863, n’a pas mis fin à la ségrégation ; c’est avec la présidence de Johnson, après l’assassinat de Kennedy, que « l’émancipation » passe petit à petit dans les faits.

Obama a poursuivi, inscrivant l’histoire de sa vie en celle des Etats-Unis : un père noir Kenyan, une mère blanche du Kansas, une enfance guidée par la grand-mère blanche, un mariage avec Michelle, noire, descendante « des esclaves noirs et des propriétaires d’esclaves » ! (sic). Obama, avec cette seule phrase, sa femme descendante des noirs esclaves et des blancs qui les emploient, rappelle une histoire de « dominants / dominés » dans son pays. En dépit de ces origines, il est promu à la position de candidat présidentiel. Une telle histoire, affirme-t-il,  n’est possible nulle part ailleurs qu’aux Etats-Unis.

http://www.contre-feux.com/politique/barack-obama-une-vision-neuve-de-la-nation-americaine.php

Obama a pris position, clairement. Il condamne  Wright  pour ses propos « de division « . Mais au-delà, il cherche à comprendre.

 

Il situe ces sermons dans le contexte de la colère, « black anger », des Noirs des années 1960 qui ont entendu le rêve de Martin Luther King et grandi dans la frustration. S’il entend la colère des Noirs, il mesure aussi le ressentiment des Blancs, des Blancs pauvres et de classe moyenne qui supportent mal les obligations de la politique de « discrimination positive » (« affirmative action » en anglais) qui impose des quotas de recrutement de Noirs, aux dépens de ces Blancs évincés. Pour réparer les torts passés, des candidats noirs sont préférés aux blancs. En fait, les uns et les autres sont frappés par la loi du profit qui délocalise les emplois. Sa vie à lui, en cette histoire de société ? C’est sa grand-mère blanche qui, en dépit de son amour pour lui, avait peur des Noirs… Une grand-mère blanche, un pasteur noir, tel un double, sont l’un et l’autre dans  la vie d’Obama.

 

Le message pour le présent : ouvrir les yeux sur ces fractures raciales, et  au-delà, comprendre que les défis contemporains supposent l’union : le terrorisme, les mutations climatiques, la globalisation… Obama n’est pas   dans la rhétorique. Le passé n’est pas passé, dit-il : racisme sans ségrégation autorisée, honte, persistent.  De manière passionnée et contenue, il demande de choisir. Refuser de voir et de construire la nouvelle époque d’une nation unifiée, qui est  plus que la somme des communautés. Ou, comprendre  l’urgente nécessité  du dépassement. Ce changement suppose de ne plus accepter des écoles de niveau inférieur pour les Noirs, Hispaniques, Asiatiques, de ne plus accepter de voir les salles d’attente d’urgence des hôpitaux dépourvus de moyens, peuplées de Noirs et d’Hispaniques…

 

Le moment Obama à Philadelphie va entrer dans les temps forts des espoirs américains.

 

Le démocrate noir / blanc a posé la question centrale que les Etats-Unis se devraient (comme d’autres nations) d’affronter : celle de leur nouvelle et future identité. Seule cette mutation identitaire permettra la reconversion du leadership des Etats-Unis. Cette même mutation s’impose pour corriger les fractures sociales. Le discours de Philadelphie va entrer dans la trame des temps forts des espoirs des Américains… Il y avait un risque : celui de faire froncer les sourcils des extrémistes blancs ou noirs. Obama a assumé. Il est possible  qu’il ne soit pas entendu. Mais il est  aussi fort probable que, dans les tréfonds de leur intimité, nombre de citoyens américains seront dérangés.

 

Le discours de ce démocrate ébranle. Il pose la question de l’identité nationale américaine et du projet de cette puissance minée par la colère et le ressentiment. Pour nous européens qui ne portons pas cette arrogance et contrainte de l’hyper puissance, l’entendre devrait engendrer une réflexion sur le racisme de nos sociétés. Peut-être Obama est-il venu trop tôt dans la vie politique américaine. A moins qu’il n’arrive déjà trop tard pour une nation déchirée. Il reste que Barack Obama, c’est une voix qu’il faut désormais méditer.

 

   

auteur: Catherine Durandin
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Noirs d’Amérique Latine/Le carnaval contre le ‘racisme cordial’ brésilien

Noirs d’Amérique Latine 

Le carnaval contre le ‘racisme cordial’ brésilien

Le journal allemand Sueddeutsche Zeitung affirme dans une de ses éditions (début février 2008) que « le Brésil noir mène une révolte au carnaval de Salvador ».

Noirs d'Amérique Latine/Le carnaval contre le 'racisme cordial' brésilien dans AMERIQUE DU SUD CARAÏBES 20080205100103080205_naomicampbell203body

__ »Top model Naomi Campbell avec Ilê Ayê

au Carnaval bahianais »__

Dans un article intitulé « La lutte contre le racisme cordial » consacré au carnaval de la ville – décrit comme « une démonstration de beauté et de confiance en soi noires » – le journal affirme que « derrière les sons euphoriques de la samba il y a un positionnement politique clair; celui de l’exigence de la fin du racisme ».

Le journal indique que le carnaval – par la manière dont il est célébré par les groupes comme Olodum, Araketu et Ilê Ayê, et la tradition de la capoeira, une « philosophie en mouvement » qui était le thème du carnaval de 2008 dans la ville- est aujourd’hui « au service de la lutte culturelle contre le ‘racisme cordial’ ».

« Ce ne sont pas les lois qui discriminent les personnes, comme ce fut le cas en Afrique du Sud où les institutions comme ce fut le cas des États-Unis. Ce qui fait tomber le mythe de la démocratie raciale vantée au Brésil ce sont les innombrables interdictions subtiles, qui excluent une grande partie des personnes de la vie sociale », raconte le reportage.

« Le racisme est une réalité brésilienne, qui se perd au milieu des nouvelles sur la guerre des trafiquants dans les favelas et le crime organisé dans les grandes métropoles ».

Le journal allemand ajoute qu’il existe « des tendances racistes évidentes  » au Brésil: « quand on est un jeune homme noir, on meurt jeune dans les rues brésiliennes ou très souvent on ne survit pas à un séjour en prison ».

Au carnaval de Salvador, la plus grande ville africaine en dehors de l’Afrique et dans laquelle « encore dans les années 70 les blancs enlevaient leurs enfants de la rue quand les ‘groupes afros’ passaient », les marginalisés sont rois et les tambours noirs assument pendant six jours le pouvoir dans la ville », indique le journal.

Le journal loue le travail de conscientisation et de récupération de l’histoire faite par les groupes, dans une ville dont « près de 80% des habitants sont afrobrésiliens », mais dans laquelle « les héros noirs sont absents des salles de classes ».

Traduit du portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.bbc.co.uk/portuguese/reporterbbc/story/2008/02/080205_pressreview_tppu.shtml

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Noirs d’Amérique Latine/Legislation et Politique [grioo.com]

dimanche 27 avril 2008

Projet de Loi instituant des quotas dans les entreprises privées pour les Afrobrésiliens en discussion

Le Parlement étudie le Projet de Loi 2697/07, du député Evandro Milhomen (PCdoB-AP) qui institue des quotas pour les travailleurs afrodescendants dans les entreprises privées. Selon la proposition, les entreprises de plus de 20 employés seront obligées de réserver 20% des postes aux personnes qui s’auto déclarent noires ou métisses selon les critères raciaux établis par l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistique ( Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística – IBGE).

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L’objectif du projet est d’augmenter l’accès des noirs au marché du travail. Le texte établit également que le licenciement d’employés afrodescendants ne sera permise que si cela entraine l’engagement d’un remplaçant dans les mêmes conditions (raciales).

Selon le député, malgré les avancées dans le combat contre la discrimination raciale au Brésil, les noirs restent confrontés aux difficultés d’accès au marché du travail et reçoivent des salaires inférieurs à ceux des blancs. »Alors qu’ils représentent presque la moitié des travailleurs brésiliens, les noirs présentent des taux de chômage les plus élevés. En plus, dans la plupart des capitales, la durée de chômage est bien supérieure chez les noirs par rapport aux blancs qui sont dans la même situation « , affirme le parlementaire.

Selon la « carte de la population noire sur le marché du travail au Brésil », une étude publiée par l’Institut Syndical Interaméricain pour l’Égalité Raciale (INSPIR), la population noire représente en moyenne 41,7% de la population économiquement active. L’étude a été réalisée dans six régions métropolitaines du Pays (São Paulo, Belo Horizonte, Salvador, Porto Alegre, Recife et dans le District Fédéral). Evandro Milhomen affirme que malgré le fait qu’il existe déjà une conscientisation des entreprises en faveur de la diversité raciale, peu d’organisations ont des politiques claires faisant la promotion de la diversité ethnique.

Selon le projet, les entreprises qui enfreindraient la loi seraient sujettes à une amende administrative dix fois supérieure à la valeur du salaire le plus élevé payé par l’employeur par poste non pourvu, augmenté de 50% en cas de récidive. Les entreprises qui ne respecteront pas les quotas pourraient se voir interdites de prêt ou de financement par les banques publiques. Le projet attribue au Ministère du Travail la compétence pour la fiscalisation, l’approbation et le contrôle des entreprises relativement à l’application de la loi.

La proposition sera étudiée par les commissions du Travail, de l’Administration et du Service Public; de la Sécurité Sociale et de la Famille; et de la Constitution de la Justice et celle de la Citoyenneté. Elle devra également être votée par la suite en Plénière. Le projet suivra la procédure en annexe au PL 3147/00, qui réserve également des postes dans les entreprises aux travailleurs noirs.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www2.camara.gov.br/internet/homeagencia/materias.html?pk=120940

dimanche 20 avril 2008

Le Statut de l’Égalité Raciale en débat au Parlement fédéral brésilien

Le Parlement Fédéral (brésilien) a été mercredi le théâtre d’une audience publique au cours de la laquelle a eu lieu un débat sur le Statut de l’Égalité Raciale, projet de loi proposé par le sénateur Paulo Paim (PT-RS). Au cours dudit débat, un signal d’alarme a été lancé sur la nécessité de l’approbation du Statut en vue de la reconnaissance des droits des afrodescendants au Brésil et pour le bien de la société dans le combat qu’elle mène contre l’égalité raciale.

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Noirs d'Amérique Latine/Legislation et Politique [grioo.com] dans AMERIQUE DU SUD CARAÏBES 02

Le sénateur Paulo Paim

En plus du rapporteur du projet au parlement Carlos Santana (PT-RJ) participaient également au débat le président de la Fondation Culturelle Palmares, Zulu Araújo, et l’actuel secrétaire de la Promotion de l’Égalité Raciale de Bahia, Luiz Alberto, qui était invité à titre de conférencier.

Le président de la Fondation Culturelle Palmares, Zulu Araujo a cité les conquêtes importantes pour la consolidation de l’égalité Raciale telles que l’institution de quotas dans les universités et la reconnaissance des communautés quilombolas. Le secrétaire de la Promotion de l’Égalité Raciale de Bahia, Luiz Alberto, a pour sa part cité les nombreuses audiences du Statut et le soutien du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Sur l’insistance du président Lula, Luiz Alberto a également informé de la nécessité pour le Parlement de voter le Statut et de celle du débat qui se tient actuellement sur le sujet au sein des universités.

Voyez ci-dessous quelques unes des actions et des mesures incluses dans le Statut de l’Égalité Raciale qui garantiront les droits fondamentaux aux afrodescendants :

- L’accès universel et égalitaire au Système Unique de Santé (SUS) pour la promotion, la protection et le recouvrement de la santé de ce secteur de la population;

- le respect des activités éducatives, culturelles, sportives et de loisirs répondant aux intérêts et aux conditions des afrobrésiliens;

- les droits fondamentaux des femmes noires sont abordées dans un chapitre ;

- le droit à la liberté de conscience et de croyance des afrobrésiliens et à la dignité des cultes et des religions de matrice africaine pratiquées au Brésil seront reconnus;

- le système de quotas cherchera à corriger les inégalités raciales inacceptables qui caractérisent la réalité brésilienne;

- Les communautés issues des quilombos, selon les dispositions de la loi, auront le droit de propriété définitif sur les terres qu’elles occupaient;

- l’héritage culturel et la participation des afrobrésiliens à l’histoire du pays seront garantis dans la production véhiculée par les organes de communication;

- la matière « Histoire Générale de l’Afrique et du Noir au Brésil  » intégrera de façon obligatoire le curriculum de l’enseignement primaire et moyen, public et privé. Cela permettra une connaissance de la véritable histoire du peuple noir et de ses racines;

- l’institution de Services à leur écoute garantira aux victimes de discrimination raciale le droit d’être entendues;

- pour garantir l’effectivité de leurs droits, des politiques visant l’inclusion des afrobrésiliens au marché du travail seront mises en place;

- La création du Fond National de la Promotion de l’Égalité Raciale permettra la promotion de l’égalité des chances et l’inclusion sociale des afro-brésiliens dans divers secteurs, tels que l’octroi des bourses d’études aux afrodescendants pour l’éducation primaire, moyenne, technique et supérieure.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

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jeudi 10 avril 2008

Projet de loi pour une reconnaissance juridique des Afroboliviens

Le Parlement prévoit d’étudier cette semaine le projet de loi de reconnaissance juridique de l’ethnie afro-descendante en prenant en compte qu’il délimite avec précision la non appartenance aux peuples indigènes et originaires, elle précise également sa propre identité historique et culturelle.

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Projet de loi pour une reconnaissance juridique des Afroboliviens

Le Parlement prévoit d’étudier cette semaine le projet de loi de reconnaissance juridique de l’ethnie afro-descendante en prenant en compte qu’il délimite avec précision la non appartenance aux peuples indigènes et originaires, elle précise également sa propre identité historique et culturelle.

 dans AUTRES REPORTAGES

Le document, en son article 1, indique que l’État établit l’égalité juridique des descendants africains en Bolivie, en leur accordant tous les droits, garanties et obligations établies par la Constitution Politique de l’État (CPE), les lois, les traités et les conventions internationales et internationales qui sauvegardent les peuples indigènes et originaires.

« La Bolivie, libre, indépendante, souveraine, multiethnique et multiculturelle reconnait au peuple afro-descendant de Bolivie son droit à conserver et è renforcer ses propres institutions politiques, économiques, sociales et culturelles, se portant ainsi garant de sa culture, son histoire, ses us et coutumes, son identité, ses valeurs et ses langues », indique un autre article du projet publié par l’ APN.

Le troisième article établit que les autorités naturelles du Peuple Afro-descendant pourront exercer les fonctions d’administration, en application de ses propres normes en accord avec les us, les coutumes et les procédures, du moment qu’elles ne sont pas contraires aux CPE et aux lois en vigueur dans le pays.

En fin, le document qui compte sept articles déclare la Saya Afroboliviana patrimoine culturelle de Bolivia et le Pouvoir Exécutif reste en charge du développement de politiques de développement, de promotion, de préservation et de diffusion de cette culture.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Source: ABI

Les Afroboliviens bientôt inclus dans la nouvelle Constitution?

Le Centre Afrobolivien pour le Développement Intégral et Communautaire (Centro Afroboliviano para el Desarrollo Integral y Comunitario -CADIC) a souligné l’inclusion de la communauté afrobolivienne dans le nouveau texte Constitutionnel, ce qui permettra sa participation aux politiques d’intérêt national et dans le domaine culturel

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Les Afroboliviens bientôt inclus dans la nouvelle Constitution?

Le Centre Afrobolivien pour le Développement Intégral et Communautaire (Centro Afroboliviano para el Desarrollo Integral y Comunitario -CADIC) a souligné l’inclusion de la communauté afrobolivienne dans le nouveau texte Constitutionnel, ce qui permettra sa participation aux politiques d’intérêt national et dans le domaine culturel

Pour lutter contre l'exclusion sociale, le nouveau texte de la Constitution consolide comme politique d'État la révolution démocratique et culturelle qui  propose parmi ses principaux objectifs la construction d'une nouvelle identité nationale basée sur le respect mutuel, la valorisation du collectif et la diversité pour rompre avec la culture colonialiste.

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L'article 3 du Chapitre 1 de la nouvelle Constitution Politique de l'État établit que "le peuple bolivien est formé par la totalité des boliviennes et des boliviens appartenant aux différentes de classes sociales, aux nations et aux peuples indigènes, originaire, paysans et aux communautés interculturelles et afroboliviennes ".
La majorité de la population afrobolivienne se trouve dans les régions de Tocaña, Chijchipa, Chicaloma, Villa Remedios, Mururata et d'autres. L'ensemble des afroboliviens représentent plus 35 000 personnes dans l'ensemble du pays.
Jorge Medina Barra, directeur Exécutif du CADIC indique que  "nous les afros nous sommes également boliviens. Plus de 500 ans d'histoire nous donnent également des droits".
"Cela permettra que nous soyons présents dans toutes les taches de la Patrie et de dire que nous faisons partie de la Bolivie et que nous avons une culture propre", ajoute-t-il.
Il explique que la communauté afrobolivienne, située dans les  Yungas, département de  La Paz, a constamment réclamé son inclusion avec tous les droits et les devoirs, en tant que l'une des communautés ethniques de Bolivie écartée depuis des siècles de la participation à la vie publique.
Il a également rappelé que les afroboliviens sont restés esclaves jusqu'en 1952 lorsqu'a eu lieu la  Révolution Nationale, et qu'aujourd'hui ils ont été rendus invisibles et restent écartés.
Selon lui, les demandes spécifiques de la communauté comprennent les problématiques de l'éducation, de santé, de la discrimination, de la terre, du territoire et de la territorialité, du tourisme et du genre.
Il a insisté auprès de l'Agence  Bolivienne d'Information sur le fait  "que le nouveau texte constitutionnel représente  un événement historique, puisque après plus de 500 de lutte et de revendication pour la reconnaissance en tant que peuple, nous avons réussi à faire inclure la thématique du peuple Afrobolivien dans le nouveau texte constitutionnel".

PARTIE DE LA DIVERSITÉ

Pour sa part, Marfa Inofuentes a déclaré que  "l'inclusion du peuple afro dans la nouvelle Constitution Politique de l'État a constitué un travail et un effort que nous avons réalisé pour démontrer notre inclusion à la population bolivienne avec toutes nos cultures et pour faire partie de la grande diversité".   "Nous espérons que tous les boliviens diront avec en toute conscience oui à la nouvelle Constitution, pour que nous puissions dire que nos droits seront réellement revendiqués. Pour cela, le peuple Afro bolivien dont la communauté représente plus de  35.000 habitants diront oui au nouveau texte Constitutionnel ", a indiqué  Inofuentes.

Selon elle, les autorités rendent ce secteur de la population visible par le biais de ce processus de changement. Elle considère qu’il s’agit d’un début positif pour que toutes les communautés des afroboliviens puissent atteindre un plus grand développement et que la population puisse vivre dans des conditions dignes.

La proposition de la communauté afrobolivienne de son inclusion dans le nouveau texte de la Constitution a été élaborée au cours d'audiences publiques, de séminaires, d'ateliers lui permettant de faire connaitre ses revendications.
Le Secrétaire General de la Préfecture Alejandro Zapata, a pour sa part déclaré que le département ne regorge pas seulement de richesses pétrolières, minière, faunique et de la flore, mais qu'il ya également des trésors  humains comme la communauté afrobolivienne.
Il reconnait que la culture aforbolivienne a toujours été exclue et marginalisée, mais pour en finir avec l'exclusion, des processus de participation et d'inclusions des régions Sud et Nord Yungas sont en marche.
Une preuve du changement, la "Saya Afrobolivienne" a été déclarée "Patrimoine Historique Culturel et Intangible de La Paz" par le Conseil Départemental car elle représente l'image et l'identité culturelle non seulement d e la région, mais de la Bolivia entière devant les pays du Monde.
La déclaration prétend récupérer et conserver la musique et la danse de la  "La Saya" afrobolivienne qui identifie non seulement les personnes, mais toute la région des Yungas de La Paz.
En plus de cette déclaration, toute la communauté afrobolivienne installée depuis 500 ans dans les différentes communautés des municipalités de Coroico, Coripata, Chulumani et Irupana, dans les provinces Nord et Sud  Yungas, département de La Paz a été reconnue.
Les intérêts économiques qui faisaient fonctionner la pratique du commerce des esclaves au 18ème siècle ont fait émigrer la population africaine en Amérique Latine.
Son origine africaine est implicite dans la déformation du vocable Nsaya d' Origine  Kikongo (Afrique); ainsi, la  saya signifie étymologiquement : travail en groupe sous la direction d'un chanteur principal. Elle est composée de musique, de danse, de poésie et de rythme, et on se sert à la fois de la métaphore et de la satire en abordant les thèmes relatifs à l'esclavage et à la situation actuelle.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.diariocritico.com/bolivia/2008/Marzo/noticias/65589/afrobolivianos-incluidos.html

vendredi 23 novembre 2007

Justice : Le gouvernement de São Paulo indemnisera une employée victime de racisme

Le gouvernement de São Paulo indemnisera Simone André Diniz une employé domestique victime de préjugé à hauteur 36 000 reals. En 1997, après être tombée sur une annonce dans un journal Simone – qui avait 19 ans lors des faits- posa sa candidature à une place d’employée domestique. L’annonce indiquait que l’employeur avait une préférence pour une blanche. Reçue par la personne en charge de la sélection, Simone s’indigna d’être écartée parce qu’elle est noire. La jeune déposa une plainte à la police pour racisme. Malgré la protection de la loi, la justice ne considéra pas l’acte comme étant criminel.

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Après avoir eu recours aux autorités, Simone sollicita l’aide des organisations non gouvernementales de droits et de défense des noirs. Elle put alors obtenir que sa plainte soit portée devant la Commission Interaméricaine des Droits Humains de l’ OEA.


À la fin de l’année 2004, l’OEA engagea des poursuites contre l’État brésilien pour crime de racisme. Aucun accord ne fut établé et un rapport publié l’an dernier considéra l’état comme étant responsable de la pratique du racisme institutionnel contre Simone. L’organe internationale fit des recommandations pour mettre fin à cette pratique et pour la réparation du dommage.


L’acte de mise à disposition de l’argent a été signé ce lundi par le gouverneur José Serra, qui a même signé un projet de loi relatif au combat contre le racisme institutionnel et la réparation de dommages matériels t moraux qui sera porté devant l’Assemblée Législative. Source: O Globo Online

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

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75% des esclaves emmenés au Brésil étaient Bantus

Classé dans : AMERIQUE DU SUD CARAÏBES,AUTRES REPORTAGES — tebawalito @ 3:26

Noirs d’Amérique Latine 

75% des esclaves emmenés au Brésil étaient Bantus

La conseillère technique en Langues Africaines du Musée de la Langue Portugaise à São Paulo, Yeda Pessoa de Castro a fait ressortir dans une enquête récente que parmi les quatre millions d’individus emmenés de l’Afrique Subsaharienne pour le travail esclave au Brésil, 75% étaient originaires du monde linguistique bantou, c’est-à-dire des territoires situés actuellement en Angola et dans les deux Congos.

Adriano de Melo

75% des esclaves emmenés au Brésil étaient Bantus dans AMERIQUE DU SUD CARAÏBES falares_africanos_na_bahia-727350

Ce contingent bantou, (dont la graphie originale est bantu) qui était de cette ampleur dans la ville de Bahia du 17ème siècle, a selon le chercheur amené le Père Dias à écrire « A arte da língua de Angola »(L’art de langue d’Angola) une grammaire publiée en 1687 à Lisbonne pour instruire les jésuites et faciliter le travail de catéchisme des « 25 milles éthiopiens » africains.

La même situation s’est développée selon Yeda Pessoa de Castro dans d’autres régions de l’époque comme Palmares, où le développement d’un parlé de base Congo-Angola est à l’origine de la création de divers toponymes, parmi lesquels ganga zumba, zumbi, dandara, osengo et andalaquituxe.

Pour la conseillère, les apports bantus, comme senzala, mucama et quilombo sont associés au régime de l’esclavage et en même temps intégrés au système linguistique du Portugais, en formant des dérivés à partir d’une même racine bantu, à l’exemple de esmolambado, dengoso, sambista, xingamento, mangação, molequeira et caçulinha. « La constatation de ce fait démontre l’antériorité de la présence bantu et l’amplitude atteinte par sa distribution humaine sur le territoire colonial brésilien, avant d’autres peuples négro-africains également en esclavage », souligne-telle.

Dans certains cas, dit-elle, le mot bantu va jusqu’à remplacer celui de sens équivalent en Portugais. « Par exemple, l’usage de corcunda pour giba, moringa pour bilha, xingar pour insultar, cochilar pour dormitar, caçula pour benjamim, bunda pour nádegas, marimbondo pour vespa, carimbo pour sinete et cachaça pour aguardente ».

Du point de vue de la religion, Yeda Pessoa de Castro affirme que les dénominations candomblé, macumba et catimbó sont également d’origine Bantu et représentent probablement les plus anciennes manifestations de religiosités afro-brésiliennes nées pendant l’esclavage, et en conséquence du contact d’orientations religieuses amérindiennes et africaines avec le catholicisme aux débuts de la colonisation.

Yeda Pessoa de Castro

« Ce sont des marques lexicales porteuses d’éléments culturels partagés par toute la société brésilienne et qui démontrent la participation historique de la langue dans la construction du portugais brésilien et la force de son influence sur l’identité brésilienne, du moment que la langue naturelle d’un peuple renforce l’espace de l’identité comme instrument de circulation d’idées et d’information », souligne-t-elle.

La femme africaine, selon Yeda Pessoa de Castro est la base de tout cet engrenage culturel, car sa participation effective à la vie quotidienne du colonisateur, qu’elle servait comme mucama(domestique) et de babá (nounou), lui permettait de participer socio-linguistiquement à deux sociétés différenciées et de les influencer comme une sorte de porte parole entre la casa-grande (la maison des maîtres) et la senzala.

Source: Jornal de Angola

Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga

Senzala s. f., Brésil,

Logement des esclaves sur une plantation; Angola,

Habitation ou peuplement d’indigènes africains;

Résidence du soba;

Mucama

du Quimb. mu’kama, concubine esclave s. f.,

Esclave rendue concubine par le maître; macuma;

Brésil, (sens du texte)

o m. q.

Esclave noire qui aidait dans les services de la maison et servait de compagnie aux membres de la famille de son maître.

Esmolambado adj., Brésil,

Qui marche vêtu de molambos (Guenilles); Dengoso : Maniéré, prétentieux

Demander, mendier.

mangar

v. int., fam., railler, se moquer; dédaigner, mépriser

Xingamento : Blasphème, juron

Mangação

| s. f.

Dérivation fem. sing. de mangar

Brésil,

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Commentaires

1. Le jeudi 18 septembre 2008 à 11:09, par nena

c’est bien de le rappeler comme ça les afro brésilien savent d’où ils viennent
je pense que certains organisme devraient organiser des voyages pour leur permettre d’aller visiter la terre de leurs ancetres

ps : si on s’est pas d’où on vient où va t-on

Isaiah Washington : je suis un grand noir à la peau foncée qui ne dit pas oui au maître!

Isaiah Washington : je suis un grand noir à la peau foncée qui ne dit pas oui au maître!
01/07/2007
 
Isaiah Washington : je suis un grand noir à la peau foncée qui ne dit pas oui au maître! dans BLACK USA LA LIBERTE transparent
Viré de la série Grey’s Anatomy, Asaiah Washington tient des propos musclés dans Newsweek
transparent dans DISCRIMINATION A L'EGARD DES NOIRS
 
Par Redaction Grioo.com

Isaiah Washington

Revenant sur son éviction de la série Grey’s Anatomy dont il était une des vedettes, Isaiah Washington s’est confié à l’hebdomadaire américain Newsweek.

« Etre un Noir non docile ne m’a pas aidé sur le plateau de tournage. Je ne faisais pas de va et vient en me tenant la tête entre les mains en permanence. Je ne parlais pas comme si je venais juste de quitter la plantation, ce qui peut parfois poser un problème aux gens. »

Une personne des ressources humaines m’a dit que cela avait effrayé certaines personnes sur le plateau. je lui ai demandé : pourquoi, parceque je suis un grand Noir à la peau foncée, et qui ne passe pas son temps à dire « oui monsieur le maître, non monsieur le maître » à tout le monde ? C’est fou que ma présence seule puisse effrayer les gens. Cela a fait de moi la première personne à me trouver dans le collimateur d’une équipe qui avait des dysfonctionnements.

« Mon erreur a été de croire que je serais soutenu par mon réseau et mes collègues. J’ai eu le tort de croire que je pourrais corriger une erreur avec sincérité et honnêteté. Mon erreur a été de croire que les Noirs pouvaient bénéficier d’une seconde chance : je me trompais sur toute la ligne. »

« Patrick (un des acteurs de la série NDLR) et moi avons eu un désaccord « philosophique » qui est devenu hors de contrôle et qui est révélateur de beaucoup de choses » affirmait encore Washington. Il m’ait arrivé de dire beaucoup de choses négatives qui n’ont jamais été révélées. Mais il y a un mot qui a attiré l’attention de quelqu’un, particulièrement quelqu’un qui n’était même pas dans la même pièce que nous. C’était une lutte entre deux hommes qui n’aurait jamais du se produire. Mais quelqu’un a entendu la voix forte d’un homme noir et a été vraiment été effrayé. Ce fut le début de la fin pour moi. Je perçois cela maintenant, mais je ne le percevais pas à l’époque. »

Continuant sur sa lancée, Washington poursuivait : « Je me suis excusé et j’ai montré du remord pour ce que j’avais dit et pour la douleur que j’avais pu causer. Mais si un homme Noir ne peut pas bénéficier d’une seconde chance alors que tant d’autres comme Robert Downey Jr ou le gouverneur de Californie ont bénéficié d’une seconde, voire d’une troisième chance, alors cela en dit long sur l’état des relations raciales dans ce pays où nous vivons. »

« Les gens qui me connaissent savent ce que j’ai réellement dans le coeur. C’est ce qui me fait le plus mal dans toute cette histoire. Je faisais ce que je fais actuellement en Afrique depuis des années, avant Angelina (Jolie NDLR) et Bono. J’ai travaillé dans des foyers de sans domicile fixe pendant des années, et j’ai donné de l’argent pour que les gens dorment ailleurs que dans la rue ou ne meurent pas de faim. J’ai essayé de faire profiter de mes succès. Mais tout cela a changé à cause de cette histoire et c’est ce qui me fait mal au coeur ».

« J’ai mes propres opinions et je m’exprime lorsque que je crois que c’est opportun. Dans le métier, ça m’a valu l’étiquette de quelqu’un qui fait le difficile et avec qui c’est dur de traiter ».

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