TEBAWALITO

blog de la fraternité avec la diaspora noire. Ceux a qui cet appel fait echo, venez et matez mon blog

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20 décembre, 2007

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 0:41

L’homme et les animaux

Conte burkinabé

Autrefois l’homme habitait dans le même village que les grandes bêtes, l’éléphant, le lion, le léopard, le singe et il n’y était pas la maître. Ces qutre bêtes allaient à la chasse dans la brousse quotidiennement et en rapportaient à manger pour tous, mais l’homme, chaque fois qu’il allait à la chasse, ne rapportait rien ou pas grand chose. Un jour les animaux se réunirent et dirent à l’homme :  » Tu n’attrapes jamais rien, tandis que nous tuons des bêtes. Si tu continues à ne rien rapporter, tu ne mangeras plus avec nous.
-  Bon « , dit l’homme. Le lendemain il partit à la chasse avec son arc et ses flèches qu’il avait jusque-là cachées soigneusement de peur que s’ils ne voyaient ces armes les animaux ne le tuassent. Il attrapa et rapporta une biche. Quand les animaux virent cela, ils s’étonnèrent et lui demandèrent comment il avait tué la biche.  » J’ai ma manière, dit l’homme, mais je ne vous le dirai pas.  » Les animaux s’adressèrent au singe :  » Suis-le dans la brousse quand il partira demain et vois comment il fait pour tuer les biches. Ensuite tu nous le diras.  » Ainsi fut fait. L’homme tira une flèche de son carquois et l’ajusta à son arc. Le singe monta dans un arbre pour mieux observer. Quand l’homme banda l’arc et lança la flêche, la biche fut tuée. Le singe descendit aussitôt de son arbre et regagna en courant le village :  » Cet homme est vraiment redoutable, dit-il aux animaux. Quand il tend son bras vers quelqu’un ce quelqu’un tombe mort !  » L’homme rapporta la biche sur son dos mais quand il leva le bras pour la saisir et la jeter à terre, tous les animaux crurent qu’il voulait tendre le bras vers eux pour les tuer et s’enfuirent. A partir de ce jou-là les grands animaux ne quittèrent plus la brousse et l’homme commande désormais le village.

 

L’homme et les animaux

Conte burkinabé

Autrefois l’homme habitait dans le même village que les grandes bêtes, l’éléphant, le lion, le léopard, le singe et il n’y était pas la maître. Ces qutre bêtes allaient à la chasse dans la brousse quotidiennement et en rapportaient à manger pour tous, mais l’homme, chaque fois qu’il allait à la chasse, ne rapportait rien ou pas grand chose. Un jour les animaux se réunirent et dirent à l’homme :  » Tu n’attrapes jamais rien, tandis que nous tuons des bêtes. Si tu continues à ne rien rapporter, tu ne mangeras plus avec nous.
-  Bon « , dit l’homme. Le lendemain il partit à la chasse avec son arc et ses flèches qu’il avait jusque-là cachées soigneusement de peur que s’ils ne voyaient ces armes les animaux ne le tuassent. Il attrapa et rapporta une biche. Quand les animaux virent cela, ils s’étonnèrent et lui demandèrent comment il avait tué la biche.  » J’ai ma manière, dit l’homme, mais je ne vous le dirai pas.  » Les animaux s’adressèrent au singe :  » Suis-le dans la brousse quand il partira demain et vois comment il fait pour tuer les biches. Ensuite tu nous le diras.  » Ainsi fut fait. L’homme tira une flèche de son carquois et l’ajusta à son arc. Le singe monta dans un arbre pour mieux observer. Quand l’homme banda l’arc et lança la flêche, la biche fut tuée. Le singe descendit aussitôt de son arbre et regagna en courant le village :  » Cet homme est vraiment redoutable, dit-il aux animaux. Quand il tend son bras vers quelqu’un ce quelqu’un tombe mort !  » L’homme rapporta la biche sur son dos mais quand il leva le bras pour la saisir et la jeter à terre, tous les animaux crurent qu’il voulait tendre le bras vers eux pour les tuer et s’enfuirent. A partir de ce jou-là les grands animaux ne quittèrent plus la brousse et l’homme commande désormais le village.

Mourou la panthère et la chèvre /Contes Africains./comL’homme, la femme et les animaux

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 0:36

Mourou la panthère et la chèvre

Les exploits sanguinaires de Mourou la panthère étaient devenus si populaires dans la brousse que le gibier se faisait rare. Le portrait du félin, son allure, ses habitudes étaient identifiés, communiqués aux oiseaux, aux reptiles, aux herbivores et aux rongeurs. Partout où le carnivore passait, tous fuyaient devant lui. Ainsi privée de nourriture, Mourou la panthère mourait lentement. Maigre, chancelante sur ses pattes affaiblies, elle décida un jour d’aller habiter le village de l’Homme.

Elle l’atteignit la nuit et fut accueillie par le chat qui veillait. Elle fut logée dans le creux d’un vieux tronc à proximité de l’enclos de la Chèvre. A l’aube, le chat vint saluer sa visiteuse chargée d’un plat de souris. Mourou avala ce plat avec dégoût. Durant les jours qui suivirent, elle eut à se contenter de plats de la même espèce, parfois de poulets ou de quartiers de viandes dérobées.

- Il me plaît mon neveu de connaître les mœurs de tes cohabitants, sollicita l’étrangère auprès de son hôte.

- L’Homme mon maître, enchaîna-t-il, est l’animal le plus rusé et le plus intelligent. Il marche sur deux pattes, possède un bâton qui tonne et foudroie de loin. Le Chien qui ressemble au Loup suit le maître sur ses traces et surveille le village. Il a des crocs puissants. Le Cheval aussi grand qu’un Zèbre sert de monture au maître. Il a des coups de sabot meurtriers. L’Ane, fort, trapu, sert de bête de trait. La Vache, apparentée au Buffle donne du lait. Le Porc, dodu, massif et agressif, à l’allure du sanglier lui donne sa chair. De tous, seule la Chèvre est inoffensive et accueillante.

Mourou se lécha les babines satisfaite.

- J’irais donc visiter la Chèvre. Elle y alla.

- Salut ! Paisible animal, fit-elle. Je viens solliciter ton hospitalité.

-Sois le bien venu dans ma maison, O gros chat répondit la chèvre. Tu vivras de mon lait.

La panthère et la Chèvre vécurent ensemble pendant des mois. Décidée à exécuter un odieux projet qu’elle mûrissait, Mourou demanda à partir.

- Avant de te quitter, scellons une amitié dans le mélange de sang, suggéra-t-elle à sa bienfaitrice. Je ferai une saignée à ton cou, une autre à l’une de mes pattes. Nous recueillerons le sang que nous mélangerons pour boire tous les deux. Par cette alliance, les tiens et les miens connaîtront la paix et l’entraide durant des siècles.

Sans méfiance, la Chèvre tendit le cou. D’un coup de mâchoire, la Panthère l’étrangla et l’emporta toute saignante. Depuis lors, Mourou la Panthère ne cesse de visiter la nuit les enclos à chèvres pour renouveler cette alliance.

 

L’homme, la femme et les animaux

Conte burkinabé

Un homme très riche habitait dans la brousse avec sa femme. Il possédait un bracelet que Wende lui avait donné, disant :  » Conserve-le bien. Tant que tu l’auras , tu seras riche.  » Un jour qu’il se disputa avec sa femme, celle-ci vola le bracelet et le cacha en haut d’une petite case élevée, étroite, solide et sans porte qu’elle construisit dans la brousse. Cependant, les biens du mari commencèrent à disparaître : ses troupeaux périrent, ses richesses se perdirent. Bref, il devint pauvre. L’homme charchait partout son bracelet, mais ne le retrouvait pas. Cependant, il rencontra un chien :  » Que fais-tu là ? Dit le chien.
-  Je cherche un bracelet auquel je tiens beaucoup.
-  Si tu me récompenses, dit le chien, je t’aiderai.
-  Si tu le trouves, je te donnerai tout ce que tu veux, dit l’homme.  » Le chien, flairant bien, cherchait partout avec son nez. Il finit par tomber sur la case construite par la femme et, ne pouvant entrer, appela l’homme.  » Ton bracelet est là, dit-il, mais je ne peux pas entrer. Comment allons-nous faire ?
-  Que faites-vous ici ?  » dit le chat qui passait. Le chien et l’homme expliquèrent leur embarras.  » Je peux faire un trou, dit le chat, mais que me donneras-tu ? 
  Si tu vois seulement mon bracelet, dit l’homme, je te donnerai tout ce que tu voudras.  » Le chat fit un trou, parvint dans la case et vit le bracelet attaché en haut de celle-ci. Il sortit pour dire à l’homme et au chien que le bracelet était bien là, mais qu’il ne pouvait pas l’attraper. La souris survint et dit : 3 ce ne sera qu’un jeu pour moi de faire tomber le bracelet. O homme, si je le fais, qu’est-ce que tu me donneras ? 
  Tout ce que tu voudras, dit l’homme.  » La souris entra dans la case, grimpa, fit tomber le bracelet. Puis elle sortit : J’ai fait tomber le bracelet par terre, mais je ne peux pas le sortir parce qu’il est trop lourd pour moi. 
  A mon tour !  » dit le chien. Et il le rapporta. Dès que l’homme eut son bracelet en main il redevint riche. Les troupeaux arrivaient de tous côtés. Les richesse affluaient. L’homme regagna sa case, emmenant avec lui le chien, le chat et la souris. Depuis ce temps-là, le chien ne vit plus dans la brousse, mais chez l’homme qui lui donne de la viande. Le chat ne vit plus dans la brousse,mais chez l’homme qui lui donne du lait ; la souris ne vit plus dans la brousse, mais chez l’homme qui lui donne des arachides – et tous sont heureux ! – excepté la femme justement, car depuis ce temps-là, l’homme a perdu confiance en elle.

 

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Conte PeulPourquoi y a-t-il tant d’idiots de par le monde ?

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 0:30

 Pourquoi y a-t-il tant d’idiots de par le monde ?

Conte Peul

Autrefois, il y avait beaucoup moins d’idiots qu’aujourd’hui. Quand il s’en trouvait un quelque part, aussitôt on le chassait du village. Aujourd’hui, par contre, il faudrait chasser la moitié du village et encore, cela ne suffirait pas. Mais comment se fait-il qu’il y en ait tant ? Voici comment les choses se passèrent : Un jour, trois idiots qu’on avait chassés pour leur bêtise se retrouvèrent à une croisée de chemins et se dirent :  » Peut-être arriverons-nous à quelque chose d’utile en réunissant l’intelligence de trois têtes stupides. Et ils poursuivirent leur chemin ensemble. Peu de temps après, ils arrivèrent devant une cabane d’où sortit un vieil homme.  » Où allez-vous ?  » demanda celui-ci. Les idiots haussèrent les épaules :  » Là où nous porteront nos jambes. On nous a chassés de chez nous pour notre bêtise.  » Le vieux répliqua :  » Alors, entrez. Je vais vous mettre à l’épreuve.  » Il avait trois filles tout aussi bêtes et se montrait donc compréhensif. Le lendemain, il demanda au premier idiot :  » Va à la pêche !  » Et au deuxième :  » Va dans les fourrés et tresse des cordes !  » Puis au troisième :  » Et toi, apporte-moi des noix de coco !  » Les idiots prirent un carrelet, une hache et un bâton et se mirent en route. Le premier s’arrêta au bord d’une mare et se mit à pêcher. Quand son carrelet fut plein, il eut tout d’un coup soif. Il rejeta tout le poisson dans l’eau et rentra boire à la maison. Le vieux lui demanda :  » Où sont les poissons ?  »  » Je les ai rejetés à l’eau. La soif m’a pris et j’ai dû vite rentrer pour me désaltérer.  » Le vieux se fâcha :  » Et tu ne pouvais pas boire à la mare ?  »  » Tiens, je n’y ai pas pensé.  » Pendant ce temps, le second idiot avait tressé un tas de cordes et se préparait à rentrer. Il s’aperçut qu’il n’avait pas de corde pour les attacher. Alors, il courut en chercher à la maison. Et le vieil homme se fâcha encore :  » Et pourquoi n’as-tu pas attaché ton tas avec l’une des cordes ?  »  » Tiens, je n’y ai pas pensé.  » Le troisième idiot grimpa sur un cocotier et montra les noix de coco à son bâton :  » Tu vas jeter par terre ces noix, compris ?  » Il descendit et commença à lancer le bâton sur le cocotier, mais il ne fit tomber aucune noix. Lui aussi rentra à la maison bredouille et une fois de plus, le vieux se fâcha :  » Puisque tu étais sur le cocotier, pourquoi n’as-tu pas cueilli les noix à la main ?  »  » Tiens, je n’y ai pas pensé.  » Le vieux comprit qu’il n’arriverait à rien avec les trois sots. Il leur donna ses trois filles pour femmes et les chassa tous. Les idiots et leurs femmes construisirent une cabane et vécurent tant bien que mal. Ils eurent des enfants aussi bêtes qu’eux, les cabanes se multiplièrent et les idiots se répandirent dans le monde entier.

Tours de lièvre /conte de Leopold SEDAR SENGHOR

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 0:27

Tours de lièvre

Putois, Rat, Civette, Rat-palmiste et d’autres encore de la race fouisseuse, ne furent pas peu étonnés de recevoir ce jour-là de si bon matin, les uns après les autres, la visite de Leuk-le-Lièvre. A chacun le tout-petit-aux-longues-oreilles avait parlé tout bas, puis, galopant vif, s’en était allé plus loin vers la demeure du voisin. Le soleil chauffait dur et dru lorsque, sautillant du derrière, Leuk regagna l’ombre fraîche de son buisson pour y attendre la fin du jour. La nuit tombait quand le peuple des longs museaux s’approcha en rangs serrés du village des hommes, où cependant, plus d’un de leurs aïeux, pour une aile de Poulet, quelques grains de mil et autres vols de moindre importance, avaient laissé leurs dépouilles. Les enfants du village, en effet, aussi lestes que Golo-le-Singe et rapides comme M’Bilela-Biche, y maniaient de tous temps et dextrement gourdins de cailcédrat et épieux de lingué. Civette, Putois, Rat et Rat-palmiste et les autres, dépassant les champs de mil et d’arachides, s’approchaient donc du village de N’Dioum, car le souvenir des coups mortels reçus par les pères de leurs pères était ce soir là terni dans leur mémoire par l’image des richesses et du butin que Leuk-le-Lièvre leur avait promis : mil, poulet, arachides, manioc et même miel, que, leur avait-il dit, Bour-le-Roi avait entassés dans une case sans issue, construite au milieu du village. Or Leuk, en leur disant cela, savait fort bien qu’il mentait plus qu’à moitié ou plus exactement, il oubliait un tout petit détail. Il savait, mais il s’était bien gardé de le dire, ce que renfermait en outre la case. C’est Thioye-le-Perroquet qui le lui avait appris. Celui-ci avait surpris les palabres de Bour et de ses conseillers, palabres qui avaient précédé la construction de la case-sans-issue qu’il fallait atteindre en creusant la terre depuis les abords jusqu’au centre du village, où les maisons avaient été démolies sur une étendue de sept fois sept cents coudées pour y laisser seule la case qu’entouraient sept tapates. Gâté depuis son enfance, ne connaissant que ses caprices, Bour-le-Roi avait décidé d’enfermer, dans la case-sans-issue, Anta, la plus jeune de ses filles, pour savoir, disait-il, si la femme qui n’a jamais connu l’homme pouvait avoir un enfant. Thioye avait entendu ce qu’avait ordonné le Roi, et il l’avait répété sans intention, simplement pour le plaisir de rapporter, et parce que Leuk avait été le premier qu’il avait rencontré en s’envolant de l’arbre-des-palabres. Mais Leuk, qui de sa vie n’a respecté ni père, ni mère, voulait jouer un tour à Bour-le-Roi. Il avait commencé en les trompant, par se servir des gens à longs museaux. Quand ils eurent débouché dans la case-sans-issue, après avoir creusé toute la nuit durant, Rat, Rat-palmiste, Civette, Putois et les autres s’enfuirent en voyant que les richesses promises par Lièvre étaient gardées par une jeune fille. Le souvenir des malheurs arrivés à leurs ancêtres leur était revenu à la mémoire. Ils s’étaient rappelé à temps qu’à N’Dioum les filles étaient aussi habiles que les garçons dans le maniement des gourdins et des épieux. Ils regagnèrent tous la brousse, se promettant de se venger de Lièvre qui les regardait détaler, caché non loin de l’entrée du souterrain. Quand ils eurent tous disparu, Leuk suivit le chemin qu’ils lui avaient tracé et vint trouver Anta – Bout, ton père, dit-il à la jeune fille, se croit plus malin que quiconque sur terre, mais moi je lui apprendrais encore beaucoup de choses qu’il ignore. Il a cru pouvoir t’empêcher d’avoir un mari. Veux-tu de moi ? -Qui es-tu ? Comment t’appelles-tu ? demanda Anta. -Je m’appelle Mana (C’est moi). Veux-tu de moi comme mari ? – Oui ! fit la jeune fille. Leuk, par le même chemin, revint tous les jours tenir compagnie à la fille du roi, tant et si bien qu’un jour elle devint enceinte, et neuf lunes après, mit au monde un garçon.Trois ans passèrent, et Leuk venait – bien que moins assidûment voir sa famille et S’amuser avec l’enfant.Un jour, Narr, le Maure de Bour, qui se promenait de bon matin récitant des versets du Coran près de la tapate aux sept enceintes, crut entendre des cris d’enfant. Il courut, perdant ses babouches, chez le roi : – Bour, bilahi ! walahi ! (en vérité ! au nom de Dieu !) j’ai cru entendre des cris dans la case-sans-issue. On envoya un esclave qui franchit les sept tapates et écouta contre la case-sans-issue. – Ce sont des cris d’enfant, revint-il dire. – Que l’on mette à mort ce fils de chien, dit Bour en courroux, et que l’on jette son cadavre aux charognards. Et l’on tua l’esclave. Un autre alla écouter et revint affirmer que c’était bien un enfant qui criait. – Que l’on tue cet enfant d’insolent, ordonna le roi, et le deuxième esclave fut mis à mort. Ainsi en fut-il de trois autres messagers qui étaient revenus dire que c’était un enfant que l’on entendait. – Cela n’est pas possible, dit le roi. Qui aurait pu pénétrer dans la case ainsi close ? Il envoya un vieillard après qu’on eut pratiqué un passage à travers les sept tapates. A son retour, le vieillard dit : – Oui ! on entend bien une voix qui crie, mais je ne pourrais pas dire si c’est Anta ou si c’est un enfant qui crie. – Que l’on démolisse la case, ordonna Bour, on verra bien. Ainsi que dit, il fut fait, et l’on trouva Anta et son fils. – Qui t’a fait cet enfant ? demanda le roi. – Mana (C’est moi), répondit Anta. – Comment c’est toi ? Qui est ton père, toi ? – Mana, dit le petit garçon. Le royal père et grand-père ne comprenait rien à tout cela : sa fille qui s’était fait toute seule un enfant ! et cet enfant déclarait de son côté être son propre père !Que l’on réunisse, dit Bour, sur les conseils des Plus vieux notables, que l’on réunisse tout ce qui vit et marche dans le pays.Quand tous, bêtes et gens, furent rassemblés le vendredi, Bour donna trois noix de colas au fils d’Anta et lui dit – Va remettre ces colas à ton père. L’enfant alla, dévisageant hommes et animaux, hésitant, s’arrêtant, repartant. Quand il s’approcha de Leuk-le-Lièvre, celui-ci se mit à gratter furieusement, à sautiller, à se plaindre : – Il y a trop de fourmis et de termites par ici ! et il changea de place. L’enfant continuait sa recherche. – Que de fourmis, ma parole ! disait Leuk en le voyant s’approcher et, d’un bond, il s’en allait plus loin derrière un plus gros que lui. Cependant, un des vieillards de la suite du roi s’était aperçu du manège de Leuk. – Qu’a donc Lièvre à se plaindre des fourmis et des termites, et à changer constamment de place ? fit-il. – Faites-le rester au même endroit, ordonna le roi. Pour se faire, on entasse sur trois nattes sept pagnes et une peau de mouton par-dessus. – Mets-toi ici, frère Leuk, dit un griot, tu n’auras plus à craindre fourmis ou termites. Force fut bien à Oreillard de demeurer sur cette couche moelleuse, de ne plus changer de place, de ne plus se dissimuler, de ne plus éviter l’enfant, qui vint lui tendre les trois noix de colas. Ah ! C’est toi ? dit Bour toujours en colère. C’est toi qui te fais appeler Mana (C’est moi) ? Comment as-tu fait pour arriver jusqu’à ma fille ? – C’est Putois, Fouine, Rat-pahniste, Civette et les autres, leurs frères et cousins, qui m’ont ouvert un souterrain. – Eh bien ! je vais te tuer. Allez-vous-en tous, dit Bour aux hommes et aux animaux que sa colère faisait trembler encore. Je vais te tuer, Leuk ! – Bour, dit Leuk, tu ne peux pas tuer le père de ton Petit-fils ! – Que peux-tu m’offrir pour racheter ta tête ? – Ce que voudras, Bour. – Eh bien ! avant six lunes, je veux que tu m’apportes une peau de panthère, deux défenses d’éléphant, une peau de lion, et des cheveux de Kouss-le-lutin-barbu, ordonna le roi. – Comment va-t-il faire ? se demandèrent les vieillards de la suite du roi. Leuk s’en alla, sautillant du derrière, secouant, clap ! clap ! telles des sandales de femme peulhe, ses longues oreilles. Il trouva Sègue-la-Panthère près de la rivière et lui demanda – Mon oncle, pourquoi restes-tu avec une peau aussi sale et pleine de taches ? Pourquoi ne te baignes-tu Pas dans la rivière ? – C’est que, répondit la panthère, je ne sais pas si je sais bien nager. – Eh bien ! enlève ta peau, mon oncle, je vais te la nettoyer pendant que tu resteras dans ce trou pour ne pas attraper froid. Sègue se dépouilla et, pendant quelle se terrait dans le trou, Leuk, au bord de l’eau, enduisait l’intérieur de la peau de piment après l’avoir trempée, et ensuite : – Oncle ! oncle, remets vite ta peau ; il va pleuvoir. En effet, le temps menaçait, Sègue-la-Panthère reprit sa peau, mais elle n’entra que sa patte gauche de derrière qu’elle retira prestement. La patte lui brûlait comme si elle l’avait mise dans un feu ardent. – Leuk ! Leuk ! ça brûle ! ma peau me brûle ! – Ce doit être l’eau de la rivière, dit Leuk. Toute la rive au niveau des villages d’en haut n’est plantée que de tabac. Laissons la peau dehors, l’eau de pluie va la rincer. Pendant que Panthère s’en retournait dans le trou. Leuk alla vite cacher la peau dans un fourré et revint s’enquérir : – Oncle Sègue, tu as déjà repris ta peau ? – Non pas, certes, répondit Panthère. – Elle n’est plus là. Il est tellement tombé d’eau, quelle a dû être entraînée à la rivière, expliqua Lièvre, et il prit le large. De bon matin, Leuk s’était posté au bord du marigot quand Nièye-l’Éléphant et sa tribu arrivèrent d’un pas pesant et encore ensommeillé pour s’abreuver. – Le Bon Dieu, dit Leuk d’un air attristé, le Bon Dieu défend de boire aujourd’hui au marigot. – Que faire ? demanda le vieillard au long nez et aux petits yeux. -Conseille-nous, Leuk, toi qui es l’aîné. – Nous allons monter implorer sa grâce, peut-être se laissera-il fléchir. – Et comment faire pour arriver jusqu’à lui ? Leuk appela M’Botte-le-Crapaud qui boitillait non loin de là et mère M’Bonatte-la-Tortue qui pointait le bout de son museau. Il renversa M’Bonatte sur le dos gluant de M’Botte et fit monter sur le ventre de mère Tortue le plus jeune de la tribu des éléphants : sur celui-là un plus âgé et, sur le dos de celui-ci, un autre, et ainsi de suite… Quand le vieux chef grimpa, atteignant presque le ciel, d’un coup de patte, Leuk poussa Tortue et ploum ! ploum ! dans un enchevêtrement de pattes, de trompes et de défenses, les éléphants tombèrent. Ils s’affairaient à ramasser les défenses cassées : – Ne perdez pas de temps à vous occuper de ça, leur dit Leuk. Vous ramasserez tout ça tout à l’heure. Le Bon Dieu vous donne l’autorisation de vous abreuver. Dépêchez-vous d’aller boire. Quand ils revinrent après avoir bu longuement et s’être aspergés à qui mieux mieux, il manquait les deux plus belles défenses. – Ne cherche pas, dit Leuk au propriétaire, c’est le Bon Dieu qui les a prises pour prix de sa mansuétude. Vers le milieu du jour, Leuk trouva, à l’ombre d’un tamarinier, Kouss-le-Lutin-barbu qui se reposait Près de son gourdin deux fois plus haut que lui et de son Keul, sa calebasse généreuse qui se remplit de tout ce qu’on lui demande. – Oncle Kouss, dit Leuk, pourquoi laisses-tu pousser tes cheveux et ta barbe ? Comme ça t’enlaidit ! – Je ne sais pas me raser et je n’ai pas de couteau, expliqua Kouss-le-Lutin-barbu. – J’en ai un excellent, dit Lièvre. Je vais te raser, oncle, si tu le veux bien. Et quand il eut fini : – Je vais jeter tout ça en m’en allant. Continue à te reposer, il fait si chaud au soleil. Et Leuk s’en alla, sautillant du derrière, la barbe et les cheveux de Kouss-le-Lutin dans son sachet. Gayndé-le-Lion était sur la rive du fleuve, regardant, d’un oeil courroucé et envieux à la fois, biches, antilopes et cobas qui folâtraient sur l’autre rive, broutaient, gambadaient, se roulaient, semblant le narguer. Leuk survint et lui demanda – Ne pourrais-tu attraper et punir comme il le mériterait aucun de ces enfants insolents, mon oncle ? – C’est que je ne veux pas du tout me mouiller la peau. – Retire-la, je resterai ici pour la garder. Tu reviendras la reprendre après la chasse. Lion se dépouilla et partit à la nage vers l’autre rive. Leuk s’empara de la peau et alla la cacher. Il revint, arrosa l’endroit où Gayndé l’avait déposée, fit une traînée jusqu’au fleuve avec son derrière qu’il avait trempé dans l’eau et puis cria de toutes ses forces : – Oncle Lion, oncle ! reviens vite ; l’eau emporte ta peau. Et il sauta dans l’eau. Quand Lion revint, il lui dit : – J’ai plongé, mais je n’ai rien trouvé. Il faut attendre que le fleuve baisse. Et il s’en alla, sautillant du derrière. Trois lunes ne s’étaient pas écoulées quand Leuk se présentait chez le roi avec la rançon demandée. – Comment a-t-il pu faire ? se demanda la suite du roi. – Comment as-tu fait pour avoir tout cela ? interrogea Bour. – Réunis tout le monde, et tu le sauras, répondit le Lièvre. Kouss-le-Lutin ne vint pas à la réunion, car, s’étant regardé dans l’eau endormie du marigot, il s’était trouvé si laid sans barbe et surtout sans cheveux sur son crâne qui lui semblait le derrière pelé de Gocloon-tlree-Singe. Il sut cependant par les hôtes de la brousse que sa colère Leuk ne le cédait en rien à celle de Nièye-l’Éléphant, de Sègue-la-Panthère et de Gayndé-le-Lion qui, eux, étaient venus à l’appel du roi. Tous avaient expliqué comment Lièvre les avaient bernés et dépouillés. – Ce Leuk quand même ! Ce Leuk alors !!! disait chacun. – C’est égal, fit Golo-le-Singe, que le courage n’a jamais étouffé, c’est égal, j’aime mieux être dans ma peau, même pelée derrière, que dans la sienne. – Il fera bien de ne pas trop s’aventurer en brousse d’ici quelque temps, conseilla un vieillard. Quand on songea à le chercher, Leuk était déjà loin, il était parti sans prendre congé. Sur un sentier perdu, il avait trouvé une peau de biche à moitié pelée, pleine de trous, rongée par les vers qui grouillaient comme des termites ; Leuk s’en affubla. Boitant bas, tête penchée, il rencontra Bouki-l’Hyène, qui s’apitoya – Ma pauvre Biche, que t’est-il donc arrivé ? – Hélas ! fit la fausse biche, je me suis disputé tout à l’heure au marigot avec Leuk-le-Lièvre. Il a étendu sa patte gauche vers moi en me disant : « Ce n’est que la patte gauche cette fois-ci, car je ne veux pas ta mort, mais il faut quand même que tu te souviennes de moi ! » Aussitôt et depuis, je suis comme tu me vois. Bouki a raconté la mésaventure de M’Bile-la-Biche à Golo-le-Singe. Golo a colporté l’histoire. Toute la brousse l’a su.Leuk est toujours libre et même un peu craint.

Le pauvre lazard /L’ingratitude punie /

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 0:25

Le pauvre lazard

Lazard était un pauvre cultivateur qui se contentait du peu qu’il avait. Ses trois enfants lui apportaient le bonheur car chacun avaient un don particulier. Le premier de ses enfants avait le don de clairvoyance, le deuxième avait le don de voler à grande distance et le troisième possédait le don de guérison. Un jour, alors que tous ses enfants étaient aux champs, Lazard tomba très gravement malade au point de mourir dans l’immédiat si rien n’était fait. Au même moment, l’enfant ayant le don de clairvoyance vit l’état de son père et appela ses frères : – Père est très souffrant, nous devons rentrer au plus vite ! Le deuxième enfant ayant le don de voler les pris sur ses épaules et les porta du champ jusqu’à la maison. Le troisième enfant au don de guérison miraculeuse utilisa son pouvoir pour guérir leur père. Tous furent heureux de voir leur père sur pieds. Puis chacun des enfants revendiqua à lui seul le mérite d’avoir sauvé leur père. Le premier dit : – Si je n’avais rien vu, vous n’auriez jamais vu qu’il se passait quelque chose d’anormal à la maison Le deuxième soutint sa position en s’exclamant – si je ne vous avais pas portés immédiatement à la maison, notre père bien-aimé serait mort avant notre arrivée Le troisième ajouta – c’est mon don de guérison miraculeuse qui a sorti Père de son mal

Selon vous, qui de ses trois enfants a vraiment sauvé son père ?

 

L’ingratitude punie

Conte burkinabé

Wende avait une mère chèvre qu’il confia à une vieille femme. Un jour la hyène arriva et mangea tous les petits de la chèvre, pendant que celle-ci n’était pas là. Quand la mère chèvre revint, elle ne retrouva plus que les têtes devant les cases. Alors elle creusa un puits et en dissimula l’orifice avec une natte. Elle ramassa soigneusement toutes les têtes de ses enfants et les mit sur la natte. Le lendemain, la hyène revint et, ne trouvant pas autre chose, se jeta sur les têtes si bien qu’elle tomba dans le puits. A ce moment-là, un âne passa à côté. « Mon frère âne, dit la hyène, ne pourrais-tu pas me faire sortir ? 
  Si, dit l’âne, à condition que tu ne me fasses pas de mal après. 
  Si tu me sors, je ne te ferai pas de mal. » L’âne laissa pendre sa queue dans le puits et la hyène s’y aggripant en sorit. Sitôt qu’elle fut dehors : « Je vais te manger, dit-elle à l’âne, car j’ai faim.
-  Je t’ai fait du bien, dit l’âne résigné, tu me fais du mal, mais Dieu te punira ! » A ce moment-là, survint le lièvre : « Qu’est-ce qu’il y a ? », dit le lièvre. L’âne expliqua l’affaire. « Ce n’est pas vrai tout cela, dit le lièvre. Il est impossible que la hyène soit sortie du puits avec ta queue. 
  Si, c’est vrai, dit l’âne. 
  Est-ce vrai ? dit le lièvre en se tournant vers la hyène. 
  Oui, c’est vrai, dit la hyène. 
  Non, ce n’est pas vrai, dit le lièvre, c’est impossible. 
  Eh bien tu vas voir, dit la hyène piquée. » Et elle descendit dans le puits en servant toujours de la queue de l’âne. Quand elle y fut, s’apprêtant à remonter : « Mon ami, dit le lièvre à l’âne, ne connais-tu pas un chemin direct pour retourner chez toi ?
-  Si, dit l’âne « et il s’enfuit. Le lièvre s’en alla à son tour et la hyène restée dans le puits y creva.

 

La Hyène et le coq /Contes Africains.com

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La Hyène et le coq

La hyène qui ne se nourrissait que de viande fini par goûter un jour de la volaille. Et depuis ce jour, elle prit la ferme décision de ne manger autre chose que de la volaille. Tous ses congénères la conseillèrent, mais tous les efforts pour la ramener à la raison se soldèrent par des échecs. Ainsi, la hyène tua beaucoup d’oiseaux de la brousse. Elle fini par faire disparaître l’espèce des oiseaux de la brousse. Un jour, elle parcouru toute la brousse et ne vit aucun oiseau. Elle se promena toute la journée mais ne vit rien du tout ; se promena même la nuit, mais toujours rien. Fatiguée, elle se réfugia sous l’ombre d’un grand arbre. Soudain, qu’est-ce qu’elle entend dans les feuillages au dessus de sa tête : des cris de chèvre.. ! Elle s’étonna en ces termes : « Dieu tout puissant, qui peut faire monter une chèvre sur un si grand arbre ? » Se rappelant sa promesse de ne manger que de la volaille, elle se détourna de cette réflexion et se mit à dormir. Quelques instants après, les mêmes cris reprennent de plus belle. Elle s’interrogea de nouveau : « Je sais que les chèvres grimpent les arbres, mais, des arbres de cette taille, il faut dire qu’il y a de quoi s’interroger. D’où peut venir cette chèvre mystérieuse ? » Les cris reprennent une troisième fois et perturbèrent la sieste de la hyène. Elle décida alors d’en savoir d’avantage. Elle jura que cet animal soit un fauve ou une volaille, elle le mangera. « J’avais juré de ne manger autre chose que de la volaille, mais puisque je suis seul ici et sans témoin, je vais manger cette chèvre et personne ne saura rien. » Lorsqu’elle leva la tête, que vit-elle dans l’arbre : un gros coq aux ergots très longs. Elle s’étonna en se disant : « mais n’est-ce pas cet oiseau qui faisait des cris de chèvre ? D’où vient-il ? »

Elle s’adressa alors au coq en ces termes : 
  Eh, toi volaille, viens ici que je te mange. 
  Je ne descend pas aujourd’hui, je ne descend pas demain. Elle repris encore : 
  J’ai fini de manger tous tes parents. 
  Je ne descend pas aujourd’hui, je ne descend pas demain. 
  J’ai fini de manger tous tes frères et sœurs. 
  Je ne descend pas aujourd’hui, je ne descend pas demain. 
  J’ai fini de manger tous tes amis. 
  Je ne descend pas aujourd’hui, je ne descend pas demain. 
  J’ai fini de manger tout tes voisins, tout tes congénères. 
  Je ne descend pas aujourd’hui, je ne descend pas demain. Devant cette attitude du coq la hyène piqua une vive colère et lança : « Je ne te comprend même pas toi, Je te dit que j’ai tout mangé chez toi. J’ai même mangé tout ton espoir. » Dès qu’elle eut lancé cette phrase, le coq sauta a terre et vint se présenter devant la hyène en lui tenant ce langage : « Eh bien.. ! Tu as gagné, il ne te reste qu’à me manger moi même maintenant. » Cette attitude troubla encore la hyène qui domina sa faim et demanda au coq le pourquoi de cette décision subite. Le coq lui dit : « Toi la hyène, certains n’ont pas de père, et pourtant ils vivent, n’est-ce pas. D’aucun n’ont pas de mère, ils vivent bien aussi. Il y’en a même qui n’ont ni parents, ni amis, mais ils s’en sortent. Mais quand on n’a plus d’espoir, il n’y a pas d’issu. Puisque tu as mangé tout mon espoir, il ne me reste plus rien. Tu peux donc me manger moi aussi. » La hyène réfléchis, elle qui se promène dans cette brousse toutes les saisons, elle n’a jamais pensé fonder son espoir sur quelqu’un ou quelque chose. Il décida alors de faire du coq son espoir. Et c’est depuis ce jour qu’à l’approche du jour, le coq averti la hyène. Et c’est encore depuis ce jour que la hyène ne mange jamais de coq.

Source : www.inforoutes-ardeche.fr

 

L’histoire des trois sourds /Contes Africains.com

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 0:19

L’histoire des trois sourds

C’est l’histoire d’une femme. Elle était sourde, tellement sourde qu’elle n’entendait rien. Tous les matins elle portait son enfant sur son dos et elle se rendait à son champ. Elle avait un immense champ d’arachides. Et un matin qu’elle était là, tranquillement à travailler dans son champ, arrive un monsieur. Un monsieur tellement sourd qu’il n’entendait rien. Et ce monsieur cherchait ses moutons. Ecoutez-bien ! Il s’adressa à la dame : 
  « Madame, je cherche mes moutons, leurs traces m’ont conduit jusqu’à votre champ. Est-ce que vous ne pourriez pas m’aider à les retrouver ? D’ailleurs, on les reconnaît bien mes moutons, parmi eux, il y a un mouton blessé. Madame si vous m’aidez à retrouver mes moutons, je vous donnerez ce mouton blessé vous pourrez toujours vous en servir. »

« Mon champ s’arrête la bas ! »

Mais elle, n’ayant rien entendu, rien compris, elle a pensé que ce monsieur lui demandait juste jusqu’où son champ s’arrêtait. Elle se retourna pour lui dire : 
  « Mon champ s’arrête là-bas. » Le monsieur a suivi la direction indiquée par la dame et par un curieux hasard il trouva ses moutons en train de brouter tranquillement derrière un buisson. Tout content il les rassembla et est venu remettre à la dame le mouton blessé. Mais celle-ci, n’ayant rien entendu, rien compris, elle a pensé que ce monsieur l’accusait d’avoir blessé son mouton. Alors elle s’est fâchée : 
  « Monsieur, je n’ai pas blessé votre mouton. Allez accuser qui vous voulez mais pas moi. D’ailleurs des moutons, je n’en ai jamais vus. » Le monsieur quand il a vu que la femme se fâchait, il a pensé que cette femme ne voulait pas de ce mouton mais qu’elle voulait d’un mouton plus gros. Et à son tour, il se fâcha : 
  « Madame, c’est ce mouton que je vous ai promis. Il n’est pas du tout question que je vous donne le plus gros de mes moutons. » Tous les deux il se fâchèrent, ils se fâchèrent à un tel point qu’ils finirent par arriver au tribunal. Et le tribunal dans cette Afrique d’il y a longtemps, cela se passait sur la place du village, à l’ombre d’un grand arbre, l’arbre à palabres le plus souvent un baobab. Et le juge, lui qui était en même temps le chef du village il était là entouré de tout ces gens qu’on appelle les notables. La dame et le monsieur sont arrivés tout en continuant leur querelle. Et après les salutations c’est elle qui parla la première : 
  « Ce monsieur m’a trouvé dans mon champ, il m’a demandé jusqu’où mon champ s’arrêtait. Je lui ai montré et j’ai repris mon travail. Ce monsieur est parti et quelques instants après il est revenu avec un mouton blessé m’accusant de l’avoir blessé. Or moi je jure que des moutons j’en ai jamais vus. Voilà pourquoi on est ici monsieur le juge. » C’était au tour du monsieur : 
  « Je cherchais mes moutons, dit-il, et leurs traces m’ont conduit jusqu’au champ de cette dame. A cette dame j’ai dit que si elle m’aidait à retrouver mes moutons je lui donnerais un d’entre eux mais j’ai bien précisé le mouton blessé. Elle m’a montré mes moutons, c’est ce mouton blessé que je lui ai donné. Elle veut un mouton plus gros. Pensez-vous que je vais lui donner le plus gros de mes moutons à deux pas de la fête des moutons ? » Le juge se leva. Il était aussi sourd qu’un pot. Et quand il a vu l’enfant sur le dos de sa mère il a pensé qu’il ne s’agissait là que d’une petite querelle de ménage. Alors il s’adressa au monsieur : 
  « Monsieur. Cet enfant est votre enfant. Regardez d’ailleurs comment il vous ressemble. A ce qu’il me semble vous êtes un mauvais mari. Et vous madame, des petits problèmes comme cela. Ce n’est pas la peine de venir jusqu’ici étaler ça devant tout le monde. Rentrez chez vous ! Je souhaite que vous vous réconciliez. » Ayant entendu ce jugement, tout le monde éclata de rire. Et le rire contamine le juge, la dame et le monsieur. Que firent-ils ? Ils éclatèrent de rire bien que n’ayant rien compris. Et c’est à partir de là que le conte pose sa question : Le conte voudrait savoir, lequel de ces trois est le plus sourd ?

La Leçon
Il vaut mieux ne pas se dépêcher de donner une réponse. On conseille quelque part en Afrique, d’avoir le cou aussi long que celui du chameau, afin que la parole avant de jaillir puisse prendre tout son temps.

 

Source : http://www.bonaberi.com

La sorcellerie existe t’elle ? contes Africains.com

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 0:16

La sorcellerie en afrique noire

La sorcellerie existe t’elle ?

Que répondre à cette question, si ce n’est

Nous pauvres africains qui vivons dans ce monde de sciences occultes sommes persuadés que OUI Et ne cessons d’alimenter nos esprits par des faits plus ou moins vrais. Mais plus le temps passe et plus on oublie nos traditions et les  » bonnes  » vieilles histoires de notre pays. C’est pourquoi j’ai décidé d’y remédier en vous racontant cette petite histoire . A vous de me dire ce que vous en pensez.

En Afrique, les principales valeurs restent la famille et la tradition. Dans le cadre de la tradition, la sorcellerie, science occulte, tient parfois une place de choix dans la vie de la population. C’est le cas d’un petit village perdu dans les lointaines terres du Cameroun, (en bordure côtière ) appelé  » metimbêlembé » , où à cause d’une grande présence mystique, la population est composée en majorité de vieillards. Ceux-ci se livrent chaque jour une véritable bataille spirituelle afin de s’approprier le maximum possible de terres, véritable signe de richesse. Le jeune EDIMO, fils unique de monsieur EYANGO , l’un des dignes notables du village , est admiré de tous. Travailleur acharné, il entretient alors les vastes plantations de son père , tout en faisant des études dans le lycée de la ville de DOUALA, à une centaine de kilomètres de là. Il est malheureusement envié par un petit groupe de trois vieillards, craints dans le village, à cause de leur pratique de la sorcellerie et qui convoitent par la même occasion, les terres familiales. Un jour, après les travaux matinaux du champ, EDIMO ,au cours d’une partie de football avec des amis comme à l’accoutumé, alla récupérer le ballon tombé au bord de la rivière. Lorsqu’il s’approcha du fleuve, il fût alors happé dans l’eau par une force étrange et invisible, sous les yeux ébahis de ses camarades. Voyant ce qui se passait, ses camarades accoururent alors pour lui porter secours, mais une fois dans l’eau, ils poussèrent des cris de douleurs qui alertèrent quelques pêcheurs du fleuve du WOURI. Les cinq enfants ressortirent alors de l’eau sans le jeune EDIMO, le dos en sang comme si ils avaient été battus.

Devant ce mystère, la population organisa très rapidement les recherches ; mais malheureusement, aucune trace du jeune EDIMO. Le chef du village était consterné ; une fois de plus, il se retrouvait impuissant face à la nouvelle disparition d’un jeune du village. La mère d’EDIMO était en pleurs, le père quant à lui demeurait calme et pensif. Quelques jours plus tard , l’air décidé, il alla se placer au centre du village, convoqua toute la population par tam-tam et dit :  » 3 jours sont écoulés, mon fils n’est toujours pas revenu ; si dans 3 jours il ne reapparaît pas, alors vous, sorciers du village, vous qui convoitez mes terres, vous qui vous vous en prenez à ma famille , devrez répondre de vos actes. « 

Le chef du village et quelques notables face à cette proclamation, essayèrent de le raisonner devant la tournure que prenaient les évènements ; les femmes elles ,poussèrent des cris, prédisant un terrible événement qui allait se produire dans le village. Seuls les 3 vieillards ne réagirent pas. La nuit tombée, ils se réunirent alors et tinrent conseil ;  » La solution à cette menace est d’ anticiper et d ’ éliminer le vieux EYANGO avant qu’ il ne se venge ». Tel fût la décision de nos trois compagnons. Un jour où EYANGO revenait de ses plantations, le vieillard MOTA-SI décida de l’ attendre dans une clairière et de l’ éliminer. Ce ne fût que bien plus tard , à la nuit tombée , que le père du jeune EYANGO y arriva ; qu’elle ne fut sa surprise lorsqu’il fût attaqué par un énorme serpent. Après un combat acharné, il put atteindre sa machette tombée par terre lors de l’assaut du reptile. Avec l’énergie du désespoir, il asséna un coup sec qui trancha la tête du serpent. EYANGO se libéra de l’étreinte du reptile et courut jusqu’au village. Lorsqu’il revint accompagné de quelques hommes du village, ils purent alors remarquer avec stupeur qu’ à la place où était le serpent , il y’ avait le corps inerte et décapité du vieux MOTA-SI . Tout le monde cria à la sorcellerie. Devant ce phénoméne, le vieux EYANGO decida alors d’ aller voir le célebre sorcier connu de tous PAPA MAWU , banni du village pour ses nombreuses participations dans de mystérieux décés dans le village. Après 3 jours de marche dans la forêt, risqué la mort une dizaine de fois, EYANGO arriva finalement dans la case du sorcier. PAPA MAWU lui dit alors, je ne peux te ramener ton fils, mais parcontre, je peux t’aider à retrouver ceux qui te l’ont pris. Pour cela, tu devras me donner ton terrain de nkombesek, 3 chevres, 2 poulets rouges et pour la potion, de la bave de serpent en rut. Le vieux EYANGO n’avait pas trop le choix et s’ éxecuta ; 2 jours après, il put tant bien que mal fournir le nécéssaire au sorcier, et rentra finalement chez lui. Quelque temps après, on apprit un nouveau décès dans le village, celui du second des trois sorciers, le vieux MOTA- MWENYA. Devant ce second décès, le 3éme vieillard décida de demander pardon à EYANGO, et de faire revenir le jeune EDIMO, disparu il ’y’a maintenant de cela 2 semaines. Quelques temps après, EDIMO ressortit de l’eau, avec le ballon de football, sans trop savoir ce qui se passait. Il retourna chez lui , sous l’ étonnement de toute la population .Sa mère sauta de joie , et son père organisa une grande fête pour célebrer le retour de son fils unique. Mais ce n’était pas terminé, car PAPA MAWU , fidèle à sa réputation , élimina malgré tout MOTA-NDOLO, le 3éme vieillard. Tout le village célébra le retour du jeune homme, qui ,lui, n’avait pas du tout conscience de ce qui s’était passé. EYANGO prit alors la décision d’envoyer son fils poursuivre ses études à l’ etranger très loin du village, à l’abri de la sorcellerie et de la convoitise de certains habitants du village, non pas sans une protection spirituelle au préalable.

 

Sources

http://www.bonaberi.com

NOUVEAUX CONTES AUTRES ET AFRICAINS

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 0:12

Je voudrai partager avec vous ce conte plein de leçon de vie, que j’ai trouvé sur Contes Africains.com. Tebawalito

l’arbre qui voulait rester nu

Il était une fois un arbre. Au beau milieu d’un verger, il était sorti de terre, petite pousse verte et fragile se confondant avec les herbes alentours. Curieux de tout, il regarda bien vite le monde qui l’entourait, les fleurs qui s’ouvraient le matin et se refermaient le soir, les oiseaux qui sifflaient en sautant de branche en branche, le paysan qui venait tôt le matin cueillir les fruits des arbres, les graminées qui ondulaient sous la caresse des vents…

Ah !, il le trouvait beau ce monde autour de lui, il avait envie lui aussi de participer à cette beauté, de trouver sa place dans cette harmonie.

Une année s’écoula et, ayant grandi, il était devenu un petit rameau portant quelques tiges. Il se rendit compte qu’il n’était pas un brin d’herbe comme il l’avait crû tout d’abord, mais un arbre et se mit à observer plus attentivement ses aînés.

Il les trouvait si grands, si beaux recouverts de leurs feuilles et de leurs fleurs ; il fût si émerveillé de voir toutes ces fleurs se transformer en fruits, il fût si attendri des soins attentifs que leur apportait le paysan, mais…

Mais, se regardant, il s’aperçut que son écorce ne ressemblait à aucune de celles qui les habillait, que ses branches n’avaient pas la même forme que les leurs. Alors, il eût peur, peur de n’être pas assez grand, peur de n’être pas assez beau, peur de ne pas porter assez de fruits, il eût peur que les autres, pommiers, poiriers, mirabelliers… n’acceptent pas sa différence et il décida de ne produire ni feuille, ni fleur, ni fruit.

C’est ainsi que les années passèrent, à chaque printemps, son tronc s’épaississait, s’allongeait, de nouvelles branches poussaient, mais… ni feuille, ni fleur, ni fruit.

Pour ne pas se trouver nu face aux autres, il s’était depuis son jeune âge laissé peu à peu recouvrir par un lierre grimpant, par des liserons et par des bouquets de gui : ne sachant à quoi il pourrait ressembler, il se couvrait d’une beauté qui n’était pas la sienne.

Le jardinier plus d’une fois projeta de le couper pour en faire du bois de chauffage, mais trop occupé par ailleurs, il remit chaque fois cette tâche à plus tard. Un matin pourtant il vint, armé d’une grande hache et commença par couper le lierre qui enserrait l’arbre. Du lierre, il y en avait tellement que cela lui prit toute la journée et qu’une fois de plus, il remit l’abattage à plus tard. Cette nuit là, un petit ver parasite piqua le liseron qui en mourut aussitôt et le lendemain, les oiseaux du ciel apercevant le gui vinrent le picorer.

Il ne restait plus de l’arbre au milieu du verger qu’un tronc et des branches : il ne restait plus que l’arbre au milieu du verger.

S’apercevant soudain de sa nudité et ne sachant par quel artifice la couvrir, il se décida enfin à laisser pousser tout au long de ses branches de belles petites feuilles d’un vert tendre, à laisser éclore au bout de chaque rameau de mignonnes petites fleurs blanches contrastant joliment avec le brun de la ramure et le vert du feuillage

Le paysan sur ces entrefaites revint avec sa hache et découvrant à la place du tronc inutile un magnifique cerisier, ne trouva plus aucune raison de le couper. Il le laissa donc, trop heureux du miracle qui s’était produit.

Depuis ce jour, l’arbre vit heureux au milieu du verger, il n’est pas comme les autres, ni plus beau, ni plus grand, mais tout aussi utile. Il a compris que ni la texture de l’écorce, ni le tracé des branches, ni la forme des feuilles, ni la couleur des fleurs n’ont d’importance : seuls importent les fruits qu’il porte et que nul autre que lui ne peut porter.

Aussi, tous les ans, à la belle saison, les enfants du paysan viennent avec une échelle et, s’éparpillant dans sa ramure, se gavent de ses fruits et le réjouissent par leurs rires.

N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car nul autre ne pourra les porter pour nous, mais chacun pourra s’en nourrir. N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter.

Car chaque fois que nous les refuserons, il manquera quelque-chose dans le monde ; n’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car chacun d’eux permettra de faire grandir la Vie et l’Amour que Dieu nous a donnés.

http://negafat-erragoubi.com/PagesPl/UnPeuDeTout.htm

« l’arbre qui voulait rester nu » par Antoine LANG

 

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