TEBAWALITO

blog de la fraternité avec la diaspora noire. Ceux a qui cet appel fait echo, venez et matez mon blog

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24 septembre, 2007

La chèvre et le mouton /La tortue et le cochon

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:56

La chèvre et le mouton

La chèvre et le mouton étaient de bons amis et vivaient l’une à côté de l’autre. Ces deux amis mangeaient et jouaient ensemble. Bref, ils se contentaient de tout faire ensemble. Un jour, ils entreprirent de faire un voyage qui devait les emmener dans un lointain village. Alors ils se rendirent à la gare routière où ils trouvèrent un taxi à bord duquel ils montèrent.

La chèvre, très intelligente dit au chauffeur :

- Chauffeur, celle-ci est ma sœur, nous faisons tout ensemble. Si je n’ai pas, je lui emprunte et si elle n’a pas, je lui prête.

Le chauffeur entendit tout cela et les félicita d’une telle amitié.

Tout à coup, à mi-chemin du parcours, la Chèvre demanda à sortir pour satisfaire son besoin. Elle descendit sans avoir payé rentra dans la brousse et ne revint plus.

Le Chauffeur fatigué d’attendre attaqua le mouton prit chez lui les frais de transport des deux voyageurs. Malheureusement, le Mouton n’avait plus assez d’argent et dû rentrer chez lui à pied.

Depuis ce jour, quand le mouton voit venir une voiture, il ne s’écarte pas. Il attend bonnement au milieu de la route espérant avoir son reliquat tandis que la Chèvre fuit rapidement pour ne pas être attrapé par le Chauffeur.

La tortue et le cochon

Il y a plusieurs années de cela vivaient dans la brousse Léo la tortue et Panflo le cochon. Panflo était heureux et travaillait beaucoup tandis que Léo était une paresseuse réputée et très maligne. Un jour, arriva Léo qui mijotait une idée géniale. Elle appela Panflo pour signer un accord d’entraide mutuelle en cas de famine. Malheureusement pour les animaux de la brousse, la famine arriva l’année suivante et les deux amis se rencontrèrent afin d’exécuter les termes de leur accord. Léo la tortue prit la première la parole en ces termes : – Panflo ! Vois-tu ? Le temps a fini par nous donner raison. Pour commencer, moi j’ai trois filles à nourrir et ma misère est très grande. Je souhaiterais que tu m’apporte d’abord ton aide. Panflo pris à son tour la parole : – Léo, ne te fais pas de soucis. Demain matin, je t’apporte un sac de mais. Le lendemain, Panflo apporta à son ami la Tortue un sac de maïs. Un moi plus tard, ce fut au tour de Léo d’apporter sa part d’aide à Panflo. Mais Panflo attendit vainement. Fatigué d’attendre, Panflo se rendit à la maison de Léo qui est en bordure de rivière mais il ne la trouva pas. Le deuxième jour, il retourna chez Léo, toujours absente. Le troisième jour enfin, il la trouva entrain d’écraser le maïs sur la meule avec la carapace de sa fille qui y fit rentrer ses pattes et sa tête. D’un ton sévère, Léo s’adressa à Panflo : – Que me veux-tu ? – C’est ton tour de m’aider as-tu oublié ? répondit le cochon. – Ah mon mais ! ! ! Depuis hier, un feu a consumé mon grenier alors je n’ai plus rien. Mécontent de cette réponse, Panflo pris la fille de Léo et la jeta dans la rivière pensant que c’était une pierre. Léo sourit un peu et dit : – Puisque tu insiste pour que je donne ma part d’aide, ramène-moi d’abord la pierre avec laquelle j’écrase le maïs et je te donnerais ensuite ce que tu veux. Panflo entra dans la rivière pour chercher la  » pierre « . Mais la fille de Léo avait déjà nagé et avait gagné l’autre rive. Panflo le cochon, ne trouva évidement rien. Depuis ce jour, chaque fois que Panflo passe à côté d’une flaque d’eau, il pénètre dedans dans l’espoir d’avoir son dû.

conte centrafricain : Bakoudouba la tourterelle

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:54

Bakoudouba la tourterelle

  Kolitkoto ! Kolitkoto ! Kolitkoto ! J’ai une fille à marier ! J’ai une fille à marier !

 Ainsi chantait tous les jours Bakoudouba la tourterelle.

 - Et que demande-tu comme dot ? lui demanda Odro la Perdrix.

 - Je donne ma fille à qui ramène sur la Terre Vrandjandja la pluie Mirage.

 - Vrandjandja la pluie Fugitive ? s’écria la Perdrix. Vrandjandja qui coupe soudainement le chemin du voyageur, s’approche quand il vient, fuit quand il arrive, parfois le surprend par derrière , le poursuit, l’essouffle puis disparaît du ciel quand il atteint un village ? Je ne prétendrais jamais à la main de ta fille.

 Et Odro s’en alla. Les autres animaux vinrent nombreux et tous impuissants repartirent la tête basse. Téré alla trouver la Mygale son oracle.

 - Bakoudouba la tourterelle propose sa fille à celui qui ramène sur la terre Vrandjandja la pluie insaisissable, lui confia-t-il. 

 - Chevauche l’arc en ciel et coupe la route à Vrandjandja. Tu la captureras pour la ramener docilement sur la Terre, suggéra l’araignée terricole. 

 Téré se rendit à la source du ruisseau, rencontra l’arc en ciel et lui fit part de son projet. 

 - La pluie Mirage est partie pour l’autre bout de la terre et reviendra après Apépé la Lune de la disette. Dès qu’elle s’annoncera, viens me chevaucher, nous la poursuivrons pour la dompter.

 Lengoa la Lune du renouveau suivit Apépé et Vrandjandja arriva. L’Arc en ciel emporta Téré haut dans le ciel, joignit les deux bouts de la terre, retint sous sa voûte la Pluie vagabonde qui pour échapper à cette étreinte s’abattit sur la terre en grosses gouttes intermittentes et perlées. Téré épousa la fille de Bakoudouba.

 Et depuis lors, captive de l’homme, Vrandjandja revient chaque année arroser la terre pour annoncer en même temps l’arrachage de l’arachide et le ramassage des courges. Symbole de la force et de l’unité parce qu’il supporte la voûte du ciel et l’empêche de tomber sur le Monde dont il unit les deux extrémités, l’Arc en ciel restera l’animal totémique le plus connu et le plus vénéré des Hommes. 

conte centrafricain

Conte Pygmée : La guerre entre les quadrupèdes et les oiseaux

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:51

 La guerre entre les quadrupèdes et les oiseaux

Conte Pygmée

Un jour, la guerre fut déclarée entre les quadrupèdes et les oiseaux. Les oiseaux choisirent l’autruche pour chef, les quadrupèdes se placèrent sous le commandement de l’éléphant, du lion et de la panthère. Alors que les oiseaux se rangeaient pour aller au combat, l’autruche leur conseilla :  » Mes amis, mes petites ailes ne me permettent pas de voler devant vous et d’assumer le commandement. Cependant, je vais vous donner un bon conseil. Voici mes trois oeufs. L’aigle prendra le premier pour le casser sur la tête de l’éléphant. Le faucon s’envolera avec le second pour le fracasser sur la tête du lion. Le marabout en fera autant avec le troisième sur la tête de la panthère. Lorsque nos ennemis verront couler le jaune sur la tête de leurs chefs, ils penseront que c’est leur cervelle et s’enfuiront sans demander leur reste. Nos alliées, les abeilles, se jetteront alors sur l’éléphant, le lion et la panthère et ce sera la victoire !  » Un petit lézard entendit ces propos. Il se hâta de les rapporter au lion qui prit la chose à la légère :  » À la guerre, on ne se bat pas avec des oeufs d’autruche !  » Cependant, les oiseaux obéirent à leur chef. L’aigle vola le premier à la rencontre des quadrupèdes. Dès qu’il aperçut l’éléphant, il lui cassa l’oeuf sur la tête. La hyène trottait à côté de l’éléphant. Voyant le jaune couler, elle le prit pour de la cervelle. Effrayée, elle se mit à crier :  » Hélas ! hélas ! l’éléphant se meurt !  » Un instant après, le jaune coulait aussi sur la tête du lion et de la panthère. C’en fut trop pour la pauvre hyène. Morte de peur, elle prit ses jambes à son cou, imitée aussitôt par les autres animaux. Les abeilles attaquèrent alors les trois chefs quadrupèdes et les obligèrent à se replier. Le coq, redoutable guerrier des oiseaux, donna la chasse à la hyène. Au moment où il était sur le point de la saisir dans ses serres et de lui fracasser le crâne à coups de bec, la hyène se coula dans sa tanière. Le coq se posta devant l’entrée et attendit. La hyène se tint coite dans son trou. Au bout de quelque temps, cependant, lorsque tout redevint calme, elle rassembla tout son courage et regarda à l’extérieur. La queue de son terrible ennemi s’agita devant son nez et la hyène rentra vite dans son trou. À la fin, le coq en eut assez d’attendre. Il arracha trois de ses plus belles plumes, les planta devant la tanière et s’en alla. Lorsque la hyène risqua un nouveau coup d’oeil au-dehors, elle revit le panache du coq. Elle essaya encore et encore, mais chaque fois, elle recula, effrayée par les plumes. Ainsi, elle finit par mourir de faim dans son trou.

conte centrafricain : La hyène et le singe

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:49

La hyène et le singe

Depuis plusieurs jours, Gbongo l’Hyène hurlait de faim. Elle décida d’aller rencontrer Emblé la Mygale pour lui confier son malheur.

- Prends un tambour, une marmite, du feu et va trouver les Singes, lui dit l’Oracle.

L’hyène réfléchit longuement, prit un tambour, une marmite et se dirigea vers un bois où Bacouya le Cynocéphale avait l’habitude de descendre avec les siens. Gbongo remplit sa marmite d’eau, la posa sur un feu doux et se mit à battre frénétiquement le tambour. Les Singes arrivèrent nombreux.

- Je viens des confins chargés d’un procédé qui rend invulnérable, leur lança-t-elle. Il me suffit seulement de vous faire cuire longtemps dans cette marmite.

Joignant l’acte à la parole, elle sauta dans le vase. Quelques instants plus tard, elle bondit en criant :

- Approcher sans méfiance, les amis ! Venez vous faire cuire pour résister aux maladies, à l’étreinte de Mourou la Panthère et aux flèches meurtrières de l’Homme cet ennemi connu.

Les singes s’approchèrent tous à l’exception d’un jeune mâle : Kpa, cerveau de la bande qui sur une branche grimaçait.

- Et maintenant, un à un, sautez dans la marmite, fit-elle maintenant le couvercle du vase ouvert.

Dix gros mâles s’y précipitèrent. D’un geste rapide, l’hyène rabattit le couvercle et attisa le feu. Les autres singes s’éparpillèrent avec des cris gutturaux.

- Apprenez, chers amis, que dans ce vaste domaine sans loi qu’est la brousse, seule l’intelligence rend invulnérable, lança la méchante bête aux fuyards ! ! !

conte centrafricain

 

La tortue avisée La tortue avisée

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:46

 La tortue avisée

La tortue avisée

Tout le monde sait que les tortues sont extrêmement avisées. Un jour, l’une d’entre elles rassembla tous les animaux pour les avertir :  » Une dangereuse plante pousse dans notre forêt. Nous devons la supprimer, sinon c’est elle qui nous supprimera !  » La tortue conduisit les animaux à la lisière de la forêt où s’étendaient les champs de chanvre et dit :  » Voici la plante en question !  » Les animaux l’examinèrent et goûtèrent à ses petites feuilles. L’antilope fit la grimace :  » C’est amer. Je ne vois pas pourquoi je devrais la brouter.  » Le flamant hochait la tête :  » Moi non plus. Je ne peux rien faire du chanvre, puisque je vis la plupart du temps dans l’eau. » La carpe ne dit rien, mais s’en alla d’un coup de nageoire. Ainsi, le chanvre poussa en toute tranquillité. Un jour, les hommes vinrent, l’arrachèrent et en tressèrent des cordes. Ils les prirent pour bander leurs arcs. Ensuite, ils taillèrent des flèches dans l’écorce de palmier et allèrent chasser les oiseaux. Arrivés au bord de l’eau, ils lancèrent leurs flèches contre une bande de flamants. Les oiseaux s’envolèrent, mais l’un d’entre eux resta sur la rive, mortellement blessé. La tortue s’approcha de lui :  » Si tu m’avais obéi lorsque je t’avais demandé de supprimer la plante de la forêt, tu volerais aujourd’hui tranquillement dans les cieux !  » Le flamant supplia :  » Aie, tortue ! aide-moi  »  » Il est trop tard.  » Un homme vint, prit le flamant et l’emporta chez lui. Ensuite, les hommes prirent une canne et y attachèrent une corde avec un crochet au bout. Ils plongèrent l’hameçon dans l’eau et en très peu de temps, une carpe s’agita au bout de la corde. La tortue s’approcha d’elle à la nage :  » Si tu m’avais écoutée, tu nagerais aujourd’hui en toute tranquillité !  »  » Aïe, tortue ! aide-moi !  » supplia la carpe.  » Il est trop tard « , répondit la tortue. Un homme tira sur la canne et sortit la carpe de l’eau. Ensuite, les hommes prirent les cordes et en firent des noeuds coulants qu’ils disposèrent sur un sentier. L’antilope s’y laissa prendre. La tortue s’approcha d’elle :  » Si tu m’avais écoutée, tu courrais aujourd’hui tranquillement dans la clairière !  »  » Aie, tortue ! aide-moi !  » supplia l’antilope. La tortue rongea la corde et libéra l’antilope. Depuis ce jour, elles furent amies. Et pourtant, l’antilope était aussi idiote que la tortue était rusée. Certes, elle admirait son amie pour son intelligence mais se disait dans son for intérieur :  » Son intelligence ne lui sert à rien, puis qu’elle est lente. Elle ne peut attraper personne, pas plus qu’elle ne peut fuir ses ennemis.  » Un jour, la tortue défia l’antilope :  » Tu me crois lente, mais je peux te battre à la course quand cela me plaît.  »  » je voudrais voir cela !  » riait l’antilope.  » Alors regarde bien. Nous allons courir jusqu’au sommet de cette colline et on verra bien laquelle d’entre nous y arrivera la première.  » Juste avant la course, la tortue mordit la queue de l’antilope et s’y suspendit. L’antilope courut jusqu’au sommet de la colline et se retourna pour voir peiner la tortue. Celle-ci lâcha la queue de l’antilope et dit :  » Je suis là. je t’attendais.  » L’antilope avait beau se creuser la tête, elle ne comprit pas comment la tortue s’y était prise pour arriver avant elle. En ce temps-là, le roi des animaux, le lion, convia tous ses sujets à un somptueux festin. Le léopard, le singe, l’éléphant vinrent ainsi que l’antilope et la tortue. Le repas fut magnifique, il y avait de la nourriture en abondance pour tout le monde. L’éléphant mangea des bananes, le crocodile du poisson. Par malchance, la tortue et l’antilope, qui avaient déjà l’eau à la bouche, avaient oublié leurs assiettes à la maison. Le lion avait bien demandé aux animaux d’apporter leurs assiettes, mais la stupide antilope n’y avait pas pensé. La tortue, occupée à inventer ses mauvais tours, avait bel et bien oublié, elle aussi, son couvert. Elle se tourna donc vers l’antilope :  » Cours vite à la maison chercher deux assiettes pour que nous puissions manger !  » Mais l’antilope n’avait pas envie :  » Pourquoi moi ? Ne cours-tu pas plus vite que moi ?  »  » Certes, mais tu habites plus près.  » L’antilope s’en alla chercher deux assiettes, mais auparavant, elle cria à la tortue :  » Ne mangez pas tout !  » La tortue se mit aussitôt en quête d’une assiette. Elle aperçut un minuscule roitelet qui portait une énorme assiette.  » À quoi te sert une aussi grande assiette ?  » lui demanda la tortue.  » Deux graines suffisent pour te remplir l’estomac.  »  » Tu as bien raison « , acquiesça le roitelet.  » D’ailleurs, j’ai fini de manger.  »  » Dans ce cas, pourrais-tu me prêter ton assiette ? J’ai oublié la mienne à la maison « , demanda la tortue. Le roitelet ne se fit pas prier :  » Fais seulement attention à ne pas la casser.  » La tortue remplit son assiette et mangea à se faire éclater le ventre. Après qu’elle eut rendu l’assiette au roitelet, l’antilope revint. Elle se mit aussitôt à se lamenter :  » Vous ne m’avez rien laissé !  » Et, en effet, seuls des os et des peaux de bananes témoignaient du magnifique festin.  » Tu n’es pas la seule !  » riposta la tortue.  » je n’ai pas mangé une seule bouchée en attendant mon assiette. Tu en as mis du temps !  » Le lion interrompit les lamentations de la tortue et de l’antilope qui se tenaient là, toutes penaudes, l’assiette vide à la main :  » Vous avez tous bien mangé et vous avez pris des forces. Je vous donnerai l’occasion d’en faire une brillante démonstration. Nous allons tous lutter les uns avec les autres. Les vaincus deviendront les serviteurs des vainqueurs et le plus fort d’entre nous sera le roi. L’éléphant arbitrera les combats.  » L’idée du lion était bonne. Il avait beau être très courageux et puissant, l’éléphant était tout de même plus fort que lui. En tant qu’arbitre, cependant, il ne pouvait pas prendre part à la compétition. Le lion ouvrit les hostilités en rugissant et bondit sur l’antilope. Celle-ci s’écarta et s’enfuit à toutes jambes. Voyant qu’il n’arriverait pas à l’attraper, le lion se tourna contre la tortue qui se tenait juste à côté. Malheureusement, il ne pouvait rien contre sa dure carapace. Il essaya donc de la retourner sur le dos avec sa patte, mais la tortue le mordit et rentra la tête dans sa carapace, tenant la patte du lion bien serrée dans ses mâchoires. Le lion rugit de douleur, mais la tortue tint bon. L’éléphant dut la déclarer vainqueur de la compétition. Le lion s’en alla, vexé et humilié. La tortue devint la reine des animaux. Lorsque l’antilope revint sur ses pas, la tortue lui dit :  » Je t’ai sauvé la vie une seconde fois. Si je n’avais pas tenu la patte du lion, il aurait bien fini par t’attraper.  » L’antilope la remercia avec effusion. La tortue ne resta pas longtemps au pouvoir. Les animaux oublièrent rapidement qu’elle avait vaincu le lion et celui-ci récupéra petit à petit tout son prestige. Au demeurant, la tortue se moquait éperdument de sa nouvelle fonction : elle était trop intelligente pour une reine !

La naissance de Petit Lion Conseil international de la langue française 1996 (S.SENGHOR)

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:44

lion.pngarchitecture20d27afrique.jpgLa naissance de Petit Lion

© Conseil international de la langue française 1996

Golo le Singe s’agite comme un fou. Ses bras, ses jambes bougent en tous sens, ses mains tapent en cadence sur le gros tam-tam royal, caché dans l’ombre des buissons, derrière le palais. C’est que sa mission est de la plus haute importance et qu’il est très fier d’en avoir la charge. Le Roi des nimaux, Gaïndé le Lion, lui a ordonné d’annoncer à toute la brousse la naissance de son premier fils : Petit Lion est né pendant la nuit et sa Majesté le Roi veut que chacun dans son royaume le sache et s’en réjouisse.

Voilà donc pourquoi Golo tape, tape depuis l’aube, tous les doigts douloureux d’avoir frappé le bois dur. Le message s’envole dans la savane et le vent léger qui l’emporte courbe l’herbe sèche et les épineux. Il caresse les arbres de la forêt où les parents de Golo font leur toilette matinale, et où les oiseaux sont cachés au plus épais des feuillages. Il s’introduit dans les terriers sombres et frais où sont tapis les animaux pour échapper à la chaleur du jour… Enfin il ricoche sur l’eau de la rivière dont la calme surface n’est troublée que par la bosse de l’oeil du crocodile ou la grande mâchoire rose et noire de l’hippopotame.

Que dit le message du tam-tam ?

« Oh vous tous, mes fidèles sujets, réjouissez vous de la naissance de mon fils, Petit Lion aux yeux bleus. En l’honneur de sa venue au monde, je vous offre une grande fête. Je présiderai à cette occasion un concours de danse et un très beau prix récompensera le vainqueur. Comme il est d’usage, chacun de vous, mes fidèles sujets, tiendra à offrir un cadeau à mon fils. Mais Ma Majesté désirant bâtir une case pour le Prince héritier, je vous demande d’apporter en présent ce qu’il faut pour cette construction. Ainsi la maison de Petit Lion s’élèvera vite, et sous son ombre, j’assisterai au concours de danse. Venez nombreux et réjouissez-vous ! »

Tel est le message que le vent porte à travers la brousse surchauffée. Golo, après avoir tant et tant tapé, tombe enfin épuisé sur le sol, bras et jambes écartés et s’endort comme une masse.

Toute la brousse s’anime joyeusement. les animaux ont entendu et s’affairent à trouver leur cadeau. Puis ils se mettent en route dans leurs habits de fête. Chacun transporte son paquet et c’est parfois bien lourd et bien loin sous le soleil de midi. Galopant, courant, volant ou sautant, ils atteignent enfin le palais du Roi. Dans la soirée, tous sont arrivés.

Girafe, qui garde la famille royale, est là avec de grosses bottes de paille destinées au toit de la case. Chacal et hippopotame tiennent de longues branches bien droites qui serviront de poutres. Yacine le Crocodile, tout essoufflé d’avoir quitté la fraîcheur de l’eau, se dandine sous le poids des sacs de terre qu’il a remplis en grattant la berge de la rivière. Gneye l’Éléphant lève haut sa trompe gonflée d’eau : il soufflera une pluie de gouttelettes pour humidifier la terre sèche. Ainsi pourra-t-on fabriquer de beaux murs ronds et épais en tassant cette boue, et déposer le toit par dessus. La Mangouste ploie sous les pierres plates destinées au foyer de la case. Serpent arrive sans se presser, c’est lui qui dirigera les travaux grâce à son sifflet puissant. Quant à Bouky l’Hyène, la plus bête et la plus avare de la savane, elle n’a su apporter que quelques pièces d’or pour aider le Roi à payer à boire à ses sujets…

Dès son arrivée, chacun se met au travail, espérant que le Roi remarquera sa force ou son habileté. La case s’élève peu à peu dans la nuit et au petit matin, la voici terminée, brillante et neuve dans les premiers rayons du soleil.

Et Leuk le lièvre, me direz-vous ?

Leuk est arrivé bon dernier, en gambadant, léger, léger, car il ne portait rien. Il va de l’un à l’autre, s’agite, offre à boire, pique Golo pour le réveiller et le mettre au travail, conseille à l’Éléphant de bien diriger la pluie de gouttelettes de sa trompe, tire la queue du Serpent pour qu’il siffle plus fort… Bref Leuk est partout, mais il ne fait rien, rien de rien, si ce n’est un petit somme dans un coin quand il se sent fatigué. Dans la nuit noire et sans lune, il croit que personne ne s’est aperçu de sa paresse.

Et pourquoi Leuk ne travaille-t-il pas, alors que tous ses amis de la forêt et de la savane peinent comme des fourmis pour terminer la case à temps ? Leuk est un grand malin, le plus grand malin de la brousse. Il sait qu’au matin débutera le concours de danse et que tous les animaux seront si épuisés de leur travail de la nuit précédente qu’ils n’auront plus la force de bouger. Et lui, tout reposé, il gagnera sûrement le prix !

Mais Leuk le rusé a oublié une seule chose : c’est que les serpents voient dans la nuit la plus noire. Leurs yeux ronds, verts et jaunes, percent l’obscurité et aucune ombre n’existe pour eux. Serpent a donc bien observé les ruses de Leuk et l’a même vu dormir discrètement à plusieurs reprises. Et Serpent a une intelligence aussi aiguë que son sifflet : il jure de punir ce grand paresseux qui tant de fois lui a joué des tours…

Il fait grand jour à présent, tous les oiseaux de la brousse sont perchés dans le fromager sacré et chantent en l’honneur de Petit Roi. Celui-ci se lève sur ses pattes chancelantes et guidé par son père le Roi, vient s’installer dans sa belle case neuve. Tous les animaux applaudissent, malgré les membres fatigués, les ampoules, les échardes et les pattes tordues. Ils ont épousseté leurs habits de fête et s’apprêtent à danser l’un après l’autre, au rythme du tam-tam. Car tous voudraient gagner le concours et recevoir un riche cadeau.

Le premier dans la danse est bien sûr Leuk, léger, léger comme le vent et les pattes alertes. Il recueille beaucoup d’applaudissements et même Gaïndé le Lion, qui pourtant se méfie de lui, lui accorde un sourire. Puis vient Girafe qui courbe son long cou, en dandinant son corps en cadence.

Mais tout à coup, elle pousse un hurlement : sa patte est transpercée d’une longue épine et elle a affreusement mal. Elle sort en clopinant pour aller se soigner… Elle a perdu ! Et qui a placé cette longue épine ? Mais Leuk, bien sûr, pendant sa danse…

Puis arrive le tour de Bouky l’Hyène, fatiguée et affamée, mais dont les poches tintent encore de quelques pièces d’or qui sonnent agréablement aux oreilles du Roi. Leuk s’approche d’elle :

  Ma pauvre Bouky, tu es bien pâlotte ce matin, que t’arrive-t-il ?Tu ne vas pas pouvoir danser !

  C’est que j’ai si faim Leuk. Tiens, regarde le trou dans mon ventre, j’ai tellement travaillé cette nuit.

  Bouky, tu es mon amie, si tu veux, je te donnerai une gorgée de ce miel plein de vitamines. Regarde, j’en ai un pot à ma ceinture en cas de fatigue.

  Ah Leuk, merci.

  Tu es mon frère.

Et Bouky s’en empare et avale, avale… tout le miel y passe et le creux de son ventre devient une grosse bosse. Alors, impossible de danser, et lorsque le tam-tam se déchaîne, Bouky s’écroule le ventre en avant. Elle aussi, elle est éliminée.

Puis vient le tour de Yacine le Crocodile, qui a observé avec envie la danse agile de Leuk.

  Je suis si fatigué Leuk, et toi, comment fais-tu pour danser comme le vent après le travail de la nuit ?

  Mais, répond Leuk, c’est que j’ai un fameux grigri.

  Ah Leuk, supplie Yacine, si tu me prêtes ton grigri, j e t’invite au bord de la rivière et je te choisirai le plus beau poisson de mon gardemanger.

  Yacine, dit Leuk, je n’aime pas le poisson pourri. Mais pour l’amour de Dieu, je te prête mon grigri pour que tu gagnes le concours de danse. Tiens, accroche ?le bien fort à ta patte.

Ce que ne sait pas le crocodile, c’est que le grigri contient une motte de beurre et que, très vite, fondant au soleil, le beurre coule sur le sol. Les pattes de Yacine glissent d’un côté, de l’autre et Crocodile se dandine en essayant de rattraper son équilibre. Tous les assistants se moquent de lui et hurlent de rire et Yacine, très vexé, retourne à la rivière. II a perdu lui aussi !

Golo le Singe est un gracieux danseur, mais Leuk sait bien qu’il aime avant tout le vin de palme, surtout lorsqu’il est fatigué d’avoir tant et tant frappé sur le tam-tam.

Il s’arrange pour lui glisser une gorgée de vin, avant son tour, puis une autre, et toute la bouteille. Golo, dès le début de la danse, a la tête qui tourne, qui tourne… Et il s’écroule en plein milieu de la piste. Il faut deux gardes pour le tirer par la queue sous un arbre. Le Roi est très fâché de voir dans cet état son meilleur danseur.

Il trouve décidément ce concours bien mauvais et convoque tous les candidats qui restent, à la fois. Gneye l’Éléphant est un peu lourd, mais si puissant. Leuk a peur qu’il n’impressionne le Roi par ses virevoltes. Alors il se met lui même au tam-tam et tape et tape de plus en plus vite… Voilà le rythme qui se précipite : tous les animaux dansent, tournent, sautent, virent… Et Eléphant, la tête à l’envers, ne sait plus où il en est. Il titube, il bouscule et pousse ses voisins, il tombe… et tous s’enfuient de peur d’être écrasés par sa masse.

Gaïndé est furieux ! Mais enfin, aucun de ses sujets ne sait-il danser ?

Mais si, voilà de nouveau Leuk, léger, léger comme le vent, qui sautille et gambade gracieusement.

Il est si content de sa danse et d’avoir écarté les concurrents qu’il parade, gonfle le torse, saute de plus en plus haut, agite en cadence ses longues oreilles… Il ne regarde plus rien autour de lui, il ne rêve que du riche cadeau, et ne pense qu’à lever les pattes avec élégance.

Roi est ravi de ce spectacle et s’apprête à couronner le vainqueur. Mais Serpent s’est glissé auprès de lui et tout doucement à l’oreille, il lui raconte la ruse de Leuk pendant la nuit : sa paresse, son sommeil, l’épine dans la patte de Girafe, le beurre qui a fait déraper Crocodile, le vin de palme de Golo, le miel de Hyène et le rythme fou du tam-tam qui a fait tomber Gneye.

Roi est indigné, il gronde et sa crinière est toute hérissée.

  Quel tricheur, quel saïsaï, quel filou ce Leuk, éclate-t-il… Et le voilà qui parade devant moi et se croit bien malin. Gardes, attrapez-le par ses grandes oreilles et donnez-lui quarante coups de bâton pour ses quarante tromperies. Et puis jetez-le hors du Palais !

Leuk, tout ahuri d’être interrompu dans sa danse, ne comprend rien à ce qui lui arrive. Ce n’est qu’en entendant le sifflement triomphant de Serpent qu’il devine celui qui l’a trahi. Tout en courant dans la forêt, le dos tout endolori des coups de bâton, il jure qu’il se vengera du Serpent.

Depuis ce jour, observez bien les lièvres. Dès qu’ils voient l’oeil rond, jaune et vert du serpent, vite, vite, ils prennent leurs pattes à leur cou et courent se cacher au plus profond de leur gîte !

Auteur PRESIDENT SEDAR SENGHOR du Senegal

La méchanceté des êtres Conte burkinabé

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:40

La méchanceté des êtres

Conte burkinabé

Autrefois un kinkirga tissait dans la brousse du fil de coton. Quelqu’un alluma du feu dans l’herbe, sans mauvaise intention, mais le feu se dirigeant vers le kinkirga, commença à brûler son fil. Un homme passait :  » Viens m’aider, dit le kinkirga, à sauver mon fil. 
  Bon, ça va bien « , dit l’homme ; et il alla chercher une cruche pleine d’eau et il eteignit le feu.  » Demain matin, dit le kinkirga, viens me trouver ici 
  Où est ta case ?  » dit l’homme. Le kinkirga lui montra une grande termitière rouge :  » Voilà ma case, viens demain à côté, j’en sortirai et je viendrais à toi.  » Le lendemain matin, l’homme vient à côté de la termitière. Le kinkirga en sortit et lui donna une poudre :  » Mets cette poudre dans l’eau, lave-toi la figure avec cette eau et alors tu verras toutes les choses invisibles de la brousse.  » Quand l’homme eut fait cela, il devint aveugle et voyant que le kinkirga l’avait trompé, il reprit tristement le chemin de son habitation. Cependant un milan vint frapper de ses deux ailes la figure de l’aveugle et du coup les yeux de celui-ci se rouvrirent. Alors il attrapa le milan, le dépluma complètement et, le jetant par terre sans le tuer :  » J’avais fait du bien au kinkirga : il m’a fait du mal. Toi tu m’as fait du bien, aussi je te fais du mal.  » Le milan, abandonné, restait par terre sans pouvoir voler. Une petite tortue passe et vit le milan :  » Qu’est-ce que tu fais ainsi ?  » Le milan raconta ce qui lui était arrivé.  » J’ai peur de toi, dit la tortue, sans quoi je t’apporterais à manger jusqu’à ce que tes plumes aient repoussé. 
  Je t’en pris, fais-le, dit le milan, je ne te ferai jamais de mal.  » La petite tortue alla donc chercher des termites et elle les apportait au milan qui les mangeait. La plume repoussait cependant et le milan sentit qu’il pouvait voler. Il attendit la tortue et, quand celle-ci revint avec ses termites, il la saisit et l’emporta dans les airs :  » L’homme dit du bien au kinkirga, dit-il, et celui-ci le paya en luifaisant du mal ; moi-même j’ai fait du bien à l’homme et celui-ci me paya en me faisant du mal ; toi, tu m’as fait du bien, je te paye en te faisant du mal. Et il précipita la petite tortue par terre. Celle-ci tomba sur une pierre, s’écrasa contre elle et mourut. Depuis cette époque les gens et les animaux payent toujours

La tortue avisée Conte Soninké

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:38

La tortue avisée

Conte Soninké

Tout le monde sait que les tortues sont extrêmement avisées. Un jour, l’une d’entre elles rassembla tous les animaux pour les avertir :  » Une dangereuse plante pousse dans notre forêt. Nous devons la supprimer, sinon c’est elle qui nous supprimera !  » La tortue conduisit les animaux à la lisière de la forêt où s’étendaient les champs de chanvre et dit :  » Voici la plante en question !  » Les animaux l’examinèrent et goûtèrent à ses petites feuilles. L’antilope fit la grimace :  » C’est amer. Je ne vois pas pourquoi je devrais la brouter.  » Le flamant hochait la tête :  » Moi non plus. Je ne peux rien faire du chanvre, puisque je vis la plupart du temps dans l’eau. » La carpe ne dit rien, mais s’en alla d’un coup de nageoire. Ainsi, le chanvre poussa en toute tranquillité. Un jour, les hommes vinrent, l’arrachèrent et en tressèrent des cordes. Ils les prirent pour bander leurs arcs. Ensuite, ils taillèrent des flèches dans l’écorce de palmier et allèrent chasser les oiseaux. Arrivés au bord de l’eau, ils lancèrent leurs flèches contre une bande de flamants. Les oiseaux s’envolèrent, mais l’un d’entre eux resta sur la rive, mortellement blessé. La tortue s’approcha de lui :  » Si tu m’avais obéi lorsque je t’avais demandé de supprimer la plante de la forêt, tu volerais aujourd’hui tranquillement dans les cieux !  » Le flamant supplia :  » Aie, tortue ! aide-moi  »  » Il est trop tard.  » Un homme vint, prit le flamant et l’emporta chez lui. Ensuite, les hommes prirent une canne et y attachèrent une corde avec un crochet au bout. Ils plongèrent l’hameçon dans l’eau et en très peu de temps, une carpe s’agita au bout de la corde. La tortue s’approcha d’elle à la nage :  » Si tu m’avais écoutée, tu nagerais aujourd’hui en toute tranquillité !  »  » Aïe, tortue ! aide-moi !  » supplia la carpe.  » Il est trop tard « , répondit la tortue. Un homme tira sur la canne et sortit la carpe de l’eau. Ensuite, les hommes prirent les cordes et en firent des noeuds coulants qu’ils disposèrent sur un sentier. L’antilope s’y laissa prendre. La tortue s’approcha d’elle :  » Si tu m’avais écoutée, tu courrais aujourd’hui tranquillement dans la clairière !  »  » Aie, tortue ! aide-moi !  » supplia l’antilope. La tortue rongea la corde et libéra l’antilope. Depuis ce jour, elles furent amies. Et pourtant, l’antilope était aussi idiote que la tortue était rusée. Certes, elle admirait son amie pour son intelligence mais se disait dans son for intérieur :  » Son intelligence ne lui sert à rien, puis qu’elle est lente. Elle ne peut attraper personne, pas plus qu’elle ne peut fuir ses ennemis.  » Un jour, la tortue défia l’antilope :  » Tu me crois lente, mais je peux te battre à la course quand cela me plaît.  »  » je voudrais voir cela !  » riait l’antilope.  » Alors regarde bien. Nous allons courir jusqu’au sommet de cette colline et on verra bien laquelle d’entre nous y arrivera la première.  » Juste avant la course, la tortue mordit la queue de l’antilope et s’y suspendit. L’antilope courut jusqu’au sommet de la colline et se retourna pour voir peiner la tortue. Celle-ci lâcha la queue de l’antilope et dit :  » Je suis là. je t’attendais.  » L’antilope avait beau se creuser la tête, elle ne comprit pas comment la tortue s’y était prise pour arriver avant elle. En ce temps-là, le roi des animaux, le lion, convia tous ses sujets à un somptueux festin. Le léopard, le singe, l’éléphant vinrent ainsi que l’antilope et la tortue. Le repas fut magnifique, il y avait de la nourriture en abondance pour tout le monde. L’éléphant mangea des bananes, le crocodile du poisson. Par malchance, la tortue et l’antilope, qui avaient déjà l’eau à la bouche, avaient oublié leurs assiettes à la maison. Le lion avait bien demandé aux animaux d’apporter leurs assiettes, mais la stupide antilope n’y avait pas pensé. La tortue, occupée à inventer ses mauvais tours, avait bel et bien oublié, elle aussi, son couvert. Elle se tourna donc vers l’antilope :  » Cours vite à la maison chercher deux assiettes pour que nous puissions manger !  » Mais l’antilope n’avait pas envie :  » Pourquoi moi ? Ne cours-tu pas plus vite que moi ?  »  » Certes, mais tu habites plus près.  » L’antilope s’en alla chercher deux assiettes, mais auparavant, elle cria à la tortue :  » Ne mangez pas tout !  » La tortue se mit aussitôt en quête d’une assiette. Elle aperçut un minuscule roitelet qui portait une énorme assiette.  » À quoi te sert une aussi grande assiette ?  » lui demanda la tortue.  » Deux graines suffisent pour te remplir l’estomac.  »  » Tu as bien raison « , acquiesça le roitelet.  » D’ailleurs, j’ai fini de manger.  »  » Dans ce cas, pourrais-tu me prêter ton assiette ? J’ai oublié la mienne à la maison « , demanda la tortue. Le roitelet ne se fit pas prier :  » Fais seulement attention à ne pas la casser.  » La tortue remplit son assiette et mangea à se faire éclater le ventre. Après qu’elle eut rendu l’assiette au roitelet, l’antilope revint. Elle se mit aussitôt à se lamenter :  » Vous ne m’avez rien laissé !  » Et, en effet, seuls des os et des peaux de bananes témoignaient du magnifique festin.  » Tu n’es pas la seule !  » riposta la tortue.  » je n’ai pas mangé une seule bouchée en attendant mon assiette. Tu en as mis du temps !  » Le lion interrompit les lamentations de la tortue et de l’antilope qui se tenaient là, toutes penaudes, l’assiette vide à la main :  » Vous avez tous bien mangé et vous avez pris des forces. Je vous donnerai l’occasion d’en faire une brillante démonstration. Nous allons tous lutter les uns avec les autres. Les vaincus deviendront les serviteurs des vainqueurs et le plus fort d’entre nous sera le roi. L’éléphant arbitrera les combats.  » L’idée du lion était bonne. Il avait beau être très courageux et puissant, l’éléphant était tout de même plus fort que lui. En tant qu’arbitre, cependant, il ne pouvait pas prendre part à la compétition. Le lion ouvrit les hostilités en rugissant et bondit sur l’antilope. Celle-ci s’écarta et s’enfuit à toutes jambes. Voyant qu’il n’arriverait pas à l’attraper, le lion se tourna contre la tortue qui se tenait juste à côté. Malheureusement, il ne pouvait rien contre sa dure carapace. Il essaya donc de la retourner sur le dos avec sa patte, mais la tortue le mordit et rentra la tête dans sa carapace, tenant la patte du lion bien serrée dans ses mâchoires. Le lion rugit de douleur, mais la tortue tint bon. L’éléphant dut la déclarer vainqueur de la compétition. Le lion s’en alla, vexé et humilié. La tortue devint la reine des animaux. Lorsque l’antilope revint sur ses pas, la tortue lui dit :  » Je t’ai sauvé la vie une seconde fois. Si je n’avais pas tenu la patte du lion, il aurait bien fini par t’attraper.  » L’antilope la remercia avec effusion. La tortue ne resta pas longtemps au pouvoir. Les animaux oublièrent rapidement qu’elle avait vaincu le lion et celui-ci récupéra petit à petit tout son prestige. Au demeurant, la tortue se moquait éperdument de sa nouvelle fonction : elle était trop intelligente pour une reine !

Le lièvre demande à Wende de lui enseigner la ruse Conte burkinabé

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:35

Le lièvre demande à Wende de lui enseigner la ruse

Conte burkinabé

Autrefois le lièvre alla trouver Wende et lui dit : « je veux que tu me montres beaucoup de tours. 
  Apporte-moi alors trois choses, dit Wende. 
  Lesquelles ? dit le lièvre. 
  Apporte-moi le lait d’une femme de buffle, des larmes de serpent et une défense d’éléphant. Si tu m’apportes tout cela, je te montrerai tous les tours. » Le lièvre redescendit sur terre et alla d’abord trouver l’éléphant. « Tiens, dit le lièvre, je croyais que cet arbre était plus petit que toi, mais beaucoup de gens disent qu’il est plus grand et, à le bien considérer, je crois bien m’être trompé… Décidément, tu es plus petit que cet arbre ! » L’éléphant, piqué au vif, se leva sur ses pattes de derrière et, pour montrer qu’il était plus grand que l’arbuste, s’appuya sur lui, mais l’arbre se rompit sous le poids et l’élép^hant tombant brutalement par terre se cassa une défense. Le lièvre se précipita sur la dent et l’offrit respectueusement à l’éléphant : « tu peux la jeter, dit celui-ci. A quoi me servirait-elle maintenant ? » Le lièvre la mit dans sa poche et s’en alla. Puis il alla trouver une vipère heurtante qui était avec ses petits. Le lièvre se cacha non loin de là et quand la mère vipère s’en alla en promenade, il tua tous ses petits. Puis il se cacha de nouveau. Quand la mère vipère revint, elle trouva tous les serpenteaux morts et se mit à pleurer. Le lièvre apparut : « Ne pleure pas, lui dit-il, tu auras d’autres enfants. » Bref, il la consola, ramassa ses larmes et les mit dans une petite calebasse dont il s’était muni par avance. Puis il la quitta et, retournant chez lui, il pila du sel et le mélangeant avec de la farine de mil, il en fit une boule qu’il mit dans sa poche. Puis il alla en brousse et y chercha une mère buffle. Il en trouva une à côté d’une baobab avec son petit. Le lièvre arriva en courant et, faisant semblant de buter contre le baobab, s’étala au pied de celui-ci. « Que fais-tu là ? » dit la mère buffle et elle le renifla de fort près. Le lièvre sortit rapidement sa boule de sel et de farine et la lui mit sous le nez et presque sur la langue. La mère buffle y gouta et même trouva cela fort de son goût. « C’est bon ? dit le lièvre. 
  Oui, dit la mère buffle. 
  Eh bien ! tous les jours je peux en avoir une. J’arrive en courant, je donne un coup de tête contre le baobab et même je tombe, mais une boule de sel et de farine de mil se détache des branches du baobab et tombe par terre. Alors je la prends ! 
  Et si je faisais la même chose, dit la mère buffle alléchée. Ferais-je tomber des boules ? 
  Certes, dit le lièvre. » La mère buffle alla à cent mètres de l’arbre, prit son élan, arriva en courant et donna un tel coup de tête dans le baobab que ses deux cornes s’enfoncèrent profondément dans le tronc. « Attends, dit le lièvre, après l’avoir laissée faire des efforts infructueux pour se dégager. On peut mettre du lait autour de tes cornes pour qu’il soit plus facile de les faire sortir. 
  Tire du lait vite ! vite ! » dit la mère buffle hord d’haleine et désespérée. Le lièvre prit sa calebasse, se mit à traire, mit du lait autour des cornes, du reste sans aucun effet. Puis il prtit avec ce qui retait de lait, laissant la mère buffle se débrouiller toute seuls en compagnie de son bufflon. Le lièvre revint trouver Wende, lui rapportant la dent d’éléphant, les larmes de vipère et le lait de buffle et lui réclamant en retour les tours demandés. « Tu n’as qu’à partir, dit Wende. A quoi bon te donner d’autres ruses ? tu les possèdes déjà toutes : je ne peux en ajouter à ton sac ni d’autres ni de plus extraordinaires. Va donc… » Le lièvre quitta Wende et revient chez lui.

Le jeune homme aux pendants d’oreilles en argent Conte Haoussa

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 6:33

Le jeune homme aux pendants d’oreilles en argent Le jeune homme aux pendants d’oreilles en argent

Conte Haoussa

La jeune fille ne resta pas longtemps dans l’arbre. Un jeune homme aux pendants d’oreilles en argent qui passait par là l’appela :  » Que fais-tu là-haut ?  »  » J’ai trouvé une aiguille dans une botte de foin. Je l’ai donnée à mon père, qui en avait besoin pour coudre une ceinture. Par malchance, il l’a cassée, alors il m’a donné un melon pour me dédommager. Maman a mangé le melon, mais elle m’a donné en échange du miel. Mes frères ont mangé le miel et ils m’ont donné une hache. Cette hache, le bûcheron l’a brisée en abattant un arbre. Alors, il m’a donné un gâteau que les faisans ont picoré. Les faisans m’ont donné leurs plus belles plumes que les enfants du village ont cassées. Les enfants m’ont donné du lait de brebis que le chat a bu. Le chat s’est sauvé dans l’arbre, je l’ai suivi et maintenant je ne sais pas descendre.  » Le jeune homme aux pendants d’oreilles en argent dit :  » Ne crains rien, je vais t’aider !  » Il rassembla une botte de foin sous l’arbre et invita la jeune fille à sauter. Celle-ci poussa un cri en touchant le sol :  » Aie !  » Elle s’était enfoncé une aiguille dans le pied.  » Donne-moi cette aiguille « , demanda le jeune homme. Elle la lui donna et il s’en alla au village. L’épouse du chef était en train de coudre une robe devant sa maison. En enfilant l’aiguille, elle la laissa tomber et la perdit. La femme du chef soupira :  » Quelle malchance ! je n’ai pas d’autre aiguille !  »  » Je vais t’en donner une, à condition que tu me donnes un poulet en échange « , proposa le jeune homme.  » Un poulet contre une aiguille ?  » s’étonna la femme. Mais le jeune homme insista :  » Oui, un poulet contre une aiguille !  » Que représente un poulet aux yeux d’une épouse de chef riche ? La femme rit et donna un beau poulet au jeune homme, car elle voulait continuer sa couture. Le jeune homme aux pendants d’oreilles en argent prit le poulet et le porta à la jeune fille.  » J’ai échangé l’aiguille contre un poulet. Fais-le rôtir, mange-le, mais garde-m’en une cuisse.  » La jeune fille fit rôtir le poulet et le mangea, mais elle mit de côté une cuisse pour le jeune homme. Celui-ci la prit et s’en alla à la ville. En chemin, il rencontra un chef, accompagné de quelques cavaliers. Le jeune homme se mit à crier :  » J’échange une cuisse de poulet contre un cheval ! J’échange une cuisse de poulet contre un cheval !  » Les cavaliers rirent et continuèrent leur chemin. L’un d’entre eux, cependant, celui qui montait un beau cheval blanc, s’arrêta, prit la cuisse des mains du jeune homme et la mangea. Il jeta l’os et déclara en riant :  » Maintenant, tu ne pourras plus échanger la cuisse contre un cheval !  » Sur ce, il s’en alla au galop. Le jeune homme suivit le groupe en courant. Lorsque le chef donna l’ordre de s’arrêter pour se reposer, il se présenta devant lui et lui parla hardiment :  » Tu as tort de laisser tes hommes voler les pauvres gens !  » Le chef fronça les sourcils :  » Qui a volé les pauvres gens ?  » cria-t-il.  » Le cavalier au cheval blanc. Il a pris ma cuisse de poulet sans payer ce que j’ai demandé.  » Le chef appela le cavalier :  » Est-il vrai que tu as pris la cuisse de poulet de ce jeune homme ?  »  » Oui, c’est vrai.  »  » Lui as-tu payé ce qu’il a demandé en échange ?  »  » Non. Il demandait un cheval pour sa cuisse de poulet.  » Le chef se renfrogna davantage :  » Si tu trouvais le prix excessif, tu n’avais qu’à ne pas manger la cuisse. Maintenant, donne-lui ton cheval et continue à pied.  » Le cavalier donna son cheval au jeune homme, qui l’enfourcha et retourna dans son village. Il alla voir la jeune fille à la cruche et lui dit :  » Voici le cheval. Demain, je l’échangerai contre un chat.  » Le lendemain, le jeune homme se rendit chez une pauvre veuve qui vivait tout au bout du village. La veuve avait une chatte qui venait justement d’avoir sept chatons.  » M’échangerais-tu un chaton contre mon cheval ?  » demanda le jeune homme à la veuve. Celle-ci n’en croyait pas ses oreilles :  » Je te les donnerai tous les sept, si tu veux, même avec leur panier.  » Le jeune homme prit le panier de petits chats et retourna auprès de la jeune fille à la cruche.  » J’échangerai ces chats contre quarante-neuf esclaves « , décida-t-il, puis il se mit en route pour le pays voisin. Le peuple de ce pays souffrait d’une terrible famine : les souris y proliféraient et mangeaient tout le blé qu’on y récoltait. Le jeune homme aux pendants d’oreilles en argent s’adressa au peuple de ce pays :  » Si vous me donnez quarante-neuf esclaves, je vous débarrasserai de ces maudites souris !  » Le malheureux peuple accepta sa proposition et le jeune homme lâcha ses chats. En une semaine, toutes les souris disparurent. Le jeune homme rassembla ses esclaves et revint auprès de la jeune fille.  » Vois-tu ces esclaves ? je les échangerai contre un mort !  » Dès le lendemain, Le jeune homme se remit en route, accompagné de ses esclaves. Il dut marcher longtemps avant d’arriver dans un lointain pays dont le roi était mort depuis une semaine. Ses sept fils, occupés à se disputer le pouvoir, oublièrent le défunt et ne pensèrent même pas à l’enterrer. Le jeune homme leur dit :  » Donnez-moi la dépouille de votre père le roi et je vous donnerai mes esclaves. Je lui ferai des funérailles avec tous les honneurs qui lui sont dus.  » Les frères, heureux de cette aubaine, donnèrent le défunt au jeune homme qui lui fit des funérailles dignes d’un roi. Dans la nuit, le roi défunt apparut en rêve au jeune homme :  » Je ne te connais même pas et pourtant, tu t’es comporté avec moi mieux que mes fils ingrats. Aussi, je vais te révéler l’endroit où j’ai caché tous mes trésors et tu seras le futur roi de ce pays.  » Et en effet, le défunt révéla au jeune homme aux pendants d’oreilles en argent la cachette de tous ses trésors. Celui-ci les déterra et prépara un somptueux festin pour tout le peuple en honneur du roi défunt. Les gens vinrent, mangèrent, burent et s’amusèrent. Puis, ils déclarèrent :  » Ce généreux jeune homme sera désormais notre roi !  » Sitôt dit, sitôt fait. Le peuple chassa les fils indignes de l’ancien roi et porta au trône le jeune homme aux pendants d’oreilles en argent , qui se maria avec la jeune fille qui portait la cruche sur la tête.

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