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23 septembre, 2007

Pour une politique d’immigration de gauche Par Manuel Valls, maire d’Evry, député de l’Essonne. PS

Classé dans : LA GRANDE FRATERNITE : L'IDEALE,POLITIQUE — tebawalito @ 3:11

Pour une politique d’immigration de gauche

Il faut cesser d’être ballottés entre les discours de la droite et ceux des associations.

Par Manuel Valls, maire d’Evry, député de l’Essonne. PS

QUOTIDIEN : jeudi 20 septembre 2007

     

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L’enjeu est de refaire de l’immigration une chance. Alors que la Terre est désormais comparée à un «village global» et que les déséquilibres Nord-Sud sont devenus abyssaux, la pression migratoire devrait atteindre des proportions inégalées au cours des prochaines années. Notre histoire prouve que l’immigration peut être une chance pour la France. Situé au carrefour de la Méditerranée et de l’Europe septentrionale, l’Hexagone a toujours été une zone de mélange et de brassage. Au cours des siècles, notre nation a profité des multiples apports de populations étrangères. Les individus qui quittent leurs pays, fuyant la faim, la guerre, la maladie, sont toujours conduits par l’énergie de construire, ailleurs, une vie meilleure. L’espoir qui les anime contribue ainsi à la prospérité de ceux qui les accueillent. Force est pourtant de constater que notre modèle d’intégration subit de sérieux revers depuis une trentaine d’années. La crise économique a relégué les dernières générations de migrants dans les quartiers les plus défavorisés de nos villes. En proie à l’échec scolaire et au chômage, une partie des jeunes issus de ces ghettos croient parfois trouver dans le repli communautaire ou dans la violence la solution à leur marginalisation.

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Il est donc nécessaire de sortir d’un discours dogmatique et compassionnel pour construire les bases d’une politique de gauche efficace en matière d’immigration.

Le premier moyen : fidèle à son idéal de solidarité, la gauche doit améliorer sensiblement les conditions d’accueil des populations d’origine immigrée. Ayons le courage d’expliquer à nos compatriotes que des moyens considérables doivent leur être consacrés ! Il faut s’attaquer au phénomène de ghettoïsation en logeant les populations immigrées sur l’ensemble du sol national. A cette fin, les mesures coercitives du type de l’article 55 de la loi SRU doivent être renforcées. Il n’est pas acceptable qu’un tiers des communes soumises à cette loi ne respecte pas l’obligation de compter 20 % de logements sociaux sur leurs territoires. Par ailleurs, il est indispensable d’augmenter massivement les moyens consacrés à l’apprentissage du français. La connaissance de notre langue n’est pas seulement une condition essentielle à l’accès à l’emploi; elle est le socle à partir duquel le partage de notre culture devient possible et le sentiment national devient réalité.

Enfin, il ne faut pas craindre d’aborder la problématique des quotas même si cela nécessite une révision de notre Constitution. Pour garantir l’insertion sociale et économique des immigrés, il est indispensable, d’abord, de donner la priorité à la qualification et à la formation de celles et ceux qui arrivent sur notre sol.

Mais nos besoins et nos capacités d’accueil devraient être évalués au préalable sur la base d’un véritable pacte avec les partenaires sociaux. Comme l’expliquait Michel Rocard dès 1990, «la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde». Pour qu’elle y prenne «fidèlement toute sa part», l’instauration de quotas fixant le nombre annuel d’entrées par type de qualification serait un dispositif équitable et efficace. Etablis dans la concertation avec les pays d’émigration, ces quotas pourraient, par ailleurs, servir de base à une coopération renforcée.

Les mesures en faveur de l’accueil des populations d’origine immigrée doivent, en second lieu, s’accompagner de dispositifs tendant à mieux encadrer les flux migratoires. Pour convaincre nos compatriotes des bienfaits de l’immigration, il est indispensable que celle-ci soit véritablement contrôlée et organisée. De toute évidence, un encadrement efficace des flux migratoires ne peut désormais s’envisager qu’au niveau européen. Seuls une harmonisation des politiques de contrôle et un renforcement des politiques européennes de codéveloppement pourront canaliser, sur la durée, la pression migratoire.

Cette réalité ne doit cependant pas empêcher de réfléchir à des dispositifs applicables dans un cadre national. Sur ce plan, il est d’abord indispensable de ­renoncer au principe de la régularisation systématique porté par certaines associations. Ce genre de mesure crée des «appels d’air» qui condamnent ceux qui les prennent à vouloir vider le tonneau des Danaïdes. Il faut donc assumer une politique de reconduite aux frontières dans le respect du droit et des personnes. Il faut, par contre, définir des critères cohérents entre eux, lisibles par tous et appliqués de manière identique sur tout le territoire pour l’obtention des titres de séjour. Il n’est pas acceptable que les règles soient interprétées de manières différentes selon les préfectures et aboutissent à la situation absurde du «ni expulsable, ni régularisable».

Trop longtemps, en matière d’immigration, la gauche s’est trouvée ballottée entre le discours de la droite et celui des associations. Alors que le projet de loi Hortefeux nie le droit de la famille, remet en cause les fondements de nos lois bioéthiques et assimile l’immigré à un délinquant, il est grand temps que la gauche pose enfin les bases de sa propre politique en ce domaine. C’est en surmontant ce genre de défi qu’elle parviendra à convaincre nos concitoyens de sa capacité à se rénover.

DERIVE IDENTITAIRE CHEZ LES BRETONS (libération)

Classé dans : COMMUNAUTARISME ET ANTICOMMUNAUTARISME — tebawalito @ 3:06

Breizh Touch au grisbi

Le défilé de trois mille musiciens bretons, dimanche sur les Champs-Elysées (et sur TF1), dissimule une opération de marketing identitaire.

Par Françoise Morvan essayiste.

QUOTIDIEN : vendredi 21 septembre 2007

     

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Depuis quelques semaines, les Bretons se sont découverts nantis d’un avantage en nature et, pour certains, en espèces, dénommé Breizh Touch.

La Breizh Touch, présentée par la presse sur le mode exalté, a d’abord laissé ceux qui l’évoquaient légèrement perplexes : fallait-il dire braisetouche, breill’z’touch’, braÿztoutch, brézteutch, breÿc’htaoutch, brèysstatch, brèzteuch ? Breizh, autrement dit Bretagne en breton surunifié, désormais devenu officiel. En effet, en 1941, sur ordre du dignitaire nazi en charge des affaires bretonnes, l’orthographe du breton, déjà unifiée à l’exception de celle du dialecte vannetais, a été surunifiée, le mot Breizh étant le symbole même de cette surunification, le «zh» signifiant que l’on prononce Breih en vannetais et Breiz ailleurs.

Pour les bretonnants de naissance, le mot Breizh, accolé au mot touch, du verbe touchañ, conduire les bestiaux, était énigmatique, mais au diable les hésitations : une fois compris que le mot Bretagne, sous la forme Breizh, uni à un vocable anglo-américain, se change en label commercialisable, tout devient clair.

Et, pour ceux qui peineraient encore à comprendre, en tout petits caractères, au bas d’une affiche montrant une tour Eiffel saucissonnée de manière à ressembler à un phare breton (le célèbre phare du label «produit en Bretagne»), se trouve la traduction : Breizh Touch = esprit Bretagne.

La Breizh Touch, brassant bagadou, cyber-fest-noz (au pluriel: cyberioù-festoù-noz), Breizh-en-Seine avec en prime océan-high-tech, expo-Breizh-numérique et Breizh-parade retransmise dimanche prochain par TF1 en direct des Champs-Elysées, va donc déferler : trois mille sonneurs sonnants défilant en bagadou comme les formations paramilitaires dont ils sont issus – «une panzerdivision, la musique en plus», pour reprendre les termes de Jean-Pierre Pichard, le président du Festival interceltique de Lorient (1).

C’est lui qui a eu l’idée de cette manifestation paroxystique de la celte attitude unissant Bretons, Irlandais, Gallois et autres frères de race, tels que Galiciens et Acadiens du Nouveau-Brunswick (dont il est convenu de ne pas demander ce qu’ils ont de celte).

La Breizh Touch est le complément de la celte attitude : le Breton qui ne l’a pas est un faux Breton, celui qui n’en veut pas est un mauvais Breton, et celui qui n’apprécie pas la Breizh Touch est un jacobin. Le jacobin est l’ennemi du Breton : il est français. Le Français n’a pas la Breizh Touch ; il a une identité faible, quoi qu’en dise Sarkozy, et n’a donc pas lieu d’en être fier. Le Breton, lui, a une identité forte ; il le prouve par la Breizh Touch qui la promeut ; voilà pourquoi il est fier d’être ­breton.

Le Breton qui n’est pas fier d’être breton n’est pas un bon Breton, et le Breton qui dit que cette bretonnerie labellisée le dégoûte est antibreton.

L’antibreton, fort susceptible d’être aussi jacobin, vous expliquera que cette opération de business identitaire appuyée par les médias soutenus par des industriels est une opération politique.

L’antibreton évoquera en termes malséants le label «produit en Bretagne» dont le phare sur fond bleu et jaune orne désormais pâtés, andouilles, livres et CD. Il dénoncera l’indispensable «yoghourtisation de la culture». L’expression est de Reynald Secher, auteur d’une Histoire de la Bretagne en bande dessinée dénoncée en son temps dans les colonnes de Libération. «Il faut yoghourtiser la culture bretonne», aurait-il affirmé, d’après le Huchoer, journal indépendantiste breton.

Bien que cela n’intéresse personne, l’antibreton ne manquera pas de rappeler que «produit en Bretagne» est une association émanant de l’Institut de Locarn.

L’association «produit en Bretagne» a été déclarée en préfecture le 9 février 1995 avec pour siège l’Institut de Locarn (cultures et stratégies internationales).

Le 14 mai 1993 avait été déclarée une première association Coudenhove-Kalergi-Aristide-Briand établissant les liens de l’Institut de Locarn avec l’Union paneuropéenne fondée par le comte de Coudenhove-Kalergi.

Les principes de la pan-Europe sont simples : christianisme, anticommunisme, reconnaissance du droit des groupes ethniques à l’autodétermination.

Rien d’étonnant donc si l’archiduc Otto de Habsbourg, son président d’honneur, connu pour ses liens avec l’Opus Dei, est venu en personne inaugurer l’Institut de Locarn.

Produit en Bretagne est une association complémentaire, au service d’un projet politique : faire de la Bretagne un dragon celtique dans une Europe des ethnies enfin délivrée de l’esprit des Lumières.

L’antibreton s’acharnera à démontrer que l’Institut de Locarn, rassemblant un club de patrons bretons pleins d’ardeur à servir leur région, nourrit un projet réactionnaire visant à en finir avec l’héritage de la Révolution française : privatisation, libéralisation, démantèlement des lois sociales, recours à l’identitaire pour inscrire la Bretagne dans une Europe des régions unissant les nations celtes en voie d’obtenir leur indépendance. Oui, pourquoi le nier, le pays de Galles, l’Irlande et l’Ecosse doivent servir de référence au modèle breton.

Il faudra bien que le Français à l’identité faible accorde son autonomie au Breton, dont l’identité forte sera révélée sur les Champs-Elysées avec la force d’une panzerdivision par le biniou et, comme le dit Pichard, la musique en plus.

Le vrai Breton est fier que Patrick Le Lay, un des fondateurs de l’Institut de Locarn, et Patrick Poivre d’Arvor s’associent aux patrons bretons pour célébrer son identité et la lui révéler : Le Lay, qui proclame haut et fort qu’il n’est pas français mais breton, nationaliste breton, a déjà fondé TV Breizh avec François Pinault, Rupert Murdoch et Silvio Berlusconi ; quoi de plus naturel qu’il soit associé à son ami Pinault pour célébrer la Breizh Touch ?

L’antibreton, qui se proclame le plus souvent de gauche, ira jusqu’à s’étonner que ce soient des élus socialistes, le président du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, et le maire de Paris, qui aient pris l’initiative de cette dérive identitaire brassant tous les vieux thèmes de Breiz Atao à l’ombre du drapeau breton. Rappelons que Breiz Atao est le nom d’un groupe autonomiste breton rendu célèbre par sa collaboration avec les nazis. L’un de ses fondateurs, Maurice, dit Morvan, Marchal, a dessiné en 1923 le drapeau breton à bandes noires et blanches, appelé gwenn-ha-du («blanc et noir»).

L’antibreton dénoncera le communautarisme de la droite du PS, son allégeance au patronat ultralibéral. Il rappellera que Jean-Yves Le Drian, président socialiste du conseil régional, est allé en juin 2006 présenter son programme à l’Institut de Locarn, jurant de faire de la Bretagne une nouvelle Irlande avec l’appui des autonomistes qu’il a fait entrer au conseil régional. Et il relèvera, bien sûr, le coût de la Breizh Touch : 2,5 millions d’euros dont 1,5 million sorti tout droit de la poche des Bretons, qui se prononcent majoritairement, quand on les consulte, contre la décentralisation, sans même parler de l’autonomie, à laquelle ils vont avoir droit, bien qu’ils soient moins de 3 % à la demander.

L’antibreton acharné ira jusqu’à parcourir le site Internet de la Breizh Touch et railler les propos tenus par les grands auteurs invités pour la célébrer.

Il vous citera en ricanant les déclarations d’Irène Frain sur la Breton pride, celles d’Alan Stivell expliquant qu’il a découvert son identité à l’âge de 9 ans, quand son père a inventé la harpe celtique (laquelle allait devenir, comme le drapeau et le bagad, mis au point peu avant, le symbole millénaire de l’identité bretonne) et celles d’Erik Orsenna assurant que, partout dans le monde, il trouve une bouteille de Coca-Cola et un Breton, et qu’il aime mieux le Breton.

L’antibreton, qui ne comprend pas que l’important pour le Breton c’est de faire la fête, dénonce la cocacolisation du Breton après la yogourthisation de la culture, et voit dans la Breizh Touch une bécassinade à relents ethnistes. Une bécassinade ! Quand tant de personnes qui font la preuve de leur compétence dans le domaine qui est le leur participent à cette vaste opération… C’est le comble.

(1)  Ouest-France, 7 août 2007.

Auteure du Monde comme si, nationalisme et dérive identitaire en Bretagne, paru chez Babel/Actes Sud en 2005.

Le discours de Sarkozy à Dakar : Quand le Président de la France se trompe de génération (libération)

Classé dans : PERSPECTIVE DE DEVELOPPEMENT,POLITIQUE — tebawalito @ 2:55

Le discours de Sarkozy à Dakar

Quand le Président de la France se trompe de génération

Par Emmanuel Dongala

LIBERATION.FR : jeudi 6 septembre 2007

Ecrivain congolais. Le film tiré de son dernier ouvrage paru « Johnny chien méchant » coproduit par Matthieu Kassowitz est actuellement en cours de montage.

     

Monsieur le Président,

«J’aime l’Afrique, je respecte et j ‘aime les Africains » avez-vous dit à Dakar devant ceux que vous qualifiez d’élite de la jeunesse africaine. Puisque parler avec «franchise et sincérité » est votre buzz word médiatique, permettez-moi de vous dire aussi avec franchise que la jeunesse africaine tout court, pas seulement son élite, n’a pas besoin de vos déclarations d’amour. Elle n’a pas besoin que vous les aimiez. La raison en est simple : vous vous trompez de génération.

Vous auriez tenu un tel discours il y a quarante ou cinquante ans auprès de certains de ces dirigeants de vos colonies françaises, ceux à qui on avait réussi à faire croire que la décolonisation et l’indépendance n’étaient pas le fruit de la lutte de leur peuple mais un don octroyé par la France dans sa générosité, que cela se comprendrait. Car ceux-là devaient tout à la France et celle-ci était leur horizon. On trouve encore des dinosaures de cette époque à la tête de certains pays mais les choses ont changé, l’Histoire est passé par là.

Penser comme vous le faites à force de citations que les projets de vie de la jeunesse africaine à l’aube du XXIème siècle se construisent autour de la pensée de Senghor ou de Camara Laye montrent clairement que vous n’êtes pas « assez entré » dans l’histoire africaine de ces cinquante dernières années. Nous ne renions pas Senghor mais nous sommes en droit de dire qu’il a aussi écrit beaucoup de sottises sur les Africains et leur essentialisme tout comme votre emblématique Voltaire en a écrit sur les Noirs et les Juifs. D’ailleurs, malgré les déclarations d’amour passionné pour la France et sa langue moult fois proclamées par Senghor, aucun dirigeant français d’envergure, en tout cas ni le Président de la République ni son Premier sinistre, ne l’ont jugé en fin de compte assez important pour daigner assister à ses funérailles,.

Ce qui a changé c’est que la génération actuelle née bien longtemps après les indépendances ne doit rien à la France et n’attend rien d’elle non plus, surtout pas d’être accompagnée par elle. Bien au contraire, dans les rues de Brazzaville et de Kinshasa, elle rêve de plus en plus des espaces à grands potentiels que sont l’Afrique du Sud ou les grands marchés asiatiques qui sont en train de devenir la réalité économique première sur leur continent, et ce rêve se fait de plus en plus en anglais. Cette jeunesse ne se résume pas aux quelques milliers qui échouent sur vos côtes ou qui menacent votre identité nationale par l’immigration clandestine. La grande majorité lutte sur le terrain, chez elle, et n’ont pas attendu votre prêche pour faire la part de la responsabilité de l’Afrique dans leurs tribulations ; non seulement leurs aînés, les Mongo Beti, les Kourouma, les Sony Labou Tansi en ont déjà fait état, mais elle le vit au quotidien à travers les élections truquées, les dénis des droits fondamentaux, la corruption. Cependant, elle ne fera jamais l’impasse sur les méfaits de la colonisation pratiquée par vos pères. Elle attend aussi qu’avec votre franchise légendaire vous alliez à Berlin dire à l’élite de la jeunesse allemande de totalement ignorer les actes de leurs grands-pères nazis.

Vous avez déclaré que « la France n’a pas besoin économiquement de l’Afrique ». Je suppose que si vous vous battez pour maintenir vos grandes sociétés, entre autres Total au Congo, au Gabon, au Nigeria et en Angola, Bolloré dans les ports d’Abidjan et de Dakar, AREVA dans les mines d’uranium du Niger et de la Centrafrique, cela ne participe que d’un amour désintéressé et n’a rien à voir avec des intérêts bassement mercantiles.
Ainsi donc, Monsieur le Président, vous aimez l’Afrique et les Africains. Chiche ! Eux non plus.

La réponse à sarkozy des « repentis fatigués de la chienlit » par Daniel COHN-BENDIT ET Alain GEISMAR (journal libération)

Classé dans : POLITIQUE — tebawalito @ 2:45

La réponse à Sarkozy de «repentis fatigués de la chienlit», par Daniel COHN-BENDIT et Alain GEISMAR.

Nous sommes coupables…

QUOTIDIEN : mercredi 2 mai 2007

    

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Nous sommes coupables d’avoir fait souffler un vent de liberté et d’autonomie à la radio-télévision d’Etat d’alors ; ce que semble regretter Nicolas Sarkozy. Nous sommes coupables d’avoir rêvé d’autonomie et de démocratie dans les écoles, les universités et les usines. Coupables d’avoir désiré la justice et l’égalité au travail comme à la maison ; ce qui semble déranger Nicolas Sarkozy.

Nous sommes coupables d’avoir taillé une croupière à l’autoritarisme gaulliste, marxiste, communiste, syndical et patronal.

Nous sommes coupables de cette réalité d’aujourd’hui où les femmes et les hommes décident en toute liberté de leur corps, où les jeunes décident librement de leur contraception et où les femmes ont le droit de choisir de laisser naître un enfant ou pas. Visiblement, cela ne plaît pas non plus à Nicolas Sarkozy.

Nous sommes coupables d’un tas de conneries comme «CRS-SS». Mais était-ce donc pire qu’un «Cohn-Bendit à Dachau !» entendu comme slogan à la grande manifestation gaulliste ? Nous sommes coupables du bêtisier révolutionnaire des «Vive Trotski !», «Vive Che Guevara !», «Vive Mao !», autrement dit, des «Vive la révolution autoritaire ou totalitaire», «libertaire ou plébéienne». Coupables, donc, d’avoir béatifié Marx ou Proudhon en ignorant Hannah Arendt et Albert Camus, mais aussi de n’avoir pas bien lu Jean-Paul Sartre.

Nous sommes génétiquement coupables d’un désir d’égalité, de solidarité et de liberté. Nous sommes génétiquement coupables de penser que le pouvoir n’est pas la propriété privée d’un homme ou d’une femme. Nous sommes génétiquement coupables de rêver d’une mondialisation écologiquement et socialement régulée. Nous sommes génétiquement coupables de croire que le kärcher ne résout rien et que la police ne peut pas tout.

C’est pour toutes ces raisons que nous décidons de créer un cercle des «enragés repentis fatigués de la chienlit» et que nous demandons à être rééduqués par le maître penseur de la révolution culturelle sarkozyste, André Glucksmann, en promettant de nous flageller publiquement et collectivement devant le siège de l’UMP. Et, puisque nous nous découvrons aujourd’hui responsables de la spéculation boursière et des parachutes dorés pour les grands patrons, nous convoquons, en vertu des droits à la propriété intellectuelle, une assemblée générale pour réclamer collectivement nos dividendes, qui financeront nos séances d’autocritique, de confession publique, de pénitence et d’humiliation. Nous voilà prêts à «passer aux aveux» au prochain congrès de l’UMP.

Nous savons que, libérés de notre culpabilité, nous pourrons nous épanouir à l’ombre du pouvoir de Nicolas Sarkozy. Ensemble, et sans tous ceux qui dérangent. Sous les pavés de notre honte, la plage…

Achille MBEMBE démonte le mensonge de Sarközy sur l´Afrique « vos réactions »(source kemMiou)

mbembe.jpgAchille MBEMBE démonte le mensonge de Sarközy sur l´Afrique
 

Transmis par adminKMM2 le 12 août 2007 à 13:49:01 CEST
Contribution de Anonyme

L’on veut savoir pourquoi, à mes yeux, le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar est odieux, indécent, et à la limite du vraisemblable.

Il est répugnant pour quatre raisons :

Il y a d’abord la volonté, plusieurs fois suggérée par Nicolas Sarkozy lors de la récente campagne électorale, d’instrumentaliser l’histoire de France ou en tout cas de rallier les Français à une vision factice et agressive du signifiant national.

Pour le néo-conservatisme français, la manipulation de l’histoire nationale passe par trois voies : la récupération de certaines figures emblématiques de la gauche (Jaurès, Blum, Moquet), le procès intenté à la culture et à la pensée dite de “ Mai 68 ”, et pour ce qui nous concerne directement, la réhabilitation du colonialisme (qui va de pair avec la persécution des étrangers dans l’Hexagone).

Indulgence pour les larrons

Ce dernier est désormais présenté non comme le crime qu’il fut du début (guerres de conquête) jusqu’à la fin (les luttes pour l’indépendance et la décolonisation), mais comme une simple “ faute ” qu’il faudrait passer par pertes et profits. Pis, la nouvelle légende veut que la colonisation ait été une entreprise bénévole et humanitaire. Prostrés dans la haine de soi et de la France, voire dans l’ingratitude, les ex-colonisés, nous dit-on, seraient malheureusement incapables d’en apprécier en dernière instance les bienfaits puisque, abandonnés à eux-mêmes, ils n’auraient jamais trouvé la voie du progrès et de la liberté.

À ce projet révisionniste s’ajoute, au nom du refus de la repentance, la disqualification de tout regard critique sur le système colonial et le déni de toute responsabilité quant aux horribles crimes et atrocités de l’époque. Je conviens que le contenu de l’histoire (y compris l’histoire de la colonisation) ne saurait se résumer aux massacres. Ceci dit, l’on ne peut pas faire comme si la conscience de soi était une chose, et la conscience de l’injustice ou du dommage causé à autrui une autre que l’on peut aisément séparer de notre conscience d’homme.

On l’a vu lors de la campagne électorale en France et, plus récemment encore à Dakar. Chaque fois, le procédé est le même. On commence par dénoncer et par stigmatiser ceux et celles qui “ rougissent de l’histoire de la France ” ou la “ noircissent ” – les “ adeptes de la repentance ”.

Puis, au nom de la fierté nationale, de l’amour pour la patrie, de la sincérité et de la bonne foi, on enchaîne par une exaltation en bonne et due forme des colons. On veut nous faire croire que d’aussi humbles serviteurs de la mission civilisatrice n’auraient gagné leur vie qu’en toute honnêteté. Colonisant en toute innocence, ils n’auraient jamais exploité personne. Au demeurant, ils n’avaient pour dessein que de “ donner l’amour ” à des peuplades asservies par des siècles d’obscurantisme et de superstitions. Injustice de l’histoire, ils n’ont, en fin de compte, récolté que la haine et le mépris de ceux au salut desquels ils sacrifièrent pourtant tout.

Pour Nicolas Sarkozy et les siens, les pertes subies par les colons français pèsent plus lourds à la bourse de la mémoire que les ravages et les destructions subis par ceux qui, au prix de mille privations, d’incessantes humiliations et, parfois, de leurs vies, mirent un terme à cette nuit de la souffrance humaine que fut la colonisation. Car, dans la théologie politique des néo-conservateurs français, l’indulgence pour les larrons doit toujours l’emporter sur la pitié pour les crucifiés.

Amitiés perfides

La deuxième raison de ma stupéfaction est l’insolence, et surtout l’arrogance et la brutalité qu’autorise une telle volonté de méconnaissance. Pour noyer la vérité et jeter la poudre aux yeux de ceux qui sont distraits, l’on recourt au “ raisonnement par les bons sentiments ” dont Françoise Vergès (Abolir l’esclavage. Les ambiguités d’une politique humanitaire) a démontré, il n’y a pas longtemps, la perversité.

En effet, ce discours incohérent (la faute oui, la repentance non) et vermoulu, mais à la nuque raide – telle est bien la marque déposée du nouveau conservatisme français. Il se trouve que chez Nicolas Sarkozy en particulier, ce conservatisme prend de plus en plus des allures truculentes, à la manière du trop bandant de nos satrapes tropicaux, comme en témoigne d’ailleurs son penchant pour le maniement de l’invective sous les oripeaux de l’exhortation, le tout assaisonné d’imprécations et de déclarations à l’emporte-pièce – le pur épuisement qui naît d’un vide fondamental.

Car, ce que notre négrophile donneur de leçons cherche à camoufler derrière les formules convenues telles que la sincérité ou encore la vérité, c’est avant tout une insoutenable dose de mauvaise foi que l’on veut faire passer pour de la générosité et de la franchise. L’amitié dont il se réclame à tue-tête ne porte pas seulement au flanc la blessure d’une flèche perfide. Et le nouveau chef de l’État ne cherche pas seulement à manipuler l’histoire de France. Il veut aussi falsifier la nôtre et les significations humaines dont cette dernière est porteuse. Ce faisant, et par on ne sait quel pouvoir, il s’autorise de parler de l’Afrique et des Africains à la manière du maître qui a pris la mauvaise habitude de maltraiter son esclave et d’avilir sa chose, et qui ne parvient pas à se déprendre d’attitudes héritées d’un sinistre passé dont nous ne voulons plus.

Colo-nostalgie

Puis il y a la fourberie. L’on prétend s’adresser à l’élite africaine. En réalité, l’on ne cesse de faire des clins d’œil à la frange la plus obscurantiste de l’électorat français – l’extrême-droite, les colo-nostalgiques, tous ceux-là qui, rongés par la mélancolie postcoloniale, pensent que quatre ou cinq millions d’immigrés et de citoyens français d’origine noire et arabe dans un pays de plus de cinquante-cinq millions d’âmes menacent l’identité française.

Plus grave encore, ce n’est pas comme si le président Sarkozy était dans l’attente d’une réponse de notre part. Car il y a plus de vingt ans déjà que Jean-Marc Éla (L’Afrique des villages) a écrit le plus beau livre sur l’inventivité des paysans africains. Auparavant, Cheikh Anta Diop, Théophile Obenga, Joseph Ki-Zerbo, Abdoulaye Bathily, Bethuel Ogot, Ade Ajayi, Adu Boahen, Joseph Inikori, Toyin Falola, Kwame Arhin et des dizaines d’autres avaient mis en place les fondations d’une historiographie africaine solide et documentée. Celle-ci établit, entre autres comment, de tous temps, l’Afrique a fait partie du monde, y a joué activement son rôle et a contribué ce faisant au développement des techniques, du commerce et de la vie de l’esprit.

Aux yeux de notre nouvel ami, tout cela ne compte guère. Et pour cause. Il ne s’adresse pas à nous comme dans un rapport de face-à-face où nous compterions comme interlocuteurs. En fait, il ne regarde ni ne voit notre visage. Chez lui, “ l’homme noir ” est un être abstrait, doté d’une “ âme ” certes, mais sans visage, puisque plongé dans les ténèbres de l’innommé. Quand il prétend dialoguer avec nous, ce n’est pas dans le cadre d’un rapport moral d’égalité et, par conséquent, de justice. C’est dans le registre de la volonté de puissance – un je-ne-sais-quoi de narcissique et d’autant plus triomphaliste qu’il est marqué du sceau de l’ignorance volontaire et assumée.

L’insolence de l’ignorance

La troisième raison de mon incrédulité est la vision éculée que le nouveau chef d’état français a choisie, désormais, de véhiculer de l’Afrique et des Africains. Comme je l’indiquais dans un texte précédent, cette vision se situe en droite ligne de la dogmatique raciste du XIXe siècle.

Le président puise à pleines mains dans cette fange, sans la moindre distance ni ironie. Il répète des pages entières des élucubrations de Hegel, Lévy-Bruhl, Leo Frobenius, Placide Tempels et autres inventeurs de “ l’âme africaine ”, construisant au passage sa “ vérité ” avec les copeaux de l’ethnophilosophie d’hier, comme d’autres avant lui s’investissaient dans l’ethnozoologie, dans l’espoir de mettre à nu “ l’essence foncièrement animale du nègre ”.

Mais sait-il seulement que l’étroitesse d’esprit caractéristique du racisme colonial – ce terrorisme avant la lettre – a fait l’objet d’une critique soutenue par les intellectuels africains eux-mêmes depuis la deuxième moitié du XIXe siècle ? Sait-il seulement que respecter l’ami, c’est aussi se référer honnêtement à ses opinions ?

Or, il existe bien une longue tradition de critique interne des sociétés et des cultures africaines qui aurait pu aider notre théoricien à développer un argument un tant soit peu vraisemblable. Encore aurait-il fallu qu’il commence par enlever la poutre logée dans ses yeux avant de se préoccuper de celle qui encombre l’oeil du voisin.

De ce point de vue, des roitelets nègres ont en effet pris part à la Traite des esclaves, comme aujourd’hui le cartel des satrapes – dont la plupart bénéficient du soutien actif de la France – qui participent à la destruction de leurs propres peuples.

Mais que dire donc de la collaboration française sous l’occupation nazie ? Que dire du régime de Vichy dont la chute eût été impossible sans la contribution décisive des gens d’origine africaine (comme le montre l’historien Siba Grovogui, Beyond Eurocentrism and Anarchy. Memories of International Order and Institutions), mais dont on copie et reproduit aujourd’hui les méthodes de classification et de discrimination des personnes par le biais du ministère de l’identité et de l’immigration ?

Comment se fait-il que celui qui, en France, promeut un type de relation entre l’identitaire et l’État si proche de l’idéologie de Vichy et qui ne résiste pas à la tentation de mobilisation de formes de xénophobie anti-arabe et africaine soit le même qui vienne nous administrer des leçons d’universalisme dans l’enceinte d’une université dédiée à un authentique patriote africain ?

Pour être logique avec soi-même, pourquoi ne va-t-on pas dire aux Israéliens que, quant au fond, les soutiers du nazisme n’étaient, comme nos colons d’hier, que de pauvres innocents, des gens honnêtes qui ne voulaient que le bien des Juifs ? Pourquoi ne va-t-on pas dire à Nelson Mandela que, quant au fond, les tortionnaires et bénéficiaires du dernier État raciste au monde – l’État d’apartheid en Afrique du Sud – ne voulaient que son bien ?

On le voit bien, ce petit jeu du révisionnisme est moralement répugnant. Et Césaire l’avait bien compris, qui dans son Discours sur le colonialisme, dénonçait déjà, en 1952, “ les voluptés sadiques, les innommables jouissances qui vous friselisent la carcasse de Loti quand il tient au bout de sa lorgnette d’officier un bon massacre d’Annamites ”.

Une tradition critique

Dans la pensée africaine de langue française, Frantz Fanon (Peau noire, masque blanc) est sans doute celui qui a fait la déconstruction la plus convaincante de la sottise raciste tout en proposant les linéaments d’une humanité fraternelle.

De W.E.B. Dubois à C.L.R. James en passant par Martin Luther King et Nelson Mandela, de Stuart Hall à Paul Gilroy, Fabien Éboussi Boulaga et tous les autres, le meilleur de la pensée noire a toujours été rendu sous la forme du rêve d’un nouvel humanisme, d’une renaissance du monde par-delà la race, d’une polis universelle où est reconnu à tous le droit d’hériter du monde dans son ensemble. L’Afrique dont ils se réclament – ce mot et ce nom – est une multiplicité vivante qui, à l’instar du mot “ Juif ”, est lié, dès les origines, au futur de l’universel.

Au cœur de cette pensée, les questions de mémoire sont d’abord des questions de responsabilité devant soi et devant un héritage. Dans cette pensée, on ne devient vraiment “ homme ” que dans la mesure où l’on est capable de répondre de ce dont on n’est pas l’auteur direct, de celui ou de celle avec qui on n’a, apparemment, rien en partage – l’assignation à la responsabilité. C’est à cause de cette assignation principielle à la responsabilité que notre tradition critique s’oppose fondamentalement à l’antihumanisme et la politique du nihilisme qui caractérise le néo-conservatisme à la française.

Nicolas Sarkozy se prévaut de Senghor pour accréditer des thèses irrecevables parce qu’historiquement fausses et moralement corrompues, marquées comme elles le sont par le pesant d’antihumanisme qui, toujours, loge au fond de toute idéologie raciste.

D’abord, il fait semblant d’oublier qu’au moment où Césaire, Senghor et les autres lancent le mouvement de la négritude, l’humanité des Noirs est contestée. Les Noirs, à l’époque, ne constituent pas seulement une race opprimée. Comme les Juifs, il n’y a, alors, pratiquement pas un seul endroit au monde où ils jouissent de paix, de repos et de dignité. La lutte, à l’époque, est littéralement une lutte pour l’affirmation du droit à l’existence.

Cette dimension insurrectionnelle de la critique culturelle, on ne la retrouve pas seulement chez les penseurs africains. Elle est également présente chez les penseurs afro-américains et de la diaspora, descendants d’esclaves et survivants des temps de la captivité dans les plantations du Nouveau Monde. La gommer aujourd’hui pour ne retenir que la poétique du royaume de l’enfance, du merveilleux et des forêts qui chantent relève de la falsification.

D’autre part, il est vrai que quand on se bat pour affirmer son droit d’exister, on a tendance à recourir à des figures de style fixes et binaires, à des raccourcis peut-être mobilisateurs, mais sans doute un peu courts sur la longue durée.

Senghor en particulier ne s’en priva guère qui, s’inscrivant dans la continuité des vocabulaires les plus racistes de son époque, déclara que l’émotion est nègre comme la raison est hellène. Encore ouvre-t-il la voie à un dépassement de la race et à la possibilité d’une réconciliation des mondes, comme on peut le lire dans ses Chants d’ombre.

Sarkozy oublie par ailleurs qu’aux yeux de nombreux intellectuels africains, le même Senghor est demeuré une figure polémique. Poète chanté et reconnu, l’essentiel de sa réflexion philosophique a été largement réfuté. Comme l’ont bien montré la génération de Marcien Towa (Léopold Sédar Senghor : négritude ou servitude ?) et de Stanislas Adotevi (Négritude et négrologues), ce dernier ne concevait pas seulement la culture comme quelque chose de biologique et d’inné. Pour bien des penseurs africains anglophones, Senghor se contenta, tout au long de sa carrière, de faire la politique de la France en Afrique. Ils estiment, à tort ou à raison, qu’au panthéon des héros africains, c’est ce qui le distingue de Kwame Nkrumah (Africa Must Unite), Amilcar Cabral (Unity and Struggle), Cheikh Anta Diop (Nations nègres et culture) ou encore Nelson Mandela (Long Walk to Freedom).

Plus près de nous, la pensée contemporaine d’origine africaine n’a cessé de démontrer que s’il existe bel et bien une existence locale, des catégories vides de sens telles que “ l’âme africaine ” ne sauraient en rendre compte.

Paul Gilroy (The Black Atlantic), Édouard Glissant (Poétique de la relation), Maryse Condé, Françoise Vergès, Raphael Confiant et bien d’autres ont largement fait valoir qu’il n’y a pas d’identité fixe. Pour l’ensemble du nouveau roman africain de langue française, d’Alain Mabanckou à Efoui Kossi en passant par Abdurahman Waberi, Ken Bugul, Véronique Tadjo, Samy Tchak, Patrice Nganang et les autres, les identités ne peuvent être que des identités de relation et non de racines. Le cinéma africain, de Sembène Ousmane à Basseck ba Kobhio, tout comme la musique africaine n’ont cessé de montrer que l’identité fixe est source de mort culturelle ; ou encore que le présent et le futur seront nécessairement hybrides. Dans le domaine des arts et de l’esthétique, la problématique de la différence est battue en brèche, comme en témoigne la récente Exposition internationale “ Africa Remix ” de Simon Njami (voir Africa Remix. Contemporary Art of a Continent).

D’autre part, l’ethnophilosophie, dans laquelle puise abondamment Nicolas Sarkozy, a fait l’objet d’une vigoureuse critique. Paulin Hountondji (Sur la philosophie africaine), Valentin Mudimbe (The Invention of Africa) et Fabien Éboussi Boulaga (La crise du Muntu) en particulier n’ont cessé de dénoncer la sorte d’identitarisme qui ne s’obtient qu’en érigeant en trait exclusif les multiples appartenances dont nous sommes les héritiers.

A la suite du philosophe ghanéen Anthony Appiah (In My Father’s House), j’ai moi-même sévèrement critiqué l’idéologie victimaire (De la postcolonie) tout en proposant le concept d’“ afropolitanisme ” comme antidote à la négritude et au nativisme.

Au demeurant, qui ignore encore aujourd’hui que le recours à des poncifs tels que “ l’âme noire ” ou l’“ authenticité africaine ” sont, avant tout, des manières pour les régimes corrompus et leurs élites politiques et intellectuelles de se prévaloir de la différence dans l’espoir de légitimer leur brutalité et leur vénalité ? N’est-il pas vrai, par ailleurs, qu’à cet esprit de la vénalité “ coopèrent ” sans vergogne et depuis la décolonisation bien des réseaux français qui, pour l’occasion, ne s’embarrassent guère de la couleur de la peau ?

Par ailleurs, beaucoup d’entre nous, de Frantz Fanon à Françoise Vergès (La république coloniale), avons toujours dit que la repentance et la réparation produisent des victimes. La vulgate de la repentance perpétue l’image de l’autre comme corps non parlant, comme corps sans énergie ni vie. Et cela, ce n’est pas nous. Car nous ne sommes pas seulement des victimes de notre propre drame. Nous en sommes également des acteurs et des témoins.


Pouvoir de nuisance

Plus que jamais, les relations entre la France et l’Afrique seront des liens consciemment voulus et non plus imposés. À leur fondement se trouveront des valeurs morales et éthiques, ou alors ce ne seront pas des liens du tout – un simple pouvoir de nuisance.

Si la France persiste dans son autisme, c’est-à-dire son refus de comprendre le monde et d’avoir du génie dans son rapport avec l’Afrique, alors nous ne l’écouterons point. Pour l’heure, le projet néo-conservateur français pour l’Afrique tel qu’énoncé par Nicolas Sarkozy à Dakar n’est pas une invitation à bâtir une société humaine, un langage commun, encore moins un monde commun. Parce qu’il se contente de reproduire les sottises qui divisent, ce projet n’est pas une invitation à faire ensemble l’expérience de la liberté.

Voilà pourquoi il faut s’y opposer dès maintenant, sans crainte, mais avec courage, intelligence et fermeté. Parce que si on laisse faire, le prix à payer sera, mine de rien, très élevé pour les Africains.

@ Le Messager et Africultures, aout 2007

 

Source : www.peuplesawa.com/fr/bnnews.php

MOAMMAR KHADAFI « discours du guide de la révolution de vant le peuple sénégalais

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Discours du Guide de la révolution

 devant le peuple Sénégalais
 

Transmis par adminKMM2 le 31 août 2007 à 11:49:11 CEST
Contribution de
Chaka

Il m’est agréable et je suis heureux d’être parmi vous et de rencontrer les frères au Sénégal, vous qui représentez la force vive de l’Afrique.Je m’adresse ici au Président Wade qui est un professeur avant d’être homme politique ou Président. Il est parmi les sages d’Afrique. Je salue le peuple sénégalais, je le remercie car il a accordé une nouvelle fois sa confiance à son Président. J’en profite aussi pour vous dire sincèrement que l’Afrique dispose de moyens considérables sur le plan humain mais elle reste peu riche sur le plan matériel.Le colonialisme a pillé les richesses de l’Afrique et les colons ont traité les Africains comme des animaux. Ils nous ont colonisés, ils nous ont divisés et réduits comme leurs marchandises. Ils ont donné des noms européens à nos villes et à nos villages, ils nous ont séparés sans aucunement nous permettre de progresser. Et ils ne cessent de piller nos richesses.L’Afrique a connu des périodes difficiles dans son histoire et peu d’Africains ont pu progresser et apprendre comme KWAME NKRUMA. Certains comme LUMUMBA, MODIBO KEITA, JAMAL ABDEL NASSER, AHMED BEN BELLA, SEKU TOURE et SENGHOR eurent la possibilité d’apprendre et de progresser.Ce groupe a pu diriger l’Afrique vers la libération et l’indépendance, qu’en est-il après? Le colonialisme a tenté de liquider cette élite de dirigeants Africains ; il se trouve qu’il n’y avait aucune alternative d’une indépendance réelle sur le plan économique et politique je veux dire d’une indépendance sous les hégémonies occidentales. Ce qui fit que Lumumba fut liquidé, N’krumah et Modibo Keita renversés; il eut 60 tentatives d’assassinats contre Jamal Abdel Nasser. Il y avait donc tout un complot et tout un plan pour liquider et renverser ces dirigeants qui avaient une vision future pour l’Afrique. Ce qui entraîna le continent africain dans une phase d’instabilité et de coups d’Etat militaires.A partir de cet instant, il y a eu une faillite sur le plan politique car les putschs avaient emmené au pouvoir des généraux et des officiers fascistes sans idéologie ni culture dont les mœurs n’étaient que répréhensibles. Les peuples étaient incapables de faire face à cela et il s’en était suivi des dictatures militaires dominant l’Afrique des années 60.

Durant des décennies, l’Afrique a vécu des moments difficiles au bord de la faillite politique et idéologique du fait de la mainmise des putschistes. Nul d’entre eux à cette époque ne pensait ni au développement, ni à la transformation ni encore moins au progrès économique, social, à l’enseignement et à la santé. L’Afrique était livrée à elle-même, des enfants sans vaccinations, des maladies et des populations qui servaient de cobayes à des blancs pour expérimenter leurs nouveaux médicaments. Les Africains étaient considérés comme des animaux sur lesquels on expérimente les nouvelles techniques thérapeutiques. […] Le virus du SIDA est également le résultat d’une expérimentation sur des noirs. La CIA a fabriqué dans ses laboratoires des armes bactériologiques, ils ont créé un virus qu’ils ont expérimenté sur des noirs en Haïti et en Afrique ; pour preuve, ils ne peuvent affronter cette réalité et détourne l’attention du monde en disant que ce sont les singes africains qui ont transmis cette maladie dans le monde. C’est dissimuler des actes abominables… ils ont expérimenté le virus du SIDA en Afrique, ils ne peuvent pas nier aussi qu’ils ont exterminé les peaux rouges en Amérique, les populations autochtones de ce pays. Ils voulaient également exterminer la race noire en Afrique pour laisser place à la race blanche afin de réaliser leurs objectifs abominables et diaboliques. Ils ont tout fait pour permettre à leurs agents africains de gouverner les peuples Africains par les putschs et les complots.

Vous suivez actuellement le tapage fait autour du Zimbabwe… et pourquoi, car Mugabe veut récupérer la terre pillée par les blancs aux noirs. C’est cela le problème! Ils le prennent pour fou, dictateur, terroriste, ennemi de l’humanité, ils l’ont qualifié de tous les noms, ils veulent qu’il soit un président qui laisse le colon faire ce qu’il veut au Zimbabwe et qu’il soit un simple et formel président. Mais c’est un président qui veut libérer son pays. C’est pour cela qu’on l’en veut ; ils ont soutenu des présidents qui ont fait des coups d’état, qui ne pensent nullement pas à leur pays, ce qui montrent qu’ils ne veulent pas de réels présidents qui ont la volonté de faire face au colonialisme et à l’impérialisme.

Nous faisons face en Afrique à ce groupe d’ouvriers au service du colonialisme qui veut seulement gouverner pour gouverner. Ce sont ces agents qui sont à l’origine des guerres civiles et des problèmes dont souffre l’Afrique. Cette politique colonialiste néfaste a conduit à la faillite de l’Afrique. Il n’est pas possible de trouver des hommes comme Jamal Abdel Nasser, Ben Bella, Kwame N’krumah, mais on trouve des généraux et des officiers sans idéologie ni culture politique. Depuis la mort de Lumumba, le Congo continue à traverser une période difficile. Lumumba voulait de son vivant, libérer le pays de l’emprise colonialiste européenne. Le Congo vit toujours dans un état d’instabilité… heureusement, il y a des hommes comme le Président Abdoulaye Wade, digne de diriger son pays. Je remercie le peuple Sénégalais de l’avoir re-voté pour un nouveau mandat présidentiel.

Je vous dirai que peu à peu, commence à apparaître des dirigeants plus valables que les présidents précédents, car le peuple africain est plus conscient, en plus, nous sommes entrés dans la révolution informatique. Les chaînes satellitaires transmettent des informations en direction des populations africaines où leur degré de conscience s’élève. Les dirigeants, malgré eux sont contraints de suivre le progrès de leur peuple ainsi que leurs exigences.

Je vous dirai que l’intervention colonialiste persiste encore pour entraver la marche de l’Afrique pour preuve, depuis 1963, avec la présence des élites dont j’ai parlé et des pères fondateurs et libérateurs qui fondèrent l’OUA jusqu’à l’avènement de l’Union Africaine à Syrte le 09/09/1999, l’Afrique est toujours dans le même état. Ce qui veut dire que l’on se réunit périodiquement mais sans réaliser quoi que ce soit. Pendant 40 ans, l’Afrique n’a pas progressé. N’krumah avait préconisé l’Union Africaine, mais on ne l’a pas pris au sérieux, d’où la faillite de l’organisation de l’unité africaine (OUA). Ensuite il eut son renversement ainsi que les autres leaders.

En 1963, nous n’avons rien réalisé. Pas d’unité Africaine alors que l’Europe s’est unifiée. Il y a eu la révolution de l’informatique, l’ère de l’espace, de l’atome et l’Afrique demeure toujours dans la même situation. C’est pourquoi nous avons envisagé de transformer l’OUA en Union Africaine. J’ai même proposé un gouvernement fédéral africain doté d’institutions Africaines. Certains dirigeants n’écoutent que les colonisateurs et ne reçoivent que des ordres de l’extérieur. Ils ont dit d’accord pour mettre en place l’Union Africaine pour remplacer l’organisation de l’unité Africaine avec des institutions telles que les parlements etc… Afin que cette union joue son rôle et accomplisse sa mission. Puis vint l’union Africaine en 1999, suivie de la banque centrale, du fond monétaire Africain, de la cour africaine, du conseil exécutif, de défense africaine, etc…

Chaque fois qu’il m’est donné l’occasion de rencontrer les dirigeants africains, je souligne la nécessité d’appliquer ce que nous avons décidé tels que l’acte constitutif. Ils ont donné leur accord à cet égard, mais jusqu’à nos jours, les amendements de cet acte n’ont pas été approuvés. J’ai réuni les présidents des parlements à Tripoli et je leur ai dit pourquoi n’avez-vous pas approuvé ces choses-là. Ils ont donné des réponses évasives. Imaginez un parlement qui, depuis trois ans n’a pas tenu une seule de ses sessions…

Je vous dis des choses réalistes. Les pays africains disposent de moyens énormes ayant des liens avec l’extérieur, des intérêts avec l’Amérique, l’Europe, la Chine, l’Inde. Mais ces pays africains ne sont pas enthousiastes quant à la réalisation de l’unité africaine, ils nous font perdre notre temps. Voyez depuis 1999 à Syrte jusqu’en 2007, huit ou neuf ans se sont écoulés et rien n’a été réalisé. Les Institutions que nous avons prévues sont en panne, telles que la Banque centrale nous n’avons pas réalisé notre monnaie à l’instar de l’Europe qui a réalisé l’Euro. Il en est de même du parlement africain toujours en crise, nous avons proposé la création d’une armée africaine commune pour dissuader les ennemis, mais rien ne s’est réalisé.

Nous avons proposé les Etats-Unis d’Afrique à l’instar des Etats-Unis d’Amérique. Ils ont donné leur accord mais nous attendons encore la réalisation de cet objectif. Nous avons également proposé la mise en place d’une armée Africaine de deux millions de soldats au plus pour défendre l’Afrique. Ils dépensent 14 milliards pour cinquante armées africaines. C’est pourquoi j’ai proposé la mise en place d’une seule armée pour toute l’Afrique mais ils ont peur de cette idée.

Lorsque des journalistes me posent la question : quelle est votre position par rapport à l’Afrique ? Je leur réponds que lorsqu’un véhicule tombe en panne dans le sable, il faudrait le pousser par derrière afin de le redémarrer, je suis parmi ceux qui poussent ce véhicule afin qu’il avance quel que soit le chauffeur. Evidement, grâce à ces efforts, nous avons décidé à Addis-Abeba que le seul ordre du jour du prochain sommet africain sera la possibilité de mettre en place un gouvernent fédéral africain. Nous devons y parvenir dans quelques mois nous allons nous réunir à Accra, capitale du Ghana pour expliquer cette mission historique en tant que peuples et forces vives, hommes et femmes, jeunes, intellectuels nous devons faire entendre notre voix auprès de nos gouvernements pour mettre en pratique notre objectif. Dès lors, nous mettons sous pression tout pays africain qui entrave la marche de l’Afrique et qui s’oppose à l’unité. Il faut que nous mettions en place un gouvernement africain fédéral à Accra. Nous faisons entendre cette voix au Sénégal.

J’ai eu l’honneur d’assister l‘année dernière à la célébration du 46ème Anniversaire de l’indépendance du Sénégal, j’ai dit qu’il faillait mettre en place des ligues et des associations des victimes du colonialisme et qui combattaient dans l’armée française afin de faire valoir les droits de ces victimes en les dédommageant devant les pertes matérielles et morales subies.

Depuis l’avènement de la révolution en Libye, nous n’avons pas cessé de réclamer des compensations à l’Italie pour sa période coloniale en Libye, cependant l’Italie actuellement est l’amie de la Libye et elle est contre le fascisme, contre la période coloniale. Ses positions envers la Libye sont bonnes dans les instances internationales. Toutefois, nous avons rappelé que l’Italie a colonisé la Libye de 1911 jusqu’ à la fin de la deuxième guerre mondiale. Elle a tué de centaines de milliers et déporté de milliers de Libyens en dehors de la libye. Nos ancêtres ne savent pas ce qui est devenu des libyens déportés et disparus en Italie coloniale, elle a présenté des excuses officielles pour cette période du colonialisme. Ainsi, l’Italie est le premier pays à présenter officiellement ses excuses à la Libye puis il a été convenu que l’Italie dédommage le peuple libyen pour les pertes et les préjudices subis durant cette période.

Elle est plus ou moins embarrassée, elle craint que la France vienne lui dire : vous avez commis une précédente grave erreur en acceptant de dédommager votre période coloniale. Ainsi les pays Africains vont réclamer des dédommagements à la France pour sa période coloniale. Nous sommes parvenus avec eux à une formule de dédommagement : construction d’hôpitaux moderne par l’Italie au profit des libyens, nous allons signer un traité avec l’Italie pour ce faire. J’aimerais que se constitue au Sénégal des ligues des victimes de la période coloniale afin que chaque famille de ces victimes puisse réclamer son droit à la compensation pour les préjudices subis. Il faudrait que vous vous constituiez en ligues et associations pour réclamer des dédommagements.

Actuellement, ils nous disent que l’immigration est illégale, des ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne sont venus à Tripoli et on s’est réunis. Ils ont dit que les Africains envahissent l’Europe clandestinement. Je leur ai dit que vous êtes venus en Afrique, vous avez pris l’or, le diamant, l’argent, nos richesses… vous devez nous les restituer sinon on ira les chercher en Europe.

Il faut pour cela que l’Afrique ait un gouvernement africain avec ses ministres et ses représentants qui parlent en son nom. J’aimerais que vous commenciez dès maintenant à travailler dans les ligues et les associations pour exiger des dédommagements et pour que vous encouragiez les peuples Africains ex-colonisés à en faire de même. J’aimerais que la pression commence au Sénégal et démarre de ce pays et de la Libye avant le sommet d’Accra pour qu’il y ait un gouvernement fédéral Africain, un marché commun africain, une banque centrale d’Afrique, une monnaie africaine, des ministères africains du commerce et des affaires étrangères. Nous ne devons pas perdre le temps!

Certains gouvernements souhaitent que les peuples s’endorment, ce qui satisfait l’Europe et que nos enfants meurent de faim et des maladies, ils veulent nous créer des problèmes pour nous envoyer des forces d’intervention pour nous recoloniser.

Je remercie le président Abdoulaye Wade qui m’a donné cette occasion et merci beaucoup pour l’honneur que vous m’avez accordé en m’écoutant.

Le frère camarade Moammar Al Kadhafi.

Source : news.abidjan.net/article/

Le 26 juillet 2007, à Dakar (Sénégal), le Président Français Nicolas Sarkozy universite_de_dakar.Le 26 juillet 2007, à Dakar (Sénégal), le Président Français Nicolas Sarkozy universite_de_dakar.

Quand Sarkozy déclare la guerre à l’Afrique 

Transmis par adminKMM2 le 18 septembre 2007 à 11:59:10 CEST
Contribution de
Anonyme

Le 26 juillet 2007, à Dakar (Sénégal), le Président Français Nicolas Sarkozy universite_de_dakar.79184.html

Publié dans AFRIQUE : Ceux qui luttent, ACTUS ET DEBATS AFRIQUE |

prononçait un discours injurieux sur l’Afrique. Le président Sarkozy, prétextant avoir le langage de vérité, a osé  dévoiler  le fond d’une pensée qui semble être  la parole officielle française. Un mois après, ce discours continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive en Afrique. Pour certains comme  Jean François Bockel, secrétaire d’Etat à la francophonie, le discours du président français, permet de réactualiser le débat sur l’Afrique. Quant à  Dominique de Villepin, ancien Premier ministre français, critique vis-à-vis de la politique africaine de Nicolas Sarkozy, trouve  que certains propos « tenus à Dakar sur l’homme africain qui n’entrerait pas suffisamment dans l’avenir »[i] sont affligeants. Au surplus, les vives réactions des intellectuels africains et l’émoi suscité par ce discours vont incontestablement le ranger dans les annales de l’histoire. L’arrière plan du discours au goût raciste,  très  nombriliste et plein de mépris mérite une réponse claire et musclée de la Nouvelle Jeunesse Africaine (NJA). Pour la France, l’Afrique est sous-développée à cause des nombreux conflits, de la corruption et du manque de savoir faire. Au regard de ce discours qui s’inscrit dans une anthropologie raciste où la France de Sarkozy méprise les africains, il convient de relever la gravité des allégations et les dispositions à adopter.

Le substrat idéologique du discours du 26 juillet

L’émotion passée, on se rend compte que le discours oh combien injurieux du président Français a un fond idéologique. Prétextant s’adresser aux “jeunes d’Afrique”, Sarkozy, sans contrition, dans l’amphithéâtre de l’université Cheikh-Anta-Diop décide de proclamer ironiquement son amour du continent : “J’aime l’Afrique, j’aime et je respecte les Africains”, a-t-il dit. La vérité c’est que  le président Sarkozy ne respecte pas les africains, à commencer par notre culture. En choisissant  de parler de « l’homme africain » dans une université qui porte le nom du savant africain, Cheikh-Anta-Diop, le Président Sarkozy tentait ainsi à travers des sentences définitives et globalisantes, à forte teneur culturaliste, voire essentialiste, remettre en question l’œuvre de ce savant. Or déjà Cheikh-Anta-Diop démontrait, avec brio, que l’Égypte antique était peuplée d’Africains noirs et que la langue et la culture égyptiennes se sont ensuite diffusées dans l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, pour le professeur Jean Vercoutter[ii] : « l’Égypte était africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser ». Le professeur Leclant a reconnu ce même caractère africain dans le tempérament et la manière de penser des Égyptiens. Selon Günter Bräuer[iii], les fossiles humains sont d’autant plus anciens qu’ils se trouvent en Afrique, au cœur de l’Afrique. Si l’Afrique est « le berceau de l’humanité », alors non seulement l’Afrique a un passé, mais aussi l’histoire de l’Afrique serait inaugurale, voire matricielle. L’homme d’aujourd’hui y a expérimenté les plus anciennes techniques culturelles avant d’aller conquérir la planète. C’est ainsi que la fabrication d’outils (lithiques), la poterie, la sédentarisation, la domestication, l’agriculture, la cuisson, etc. sont attestées en Afrique antérieurement à tout autre endroit du monde. L’Afrique était au cœur de l’histoire lorsque les puissances esclavagistes d’Europe (Portugal, Espagne, Angleterre, France, Hollande, etc.) ont connu l’Afrique. Nous étions au cœur de l’histoire lorsque  l’Europe, par une occupation coloniale, a balkanisé et émietté  notre continent.

 En affirmant : que « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire (…). Jamais il ne s’élance vers l’avenir (…). Dans cet univers où la nature commande tout (…), il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. », C’est sous estimer les africains et leur riche histoire. Se peut-il que le président Sarkozy n’ait pas une vision nette de l’histoire de l’Humanité car notre histoire n’est pas celle qui est enseignée dans les écoles occidentales mais celle qui est écrite par les africains.

La justification de la colonisation

Avec habileté, le président Sarkozy insulte la mémoire de nos ancêtres, en justifiant son refus de repentance. Pour lui, « Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.

Il a pris mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs ». Dans son discours aux allures ostentatoires, superfétatoires, au delà des fastes cérémonials et du caractère  incantatoire, c’est la volonté de tronquer et de travestir l’histoire qui irrite.

En  falsifiant l’histoire, le président français, par un effort dont lui seul a le secret, arrive à transformer la victime en coupable, le bourreau en bienfaiteur. Cette manière indigne et malhonnête de traiter la colonisation finie par convaincre sur les motivations d’un personnage aux discours, parfois superficiels. Le président Sarkozy a oublié de citer Jules Ferry, pour qui, « la colonisation est fille de l’industrialisation ». La colonisation a permis à l’Europe de satisfaire ses besoins en matières premières et de trouver de marchés et d’espace d’investissement. L’Afrique devenait ainsi un réservoir de matières premières et un déversoir de produits manufacturés. C’est grâce à cette colonisation que le Sénégal se spécialisa  dans la production de l’arachide pour alimenter les huileries et savonneries de Marseille.  C’est la colonisation qui a fait de la Côte d’Ivoire, un pays producteur de café et de cacao, les matières premières indispensables à la fabrication du chocolat.

L’objectif premier de la colonisation n’était pas de construire des écoles et des hôpitaux à des  « indigènes » mais de piller leurs ressources naturelles et minières. Pour transporter les ressources pillées, il fallait construire des ponts, des routes etc.  Pour éduquer les traitres, les relais entre le colon et les populations locales, il fallait construire des écoles pour leur instruction.  Pour donner les premiers soins aux colons sur place et leurs auxiliaires, le colonisateur construisit des dispensaires et des hôpitaux. S’il est vrai qu’après le départ des colons, ces infrastructures ont bénéficié aux populations locales, le terme  d’effet positif de la colonisation est impropre. Dans ce cas, on parle plutôt d’externalité positive. Il est temps que monsieur Sarkozy laisse aux historiens la responsabilité d’évaluer l’impact de la colonisation sur le développement de la France et de l’Afrique, au regard des mutations sociales, politiques et culturelles qu’elle a induite dans les progrès économiques respectifs. Personne ne peut écrire l’histoire de l’Afrique à la place des Africains. L’heure est venue de repenser l’Afrique autrement qu’avec des rapports condescendants. Le locataire de l’Elysée gagnerait à lire Paul Bairock[iv], pour qui le sous-développement est un phénomène historique car « jusqu’à la fin du 17e siècles, les écarts dans les niveaux de développement économiques et techniques des divers pays étaient peu important ». C’est la colonisation qui a désarticulé et retardé notre développement. Mieux vaut peut-être méditer sur les leçons de l’histoire car le voile des verbiages pleutres et intéressés est levé.

Les vraies causes du retard de l’Afrique

Nul ne peut contester,  que l’Afrique a sa part de responsabilité dans son retard toutefois, les occidentaux n’ont pas de leçon à donner aux africains. Pour Sarkozy, l’Afrique est en retard parce que : « Le paysan africain [.] dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. ». Une telle affirmation serait peut-être la preuve d’une ignorance complète de l’histoire économique et politique de l’Afrique. Pour Sarkozy, l’Afrique est la terre des « génocides » de la « corruption », de la « violence » et des « guerres ethniques ». Il est vrai que les conflits constituent une entrave importante au développement socio-économique des pays africains. Selon les spécialistes, l’Afrique a connu depuis 1945 environ 80 conflits et 53 coups d’états depuis 1952 ; au nombre des causes, il convient de noter que la décolonisation et la balkanisation de l’Afrique n’ont engendré que des micro-Etats, des États artificiels, sans cohésion, sans viabilité. Monsieur Sarkozy  a oublié que les multinationales françaises instrumentalisent des conflits régionaux ou locaux pour obtenir ou conserver des marchés et des concessions. Coups d’Etat en Guinée-Bissau (septembre 2003) et à Sao-Tomé-et-Principe (juillet 2003), tentatives de putsch au Burkina Faso et en Mauritanie (octobre 2003), renversement de M. Charles Taylor par une rébellion au Liberia (août 2003), remous politiques au Sénégal (année 2003), déstabilisation de la Côte d’Ivoire (depuis septembre 2002)… Le président français a peut-être oublié qu’au nom des prétendus accords de défense signés au moment des indépendances ,dans  le cadre de la coopération militaire entre la France et huit pays(Côte d’Ivoire (Avril 1961), Centrafrique (Août 1960), Djibouti (Juin 1977), Gabon (Août 1960), Sénégal (1960 et mars 1974), Cameroun (novembre 1960 et février 1974), Comores (1973 et novembre 1978), Togo (juillet 1963)), ses soldats agissent comme des mercenaires, pour imposer la majorité des satrapes au pouvoir en Afrique. Depuis des décennies, les compagnies pétrolières interviennent dans la vie politique et économique des pays concernés. Si ce n’est pas la mise en place ou le cautionnement des régimes responsables de violations massives des droits humains ou l’alimentation et encouragement des circuits de corruption, à l’étranger (surtout en France). Qu’a t-il à redire de la corrélation entre la volonté des nigériens de contrôler leur Uranium et la rébellion subite, étrange du nord du pays ? Qu’a t-il à redire de la guerre que la France fait subir à la Côte d’Ivoire ?

En imposant des présidents corrompus au pouvoir, ces derniers qui n’ont de cesse de piller les ressources financières de l’Afrique au profit de comptes occultes et biens immobiliers somptueux, la France ne peut se placer en donneuse de leçon. Le président français a t-il oublié que le pillage organisé de nos ressources naturelles et minières nous prive de moyens de financement de nos économies ? Ne sait-il pas qu’Elf et le nouveau groupe TotalFinaElf tirent respectivement environ 70 % et 40 % de sa production sur le continent africain ? Le président est-il devenu amnésique au point d’occulter que les stars du CAC 40 s’enrichissent en Afrique ? Est-il besoin de rappeler que le  monstre industriel Total-Fina-Elf est surtout actif en Asie (notamment en Birmanie) avec Total, en Afrique du Nord (particulièrement en Libye) avec Fina et en Afrique noire (Angola, Congo, Gabon, Cameroun, Tchad…) avec Elf. Alors que leurs richesses sont honteusement pillées, selon le classement des Nations unies, le Nigeria et l’Angola, les deux principaux producteurs africains de pétrole se trouvent actuellement au rang des nations les plus pauvres, plus précisément les plus appauvries par trois décennies d’exploitation pétrolière.

Sarkozy, défenseur de la Françafrique et de la Mafiafrique

Peut-on encore croire à monsieur Sarkozy qui, la main sur le cœur jurait en finir avec les réseaux occultes entre l’Afrique et la France. Lors de la présentation de son programme en matière de politique étrangère, monsieur Sarkozy déclarait : «   L’Afrique n’est pas notre pré-carré ” et  ” Il nous faut les (Africains) débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autres mandats que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés, notamment avec nos partenaires africains et arabes ». Ses liens d’amitié avec M. Bongo, défenseur des intérêts pétroliers français mais peu soucieux de transformer les richesses de son pays pour son développement, accrédite le constat d’une certaine inertie de la politique africaine de la France, loin de la rupture revendiquée. Ses accointances avec M. Sassou  Guesso, le dictateur congolais inquiète autant que ses relations avec M. Kadhafi. Les jeunes africains ne sont pas dupes, Sarkozy s’inscrit dans la Françafrique, cette coalition hétéro*****e composée de présidents africains et de multinationales dont le but final est de maintenir au pouvoir des dirigeants corrompus afin d’orchestrer le pillage systématique des fabuleuses richesses de l’Afrique. Ce système d’origine réactionnaire, droitière, conservatrice, arrière-gardiste, qui est en vérité un instrument de la stratégie néocoloniale française, a la sympathie du Zorro français.

La nécessité d’un divorce entre l’Afrique et la France 

Si les allégations du Président français ne témoignent pas d’une méditation attentive, il n’en demeure pas moins qu’elles doivent permettre à l’Afrique de prendre ses distances vis-à-vis de la France.  Celui qui ose dire que « l’africain ne s’élance jamais vers l’avenir » a sans doute oublié que depuis l’aube de l’humanité jusqu’à l’orée du 3e millénaire et cela en passant par les grandes étapes de l’histoire et l’évolution des civilisations, « l’homme africain » n’a jamais fait l’économie de son génie. Certes, il faut négliger les observations pittoresques et les analyses simplistes d’un homme au caractère agité et impulsif toutefois, c’est l’occasion pour les Etats africains de montrer à la France qu’elle ne pèse pas un grain de sénevé sans l’Afrique. Dans sa volonté d’agonir l’Afrique d’injures, monsieur Sarkozy oublie de reconnaître que le pillage de nos ressources nous empêche d’investir dans l’éducation, la santé, la recherche et développement, facteurs essentiels à la croissance et le développement. Depuis les indépendances, l’élite africaine, cette élite à la conduite licencieuse, de connivence avec les milieux d’affaires français ont détourné les ressources financières  destinées au développement. C’est donc le moment pour les pays africains, de remplacer les sociétés pétrolières et minières occidentales, par des sociétés nationales ou les nationaliser le cas échéant.  C’est ce qu’ont fait les pays d’Amérique Latine, appelés aujourd’hui pays émergents. C’est ainsi qu’en dépit des prédictions apocalyptiques de monsieur Sarkozy, l’Afrique se positionnera durablement sur le chemin du développement. C’est en tournant le dos à la France que les pays africains établiront l’acte de naissance de leur développement. Il suffit de comparer les pays anglophones d’Afrique à leurs homologues francophones pour  se rendre compte que leur mariage avec la France n’a apporté que  désolation  et malheur. L’Afrique doit aujourd’hui prouver son existence en marchant et non en regardant marcher, en se réappropriant de façon péremptoire son système de production, aux mains des nébuleuses occidentales.

Vive l’Afrique libre et prospère !

Prao Yao Séraphin

Président du MLAN

www.mlan.fr

contact@mlan.fr
 


[i] Entretien avec la radio Europe 1, le Lundi 3 septembre 2007

[ii] Jean Vercoutter est un égyptologue français, né le 20 janvier 1911 et mort le 16 juillet 2000

[iii] Günter Bräuer, paléo-anthropologue de l’Université de Hambourg (Allemagne)

[iv] Paul Bairock, Le tiers-monde dans I ‘impasse. (Paris 1971) pp. 172-3
les extraits du discours du 26 juillet 2007 sont sur le site suivant : http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution
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LES DIFFERENTS ENDROITS DE PARIS QUI ONT CONSERVE DES TRACES HUMILIANTS POUR LES NOIRS (source le gri-gri)

Paris raciste, par le Gri-Gri Tour

Paris raciste, par le Gri-Gri Tour

 

Transmis par adminKMM2 le 01 juillet 2007 à 14:36:19 CEST
Contribution de
adminKMM2

Pour l’été, nous proposons un circuit touristique parisien. Pour ceux qui veulent visiter les endroits de la ville lumière humiliants pour les noirs, qui malgré les cérémonies d’abolitions 150 ans plus tard, malgré la classification de crime contre l’humanité, en 2007, célèbrent ostensiblement l’infâme servitude.

Cette semaine : la place de la Contescarpe, dans le célèbre quartier de Mouffetard à Paris, 5ème. Innocente apparemment. Sauf si on lève les yeux, juste au dessus de l’épicerie de la place, A 1000 mètre du jardin du Luxembourg où, paraît-il, on célébrait le 10 mai l’abolition de l’esclavage, on tombe sur ça :

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en remontant la rue Mouffetard, en plein dans le quartier étudiant/touristique, à premier abord, ça ne saute pas aux yeux.

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Mais une fois sur la place, il n’y a pas de doute : on célèbre bien l’infâmie

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Le plus préoccupant en ces temps où les noirs sont assassinés sans que cela n’émeuve l’opinion plus que cela, ce n’est pas tant l’utilisation du mots “nègre”, le préféré dans notre vocabulaire au Gri-Gri. C’est l’association de “nègre” + “joyeux” + un tableau où l’on voit effectivement un Nègre servir une gente dame, le tout, comme l’indique la pancarte à côté, en 1748.

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C’est à dire que le nègre en question est un esclave. Il n’a pas ici le statut d’être humain mais, celui à mi-chemin entre l’animal de compagnie, le bétail et la chose, le meuble (voir le Code Noir).

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On a donc un déshumanisé joyeux. En plein Paris. En 2007. à moins de 1000 mètres du jardin du Luxembourg où – on en est sûr maintenant – l’on faisait semblant de célébrer l’abolition de l’esclavage qui date de… 1848. Un étudiant d’origine africaine qui se ballade ici se voit rappellé grâce à ce tableau, et ces pancartes dorées l’ignominie dont ses ancêtres furent l’objet. Rappeler ? Que dis-je : célébré. Et fièrement.

Ahhh… Paris… Paris… Le bon temps… Nostalgie, quand tu nous tiens…

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J.D.

Source : www.legrigri.info/spip/spip.php

WOUTER BASSON DIT DOCTEUR DE LA MORT OU L’EXTERMINATION D’UNE NATION

wouter basson dit docteur la mort ou l’extermination d’une nation

wouter basson dit docteur la mort ou

l’extermination d’une nation

Transmis par adminKMM2 le 20 juillet 2007 à 07:10:40 CEST
Contribution de
Anonyme

« Les blancs peuvent aujourd’hui dire : je ne savais pas. Mais ils ne pourront jamais dire à nouveau : cela n’a pas eu lieu. » Un des ministres du Congrès national africain (ANC)

La stratégie empruntée par le gouvernement de l’apartheid dans les années 80 fut disons, assez effroyable. Le Freedom Front, organisation politique de droite prônant l’établissement d’un territoire afrikaner en Afrique, voyait en Nelson Mandela et sa démocratie une véritable menace pour le poids politique de la communauté afrikaner. Les dirigeants du Freedom Front décidèrent d’employer la manière forte afin de contrecarrer les votes noirs. Quand on dit forte, on peut amplement en exagérer le sens. Le gouvernement raciste mit sur pied une unité spéciale chargée du Chemical and Biological Warfare. Nom de code : Project Coast. Le général Constand Viljoen, responsable de la Défense sud-africaine et l’un des leaders du FF, fut celui qui entérina le projet. Viljoen était proche du fasciste Jean-Marie Le Pen, chef du Front National , de qui il avait adopté sa politique frontiste. Il chargea le docteur Wouter Basson, l’abominable Docteur la Mort, de l’expansion du projet. Celui-ci avança l’idée que moins il y aura de noirs, moins il y aura de votes noirs et que cela représentait la clé du succès. On ignore à ce jour, combien de personnes ont péri dans ces expériences.

On injecta des dizaines de millions de francs dans le développement d’un laboratoire militaire technologiquement suréquipé près de Pretoria, à Roodeplaat. On déclenche des recherches ultra-secrete pour concevoir une molécule mortelle, sensible à la mélanine qui pigmente la peau des noirs. Une arme destructive pour exterminer la population noire. On étudiait aussi la possibilité d’introduire des virus parmi la communauté noire. Pire, malgré les nombreuses signatures de traités de non-prolifération biochimique ou l’embargo du régime d’apartheid, plusieurs pays tels que les États-Unis, l’Angleterre, Israël, la Suisse, la France mais aussi l’Irak et la Libye, contribuèrent généreusement à ce projet.. On peut se demander à quoi servent les traités qu’on nous fait avaler. Le Dr. Basson prévoyait la diffusion d’anthrax, de choléra, de culture botuliques, de cyanure, d’aldikarb, de thallium, de paroxon et d’un lacrymogène extrêmement puissant. On voulait aussi trouver un moyen de stériliser en masse les femmes noires. Il distribuait beaucoup de drogue dans les centres-villes, telles que l’ecstasy et le mandrax.

“Dr la mort”, Interv Itélé 2002
envoyé par tristao

Wouter Basson était médecin dans l’armée et général de brigade. Il était bien connu dans les cercles étrangers et de nombreux pays avait bénéficié de ses conseils. Il était aussi le médecin particulier de Pieter Botha, leader politique sud-africain. En 1981, il avait participé à une conférence restreinte sur la guerre biologique et chimique à San Antonio aux Etats-Unis. Il se rendit ensuite en visite officielle à Taïwan, en Israël, en Allemagne et en Croatie. Il acquit de nombreuses informations auprès de chercheurs britanniques, américains et canadiens. Il conçut de la lessive en poudre explosive, des canettes de bière au thallium (un poison à base de mercure), des chocolats au cyanure, un tournevis au manche piégé d’une substance létale injectable. Il était aussi un spécialiste de l’anthrax et fabriquait des enveloppes enduites de ce virus !! Est-ce que ça vous rappelle une histoire qui vient se passer voilà peu de temps aux États-Unis ? Il fabriquait des cigarettes à l’anthrax pour inoculer le virus par la voie pulmonaire de ses victimes. Ses expérimentations sont aussi ignobles que celles effectués par les médecins nazis durant la seconde guerre mondiale.

Ses activités ne furent découvertes qu’en 1998, lorsque la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) procédèrent à une enquête sur les méthodes utilisées par le régime de l’apartheid. On accusa Wouter Basson de meurtre, d’escroquerie et de trafic de drogue. C’est pendant les auditions de la Commission que plusieurs anciens membres des forces spéciales du régime d’apartheid ont avouées avoir contribué à la propagation des objets fabriqués par le docteur Basson. Il fût accusé de 46 chefs d’accusations devant la Haute Cour de Pretoria par les représentant de la CVR, dont le président Desmond Tutu, chef de l’Église anglicane et archevêque du Cap de 1986 à 1996 ; Me Dumisa Ntsebeza avocate sud-africaine des droits humains et responsable des enquêtes ; le docteur Fazel Randera, inspecteur général des services secrets sud-africain et Mme Wendy Orr, le médecin légiste de Port-Elisabeth qui déclara aux autorité l’usage de la torture par la police. Le docteur Basson et ses 4 avocats afrikaners mentirent à répétition devant le juge Willie Hartzenberg, un ancien juge du régime de l’apartheid qui favorisait l’accusé Wouter Basson selon les avocats de la défense. Ce procès est une preuve immanquable de la justice qui fut bafouée à la vue de tous.

Durant tous le procès, Wouter ne cessera de dire que son travail effectué en Afrique du Sud n’était que pour endiguer la vague du communisme. Pendant l’emprisonnement de M.Mandela, on l’accuse d’avoir cherché à l’empoisonner mais il se défendit en disant qu’il ne cherchait qu’à le protéger des supposés attaques des membre de l’ANC , qui n’aimait pas Mandela. La CVR rendit un rapport de cinq volumes de plus de trois milles pages sur les audiences qui se sont tenus pendant deux ans. Ce rapport, qui fût rendu public, y décrivait toute la barbarie des actes posés par ces hommes. Il y avait dans ce rapport, une page concernant M.Frederik De Klerk, un des personnages clé de l’Apartheid et leader du Parti national de 1989 à 1997. Cette page fut retirée in extremis suite à la demande de M. De Klerk et on déclara statuer sur son cas plus tard. Le colonel De Kock, responsable de l’ancienne police secrète sud-africaine, a dévoilé que M. De Klerk avait donné l’ordre de lancer un raid au Transkei en 1993 où cinq adolescents âgés de 12 à 19 ans avaient péri dans une maison considérée comme une cache des combattants du Congrès panafricain . Pendant que M. De Klerk négociait avec les anti-apartheids, il ordonnait des actions secrètes contre eux. Il l’avait dit pourtant : jamais il ne négocierait son pouvoir.

La menace communiste brandit par le Dr. Basson cachait en réalité une véritable obsession raciale. Il était bien pratique pendant la guerre froide de faire passer ça sur le dos des communistes mais après le contexte de cette guerre, ça n’avait plus aucun sens. Au chapitre de l’économie, les dirigeants de l’apartheid peuvent se vanter d’avoir gagné le monde des affaires. En Afrique du Sud, on recensait des records d’inégalité : 20% de la population possédait 75% des richesses. L’apartheid à contribué largement au fossé entre riche et pauvre.

Le 12 avril 2002, le Dr.Wouter Basson est acquitté par le juge Hartzenberg et Desmond Tutu parle d’un « jour sombre pour l’Afrique ». Durant l’enquête, trois cd-rom du Dr. (compilation faite de ses expériences) disparurent subitement. Aujourd’hui, Wouter Basson travaille toujours pour le ministère de la défense et pis, il est cardiologue à l’Hôpital Académique de Prétoria.

Ce procès peut-être considéré comme une vraie farce. Le sens de la justice n’a ici aucune valeur morale. Pire encore, aucun pays accusé d’avoir participé à ces expériences n’ont voulu présenter la moindre excuse ou dédommagement. Qu’est t’il arrivé avec tout l’arsenal chimique qui avait été développé ? De plus le principal instigateur de ce projet est encore un membre de l’armée sud-africaine ! Et tous les traités de non-prolifération des armes nucléaire qu’on nous balance à grand coup d’encre ne sont nulle autre qu’un façade pour abriter la vérité. Il serait urgent de mettre sur pied une commission internationale indépendant afin de trouver ces stocks d’armes chimiques. Les séquelles provoquées par cette guerre atroce se prouveront de génération en génération, La ségrégation raciale et l’apartheid peut maintenant être classé dans le livre noir des crimes contre l’humanité où figure ceux perpétré par l’Allemagne nazi.

L’Apartheid disculpé

Le Docteur la Mort disculpé

dimanche 8 juin 2003, par Saïd Aït-Hatrit

La Cour d’appel de Bloemfontein a rejeté mardi la révision du procès d’un des plus grands criminels sud-africains sous le régime d’Apartheid : le Docteur Wouter Basson, dit ” Docteur la Mort “. Le responsable du programme militaire secret d’armes chimiques et biologiques, Project Coast, avait été acquitté le 12 avril 2002 des charges qui pesaient contre lui, à l’issu d’un procès controversé

Le Docteur Wouter Basson, dit ” Docteur la Mort “, ne sera pas rejugé. Le 11 avril 2002, le chercheur avait été acquitté des charges de fraudes au fisc, production massive de drogue et de meurtres (46 selon Amnesty International) qui pesaient contre lui, à l’issu d’un procès très controversé. ” Un jour sombre pour l’Afrique du sud “, avait commenté Monseigneur Desmond Tutu, président de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR). Mardi, la Cour d’appel de Bloemfontein a jugé que le ministère public n’est pas parvenu à prouver la partialité du juge qui a acquitté Basson.

Ce dernier était sous l’Apartheid le responsable du programme militaire secret d’armes chimiques et biologiques appelé Project Coast. Un programme qui visait, entre autre, à créer ” une molécule mortelle, sensible à la mélanine qui pigmente la peau des Noirs. Autrement dit, une arme d’extermination éthniquement sélective “, explique Tristan Mendès-France, journaliste auteur de Dr la Mort : Enquête sur un bioterrorisme d’Etat en Afrique du sud.

Toupet

12 ans après l’abolition de l’Apartheid, ce dénouement prouve que la justice n’est pas prête d’être rendue sur les exactions commises durant cette période de l’histoire sud-africaine. Aujourd’hui, ultime humiliation pour ses victimes, Wouter Basson demande même à être rétabli dans ses fonctions au sein de la Force nationale de défense sud-africaine (SANDF), dont il a été évincé en 1992. La boucle est bouclée. L’Apartheid est disculpé, peuvent penser les nostalgiques de la doctrine politique.

Durant les trente mois du procès Basson, l’accusation a présenté d’innombrables preuves, constituées de déclarations de plus de 200 témoins et de milliers de pages de do*****ents. Côté défense, un seul témoin : Wouter Basson. Le juge Willie Hartzenberg, qui fit part à de nombreuses reprises de son ennui devant certaines preuves apportées par l’accusation, accordera finalement crédit à la version de l’accusé. La cour conclu notamment que ” le ministère public n’avait pas prouvé de manière irréfutable que le Dr Basson avait participé à un complot en vue de fournir des produits dangereux à des agents de l’armée “, explique l’ONG Amnesty International.

Amnistie pour les meurtres

Pour ce qui est des accusations de meurtres, le juge Hartzenberg, nommé sous l’Apartheid, conservateur et controversé, s’était déjà employé à réduire leur nombre. Une de ses premières décisions fut de considérer que le Docteur Basson n’avait pas à répondre des accusations de crimes présumés commis en Namibie, en raison d’une amnistie, concernant les forces de sécurité, proclamée en 1990, à la veille de l’indépendance de ce pays. Le ministère public a bien introduit une requête en vue d’obtenir la récusation du juge pour partialité, mais ce dernier a pris soin de la rejeter.

Les procès qui ont aboutit, par le passé, sont rares, expliquent Amnesty International et Human Rights Watch (Vérité et justice : un processus inachevé, février 2003). Parmi ceux-ci, ont peu citer le procès Eugène de Kock, ancien chef de l’unité secrète de la police basée à Vlakplass, reconnu coupable en août 1996 de six meurtres et de 83 autres crimes. Afin de bénéficier de circonstances atténuantes, l’ancien responsable n’avait pas hésité à faire part à la justice de ses secrets, poussant d’autres policiers à parler et solliciter l’amnistie auprès de la CVR.

” Impunité totale “

Mais ce cas est une exception. En octobre 1996, le procès de l’ancien ministre de la Défense Magnus Malan, de l’ancien chef des services de renseignements militaires et de leurs 18 comparses, pour le massacre en 1987 de 14 membres de la famille d’un dirigeant de l’ANC (African national congress), a débouché sur l’acquittement ou une dispense de peine pour tous les accusés. ” L’échec de ce procès, selon Amnesty International et Human Rights Watch, a été l’une des principales raisons pour lesquelles peu d’anciens membres de l’armée ont collaboré avec la CVR. Ces échecs, poursuivent les deux ONG, ont ” permis à certaines branches des anciens services de sécurité de bénéficier d’une impunité quasiment totale, pour des violations graves des droits humains “.

Source : survivreausida.net/a5765-wouter-basson-dit-docteur-la-mort-ou-l-exter.html,

 

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