TEBAWALITO

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16 septembre, 2007

VICTOR HUGO ALLOCUTION SUR L’AFRIQUE lors du banquet commemoratif de l’abolition de l’esclavage

Classé dans : histoires souvenirs — tebawalito @ 22:44

victorhugo.jpg 

Le 18 Mai 1879, lors d’un banquet réunissant toute une palette de personnalités françaises de l’époque, le célèbre Victor Hugo (1802-1885) fut la surprenant déclaration suivante. Celle-ci révèle les non-dits à l’origine de la situation actuelle de l’Afrique [1] :

« Fixons nos yeux vers l’avenir ; demandons-nous ce que fera le XX° siècle ? Politiquement, vous le savez, je n’ai pas besoin de vous le dire. Géographiquement, permettez que je me borne à cette indication ; la destinée des hommes est au sud !

Le moment est venu de donner au vieux monde cet avertissement : il faut être un nouveau monde ; le moment est venu de dire aux quatre nations d’où sort l’histoire moderne, la Grèce, l’Italie, l’Espagne et la France, qu’elles sont toujours là, que leur mission s’est modifiée sans la transformer, qu’elles ont toujours la même situation responsable et souveraine au bord de la Méditerranée, et que, si on ajoute un cinquième peuple, celui qui a été perçu (entrevu) par Virgile, et qui s’est montré digne de ce grand regard : l’Angleterre, on a à peu près tout l’effort de l’antique genre humain vers le travail, qui est le progrès, et vers l’unité qui est la vie.

La Méditerranée est un lac de civilisation, ce n’est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur ‘un de ses bords le vieil univers et sur l’autre l’univers ignoré, c’est-à-dire d’un côté toute la civilisation et de l’autre toute la barbarie. Le moment est venu de dire à ce groupe illustre de nations : Unissez-vous allez au sud. Est-ce que vous ne voyez pas le barrage ?

Il est là, devant vous, ce bloc de sable et de cendre, ce monceau inerte et passif qui depuis six mille ans fait obstacle à la marche universelle ce monstrueux Cham qui arrête Sem par son énormité, l’Afrique. Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire, qui date de son commencement dans la mémoire humaine ; l’Afrique n’a pas d’histoire ; une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. Rome l’a touchée pour la supprimer et quand elle se crut délivrée de l’Afrique, Rome a jeté sur cette morte immense une des épithètes qui ne se traduisent pas. Africa portentosa, c’est plus et moins que le prodige, c’est ce qui est absolu dans l’horreur ; le flamboiement tropical, en effet, c’est l’Afrique, et il semble que voir l’Afrique, ce soit être aveuglé : un excès de soleil est un excès de nuit.

Déjà les deux peuples colonisateurs, qui sont deux grands peuples libres, la France et l’Angleterre, ont saisi l’Afrique : la France la tient par l’ouest et par le nord, Angleterre la tient par l’est et par le midi. Voici que l’Italie accepte sa part de ce travail colossal, l’Amérique joint ses efforts aux nôtres ; car l’unité des peuples se révèle en tout ; l’Afrique impose à l’univers une telle suppression de mouvement et de circulation qu’elle entrave la vie universelle et la marche humaine ne peut s’accommoder plus longtemps d’un cinquième du globe paralysé. Les hardis pionniers se sont risqués et dès leurs premiers pas, ce sol étrange est apparu réel ; ces paysages lunaires deviennent des paysages terrestres ; la France est prête à y apporter une mer. Cet univers qui effrayait les Romains attire les Français…

Refaire une Afrique nouvelle ; rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation tel est le problème, Europe le résoudra.

Allez, peuples, emparez-vous de cette terre Prenez-la. A qui ? A personne ! prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes. Dieu offre l’Afrique à l’Europe Prenez-la !

Où les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue, non pour le sabre mais pour le commerce, non pour la bataille mais pour l’industrie, non pour la conquête, mais pour la fraternité. Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup, résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires.

« Allez, faites des routes, faites des ports, faites des villes, croissez, cultivez, multipliez, et que sur cette terre, de plus en plus dégagée des prêtres et des princes, l’esprit divin s’affirme par la paix, et l’esprit humain par la liberté. »

Ce banquet commémoratif de l’abolition de l’esclavage, présidé par Victor Hugo, réunissait chez Bonvalet, près de 120 convives. Il avait à sa droite Victor Schoelcher (auteur du décrêt d’abolition de l’esclavage) et Emmanuel Arago, fils du grand savant républicain qui l’a signé comme ministre de la marine. A sa gauche, M Crémieux et Jules Simon. On remarquait dans l’assistance des sénateurs, des députés, des journalistes, des artistes.

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Références bibliographiques:

[1] Cf. Victor Hugo, Actes et Paroles, Volume 4.

 

L’AFRIQUE CONFIRMEE COMME BERCEAU DE L’HUMANITE

Classé dans : HOMME NOIRE DANS L'HISTOIRE — tebawalito @ 22:22

Nouvelles confirmations de la naissance de l’homme moderne en Afrique noire

L'AFRIQUE CONFIRMEE COMME BERCEAU DE L'HUMANITE dans HOMME NOIRE DANS L'HISTOIRE barre-africamaat

Nouvelles données sur l’origine africaine de l’humanité.

Nouvelles confirmations de la naissance de l'homme moderne en Afrique noire

L’origine monogénétique de l’humanité est un débat qui a très longtemps suscité l’agitation parmi les chercheurs occidentaux. Influencés par les idées néfastes de l’époque des Lumières, ceux-ci ont longuement cherché à nier cette évidence en développant par exemple la thèse polycentriste dont peu d’éléments sont venus confirmés ses fondements.

Pourtant dès l’antiquité, les Grecs posaient comme une évidence, l’origine africaine de l’humanité sans oublier les Africains anciens eux-mêmes qui étaient tous unanimes sur la question.

Aussi, l’une des principales thèses du professeur Cheikh Anta Diop visait à démontrer scientifiquement l’origine africaine de l’humanité, à savoir que le premier Homme moderne dit Homo Sapiens Sapiens Africanus, était un nègre de l’espèce de tous les naturels de l’Afrique. C’est en raison de sa migration vers d’autres lieux et de son acclimatation dans diverses parties du globe, qu’il a connu certaines transformations physiologiques l’emmenant jusqu’à perdre totalement sa mélanine et l’aspect crépu de ses cheveux.

(JPEG) LE PREMIER HOMME MODERNE RECONSTITUTION FAITE PAR LES CHERCHEURS AMERICAINS

Les nouvelles découvertes faites en Ethiopie :

En 2003, la presse internationale a relayé une importante découverte faite, non pas par l’Américain Tim White de l’Université de Californie (Berkeley) comme certains quotidiens français le faisaient croire, mais par un professeur Ethiopien du nom de Berhane Asfaw.

Comme le soulignait la presse française [1] des crânes fossilisés datés d’environ 160.000 ans ont été découverts par le professeur B. Asfaw dans le nord-est de l’Ethiopie. Ces crânes, qualifiés de plus anciens restes connus au monde de l’Homme moderne, ont été découverts près du village de Herto, en pays Afar, à 230 km au nord-est d’Addis Abeba.

La dépêche officielle publiée par l’Université de Berkeley, affectée à l’étude de ces découvertes, révèle ceci :

« The fossilized skulls of two adults and one child discovered in the Afar region of eastern Ethiopia have been dated at 160,000 years, making them the oldest known fossils of modern humans, or Homo sapiens« .

(JPEG)

Il s’agit donc des plus anciens fossiles connus d’Hommes modernes (et non pas d’Hommes presque modernes, comme le suggèrait le journal Libération).

Cette découverte, qui fait l’objet d’une riche publication dans le magazine scientifique britannique Nature, est la seule qui porte l’histoire de l’Homo Sapiens à 160.000 ans, a déclaré le chercheur éthiopien Berhane Asfaw, membre de l’équipe internationale et qui, avec l’Américain Tim White, a travaillé sur ces ossements. (En fait, Asfaw a fait seul la découverte et White a poursuivit l’analyse des ossements dans son laboratoire aux USA).

(JPEG) FOSSILE DE L’HOMME MODERNE DECOUVERT EN ETHIOPIE

Classés sous l’intitulé « d’Homo Sapiens Idaltu« , ces crânes qui appartiennent à deux adultes et un enfant, présentent un petit visage aplati, un front proéminent et une arcade sourcilière réduite.

Des restes de crânes et de dents de plusieurs autres individus ont également été retrouvés. Le crâne le plus complet est celui d’un homme adulte dont les dents sont très usées.

« Vous avez maintenant en Ethiopie la séquence entière de l’évolution humaine  », a assuré Berhane Asfaw.

Un autre article publié le lendemain dans le même quotidien (Libération), a attiré notre attention. Ci-joint un extrait :

« Jusqu’ici, les plus anciens hommes modernes avaient été découverts au Proche-Orient, comme ceux de Qafzeh en Israël, et affichaient 115 000 ans. Ces nouveaux Homo sapiens comblent un fossé : en Afrique, il n’existait quasiment rien entre 300 000 et 100 000 ans« .

Ce n’est pas exact ! Il convient de savoir que d’anciennes recherches sur les hominidés africains des 500 000 dernières années montraient déjà que l’Homo sapiens anatomiquement moderne vivait déjà vers 130 000 av. J. C. en Afrique subsaharienne. Les découvertes de vestiges archéologiques (exemple : crâne d’homme dits « Homo 1 ») prouvaient déjà ce fait.

(JPEG) LE PROFESSEUR BERHANE ASFAW DANS SON LABORATOIRE EN ETHIOPIE

Mais cette découverte du professeur Asfaw pourrait entériner la théorie de l’évolution de « l’Homo sapiens » qui fait de l’Ethiopie le berceau de l’humanité. C’est en effet dans ce pays qu’avaient été découverts Lucy (en 1974), un australopithèque afarensis de 3,2 millions d’années, l’Ardipithecus Ramidus (en 1994) né il y a 4,5 millions d’années, et Millénium Ancestor, sorti du sol en 2001, qui daterait de 6,2 millions d’années.

(JPEG) CRANE DE L’HOMO 1

Références :

[1] Libération du 12/06/2003.

DISCOURS DE SA MAJESTE HAÏLE SELASSIE Le 4 octobre 1963 à l’AG de l’ONU à new york, USA

Classé dans : BLACK LIBERTY,POLITIQUE,RACISME ET ANTIRACISME CONTEMPORAIN — tebawalito @ 20:00

frantz FANONfrantzfanon.jpgpiankhypourangeladavis1.jpgANGELA DAVIS

Image de prévisualisation YouTube Bob Marley 1160109238smallrcastatueboganda.jpg BOGANDAmandelawideweb430x342.jpgNELSON MANDELA

Image de prévisualisation YouTube

petit clein d’oeil à MANDELA par le blanc le plus Africain de la planète, celui qui comme mandela et myriame Makeba se sont engagés dans le combat de la liberté le combat contre l’odieux et térrifiant système de l’Apartheid:

 

hdniok39748202lumumba.jpgLUMUMBA.P438pxmalcolmxnywts42.jpgMALCOM X526452742rosapark1.jpgROSA PARKSarton153antadiop.gifANTA DIOPcodenoirdansesclavagejuifafricamaat.jpgcombatnoiramericain3.jpgCOMBAT DES NOIRS USA

 Tant que la philosophie, qui considère qu’une race est supèrieure et une autre inférieure, ne sera pas finalement en permanence discréditée et abandonnée.

Tant qu’il y’aura des citoyens de première et seconde classe dans une nation.

Tant que la couleur de peau d’un homme aura plus de signification, que celle de ses yeux.

Tant que les droits de l’homme de base, ne seront pas garantis également pour chacun sans distinction de race.
Tant que ce jour ne sera pas arrivé, le rêve d’une paix durable, d’une citoyenneté mondiale et le règne de la moralité international, ne resteront que des illusions fugitives, poursuivies mais jamais atteinte.

Et tant que les régimes mal inspiré et ignoble qui détiennent nos frères Africains dans des chaines inhumains ne seront pas renversés et détruits.

Tant que la bigoterie, les préjugés et les intèrets personnels, n’auront pas été remplacés par la compréhension la tolérance et la bonne volonté.

Tant que les frères Africains ne seront pas debout et ne parleront pas en tant qu’être libres égaux aux yeux de tous les hommes comme ils le sont aux yeux du ciel;

Tant que ce jour ne sera pas arrivé, l’humanité ne connaîtra pas la paix.

Nous les Africains nous nous battrons si c’est nécessaire et nous savons que nous vaincrons, car nous avons confiance en la victoire du bien sur le mal.

La base de la discrimination raciale et du colonialisme, a toujours été économique et c’est avec des armes économiques que nous en viendrons à bout.

Image de prévisualisation YouTube petite pause musicale

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 A la suite des résolutions adoptées à la conférence au sommet d’Addis Abeba les Etats Africains ont pris plusieurs mesures économiques qui, si elles étaient adoptées par tous les Etats membres des nations unies, changeraient rapidement l’intransigeance en raison.

Je demande aujourd’hui que chaque nation représentée soit véritablement dévoué aux principes énoncés dans la charte et adhère à ces mesures.

Nous devons agir tant qu’il est temps.

Tant que se présente l’occasion d’exercer ces pressions légitimes de crainte que le temps ne s’épuise et nous pousse à recourir à des procédés moins heureux.

En ces temps modernes les grandes nations de ce monde, feraient bien de se rappeler que même leur propre sort n’est pas entièrement entre leurs mains. La paix réclame les efforts unis, de chacun d’entre de nous.

Qui peut prédire quelle étincelle pourrait mettre le feu aux poudres?

Pour chacun d’entre nous l’enjeu est le même, la vie ou la mort, nous souhaitons tous vivre, nous cherchons tous, un monde où les hommes seraient libérés des fardeaux de l’ignorance, la pauvreté, la faim et de la maladie et si la catastrophe devait survenir, nous serons tous pressés d’échapper à une pluie nucléaire mortelle.

Les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont tous à part égal, sans précédent. Ils n’ont pas de contrepartie dans l’expérience humaine. Les hommes cherchent des précédents et des solutions dans les pages de l’histoire, mais il y’en a aucun.

Ceci est donc le défi suprême. Où allons nous chercher notre survie? Où allons nous chercher les réponses aux  questions qui n’ont jamais été posées.

Ceci est donc le défi suprême. Où allons nous chercher les réponses aux questions qui n’ont jamais été posées?

Nous devons tout dabord nous tourner vers le Dieu tout puissant, qui a élevé l’homme au-dessus des animaux et l’a doté d’intélligence et de raison, nous devons avoir la foi en lui, qu’il ne nous abandonne pas et ne nous permettent pas de détruire l’humanité qu’il a créée à son image. Et nous devons regarder en nous même jusque dans les profondeurs de nos âmes.

Nous devons devenir ce que nous n’avons jamais été, ce à quoi notre éducation, notre expérience et notre environnement, nous a très mal préparés.

Nous devons être plus grand que ce que nous avons été, plus courageux, avoir l’esprit plus large, plus ouvert.

Nous devons devenir une nouvelle race, dépasser nos préjugés insignifiants et nous soumettre à la fidélité ultime que nous devons non pas aux nations, mais à nos semblables les hommes au sein de la communauté humaine.

Discours prononcé par sa majesté HAÏLI SELASSIE 1er , le 4 oct 1963 à l’Assemblée Générale de l’ONU à NY(New York)

 

DECOUVREZ Souleymane DIAMANKA UN POETE délicieux « moment d’humanité »ou « papillon en papier »

Classé dans : CULTURE NOIRE /POESIES/CONTES/TRADITIONS COUTUMES — tebawalito @ 7:47

  »MEME S’IL EST NEE DE MA PLUME, SI TU L’AS AIME, QU’IL T’A PLU. CE N’EST PLUS MON POEME. C’EST UN PAPILLON EN PAPIER » www.souleymane diamanka.fr

« Je m’appelle Souleymane Diamanka dit Duajaabi Jeneba. Fils de Boubacar Diamanka dit Kanta Lombi. Petit-fils de Maakaly Diamanka dit Mamadou Tenen(g). Arrière-petit-fils de Demba Diamanka dit Len(g)el Nyaama. Et cætera et cætera… ». (L’hiver Peul) La voix est grave, majestueuse. Elle répond à une autre voix, plus lointaine, mais c’est à toutes les paroles de ses ancêtres qu’elle fait écho. En déroulant ainsi sa généalogie, Souleymane Diamanka s’inscrit dans la riche tradition orale des Peuls, ce peuple de bergers qui a fait de la parole un art et couve le verbe comme son plus précieux trésor, ce peuple migrateur, habitant de nul part et originaire de partout (d’aucuns les appellent les gitans du Sahel) que la fortune et les vents ont disséminé dans toute l’Afrique de l’Ouest et au-delà, jusqu’en Occident. Pour les Diamanka, le destin a voulu que ça soit Bordeaux, la Clairière des Aubiers, un grand ensemble sorti de terre quelques années plus tôt aux lisières de la ville, une tour de Babel qui résonne de mille voix, un de ces quartiers qu’on dit défavorisé où la diversité culturelle n’est pas qu’une formule un peu creuse. En bas des blocs, on parle français, mais aussi algérien, portugais, vietnamien ou turc. A la maison, par contre, on ne s’exprime qu’en peul, pour que le riche patrimoine transmis par voie orale de génération en génération ne s’éteigne pas sur cette nouvelle terre d’accueil. Son père y veille personnellement. Il a enregistré d’innombrables cassettes d’entretiens à destination des plus jeunes (cette voix qu’on entend sur “l’Hiver peul”, c’est la sienne) dans lesquelles il raconte son enfance au pays, l’organisation traditionnelle de la société et plus largement l’histoire du peuple peul à travers ses multiples contes, poèmes et proverbes. « On nous montre la violence des jeunes dans des rues infestées. Mais je sais que la haine c’est un chagrin qui s’est infecté… Nul n’est poète en son pays et pourtant?J’ai vu ceux qui suent et ceux qui saignent ?Devenir ceux qui sèment les mots qui soignent… » ?(Le Chagrin Des Anges) En classe de CE2, Souleymane croise la route d’un instituteur qui plutôt que de faire apprendre par c–ur à ses élèves des textes qui bien souvent les ennuient au plus haut point, leur propose d’écrire leurs propres poèmes, avec pour seule ligne directrice cette phrase un brin mystérieuse qui va l’accompagner jusqu’à aujourd’hui : « La poésie c’est mettre des noeuds dans les phrases et obliger le lecteur ou l’auditeur à défaire ces n–uds. » De quoi lui inoculer définitivement le virus de l’écriture. Enfin… presque, puisqu’à cette époque il n’écrit rien justement, accumulant dans sa mémoire des mots par milliers. Suivant l’exemple de sa grande soeur, il prend l’habitude de distraire ses camarades en leur racontant des histoires qu’il imagine au fur et à mesure du récit. Etonnamment, c’est par le biais de la danse qu’il entre dans le hip-hop. Le rap viendra plus tard, par accident, et ne sera jamais vécu comme un univers clôt, un carcan rigide auquel il faut absolument se conformer. Souleymane travaille d’ailleurs déjà avec des musiciens venus d’autres horizons qui lui ouvrent de nouveaux possibles. Ce n’est plus tout à fait du rap et pas encore du slam, plutôt un style hybride, à la croisée des chemins. En 1994, il pose son premier texte en studio avec Moïse et Josepeh Ntumba Tribal Jam, puis dans la foulée arrête ses études. Commence alors un long travail sur le verbe, ausculté, décortiqué, manipulé dans tous les sens, à l’envers, à l’endroit, pour mieux libérer sa substantifique moelle. Il s’impose toutes sortes d’exercices de style pour muscler sa prose, traque les similitudes entre peul et français, fait de la rhétorique à l’instinct, jouant sur les assonances ou cherchant les holorimes alors même qu’il ignore la définition de ces termes. Jamais à court de défis, il compose des alexandrins en peul et cherche à produire le plus long palindrome de la langue française. Seul l’intéresse une chose, développer sa singularité, cultiver une parole aussi riche et originale que celle de son père ou des griots de la tradition. Comme antidote au doute qui pointe, il multiplie les allers-retours vers la capitale où il semble qu’on soit plus réceptif à la nouvelle orientation de son travail. Il finit par s’y installer, pour enfin donner corps à ses rêves. Il y retrouve de vieilles connaissances bordelaises, les Nubians, rencontrées quelques années plus tôt au sein des “ Nouveaux Griots ”, une association visant à la promotion des cultures urbaines et métissées – déjà. A l’époque, les deux s–urs l’avaient souvent accompagné sur scène. En retour, il leur avait écrit le texte d’un de leurs morceaux-phares, “ Princesse Nubienne ”. Quelques années plus tard, il remet ça avec le sublime “ Que Le Mot Soit Perle ” que les Nubians enregistreront deux fois, d’abord seules, puis avec Henri Salvador après que celui-ci ait craqué sur le texte. En 1999, elles l’invitent à participer à “ Echos ”, un spectacle rassemblant de nombreux poètes américains et français. Première rencontre avec John Banzaï, le temps pour chacun de balancer deux trois textes et l’évidence s’impose : Souleymane s’est trouvé un jumeau impossible, un autre versificateur notoire qui comme lui n’aime rien tant que se mirer dans le miroir de la langue de ses ancêtres (polonais) pour mieux extraire du français des perles insoupçonnées. Ensemble, ils multiplient les expériences croisées, défrichent de nouveaux champs lexicaux et montent avec DJ Wamba un spectacle intitulé “ Le Meilleur Ami Des Mots ”. Ils écument les cafés et les scènes slam de Paris et de sa banlieue, participent au spectacle “ Slam Opéra ” ainsi qu’aux albums des Nubians, Bams et de Puzzle et ils publient un livre écrit à quatre mains, intitulé “ J’écris En Français Dans Une Langue Etrangère ”. Parallèlement, Souleymane commence à travailler avec Woodini, un concepteur musical rencontré lors d’un concert. Il passe régulièrement chez lui et pose un texte a capella que Wood a ensuite carte blanche pour habiller à sa guise. Ses musiques, comme celles de son homologue DJ Wamba, sont illustratives sans être jamais neutres. Volontairement dépouillées, elles sont faites pour mettre en valeur les mots de Souleymane et non leurs voler la vedette, pour qu’une fois sortis de sa bouche ceux-ci deviennent des « papillons en papier » qui s’envolent de la feuille et aillent meubler l’imaginaire de l’auditeur. Magnifiées à l’épreuve du studio par le savoir faire du label Anakroniq et de ses musiciens habituels, Eric Legnini et André Céccarelli…, relevées par les participations de Grand Corps Malade, Kayna Samet ou John Banzaï, elles forment un tableau étonnamment riche et varié. Jazz, Soul, Classique, Chanson Française, Musique Traditionnelle ou Pop, les étiquettes valsent au fur et à mesure qu’on progresse dans l’écoute de cet album singulier : Ici, c’est quelques notes égrenées sur une guitare délicatement posée sur un discret tapis de percussions qu’habille un entremêlement de cordes et bois oniriques (“ Les poètes Se Cachent Pour Ecrire ”). Là, le groove implacable d’une tournerie africaine rehaussée de cuivres flamboyants (“ Le Rêve Errant Du Révérend ”). Plus loin, la sonorité nue du piano acoustique de S Petit Nico (“ Muse Amoureuse ”). Partout, le timbre grave et profond de Souleymane fait merveille. Il y a de la sueur et du sang dans cette voix qui tour à tour se fait caresse ou agression, suivant qu’elle choisit d’apaiser nos passions ou au contraire d’y semer le trouble. Les mots coulent de sa bouche comme dans une conversation, comme s’il s’adressait individuellement à chacun de nous. Ils sont détachés, appuyés, disséqués syllabe après syllabe, articulés lentement et soigneusement de manière à ce que personne ne puisse plus ignorer leur portée. Le grand griot peul Sana Seydi ne s’y est pas trompé, qui a consenti à lui donner la réplique sur “ Moment d’Humanité ”. Un acte exceptionnel pour cette grande figure, éminemment respectée chez les Peuls du Fouladou, la région du Sénégal dont est originaire la famille de Souleymane, et qui n’avait jamais entrepris jusqu’ici d’exposer son art hors du cercle de la communauté. Après l’enregistrement, Sana Seydi a d’ailleurs lâché cette sentence lourde de sens : « Essayer d’éteindre l’art oratoire, c’est essayer d’enterrer une ombre », comme pour mieux signifier qu’en transposant dans la langue de Baudelaire l’art oratoire des Peuls (Jaliya), Souleymane avait en quelque sorte repoussé les frontières du Fouladou. Difficile de ne pas y voir un passage de témoin entre un des derniers représentants d’une tradition ancestrale et son héritier dans la jungle des baobabs en béton. Une chose est sûre, cette voix est appelée à résonner en nous encore longtemps… 

(source = http://www.myspace.com/souleymanediamanka)

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http://www.dailymotion.com/related/1752557/video/x1owcs_papillon-en-papier-clip-alternatif_music papillon en papier clip (cliquer)

http://www.dailymotion.com/video/x2pjoy_souleymane-diamanka-papillon-en-pap_music papillon en papier  (cliquer)

AUTRES REPONSE AU DISCOURS DU PRESIDENT SARKOZY EN AFRIQUE (Senegal) par un groupe d’intellectuels africains (paru sur le journal libération)

Classé dans : POLITIQUE — tebawalito @ 7:03

NATTIDREAD réponse de la jeunesse Dakar à SARKO

C’etait un rebond publié sur Liberation, ce vendredi : Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy..

Je vous en donne copie ici.

Monsieur le Président,

Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.

Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.

Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature.

Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf. Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?

Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.

Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?

Sincèrement et franchement à vous.

Antananarivo, le 3 août 2007

Raharimanana et les écrivains

Boubacar Boris Diop (Sénégal),

Abderrahman Beggar (Maroc, Canada), 

Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),

Kangni Alem (université de Lomé),

et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

  

 

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